‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 174 sur 495 · PERROQUETS DE L’ANCIEN CONTINENT · texte numérisé non relu

PERROQUETS DE L’ANCIEN CONTINENT

LES KAKATOES.''

Les plus grands perroquets de l’ancien continent sont les kakatoès : ils en sont tous originaires et paraissent être naturels aux climats de 1 Asie méridionale? Nous ne savons pas s’il y en a dans les terres de 1 Afrique;

а. Guanahani , une des Lucayes.

б. Voyez premier voyage de Christoplie Colomb. Hisf. générale des Voyages, t. XII, initio. c. « Tellement, dit-il, que ne l’avons onc veu, sinon en peinture. » Nat. des Oiseaux, p. 28G.

* Ordre des Grimÿeurs, genre Perroquets, sous-genre Kakatoès (Guv. ).

LES KAKATOES. ^93

mais il est sùr qu’il ne s’en trouve point en Amérique : ils paraissent répandus dans les régions des Indes méridionales “ et dans toutes les îles de l’Océan indien, à Ternate à Banda % à Ceram aux Philippines \ aux îles de la Sonde/’, Leur nom de kakatoès, catacua et cacatou, vient de la ressemblance de ce mot à leur cri 9. On les distingue aisément des autres perroquets par leur plumage blanc et par leur bec plus crochu et plus arrondi, et particulièrement par une huppe de longues plumes dont leur tête est ornée, et qu’ils élèvent et abaissent à volonté^.

Ces perroquets kakatoès apprennent difficilement à parler, il y a même des espèces qui ne parlent jamais; mais on en est dédommagé par la facilité de leur éducation : on les apprivoise tous aisément \ Ils semblent même être devenus domestiques en quelques endroits des Indes, car ils font leurs nids sur le toit des maisons 9, et cette facilité d’éducation vient du degré de leur intelligence, qui paraît supérieure à celle des autres perroquets; ils écoutent, entendent et obéissent mieux; mais c’est vainement qu’ils font les mêmes efforts pour répéter ce qu’on leur dit ; ils semblent vouloir y suppléer par d’autres expressions de sentiment et par des caresses affectueuses. Ils ont dans tous leurs mouvements une douceur et une grâce qui ajoutent encore à leur beauté. On en a vu deux, l’un mâle et l’autre femelle, au mois de mars 1775, à la foire Saint-Germain à Paris, qui obéissaient avec beaucoup de docilité, soit pour étaler leur huppe, soit pour saluer les personnes d’un signe de tête, soit pour toucher les objets de leur bec ou de leur langue ou pour répondre aux questions de leur maître, avec le signe d’assentiment qui exprimait parfaitement un oui muet; ils indiquaient aussi par des signes réitérés le nombre des personnes qui étaient dans la chambre, l’heure qu’il était, la couleur des habits, etc.; ils se baisaient en se prenant

a. « Les arbres de cette ville (Amadabat, capitale du Guzarate), et ceux qui sont sur le cbemin d’Agra à Brampour, qui est à cent cinquante lieues d’Allemagne, nourrissent un nombre inconcevable de perroquets... 11 y en a qui sont blancs ou d’un gris de perle, et coiffés d’une buppe incarnate : on les appelle kakafous, à cause de ce mot qu’ils prononcent dans leur chant assez distinctement. Ces oiseaux sont fort communs par toutes les Indes , où ils font leurs nids dans les villes sur les toits des maisons, comme les birondelles en Europe. » Voyage de Mandeslo à la suite i’Oléarius, t. II, p. 144.

f). Voyage autour du monde, par Gemelli Careri; Paris, 1719, t. V, p. 5.

c. Recueil des Voyages qui ont servi à l’établissement de la Compagnie des Indes, etc.; •Vmsterdam, 1702 , t. V, p. 26.

d. Dampierre, Hist. générale des voyages, t. XI , p. 244.

e. Gemelli Careri , ubi supra. *

f. Voyage de Siam , par le P. Tacbard ; Paris, 1686 , page 130.

g. Nous fîmes plusieurs bordées pour doubler l’ile de Cacatoüa, ainsi appelée à cause des perroquets blancs qui se trouvent dans cette île, et qui en répètent sans cesse le nom. Cette île est assez près de Sumatra. » Ibidem.

h. Le sommet de la tête, qui est recouvert par les longues plumes couchées en arrière de la huppe, est absolument chauve.

». « A Ternate, ces oiseaux sont domestiques et dociles; ils parlent peu et crient beaucoup. » Gemelli Careri, t. V, p. 323.

j. Voyez Mandeslo, citation précédente.

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LE KAKATOES.

le bec réciproquement. Ils se caressaient ainsi d’eux-mômes ; ce prélude marquait l’envie de s’apparier, et le maître assura qu’en effet ils s’appariaient souvent, même dans notre climat. Quoique les kakatoès se servent, comme les autres perroquets, de leur bec pour monter et descendre, ils n’ont pas leur démarche lourde et désagréable ; ils sont au contraire trèsagiles et marchent de bonne grâce en trottant et par petits sauts vifs.

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