Avi., tome I , pages 640 et
1. Réminiscence mécanique. Voyez la note de la page précédente.
20i LE JACO.
tout autre oiseau, où il est oecupé par la coupe du bec : cet espace représente encore mieux dans le perroquet une véritable joue par les faisceaux des muscles qui le traversent et servent a fortifier le mouvement du bec autant qu’à faciliter l’articulation.
Ce bec est très-fort : le perroquet casse aisément les noyaux des fruits rouges j il ronge le bois, et meme il fausse avec son bec et écarté les barreaux de sa cage, pour peu qu’ils soient faibles, et qu il soit las d y être renfermé; il s’en sert plus que de ses pattes pour se suspendre et s’aider en montant; il s’appuie dessus en descendant, comme sur un troisième pied qui affermit sa démarche lourde, et se présente lorsqu’il s’abat pour soutenir le premier choc de la chute Cette partie est pour lui comme un second organe du toucher, et lui est aussi utile que ses doigts pour grimper ou pour saisir.
Il doit à la mobilité du demi-bec supérieur la faculté, que n’ont pas les autres oiseaux, de mâcher ses aliments : tous les oiseaux granivores et carnivores n’ont dans leur bec, pour ainsi dire, qu’une main avec laquelle ils prennent leur nourriture et la jettent dans le gosier, ou une arme dont ils la percent et la déchirent; le bec du perroquet est une bouche à laquelle il porte les aliments avec les doigts; il présente le morceau de côté et le ronge à l’aise la mâchoire inférieure a peu de mouvement, le plus marqué est de droite à gauche; souvent l’oiseau se le donne sans avoir rien à manger et semble mâcher à vide, ce qui a fait imaginer qu’il ruminait; il y a plus d’apparence qu’il aiguise alors la tranche de cette moitié du bec qui lui sert à couper et à ronger.
Le perroquet appète à peu près également toute espèce de nourriture : dans son pays natal il vit de presque toutes les sortes de fruits et de graines ; on a remarqué que le perroquet de Guinée s’engraisse de celle de carlhame, qui néanmoins est pour l’homme un purgatif violent en domesticité il mange presque de tous nos aliments, mais la viande, qu’il préférerait, lui est extrêmement contraire ; elle lui donne une maladie qui est une espèce de pica ou d’appétit contre nature, qui le force à sucer, à ronger ses plumes, et à les arracher brin à brin partout où son bec peut atteindre. Ce perroquet cendré de Guinée est particulièrement sujet à cette maladie; il déchire ainsi les plumes de son corps et même celles de sa belle queue, et lorsque celles-
a. « Cùm devolat rostro se excipit, illi innititur, levioremque se ita pedum infirmitati facit. t> Pline, lib. X, cap. xui.
b. On doit remarquer que le doigt externe de derrière est mobile, et que l’oiseau le ramène de côté et en devant, pour saisir et manier ce qu’on lui donne; mais ce n’est que dans ce cas seul qu’il fait usage de cette faculté, et le reste du temps, soit qu’il marche ou qu’il se perche, il porte constamment deux doigts devant et deux derrière. Apulée et Solin parlent de perroquets à cinq doigts; mais c’est en se méprenant sur un passage de Pline, où ce naturaliste attribue à une race de pies cette singularité. (Voyez Pline, lib. x, cap. xui.)
c Les Espagnols ont nommé cette graine , senne de papagey, graine de perroquet.
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Quelquefois on voit ce perroquet devenir, après une mue, jaspé de blanc ei de couleur de rose soit que ce changement ait pour cause quelque maadie, ou les progrès de 1 âge. Ce sont ces accidents que M. Brisson indique comme variétés, sous les noms Ae perroquet de Guinée à ailes rouges et Ae perroquet de Gmnee varié de rouge >. Dans celui que représente Egards tome V planche 163, les plumes rouges sonl mélangées avec les grises au hasard et comme si l'oiseau eût été lapiré. Le perroquet cendré eslf comme plusieurs au res especes de ce genre, sujet à l’épilepsie et à la goutte'neanmoins i est tres-vigoureux et vit longtemps"; M. Salerne assure en avoir vu un à Orléans âgé de plus de soixante ans, d encore vit et ga7'
Il est assez rare de voir des perroquets produire dans nos contrées leraperees i ne l'est pas de leur voir pondre des œufs clairs et sans ger™cependant on a quelques exemples de perroquets nés en France : M de là Pigeoniere a eu un perroquet mâle et une femelle dons la ville de Marmande en Agenois qui pendant cinq ou six années n'ont pas manqué chaque printemps de faire une ponte qui a réussi et donné des petits, Jue le père eïïa mere ont eleves. Chaque ponte était de quatre œufs, dont il y en avait touours trois de bons et un de clair. La manière de les faire couver à leur aise fut de les mettre dans une chambre oû il n'y avait autre chose qu’un baril défoncé par un bout, et rempli de sciure de bois; des bâtons étaient ajustés
,1e y également
saire élah^'*’"*’ f T'"’" eUenlion néces-
re était de n entrer dans celte chambre qu'avec des bottines, pour garan-
vo^'f déchirait tout ce
qu voyait approcher de sa femelle f. Le P. Labat fait aussi l'histoire de deux perroquets qui eurent plusieurs fois des petits à Paris s.
a. Ornithologie, t. IV, p. 312, h. Ibid, p. 313.
c. Olina, Uccellerîa, p. 23.
d. « J en ai connu un au Cap à Saint-Domingue, qui était âgé de quarante-six ans bieu « axeres. » Note communiquée par M. de la Borde.
pèr'e <=ent ans passe de
îite et plus instruit, u’attrLe que
vingt ans de vie moyenne au perroquet. Uccelleria, ubi suprà ' ^
9‘ Nouveaux voyages aux iles de l’Amérique. Paris, 1722, t. II, p. 160.
le perroquet vert.
SECONDE ESPÈCE
M Edwards a donné cet oiseau comme venant de la Chine; il ne s’en trouve cependant pas dans la plus grande partie des provinces de ce vaste empire • il n’y a guère que les plus méridionales, comme Qiianton et Quangsq qui approchent du tropique, limite ordinaire du climat des perroquets, ou l’on trouve de ces oiseaux. Celui-ci est apparemment un de ceux que des voyageurs se sont figuré voir les mêmes en Chine et en Amérique ; mais cette idée, contraire à l’ordre réel de la nature, est démentie par la comparaison de chaque espèce en détail : celle-ci en particulier n’est anabgue a aucune des perroquets du Nouveau-Monde. Ce perroquet vert est de la grosseur d’une poule moyenne; il a tout le corps d’un vert vif et brillant, les grandes pennes de l’aile et les épaules bleues, les flancs et le dessous du haut de l’aile d’uii rouge éclatant; les pennes des ailes et de la queue sont doublées de brun. (L’échelle a été omise par oubli dans la planche enluminée qui le représente, il faut y suppléer en lui figurant quinze pouces de longueur.) Edwards le dit un des plus rares : on le trouve aux Moluques et a la Nouvelle-Guinée d’où il nous a été envoyé.
troisième espèce.
Ce perroquet est le même que \q psittacus elegûns de Clusius ^ et le pei t o quet à tête de faucon d’Edwards L 11 est de la grosseur d’un pigeon : les
a. Voyez les planches enluminées, n» 514.
b. «pLtacus major brevicaudns, viridis, lateralibus et tectncibus alarum inferioribu^ « rubris; marginibus alarum cærnleis; rectricibus snpernè viridibus, subtus mgricantibus, « apice subtus fusco flavicante... » Psittacus Sinensis. Bnsson, OrntihoL, t. IV, p.
c. Green and redparrot from Chma. Edwards, Glan., p. 44, pl. 231. ^ ■
d « Les provinces méridionales , telles que Quantoii , et surtout Quangsi, on es perroqu « de toutes espèces, qui ne diffèrent en rien de ceux de l’Amérique ; leur plumage est >
« et ils n’ont pas moins de docilité pour apprendre à parler. » Histoire générale des voyages
r« Psittacus major brevicaudus, supernè viiidi, interné pennis purpureis « natis vestitus; capite fusco , pennis in medio dilutioribus ; collo pecton coûcolme,rectricib s « subtus nigro-cærulescentibus supernè viridibus , lateralibus apice saturate cæru ey ... » tacus varias Indiens. Brisson, OrniihoU t- IV, p. 300. - « Psittacus brachyurus « griseo, collo pectoreque subolivaceo vario; remigibus, rectncibusqu e cæruleis... Psittac
accipitrinus. Linnæus, Syst. nat., édit. X , gen. 44, sp. 32. , ^ de
/■ Clusius, Exülic. auctuar., p. 365. -Nieremberg, p. 226, avec la ligure empruntée d
Clusius. — Ray, Synops. avi., p. 31 , n» 11. g. Hawk-hf.aded parrot. Edwards, Hist. of Birds,t. IV, pl. 165.
* PsHtacus sinensis (linn.).-Genre Perroquets, sous-genre Perroquetsproprementdits (Cnv.). *’ Psittacus accipitrinus (Linn. ). - Le perroquet accipUrin. - Genre et sous-genre u .
plumes du tour du cou qu’il révélé dans la colère, mais qui sont exagérées dans la figure de Clusius, sont de couleur pourprée, bordées de bleu • la tète est couverte de plumes mêlées par traits de brun et de blanc comme le plumage d un oiseau de proie, et c’est dans ce sens que Edwards l’a nommé perroquet à tête de faucon. Il y a du bleu dans les grandes pennes de l’aile et à la pointe des latérales de la queue, dont les deux intermédiaires sont vertes ainsi que le reste des plumes du manteau.
Le perroquet maillé de nos planches enluminées, n“ 526, nous paraît être le môme que le perroquet varié dont nous venons de donner la description et nous présumons que le très-petit nombre de ces oiseaux qui sont venus dAméiique en France, avaient auparavant été transportés des grandes Indes en Amérique, et que si on en trouve dans l’intérieur des terres de la Guiane, c’est qu’ils s’y sont naturalisés comme les serins, le cochon d’Inde et quelques autres oiseaux et animaux des contrées méridionales de l’ancien continent qui ont été transportés dans le nouveau par les navigateurs, et ce qui semble prouver que cette espèce n’est point naturelle à l’Amérique, c’est qu aucun des voyageurs dans ce continent n’en a fait mention, quoiqu’il soit connu de nos oiseleurs sous le nom de perroquet maillé, épithète qui indique la variété de son plumage; d’ailleurs il a la voix différente de tous les autres perroquets de l’Amérique, son cri est aigu et perçant; tout semble prouver ^que cette espèce, dont il est venu quelques individus d’Amérique, n’est qu’accidentelle à ce continent et y a été apportée des grandes Indes*.