‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 186 sur 495 · LE PERROQUET A TÊTE GRISE · texte numérisé non relu

LE PERROQUET A TÊTE GRISE

HUITIÈME ESPÈCE

Cet oiseau a été nommé dans la planche enluminée /irUYe joerrwc/ie dw Sénégal, mais ce n’est point une perruche proprement dite puisqu’il n’a pas

a. Voyez les planches enluminées, n» 713.

b. Voyez idem , n° 862.

c. Voyez idem, n® 288.

d. « Psittacus minor brevicaudus, supernè viridis, infernè aurantius, ad latera luteus ; capite K et gütture cinereis ; collo viridi , rectricibus supernè saturatè cinereis , ad viride vergentibus « Yiridi marginatis... » Psittacula Senegalensis. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 400.

* Psittacus macrorhynchus (Linn.). — Genre Perroquets , sous-genre Perruches (Guy.).

Psittacus gramineus (Linn.). — Genre Perroquets, sous-genre Perroquets proprement dits (Guy.).

*** Psittacus senegalus {Linn.). — Genre Perroquets, sous-genre Perroquets proprement dits (Guy.).

gio LE PERROQUET A TÈTE GRISE.

la queue longue, et qu’au contraire il l’a très-courte; il n’est pas non plus un moineau de Guinée ou petite perruche à queue courte, étant deux ou trois fois plus gros que cet oiseau t il doit donc etre place paimi les perioquets, dont c’est véritablement une espèce, quoiqu’il n’ait que sept pouces et demi de longueur ; mais dans sa taille ramassée il est gros et épais. Il a la tête et la face d’un gris lustré bleuâtre, l’estomac et tout le dessous du corps d’un gros jaune souci, quelquefois mêlé de rouge aurore, la poitrine et tout le manteau vert, excepté les pennes de l’aile, qui sont seulement bordées de cette couleur, autour d’un fond gris brun. Ces perroquets sont assez communs au Sénégal : ils volent par petites bandes de cinq ou six ; ils se perchent sur le sommet des arbres épars dans les plaines brûlantes et sablonneuses de ces contrées, où ils fout entendre un cri aigu et désagréable; ils se tiennent serrés l’un contre l’autre, de manière que l’on en tue plusieurs à la fois ; il arrive même assez souvent de tuer la petite bande entière d’un seul coup de fusil. Lemaire assure qu’ils ne parlent point mais cette espèce peu connue n’a peut-être pas encore reçu de soins ni d’éducation.

LES LORIS

On a donné ce nom dans les Indes orientales à une famille de perroquets dont le cri exprime assez bien le mot lori. Ils ne sont guère distingués des autres oiseaux de ce genre que par leur plumage, dont la couleur dominante est un rouge plus ou moins foncé. Outre cette différence principale, on peut aussi remarquer que les loris ont en général le bec plus petit, moins courbé et plus aigu que les autres perroquets. Ils ont de plus le regard vif, la voix perçante et les mouvements prompts : ils sont, dit Edwards, les plus agiles de tous les perroquets, et les seuls qui sautent sur leur bâton jusqu’à un pied de hauteur. Ces qualités bien constatées dementent la tiislesse silencieuse qu’un voyageur leur attribue ^

Ils apprennent très-facilement à siffler et à articuler des paroles : on les apprivoise aussi fort aisément, et ce qui est assez rare dans tous les animaux, ils conservent de la gaieté dans la captivité ; mais ils sont en général très-délicats et très-difficiles à transporter et à nourrir dans nos climats tempérés, où ils ne peuvent vivre longtemps. Ils sont sujets, même dans leur pays natal, à des accès épileptiques, comme les aras et autres perro-

a. « Les perroquets y sont de deux sortes (au Sénégal) : les uns sont petits et tout verts j « les autres plus grands, ont la tête grise, le ventre jaune, les ailes vertes , et le dos mêlé <( de gris et de jaune, ceux-ci ne parlent jamais ; mais les petits ont une voix douce et claire, <( et disent tout ce qu’on leur apprend » Voyage de Lemaire. Paris, 1695, p. 107.

b. Histoire générale des voyages , t. X, p. 459.

LES LORIS

quels; mais il est probable que les uns et les autres ne ressentent cette maladie que dans la captivité.

« C’est improprement, ditM. Sonnerat®, que les ornithologistes ont dési- « gné les loris par les noms de loris des rkilippines, des Indes orientales, « de la Chine, etc. Les oiseaux de celte espèce ne se trouvent qu’aux Mo- « luques et à la Nouvelle-Guinée : ceux qu’on voit ailleurs en ont tous été « transportés. » Mais c’est encore plus improprement, ou pour mieux dire, très-mal à propos que ces mêmes nomenclateurs d’oiseaux ont donné quelques espèces de loris comme originaires d’Amériqne, puisqu’il n’y en existe aucune, et que si quelques voyageurs y en ont vu, ce ne, peuvent être que quelques individus qui avaient été transportés des îles orientales de l’Asie h

M. Sonnerat ajoute qu’il a trouvé les espèces de loris constamment différentes d’une île à l’autre, quoique à peu de distance ; on a fait une observation toute semblable dans nos îles de l’Amérique : chacune de ces îles nourrit assez ordinairement des espèces différentes de perroquets.

LE LORI-NOIRA.»^*

PREMIÈRE ESPÈCE

Ce lori est représenté dans les planches enluminées sous la dénomination de lori des Moluques ; mais cette dénomination est trop vague, puisque, comme nous venons de le voir, presque toutes les espèces de loris viennent de ces îles. Celui-ci se trouve à Ternate à Céram et à Java : le nom de

а. Voyage à la Nouvelle-Guinée , p. 173.

б. Voyez les planches enluminées, n° 216.

c. Noyra. Clusius, Exotic.,'p. 364. — Niereml3erg, p. 229. — Jonston, Avi., p. 1S5. — Idem, p. 157. — Lory. Ray, Synops., p. 151, n“ 9. — Psittacus purpureus. Charleton, Exercit., p. 75, n® 16. — Idem, Onomast., p. 67, n® 16. — Psittacus coccineis alis ex viridi et nigro variis. Wülugliby, Ornithol., p. 78. — Ray, Synops., p. 31, n® 9. — Psittacus rufus , femoribus alisque viridibus. Frisch , tab. 45. — Klein , Avi., p. 25 , n® 8, — Scarlet lori. Edwards, t. IV, pl. 172. — « Psittacus major brevicaudus, coccineus, macula in dorso supremo « et tectricibus alarum superioribus minimis luteis; remigibus majoribus exteriùs supernè « viridibus, infernè pallidè roseis, interiùs coccineis apice nigro; rectricibus lateralibus supernè « primâ medietate coccineis, altéra saturatè viridibus, binis utrimque extimis ultimà medie- « tate exteriùs saturatè violaceo mixtis... » Lorius Moluccensis. Brisson, Ornithol., t. IV, page 219.

d. « Il y a beaucoup de beaux perroquets à l’ile de Ternate, qui sont rouges sur le dos, avec de petites plumes sur le devant des ailes. Ils sont un peu plus petits que ceux des Indes occidentales, mais ils apprennent bien mieux à parler. » Argensola, Conquêtes des Moluques, Paris, 1706 , t. III , p. 21.

1. « On appelle loris les espèces dont le fond du plumage est rouge, et la queue un peu en « coin, et qui se rapprochent beaucoup de certaines perruches. Il ne s’en est trouvé qu’aux « Indes orientales. » (Cuvier. )

* Psittacus garrulus (Linn.). — Genre Perroquets, sous-genre Loris ( Guv. }.

2^2 le lori-noira.

noira est celui que les Hollandais lui donnent, et sous lequel il est connu Hâiïis C0S îIgs

Cette espèce est si recherchée dans les Indes, qu’on donne vol entiers jusqu’à dix réauxde huit pour un noira. On lit dans les premiers Voyages es Hollandais à lava, que pendant longtemps on avait tente inutdement d transporter quelques-uns de ces beaux oiseaux en Europe; ils périssaient tous dans la traversée “ : cependant les Hollandais du second voyage en apportèrent un à Âmsterdam^ On en a vu plus fréquemment depuis Le noira marque à son maître de l’attachement et meme de la tendresse , il le caresse avec son bec, lui passe les cheveux brin à brin ^ et une familiarité surprenantes, et en même temps il ne peut souffrir es étrangers et les mord avec une sorte de fureur. Les Indiens de Java nour rissent un grand nombre de cesoiseaux-^; en général, il parait que la cou tume de nourrir et d’élever des perroquets en domesticité est très-ancienne chez les Indiens, puisque Élien en fait mention.

Variétés du noira.

I. — C’est apparemment au noira que se rapporte ce que dit Âldrovande du perroquet de Java, que les insulaires appellent nor, c est a- ne brilLt. 11 a tout le corps d’un rouge foncé, l’aile et la queue d un yei aussi foncé; une tache jaune sur le dos, et un petit bord de cette meme couleur à l’épaule. Entre les plumes de l’aile, qui étant pliée parait ou e verte, les couvertures seulement et les petites pennes sont de cette couleur iaune, et les grandes sont biunes. . , a ^

Il Le loti décrit par M. Brisson sous le nom de Ion de Céram , et auquel il attribue tout ce que nous avons appliqué au noira, n’eii est en elTet qu’une variété, et il ne diffère de notre noira qu en ce quil a les plumefdes jambes de couleur verte, et que le noira les a rouges comme le

reste du corps.

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