LE LORI A COLLIER
SECONDE ESPÈCE
Cette seconde espèce de lori est représentée dans les planches enluminées sous la dénomination de lori mâle des Indes orientales : nous n’adoptons pas cette dénomination, parce qu’elle est trop vague, et que d’ailleurs les loris ne sont pas réellement répandus dans les grandes Indes, mais plutôt confinés à la Nouvelle-Guinée et aux Moluques. Celui-ci a tout le corps, avec la queue, de ce rouge foncé de sang qui est proprement la livrée des loris; l’aile est verte, le haut de la tête est d’un noir terminé de violet sur la nuque; les jambes et le pli de l’aile sont d’un beau bleu ; le bas du cou est garni d’un demi-collier jaune, et c’est par ce dernier caractère que nous avons cru devoir désigner cette espèce.
L’oiseau représenté dans les planches enluminées, n“ 84, sous la dénomination de lori des Indes orientales, et que M. Brisson a donné sous le même nom *, paraît être la femelle de celui dont il est ici question, car il n’en diffère qu’en ce qu’il n’a pas le collier jaune, ni la tache bleue du sommet de l’aile, si grande; il est aussi un peu plus petit ; apparemment le mâle seul, dans cette espèce, porte le collier. Ce lori est, comme tous les autres, très-doux et familier, mais aussi très-délicat et difficile à élever. Il n’y en a point qui apprenne plus facilement à parler, et qui parle aussi distinctement : c( J’en ai vu un, dit M. Aublet, qui répétait tout ce qu’il enten- « dait dire à la première fois*’. » Tout étonnante que cette faculté puisse paraître, on ne peut guère en douter : il semble même qu’elle appartienne à tous les loris celui-ci en particulier est très-estimé; Albin dit qu’il l’a vu vendre vingt guinées. Au reste, on doit regarder comme une variété de cette espèce le lori à collier des Indes donné par M. Brisson
a. Voyez les planches enluminées, n“ 119.
h. « Psittacus major brevicaudus, coccineus syncipite nigro violaceo; vertice dilutè violacco,
<1 marginibus alarum viiidi et cæruleo variis, remigibus majoribus exteriùs supernè et riridi- « bus, infernè nigricantibus, interiùs luteis apice nigricante, rectricibns coccineis, apice viridi « marginatis.... » Lorius orientalis Indiens. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 222. — « Psittacus « brachyurus ruber, pileo fusco, alis viridibns, humeris genibusque cæruleis... » Domicelîa. Linnæus, Syst. nat., édit. X, g. 44, sp. 23.
c. « Il était venu des Indes à Pile de France, et m’avait été donné par M. le comte d’Estaing, il était étonnant. » ( Note communiquée par M. Aublet. )
d. « Les Hollandais en avaient un qui contrefaisait sur-le-champ tous les cris des autres animaux qu'il entendait. » Second voyage des Hollandais , Hist. générale des voyages, t. VIII , p. 377. — « Tous les voyageurs parlent avec admiration de la facilité que les perroquets des Moluques ont à répéter ce qu’ils entendent. Leurs couleurs sont variées et forment un mélange agréable; ils crient beaucoup et fort haut. » Ibidem.
e. « Psittacus major brevicaudus, coccineus, uropygio et imo ventre ex albo et roseo varie- « gatis; capite superiore et remigibus majoribus cyaneis ; torque luteo, rectricibus purpureis,
* Psittacus domicelîa (Linn.]. — Genre Perroquets, sous-genre Loris (Cuv. ).