‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 286 sur 495 · Voyez Albin, t. I, n" vm · texte numérisé non relu

Voyez Albin, t. I, n" vm

QOl

mie les ieunes coucous sauvages que j’ai vus, et j’en ai vu beaucoup,

« " Let r euf. oute que les jeunes mâles ont le plumage "bmni que les femelles, le dedans de la bouche plus rouge, et le

“upoids'crun coucou adulte, pesé te 12 avril, était ffros et demi; le poids d’un autre, pesé le 17 août , était ûenvmo^ cinq onces • ces oiseaux pèsent davantage en automne, parce qu alois ils .0 beaucoup plus gras, et la différence n’est pas petite; j’en ai pese un ]eu le 2^> juület dont la longueur totale approchait de neuf pouces, et don loW; stttouvédedeux onces deux gros; un autre, qui était presque Lissi grand mais beaucoup plus maigre, ne pesait qu’une once quatie gro , r.’crci à-dire un tiers moins que le premier.

Le mâle adulte a le tube intestinal d'environ vingt d'iné»ale longueur, l’un de quatorze lignes (quelquefois v n„t-qua c), uartre de dix ( quelquefois jusqu'à dix-huit ) , tous deux dirigés en avant et ;:rents dmis toute leuiAongueur au gros intestin par une mein ran mince et transparente; une vésicule du fiel; les rems places de paît d’autre de l’épine, divisés chacun en trois lobes principaux, sous-divises eux-mêmes en lobules plus petits par des f j*

sécrélion d’une bouillie blanchâtre; deux testicules de “

grosseur inégale, attachés à la partie supérieure des rems, et séparés i .

L’^o'iihagrse dilate à sa partie intérieure en une espèce de poche glaiidut^se séparée du ventricule par un étranglement; le ventricule est un peu muscuieux dans sa circonférence, membraneux dans

.dhér.«.p.rdes tissu, «breoxm^

adhérant par des tissus umcuA au^ muoverv.. v.c nmnnrlionné

parties qui l’entourent, du reste,beaucoup moins gro «‘U

Lus l’Oiseau sauvage nourri par le roug.g.g^^

lans l'Oiseau sauvage uuui 11 xx.xvmovco.-a nrdimirc-

l’oiseau apprii oisé et élevé par l’homme : dans celui-ci, ce sac, ordi x fficnl ilisliiidu par l’excès de la nourriture, égale le ^

œuf de poule, occupe toute la partie anterieure de la cavité du vu , depuis le sternum à l’amis*, s’étend quelquefois souslo sternum de cinq

„ M V.isdi soupœnae que h grosseur du cou, qui est propre m mile,

quelque rapport aucji que les miles, et les seuls ““f • “ “ “^cs oSes qu coutrituent rr.m-iTmio (Kns le CTaud nombre de dissections que 3 ai faites, que les organes q

à la'foîniation de la voix eussent plus de volume dans les mâles ^

6 Voyez les Mémoires de l'Académie royale des Sciences, année , P- VôiqitremDli* M IlISsll était domestique, à juger par la quantité de viande dont sou estomac était rempli.

six lignes, et d’autres fois ne laisse à découvert aucune partie de l’intestin j au lieu que dans des coucous sauvages que j’ai fait tuer au moment môme où on me les apportait, ce viscère ne s’étendait pas tout à fait jusqu’au sternum, et laissait paraître entre sa partie inférieure et l’anus deux circonvolutions d’intestins, et trois dans le côté droit de l’abdomen. Je dois ajouter que dans la plupart des oiseaux dont j’ai observé l’intérieur on voyait, sans rien forcer ni déplacer, une ou deux circonvolutions d’intestins dans la cavité du ventre, à droite de l’estomac, et une entre le bas de Testomac etl’anus. Cette différence de conformation n’est donc que du plus au moins, puisque dans la plupart des oiseaux, non-seulement la face postérieure de l’estomac est séparée de l’épine du dos par une portion du tube intestinal, qui se trouve interposée, mais que la partie gauche de ce viscère n’est jamais recouverte par aucune portion de ces mêmes intestins; et il s’en faut bien que je regarde cette seule ditférence comme une cause capable de rendre le coucou inhabile à couvert, ainsi que l’a dit un ornithologiste : ce n’est point apparemment parce que cet estomac est trop dur, puisque ses parois étant membraneuses, il n’est dur en effet que par accident et lorsqu’il est plein de nourriture, ce qui n’a guère lieu dans une femelle qui couve; ce n’est point non plus, comme d’autres l’ont dit, parce que l’oiseau craindrait de refroidir son estomac, moins garanti que celui des autres oiseaux, car il est clair qu’il courrait bien moins ce risque en couvant qu’en voltigeant ou se perchant sur les arbres : le casse-noix est conformé de même, et cependant il couve; d’ailleurs, ce n’est pas seulement sous l’estomac, mais sous toute la partie inférieure du corps, que les œufs se couvent, autrement la plupart des oiseaux qui, comme les perdrix, ont le sternum fort prolongé, ne pourraient couver plus de trois ou quatre œufs à la fois, et l’on sait que le plus grand nombre en couvent davantage.

J’ai trouvé dans l’estornac d’un jeune coucou que je faisais- nourrir une masse de viande cuite presque desséchée, et qui n’avait pu passer par le pylore; elle était décomposée, ou plutôt divisée en fdmlles de la plus grande finesse. Dans un autre jeune coucou, trouvé mort au milieu des bois vers le commencement d’août, la membrane interne du ventricule était velue; les poils, longs d’environ une ligne, semblaient se diriger vers

Au reste, dans les casse-noix, ce viscère est aussi fort volumineux, situé de même au milieu de 1 abdomen , et n’est point non plus recouvert par les intestins.

1. « Ils sont célèbres (les coucous) par la singulière habitude de pondre leurs œufs dans des » nids d’autres oiseaux insectivores... La cause de ce phénomène, unique dans l’histoire des « oiseaux, est encore inconnue. Hérissant l’a attribué à la position du gésier, qui est, en effet , « plus en arrière dans l’abdomen, et moins garanti par le sternum que dans les autres oiseaux. » ( Cuvier. ) Queneau de Montbeillard a raison. VinsUnct ne s’explique pas. Il ne tient pas à des cil constances aussi grossières, aussi extérieures, que celles qu’indique ici Hérissant. L’instinct tient au cerveau. (Voyez mes Rech, expériment. sur les propriétés et les fondions du système nerveux, )

l’orifice de l’œsophage ; en général, on rencontre fort peu de petites pierres dans l’estomac des jeunes coucous, et presque jamais dans l’estomac de ceux où il n’y a point de débris de matières végétales. Il est naturel que l’on en trouve dans l’estomac de ceux qui ont été élevés par des verdières, des alouettes et autres oiseaux qui nichent à terre : le sternum forme un

angle rentrant. . .

Longueur totale, treize à quatorze pouces; bec, treize lignes et demie;

les bords de la pièce supérieure échancrés près de la pointe (mais non dans les tout jeunes) ; narines elliptiques, ayant leur ouverture environnée d’un rebord saillant, et au centre un petit grain blanchâtre qui s’eleve presque jusqu’à la hauteur de ce rebord; langue mince à la pointe, et non fourchue ; tarse, dix lignes ; cuisse, moins de douze ; l’intérieur des ongles postérieurs le moins fort et le plus crochu de tous; les deux doigts anterieurs unis ensemble à leur base par une membrane ; le dessous du pied comme chagriné et d’un grain très- fin; vol, environ deux pieds; queue, sept pouces et demi, composée de dix pennes étagées “ : dépasse les ailes de

deux ponces.

Variétés du coucou.

On aura vu sans doute avec quelque surprise, en lisant l’histoire du coucou, combien le type de cette espèce est inconstant et variable, ce qui en effet n’est point ordinaire chez les oiseaux qui vivent dans 1 état de nature, et surtout chez ceux qui s’apparient ; car pour ceux au contraire qui ne s’apparient point et qui n’ont qu’une ardeur vague, indéterminée pour une femelle en général, sans aucun attachement particulier, à force d être étrangers à toute fidélité personnelle ou, si l’on veut, individuelle. Us sont plus exposés à manquer aux lois encore plus sacrées de la fidelité due à 1 espèce, et à contracter des alliances irrégulières dont le produit varie plus ou moins, selon que les individus qui se sont unis par hasard étaient plus ou moins différents entre eux : de là la diversité que l’on remarque entre les individus, soit pour la grosseur, soit pour les formes, soit pour le plumage , diversité qui a donné lieu à plus d’une erreur, et qui a fait prendre de véritables coucous pour des faucons, des émerillons, des autours, des éperviers, etc. ; mais sans entrer ici dans le détail de ces variétés inépuisables et qui paraissent n’être rien moins que constantes, je me borneiai à dire que l’on trouve quelquefois en différents pays de notre Europe des coucous qui diffèrent beaucoup entre eux par la taille et qu’à l’égard des couleur»,

a. M. Uay ii’a compté que huit pennes dans la queue de l'individu qu’il a observé en 1693 ;

mais assurément il en manquait deux.

h. Voyez Aldrovande, page 413. Le coucou varié aux pieds rouges des Pyrénées de uarrtre est encore une de ces variétés, et peut-être sou coucou cendré d’Amérique : il en eside même du meule francescano de Gerini, et de son cucule rugginoso; mais ces deux derniers son. variétés d’ige.

le gris cendré, le roux, le brun, le blanchâtre, sont distribués diversement dans les divers individus ; en sorte que chacune de ces couleurs domine plus ou moins, et que par la multiplicité de ses teintes elle augmente encore les variations de leur plumage. A l’égard des coucous étrangers, j’en trouve deux qui me semblent devoir se rapporter à l’espèce européenne comme variétés de climat, et peut-être en ajouterais-je plusieurs autres si j’avais été à portée de les observer de plus près.

I. — Le coucou du cap de Bonne-Espérance, représenté dans nos planches enluminées, n" 390 ', a beaucoup de rapport avec celui de notre pays, et par ses proportions, et par la rayure transversale du dessous du corps, et par sa taille, qui n’est pas beaucoup plus petite.

Il a le dessus du corps d’un vert brun, la gorge, les joues, le devant du cou et les couvertures supérieures des ailes d’un roux foncé; les pennes de la queue, d’un roux un peu plus clair, terminées de blanc; la poitrine et tout le reste du dessous du corps, rayés transversalement de noir sur un fond blanc; l’iris jaune, le bec brun foncé, et les pieds d’un brun rougeâtre. Il a de longueur totale un peu moins de douze pouces.

Serait-ce ici l’oiseau connu au cap de Bonne -Espérance sous le nom d’édo/m, et qui répète en effet ce mot d’un ton bas et mélancolique? îl n’a point d’autre chant, et plusieurs habitants du pays, non pas Hottentots, mais Européens, sont persuadés que l’âme d’un certain patron de barque qui prononçait souvent le même mot est passée dans le corps de cet oiseau, car nos siècles modernes ont aussi leurs métamorphoses : celle-ci n’est pas moins vraie que celle du Jupiter cuculus, et nous lui devons probablement la connaissance du cri de ce coucou. On serait trop heureux si chaque erreur nous valait une vérité.

II. — Les voyageurs parlent d’un coucou du royaume de Loango en

Afrique, lequel est un peu plus gros que le nôtre, mais peint des mêmes couleurs, et qui en difiêre principalement par sa chanson, ce qui doit s’entendre de l’air et non des paroles, car il dit coucou comme le nôtre, mais sur un ton différent : le mâle commence, dit-on, par entonner la gamme, et chante seul les trois premières notes ; ensuite la femelle l’accompagne à l’unisson pour le reste de l’octave, et diffère en cela de la femelle de notre coucou, qui ne chante point du tout comme son mâle, et qui chante beaucoup moins. C’est une raison déplus pour séparer ce coucou de Loango du nôtre, et pour le considérer comme une variété dans l’espèce. i

1. « Cet oiseau, figuré par Levaillant {A fric., 20G), a reçu de M. Cuvier le nom spécifique « nouveau de Cuculus solitarius. Il le place dans le sous-genre des Vrais Coucous. » ( Desniarets.)

LES COUCOUS ETRANGERS

LES COUCOUS ÉTRANGERS

Les principaux attributs du coucou d’Europe consistent, comme on vient de le voir, en ce qu’il a la tête un peu grosse, l’ouverture du bec large, les doigts disposés deux en avant et deux en arrière ; les tarses garnis de plumes, les pieds courts, les cuisses encore plus courtes, les ongles feibles et peu crochus, la queue longue et composée de dix pennes étagées j il diffère des couroucous et par le nombre de ces mêmes pennes (car les couroucous en ont douze à la queue), et surtout par son bec, qui est plus allongé et dont la partie supérieure est plus convexe; il diffère des barbus en ce qu’il n’a point de barbes autour de la base du bec; mais tout cela doit être entendu sainement, et il ne faut pas s’imaginer qu’on ne doive admettre dans le genre dont le coucou d’Europe est le modèle que des espèces qui réunissent exactement tous ces attributs. C est le cas de répéter qu’il n’y a rien d’absolu dans la nature, que par conséquent il ne doit y avoir rien de strict dans des méthodes faites pour la représenter, et qu’il serait moins difficile de réunir dans une vaste volière toutes les espèces d’oiseaux, séparées par paires bien assorties, que de les séparer intellectuellement par des caractères méthodiques qui ne se démentissent jamais : aussi, parmi les espèces que nous rapporterons au genre du coucou, en trouvera-t-on plusieurs en qui les attributs propres à ce genre seront diversement modifiés, d’autres qui ne les auront pas tous, et d’autres qui auront quelques-uns des attributs des genres voisins; mais si l’on examine de près CCS espèces diverses, on reconnaîtra qu’elles ont plus de rapport avec le genre du coucou qu’avec aucun autre, ce qui suffit, ce me semble, pour nous autoriser à les rassembler sous une dénomination commune et pour en composer un genre, non pas strict, rigoureux, et par cela même imaginaire, mais un genre réel et vrai, tendant au grand but de toute généialisation, celui de faciliter le progrès de nos connaissances en réduisant au plus petit nombre tous les faits de détail sur lesquels elles sont nécessairement fondées. On ne sera donc point surpris de trouver ici, parmi les coucous étrangers, des espèces qui ont la queue carrée, comme le coucou tacheté de la Chine, celui de l’île de Panay, le vouroudriou de Madagascar, iCt une variété du coucou brun piqueté de roux des Indes; d autres qui J’ont pour ainsi dire fourchue, comme le coucou qui a deux longs brins à *la place des deux pennes extérieures; d’autres qui l’ont plus qu’étagée et semblalilc à celle des veuves, comme le sanhia de la Chine et le coucou hiq)pé à collier; d’autres qui l’ont étagée seulement en partie, comme le vieillard à ailes rousses de la Caroline, lequel n’a que deux paires de pennes étagées, et comme une variété du jacobin huppé de Coromandel, qui na

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que la seule paire extérieure étagée, c’est-à-dire plus courte que les quatre autres paires, lesquelles sont égales entre elles; d’autres qui ont douze pennes à la queue, comme le vouroudriou et le coucou indicateur du Cap; d autres qui n en ont que huit, comme le guira-cantara du Brésil, si toutefois Marcgrave ne s’est point trompé en les comptant; d’autres qui ont l’hahilude d épanouir leur queue lors même qu’ils sont en repos, comme le coua de Madagascar, le coucou vert doré et blanc du cap de Bonne-Espélance, et le second coukeel de Mindanao; d’autres qui en tiennent toutes les pennes serrées et superposées, les intermédiaires aux latérales; d’autres qui ont quelques barbes autour du bec, comme le sanhia, le coucou indicateur et une variété du coucou verdâtre de Madagascar; d’autres qui ont le bec plus long et plus grêle à proportion, comme le tacco de Cayenne; d’autres qui ont le doigt postérieur interne, armé d’un long éperon semblable a celui de nos alouettes, comme le houhou d’Égypte, le coucou des Philippines, le coucou vert d’Antigue, le toulou et le rufalbin; d’autres enfin qui ont les pieds plus ou moins courts, plus ou moins garnis de plumes, ou meme sans aucune plume ni duvet. Il n’est pas jusqu’au caractère réputé e plus fixe et le plus constant, je veux dire la disposition des doigts tournés deux en avant et deux en arrière, qui ne participe à l’inconstance de ces vanauons, puisque j’ai observé dans le coucou que l’un de ses doigts postérieurs se tournait quelquefois en avant, et que d’autres ont observé dans les hiboux et les chats-huants que l’un de leurs doigts antérieurs se tournait quelquefois en arrière ; mais ces légères différences, bien loin de mettre du désordre dans le genre des coucous, annoncent au contraire le véritable 01 dre de la nature, puisqu’elles représentent la fécondité de ses plans et 1 aisance de son exécution en représentant les nuances infiniment variées de ses ouvrages et les traits infiniment diversifiés qui, dans chaque famille d animaux, distinguent les individus sans leur ôter l’air de famille.

Une chose très-remarquable dans celle des coucous, c’est que la branche établie dans le Nouveau-Monde est celle qui paraît être la moins sujette aux variations dont je viens de parler, la moins dégénérée, celle qui semble avoir conservé plus de ressemblance avec l’espèce européenne considérée comme tronc commun et s’en être séparée plus tard ; à la vérité, l’espèce européenne fréquente les pays du Nord, pousse ses excursions jusqu’en üanemark et en Norwége, et par conséquent aura pu aisément franchir les détroits peu spacieux qui, à ces hauteurs, séparent les deux continents; mais elle a pu franchir avec encore plus de facilité l’isthme de Suez, d’une part, ou quelques bras de mer fort étroits, pour se répandre en Afrique, et 1 U côté de l’Asie elle n’avait rien du tout à franchir ; en sorte que les races qm se sont établies dans ces dernières contrées doivent s’être séparées beaucoup plus tôt de la souche primitive et lui ressembler beaucoup moins : aussi ne compte-t-on guère en Amérique que deux ou trois exceptions ou

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anomalies extérieures sur quinze espèces ou variétés, tandis que dans • r Afrique et l’Asie on en compte quinze ou vingt sur trente-quatre, et sans ,

doute on en découvrira davantage à mesure que tous ces oiseaux seront |

plus connus ; ils le sont si peu, que c’est encore un problème si parmi tant | d’espèces étrangères il en est une seule qui ponde ses œufs dans le nid des : autres oiseaux, comme fait le coucou d’Europe; on sait seulement que plu-' sieurs de ces espèces étrangères prennent la peine de foire elles-memes leur nid et de couver elles-mêmes leurs œufs ; mais quoique nous ne connaissions que des différences superficielles entre toutes ces espèces, nous pouvons supposer qu’il en existe de considérables et de générales, surtout entre les deux brandies fixées dans les deux continents, lesquelles ne peuvem manquer de recevoir tôt ou tard l’empreinte du climat, et ici les climats sont très-différents. Par exemple, j’ai observé qu’en général les especes américaines sont plus petites que les espèces de l’ancien continent, et probablement par le concours des mêmes causes qui, dans cette même Amérique, s’opposent au développement plein et à l’entier accroissement soit , des quadrupèdes indigènes, soit de ceux qu’on y transporte d ailleurs : i y | a tout au plus en Amérique deux espèces de coucous dont la taille approche | de celle du nôtre, et le reste ne peut être comparé à cet égard qu’à nos merles et à nos grives , au lieu que nous connaissons dans l’ancien continent plus d’une douzaine d’espèces aussi grosses ou plus grosses que l’européenne, et quelques-unes presque aussi grosses que nos poules. i

En voilà assez, ce me semble, pour iustifier le parti que je prends de ^ séparer ici les coucous d’Amérique de ceux de l’Afrique et de l’Asie, en attendant que le temps et l’observation, ces deux grandes sources de lumière, nous ayant éclairés sur les mœurs et les habitudes naturelles de ces oiseaux, nous sachions à quoi nous en tenir sur leurs différences vraies, | tant intérieures qu’extérieures, tant générales que particulières. |

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