V. — LE HOUHOU d’ÉGYPTE
Ce coucou s est nommé lui-môme, car son cri est hou, hou, répété plu-
а. Voyez les planclies enluminées, n° S89, où cet oiseau est représenté sous le nom de Coucou huppé de Madagascar.
б. « Cuculus cristatus, supernè cinereo-virescens , infernè albo-rufescens ; gutture cinereo • « co^ O superiore et pectore vinaceis ; rectricibus supernè dilutè viridibus , cæruleo et violaceo « coiûie variantibus, lateralibus apice albis... » Cuculus Madagascariensis cristatus. Coucou
.uppe de Madagascar. Brisson, t. IV, p, 149. Appelé coiia par les habitants de Madagascar
« Dcsuper cmerens cum aliquali æris falgore superfuso; genis rugosis, nudis, cæruleis... »
ommerson. Ce naturaliste l’appelle ailleurs cuculus formosus. — « Caudà rotundatâ capite « mstato, corpore cinereo-virescente, nitente... » Linnæus, Sÿst. naC, édit. XIQ , p. 161, rp. 19.^— Cuciilo col ciuffo del Madagascar. Gerini, Ornithol. ital., t. I, p. 82.
c. C’est le nom que les Arabes donnent au coucou d’Égypte , d’après’ son cri; ils l’écriven Kent, fient.
„ cmtattij (Linn.). — Genre Coucous , sous-genre Couas (Cuv.).
uculus œgyptius (Linn.). — Genre Coucous, sous-genre Coucals (Cuv.). — Cuvier eiuiit, comme ne formant qu’une seule espèce, les cuculus œgyptius et senegaknsis de Linné.
c s pare , comme espèces distinctes, les Cuculus philippensis et folu.
OISEAUX DU VIEUX CONTINENT
sieurs fois de suite sur un ton grave. On le voit fréquemment dans le Delta ; le mâle et la femelle se quittent rarement, mais il est encore plus rare qu’on en trouve plusieurs paires réunies. Ils sont acridophages dans toute la force du mot, car il paraît que les sauterelles sont leur unique, ou du moins leur principale nourriture; ils ne se posent jamais sur les grands arbres, encore moins à terre, mais sur les buissons, à portée de quelque eau courante ; ils ont deux caractères singuliers : le premier, c’est que toutes les plumes qui recouvrent la tête et le cou sont épaisses et dures, tandis que celles du ventre et du croupion sont douces et effilées ; le second, c’est que l’ongle du doigt postérieur interne est long et droit comme celui de notre alouette.
La femelle (car je n’ai aucun renseignement certain sur le male ) a la tête et le dessus du cou d’un vert obscur, avec des reflets d’acier poli; les couvertures supérieures des ailes d’un roux verdâtre ; les^pennes des ailes rousses, terminées de vert luisant, excepté les trois dernières, qui sont entièrement de cette couleur, et les deux ou trois précédentes, qui en sont mêlées ; le dos brun avec des reflets verdâtres ; le croupion brun, ainsi que les couvertures supérieures de la queue, dont les pennes sont d’un vert luisant, avec des reflets d’acier poli ; la gorge et tout le dessous du corps d’un blanc roussâtre, plus clair sous le ventre que sur les parties antérieures et sur les flancs; l'iris d’un rouge vif; le bec noir et les pieds noirâtres.
Longueur totale, de quatorze pouces et demi à seize et demi; bec, seize à dix-sept lignes ; narines, trois lignes, fort étroites ; tarse, vingt-une lignes ; ongle postérieur interne , neuf à dix lignes ; ailes , six à sept pouces ; queue, huit pouces, composée de dix pennes etagees : dépasse les ailes de cinq pouces.
M. de Sonnini, à qui je dois la connaissance de cet oiseau et tout ce que j’en ai dit, ajoute qu’il a la langue large, légèrement découpée à sa pointe; "'estomac comme le coucou d’Europe; vingt pouces de tube intestinal, et
deux cæcums, dont le plus court a un pouce.
Après avoir comparé attentivement, et dans tous les détails, cette femelle avec l’oiseau représenté dans nos planches enluminées, n° 824, sous le nom de coucou des Philippines'^ ,\q crois qu’on peut regarder celui-ci connue le mâle, ou du moins comme une variété dans l’espèce ; il a la môme taille, les mômes dimensions relatives, le môme éperon d alouette, la même laideur dans les plumes de la tête et du cou, la môme queue étagee, seulement ses couleurs sont plus sombres; car à l’exception de ses ailes, qui sont rousses comme dans le houhou, tout le reste de son plumage est u un noir lustré. L’oiseau décrit et représenté par M. Sonnerat dans son Voyage
1. C’est le cuculus yhilippensis de AI. Cuvier. — Espèce distiucte. Voyez la nomenclature précédente.
(Ua Nouvelle-Guinée, sous le nom de coueou vert d’An(tgue-\ resseml)!^ tellement a celui dont je viens de parler, que ce que j’ai dit dé l’un 7ao phque naturellement à l’autre : il a la tête, le cou, la poitrine et le veiZ' d un \ert obscur tirant sur le noir^ les ailes d’un rouge brun foncé • l’ongle
U doigt interne plus délié et peut-être un peu plus long; toutes ses plumes seneralement sont dures et raides, les barbes en sont effilées, et chacune est un nouveau tuyau qui porte d’autres barbes plus courtes; à la vérité la queue ne paraît point étagée dans la figure, mais ce peut être une inadvcitance : ce coucou n’est guère moins gros que celui d’Europe.
Enfin M’oiseau de Madagascar, appelé toulou^\ a ayec h femelle du îiou-
n.ln U- ressemblance que j’ai remarqués dans le
coucou des Philippines : son plumage est moins sombre, surtout dans la partie anterieure, où le noir est égayé par des taches d’un roux clair • dans quelques individus l’olivûtre prend la place du noir sur le corps et il est seine de taches longitudinales blanchâtres qui se retrouvent encore sur les ai es, ce qui me ferait croire que ce sont des jeunes de l’année, d’autant P us que dans ce genre d’oiseaux les couleurs du plumage changent beaucoup, comme on sait, à la première mue.