XVI. — LES COUKEELS
Je trouve dans les Ornithologies trois oiseaux de différentes tailles dont on a fait trois especes differentes, mais qui m’ont paru si ressemblants entre eux par le plumage que j’ai cru devoir les rapporter à la même espèce
a. Voyage à la Nouvelle-Guinée , p. 122, pl. 81.
ÎP enluminées, n» 27/,; où le plus grand des cüulieels est représenté sous
le nom de Coucou des Indes orientales.
c. « Cuculus niger, Tiridi colore Tarians; remigibus interiùs et subtùs penitùs nigris; rectri-
Bri-son TTv ^ariaiitibus... » Coucou noir des Indes.
cri.son t. IV, p 142. - « Cuculus orientalis, caudâ rolundatâ, corpore nigro-virente ;
deTTr n édit. XllI, p. 1C8, sp. 2. - Gueule nero
dell Indte. Ornithol. ital., t. I, p. 84, sp. 29.
* Cuculus flavus (Linn.). — Genre et sous-genre id. (Cuv.).
OISEAUX DU VIEUX CONTINENT
comme variétés de grandeur, d’autant plus que tous trois appartiennent aux contrées orientales de l’Asie; et par les mêmes raisons j’ai cru pouvoir leur appliquer à tous le nom de coukeel, nom sous lequel le plus petit des trois est connu au Bengale. M. Edwards juge, d’après la ressemblance des noms, que le cri du coukeel de Bengale doit avoir du rapport avec celui du
coucou d’Europe.
Le premier’ et le plus grand de ces trois coukeels approche tort de la grosseur d’un pigeon; son plumage est partout d’un noir brillant, changeant en vert , et aussi en violet , mais sous les pennes de la queue seulement; le dessous et le côté intérieur des pennes de l’aile est noir; le bec et les pieds sont gris brun, et les ongles noirâtres.
Le second vient de Mindanao, et n’est guère moins gros que notre coucou ; il tient le milieu, pour la (aille, entre le précédent et le suivant; tout son plumage est d’un noirâtre tirant au bleu ; il a le bec noir à la base, jaunâtre à la pointe ; la première des pennes de l’aile presque une fois plus courte que la troisième, qui est rune des plus longues; il porte ordinairement sa queue épanouie.
Le troisième et le plus petit de tous, a à peu près la taille du merle; il est noir partout comme les deux premiers, sans mélange d aucune autre couleur fixe; mais suivant les différents degrés d incidence de la lumière, son plumage réfléchit toutes les nuances mobiles et fugitives de l’arc-enciel : c’est ainsi que l’a vu M. Edwards, qui est ici l’auteur original; et je ne sais pourquoi M. Brisson ne parle que du vert et du violet. Ce coucou a , comme le premier, le côté intérieur et le dessous des pennes de 1 aile noirs; le bec d’un orangé vif, un peu plus court et plus gros qu’il n’est dans le coucou d’Europe; le tarse gros et court, et d’un brun rougeâtre , ainsi que les doigts.
Il faut remarquer que c’est à cet oiseau qu’appartient proprement le nom de coukeel qui lui a été donné au Bengale , et que les conséquences que 1 on a tirées de la similitude des noms à la ressemblance des voix, sont plus concluantes pour lui que pour les deux autres; il a les bords du bec supérieur, non pas droits, mais ondés.
a. Cuculus ecristatus Mindanensis , e cœruleo nigricans tolus. Commerson. h. The black Indian Cuckow ; au Bengale, cukeel. Edwards, pl. 58, — « Cuculus ex cæra- « lescente niger, rostre flavo, pcdibus brevibus, sordidè luteis... » Klein , Ordo avmm, p. 31, no VI. — « Cuculus niger, viridi et violaceo colore varians ; remigibus interiùs et subtùs pemtus « nigris: rectricibus nigris, viridi et violaceo colore variantibus... « Coucou noir du Bengale. Brisson t IV p. Ul. — « Cuculus niger, caudà cuiieiformi, corpore nigro , nitido , roslro « flavo.!. » Linnæus, Syst. nat., édit. XIII, p. 170, sp.l2. - Cucule nero Indiano di Bengala. OrnUhol. ital., t. 1, p. 82 , pl. Lxxii.