VIII. LE coucou PIAYE
J adopte le surnom de piaye que l’on donne à ce coucou dans l’île do Cayenne, mais je n’adopte point la superstition qui le lui a fait donner : Piaye signifie diable dans la langue du pays, et encore prêtre, c’est-à-dire, chez un peuple idolâtre, ministre ou interprète du diable. Cela indique assez qu’on le regarde comme un oiseau de mauvais augure; c’est, dit-on, par cette raison que les naturels, et même les nègres, ont de la répugnance pour sa chair; mais cette répugnance ne viendrait-elle pas plutôt de ce que sa chair est maigre en tout temps?
Le piaye est peu farouche ; il se laisse approcher de fort près et ne part que lorsqu’on est sur le point de le saisir ; on compare son vol à celui du martin-pêcheur ; il se tient communément aux hords des rivières, sur les basses branches des arbres, où il est apparemment plus à portée de voir et de saisir les insectes dont il fait sa nourriture; lorsqu’il est perché, il hoche la queue et change sans cesse de place. Des personnes qui ont passé du temps à Cayenne, et qui ont vu plusieurs fois ce coucou dans la campagne, n ont jamais entendu son cri ; sa taille est à peu près celle du merle; il a
a. Voyez les planches enluminées, n<>21l, où cet oiseau est représenté sous le nom de Coucou de Cayenne.
b. « Guculus supemè castaneo-purpurascens , infernè cinereus ; collo inferiore dilutè casta- « neo-purpurascente; rectricibus castaneo-purpurascentibus, versus apicem nigris, apice « albis... » Coucou de Cayenne. Brisson, t. IV, p. 122. - « Guculus Gayanus, caudà cunei- « lormi, etc... ,, Linnæus, Syst. nat, édit. XIII, p. 170, sp. 14. - Ornühol. ital., t. I, p. 84.
Sp. XXill,
Cunilus cayanus (Lath., Gnoel.). — Genre Coucous, sous-genre Couas (Guy.).
le dessus de la tête et du corps d’un marron pourpre, compris même les pennes de la queue, qui sont noires vers le bout, terminées de blanc, et les pennes des ailes, qui sont terminées de brun ; la gorge et le devant du cou aussi marron pourpre, mais d’une teinte plus claire, et variable dans les différents individus ; la poitrine et tout le dessous du corps cendrés; le bec et les pieds gris brun.
Longueur totale, quinze pouces neuf lignes ; bec, quatorze lignes; tarse, quatorze lignes et demie ; vol, quinze pouces un tiers ; queue, dix. pouces, composée de dix pennes étagées et fort inégales : dépasse les ailes de huit pouces. Nota que l’individu qui est dans le Cabinet de M. Mauduit est un peu plus gros.
J’ai vu deux variétés dans cette espèce : l’une à peu près de meme taille, mais différente pour les eouleurs; elle avait le bec rouge, la tête cendrée, la gorge et la poitrine rousses, et le reste du dessous du corps cendré noirâtre.
L’autre variété “ a à très-peu près les mêmes couleurs : seulement le cendré du dessous du corps est teinté de brun ; elle a aussi les mêmes habitudes naturelles, et ne diffère réellement que par sa taille, qui est fort approchante de celle du mauvis.
Longueur totale, dix pouces un quart ; bec, onze lignes ; tarse, onze lignes et plus; vol, onze pouces et demi; queue, près de six pouces, composée de dix pennes étagées : dépasse les ailes de près de quatre pouces.