L’ANI DES SAVANES
corps, à l’exception d’une petite lisière d’un vert foncé et luisant qui borde les plumes du dessus du dos et des couvertures des ailes, et qu’on n’aperçoit pas à une certaine distance, car ces oiseaux paraissent tout noirs. La femelle ne diffère pas du mâle; ils vont constamment par bandes, et sont d un naturel si social , qu ils demeurent et pondent plusieurs ensemble dans le même nid; ils construisent ce nid avec des bûchettes sèches sans le garnir, mais ils le font extrêmement large, souvent d’un pied de diamètre : on prétend même qu ils en proportionnent la capacité au nombre de camarades qu’ils veulent y admettre. Les femelles couvent en société; on en a souvent vu,cinq ou six dans le même nid ; cet instinct , dont l’effet serait foit utile à ces^ oiseaux dans les climats froids, paraît au moins superflu dans les pays méridionaux, où il n’est pas à craindre que la chaleur du nid ne se conserve pas; cela vient donc uniquement de l’impulsion de leur naturel social, car ils sont toujours ensemble, soit en volant, soit en se reposant, et ils se tiennent sur les branches des arbres tout le plus près qu il leur est possible les uns des autres; ils ramagent aussi tous ensemble, presque à toutes les heures du jour, et leurs moindres troupes sont de huit ou dix, et quelquefois de vingt-cinq ou trente. Ils ont le vol court et peu élevé; aussi se posent-ils plus souvent sur les buissons et dans les halliers que sur les grands arbres. Ils ne sont ni craintifs ni farouches, et ne fuient jamais bien loin : le bruit des armes à feu ne les épouvante guère; il est aisé d en tirer plusieurs de suite, mais on ne les recherche pas, parce que leur chair ne peut se manger, et qu’ils ont même une mauvaise odeur lorsqu’ils sont vivants. Ils se nourrissent de graines, et aussi de petits serpents, lézards et autres reptiles; ils se posent aussi sur les hœufs et les vaches pour manger les tiques, les vers et les insectes nichés dans le poil de ces animaux.