I. l’engoulevent de la CAROLINE
Si, comme il y a toute apparence, l’Europe doit les engoulevents à l’Amérique, c’est ici l’espèce qui a franchi le passage du Nord pour venir établir une colonie dans l’ancien continent. Je le juge ainsi, parce que cette espèce, habitant l’Amérique septentrionale, s’est trouvée plus à portée des contrées encore plus septentrionales, d’où le passage én Europe était facile, et que d’ailleurs elle ressemble fort à la nôtre et pour la taille et pour les couleurs : entre autres marques communes, elle a la mâchoire inférieure bordée de blanc et une tache de même couleur sur le bord de l’aile ; son principal irait de dissemblance, c’est qu’au lieu d’êire variée sous le corps par de petites lignes transversales, elle l’est par de petites lignes longitudinales, et qu’elle a le bec plus long; mais une si grande différence de climat n’aurait-elle pas pu produire des différences encore plus considérables dans la forme et le plumage de cet oiseau?
Voici ce que Catesby nous apprend de ses habitudes naturelles : il se
a. Voyez ci-devant, tome V , page 23. — Le plumage du martin-pèclieur est beaucoup plus brillant entre les tropiques que dans la zone tempérée, dit M. Forsfer, Second voyage de Cook, page 181.
h. The goat-sucker of CaroUna. Les Anglais de l’Amérique septentrionale le nomment East-India-hat (chauve-souris des Indes orientales). Catesby, Caroline, t. I, pl. vin. — Hirnndo major ; subfusca miscella; maculâ albâ sphæricâ in utrâque alâ; en anglais, raittbird. Browne, Jamaïque, p. 467. — « Gaprimulgus supernè griseo et nigricante transversim et « undatim varius, interné griseo-rufescens, lineolis longitudinalibus, nigricantibus variegatus; « remigibus exterius maculis flavicantibus, tribus primoribus interiùs albà maculâ notatis... » Tette-chèvre de la Caroline. Brisson , t. II , p. 473. — Succhia-capre o notloUa délia CaroUna, Ornithol. ital., t. I , p. 92 , sp. 3.
* Caprimulgus carolinensis (Lath., Gmel.). — Genre engoulevents (Cuv.).