X. — LA SALANGANE
C’est le nom que donnent les habitants des Philippines à une petite hirondelle de rivage fort célébré et dont la célébrité est due aux nids singidiers qu’elle sait construire ; ces nids se mangent* et sont fort recherchés, soit à la Chine, soit dans plusieurs autres pays voisins situés à cette extrémité de 1 Asie. C est un morceau, ou, si l’on veut, un assaisonnement très-estimé, très-cher et qui par conséquent a été très-altéré, très-falsifié ; ce qui, joint aux fables diverses et aux fausses applications dont on a chargé l’histoire de ces nids, n’a pu qu’y répandre beaucoup d’embarras et d’obscurité.
On les a comparés à ceux que les anciens appelaient nids d'alcyons, et plusieurs ont cru mal à propos que c’était la même chose. Les anciens regardaient ces derniers comme de vrais nids d’oiseaux composés de limon, d’écume et d’autres impuretés de la mer; ils en distinguaient plusieurs espèces. Celui dont parle Aristote était de forme sphérique, à bouche étroite, de couleur roussâtre, de substance spongieuse, celluleuse, et composé en grande partie d arêtes de poisson*^. 11 ne faut que comparer cette description avec celle que le docteur Yitaliano Donati a faite de Y alcy onium de la mer Adriatique*^ pour se convaincre que le sujet de ces deux descrip-
a. Hvundo nido eduli. Bontius, Ind. or., p. 6G. — Hirundo sinemis, nido eduli , Bontii. Willughby, Ornithol., lib. ii, p. 157. — Ray, Synops. av., p. 72. — Klein, Ordo av., p. 84 ; en allemand, sinesische-felsen-schwalbe. Hirondelle chinoise de rocher. — De vries , p. 279. — Hirundo marilima ; salanga, aliis, sayau, botabota , salangan (les Malais prononcent sa tewgane) dans lile de Luçon. G. J. Camel, De avibus Philippensibus. Trans. philos., n“ 283 , art. 3. — « Hirundo supernè nigricans, interné albida ; rectricibus nigricanlibus apice albis... » Hirondelle de rivage de la Cochinchine. Brisson, Ornithol., t. II, p. 510. — Hirundo uidis edulibus... esculenta. Linnæus, Syst. nat., édit. XIII, p. 348. — Apus marina. Rumphius , Herb. 6, p. 183, t. LXXV, fol. 4. Olear . mus. 2b, t. XIV, fol. 2, 6; tous deux cités par Linnæus. — Quelques-uns , comme Kæmpfer, l'ont nommée Alcyon, à cause des rapports observés entre son nid et celui qu’on nomme, en Europe, nid d' Alcyon; en sorte que dans la Méditerranée, c’est l’oiseau qui a donné le nom au prétendu nid; et dans FOcéan Indien, c’est le nid qui a donné le nom à l’oiseau.
b. A Patane et à la Chine, ces nids se no.mment saroi-bouras , enno; au Japon, jenwa, joniku; en langue vulgaire, jens; aux Indes, patong : nidus avium Schroderi; tragacanthum Indicum venereum.
c. «Nidus marinæ similis pilæ... colore leviter rufo... os ejus angustum quoad sit exiguus « aditus... habet sua inania proxima cavis spongiarum... videtur ex spinis acùs piscis con- « stitui. » Aristote, Hist. animal., lib. ix, cap. xiv. Voyez aussi Pline, lib. xxxii, cap. viii. — Il y a presque toujours des arêtes et des écailles de poissons dans le nid de notre alcyon ou martinpêcheur, mais elles sont éparses dans la poussière sur laquelle cet oiseau pond ses œufs , et n’entrent pas dans la composition du nid; car notre martin-pêcheur ne fait point de nid,
d. « L’alcionio e un corpo marino... che per lo pin s’accosta alla figura rotonda o convessa
* Hirundo esculenta (Linn.). — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Cuv.). — « Célèbre « par ses nids de substance gélatineuse blanchâtre, disposée par couches, qu’elle fait avec une « espèce particulière de fucus, à brins grêles et blanchâtres, qu’elle macère et broie avant de « l’employer. Les vertus restaurantes, attribuées à ces nids, en font un article important de « commerce à la Chine. On les apprête comme des champignons. » (Cuvier.)
OISEAUX ÉTRANGERS
Uons esl le môme ; qu’il a, dans l’une et dans l’autre, la même forme, la même couleur, la même substance, les mêmes arêtes, en un mot que c est un alcyonium, un polypier, une ruche d’insectes de mer, et non un md d’oiseaux*. La seule différence remarquable que l’on trouve entre les deux descriptions, c’est qu’ Aristote dit que son nid d’alcyon a l’ouverture étroite, au lieu que Donati assure que son alcyonium a la bouche grande; mais ces mots : grand, petit, expriment, comme on sait, des idées relatives a telle ou telle mhté de mesure qui les détermine, et nous ignorons l’undé que le docteur Donati s’était choisie ; ce qu’il y a de sûr, c’est que le diamètre de celte bouche n’était que la sixième partie de celui de son alcyonium, ouverture médiocrement grande pour un nid, et remarquez qu’ Aristote croyait
parler d’un nid. i n
Celui de salangane est un nid véritable, construit par la petite hirondelle
qui porte le nom de salangane aux îles Philippines. Les écrivains ne sont d’accord ni sur la matière de ce nid, ni sur sa forme, ni sur les endroits ou on le trouve : les uns disent que les salanganes l’attachent aux rochers, fort près du niveau de la mer «; les autres dans les creux de ces mêmes rochers ; d’autres qu’elles les cachent dans des trous, en terre''; Gemelh Careri ajoute que les matelots sont toujours en quête sur le rivap, et que, quand « ils trouvent la terre remuée, ils 1 ouvrent avec un bâton et prennent « les œufs et les petits, qui sont également estimés pour les manger L » Quant à la forme de ces nids, les uns assurent qu elle est hémisphérique®; les autres nous disent « qu’ils ont plusieurs cellules, que ce sont « comme de grandes coquilles qui y sont attachées, et qu’ils ont, ainsi que
« les coquilles, des stries ou rugosités L »
A l’égard de leur matière, les uns prétendent qu’on n’a pu la connaître jusqu’à présent 3; les autres, que c’est une écume de mer ou du frai de poisson; les uns, qu’elle est fortement aromatique ; les autres, quelle n a aucun goût ; d’autres, que c’est un suc recueilli par les salanganes sur l’arbre appelé calambouc; d’autres, une humeur visqueuse qu’elles rendent par le bec au temps de l’amour ; d’autres, qu’elles les composent de ces
« di sopra... nella superficie tuberoso... e coperto tutto ail’ iutorno da foltissime spme... dicolor « terreo, ma deterso dall’ immondezze, di color di cera... il nidolloè molto pm molle... spug- « noso e cavemoso... cou moltissime spine e molto unité , investite da carne, etc. « Voyez Stœ ta naturale marina dell’ Adriatico , p. 58.
a. Curiosités de la Nature et de l’Art , p. 170.
h. Jean de Laët, in Mus. Worm., p. 311. Van Neck. Second Voyage, p. 191. Kirker, etc.
c. Gemelli Careri, Voyage autour du monde, t. V, p. 268. ^
d. On dit la même chose de nos hirondelles de rivage. Voyez Salerne, Hist. nat. des oiseaux,
p. 205. Voyez aussi Willugliby, p. 156.
e. Musœum Worm. , à l’endroit cité.
f. Le P. Philippe Marin. Histoire de la Chine, fol. 42.
g. Kirker, du Halde, etc.
1. Les nids d’alcyons ne sont point, en effet, des nids d’oiseaux, mais des polypiers.
holothuries ou poissons-plantes qui se trouvent dans ces mers; le plus grand nombre s’accorde à dire que la substance de ces nids est transparente et semblable à la colle de poisson, ce qui est vrai. Les pêcheurs chinois assurent, suivant Kæmpfer, que ce qu’on vend pour ces nids n’est autre chose qu’une préparation faite avec la chair des polypes ; enfin, Kæmpfer ajoute qu’en etfet cette chair de polypes, marinée suivant une recette qu’il donne, a la même couleur et le même goût que ces nids. Il est bien prouvé par toutes ces contrariétés qu’en différents temps et en différents pays on a regardé comme nids de salangane différentes substances, soit naturelles, soit artificielles®. Pour fixer toutes ces incertitudes, je ne puis mieux faire que de rapporter ici les observations de M. Poivre, ci-devant intendant des îles de France et de Bourbon''. Je m’étais adressé à ce voyageur philosophe avec toute la confiance due à ses lumières pour savoir à quoi m’en tenir sur ces nids, presque aussi défigurés dans leur histoire par les auteurs européens qu’altérés ou falsifiés dans leur substance par les marchands chinois. Voici la réponse que M. Poivre a bien voulu me faire, d’après ce qu’il a vu lui-même sur les lieux :
« M’étant embarqué, en 1741, sur le vaisseau le Blars pour aller en « Chine, nous nous trouvâmes, au mois de juillet de la même année, dans « le détroit de Sonde, très-près de File Java, entre deux petites îles qu’on « nomme la grande et la petite Tocque. Nous fûmes pris de calme en cet « endroit, nous descendîmes sur la petite Tocque dans le dessein d’aller à « la chasse des pigeons verts. Tandis que mes camarades de promenade « gravissaient les rochers pour chercher des ramiers verts, je suivis les « bords de la mer pour y ramasser des coquillages et des coraux articu- « lés qui y abondent. Après avoir fait presque le tour entier de Tîlot, un « matelot chaloupier qui m’accompagnait découvrit une caverne assez pro- « fonde, creusée dans les rochers qui bordent la mer : il y entra; la nuit « approchait; à peine eut-il fait deux ou trois pas, qu’il m’appela à grands « cris : en arrivant, je vis l’ouverture de la caverne obscurcie par une « nuée de petits oiseaux qui en sortaient comme des essaims; j’entrai en
a. La recette de Kæmpfer est telle : on écorche d’ahord les polypes , ou eu fait tremper la chair dans une dissolution d’alun pendant trois jours, ensuite on la frotte, on la lave, on la nettoie jusqu’à ce qu’elle devienne transparente, et après cela on la marine. Histoire du Japon, 1. 1, p. 120. On fait dans ces contrées plusieurs autres préparations du même genre; à la Chine avec des tendons de cerfs, des nageoires de requins. Voyez Olof Torré. Voyage aux Indes orientales, p. 76; Établissements européens dans les Indes, t, I, liv. ii. (Notez que c’est avec les nageoires d’uo poisson commun dans les mers de Moscovie que l’on fait la colle de poisson.) Au Tonquin, on assaisonne les œufs des oiseaux de basse-cour, d’une manière qui les conserve et les rend propres à Tassaisonnement des autres mets. Histoire du Tonquin de Baron, dans le Recueil de Churchill, t. VI, p. 6.
b. On sait que M. Poivre a parcouru la partie orientale de notre continent en philosophe , recueillant sur sa route, non les opinions des hommes, mais les faits de la nature. Combien ne serait-il pas à désirer que ce célèbre observateur se déterminât à publier le journal d’un voyage aussi intéressant!
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« abattant avec ma canne plusieurs de ces pauvres petits oiseaux, que je « ne connaissais pas encore; en pénétrant dans la caverne, je la trouvai « toute tapissée dans le haut de petits nids en forme de bénitiers ® ; le mate- « lot.en avait déjà arraché plusieurs et avait rempli sa chemise de nids et « d’oiseaux ; j’en détachai aussi quelques-uns, je les trouvai très-adhérents « au rocher. La nuit vint.....; nous nous rembarquâmes, emportant cha- « cun nos chasses et nos collections.
« Arrivés dans le vaisseau, nos nids furent reconnus par les personnes « qui avaient tait plusieurs voyages en Chine pour être de ces nids si « recherchés des Chinois. Le matelot en conserva quelques livres, qu’il « vendit très-bien à Canton. De mon côté, je dessinai et peignis en couleurs c( naturelles les oiseaux avec leurs nids et leurs petits dedans, car ils étaient « tous garnis de petits de l’annee, ou au moins d oeufs; en dessinant ces « oiseaux, je les reconnus pour de vraies hirondelles : leur taille était a « peu près celle des colibris.
« Depuis, j’ai observé en d’autres voyages que, dans les mois de mars et « d’avril, les mers qui s’étendent depuis Java jusqu en Cochinchine au nord, « et depuis la pointe de Sumatra à l'ouest jusqu àlaNouvelle-Guineeàl est,
« sont couvertes de rogne ou frai de poisson qui forme sur 1 eau comme une « colle forte à demi délayée. J’ai appris des Malais, des Cochinchinois, des « Indiens Bissagas des îles Philippines et des Moluquois que la salangane « fait son nid avec ce frai de poisson L Tous s’accordent sur ce point. Il « m’est arrivé, en passant aux Moluques en avril et dans le détroit de la « Sonde en mars, de pêcher avec un seau de ce frai de poisson dont la mer « était couverte, de le séparer de l’eau, de le faire sécher, et j’ai trouvé « que ce frai ainsi séché ressemblait parfaitement à la matière des nids de « salangane
« C’est à la fin de juillet et au commencement d’août que les Cochinchi- « nois parcourent les îles qui bordent leurs côtes, surtout celles qui forment « leur paracel, à vingt lieues de distance de la terre ferme, pour chercher « les nids de ces petites hirondelles...
« Les salanganes ne se trouvent que dans cet archipel immense qui borne « l’extrémité orientale de l’Asie
« Tout cet archipel, où les îles se touchent pour ainsi dire, est très-favo- « rahie à la multiplication du poisson ; le frai s’y trouve en très-grande
a. Chacun de ces nids contenait deux ou trois œufs ou petits, posés mollement sur des plumes semhlahles à celles que les père et mère avaient sur la poitrine. Comme ces nids sont sujets à se ramollir dans l’eau, ils ne pourraient subsister à la pluie ni près de la surface de la mer.
b. Elle le ramasse , soit en rasant la surface de la nrer, soit en se posant sur les rochers où ce frai vient se déposer et se coaguler. On a vu quelquefois des fils de cette matière visqueuse pendmits au bec de ces oiseaux, et on a cru, mais sans aucun fondement, qu’ils la tiraient de leur estomac au temps de l’amour.
« abondance; les eaux de la mer y sont aussi plus chaudes qu’ailleurs ; ce « n’est plus la même chose dans les grandes mers. »
J’ai observé quelques nids de salanganes : ils représentaient par leur forme la moitié d’un ellipsoïde creux, allongé et coupé à angles droits par le milieu de son grand axe ; on voyait bien qu’ils avaient été adhérents au rocher par le plan de leur coupe; leur substance était d’un blanc jaunâtre, à demi transparente ; ils étaient composés à l’extérieur de lames trèsminces, à peu près concentriques et couchées en recouvrement les unes sur les autres, comme cela a lieu dans certaines coquilles; l’intérieur présentait plusieurs couches de réseaux irréguliers, à mailles fort inégales, superposés les uns aux autres, formes par une multitude de fils de la même matière que les lames extérieures, et qui se croisaient et recroisaient en tout sens.
Dans ceux de ces nids qui étaient bien entiers, on ne découvrait aucune plume ; mais en fouillant avec précaution dans leur substance, on y trou- \ait plus ou moins de plumes engagées, et qui diminuaient leur transparence à l’endroit qu’elles occupaient : quelquefois, mais beaucoup plus rarement, on y apercevait des débris de coquilles d’œuf ; enfin, dans presque tous, il y avait des vestiges plus ou moins considérables de fiente d’oiseau J’ai tenu dans ma bouche pendant une heure entière une petite lame qui s’était détachée d’un de ces nids ; je lui ai trouvé d’abord une saveur un peu salée; après quoi ce n’était plus qu’une pâte insipide qui s’était ramollie sans se dissoudre, et s’était renflée en se ramollissant. M. Poivre ne lui a trouvé non plus d’autre saveur que celle de la colle de poisson, et il assure que les Chinois estiment ces nids uniquement parce que c’est une nourriture substantielle et qui fournit beaucoup de sucs prolifiques, comme fait la chair de tout bon poisson ; M. Poivre ajoute qu’il n’a jamais rien mangé de plus nourrissant, de plus restaurant qu’un potage de ces nids fait avec de la bonne viande ^ Si les salanganes se nourrissent de la même matière dont elles construisent leurs nids, et que cette matière abonde, comme disent les Chinois, en sucs prolifiques, il ne faut pas s’étonner de ce que l’espèce est si nombreuse. On prétend qu’il s’exporte tous les ans de Batavia mille picles de ces nids venant des îles de la Cochinchine et de celles de l’Est, chaque picle pesant cent vingt-cinq livres, et chaque nid une demi-once"; cette exportation serait donc, dans l’hypothèse de cent vingt-cinq mille livres pesant, par conséquent de quatre millions de nids ; et en passant pour chaque nid cinq oiseaux , savoir le père, la mère, et trois petits seulement, il s’ensuivrait encore qu’il y aurait sur les seules
a. La plupart de ces observations ont été faites en premier lieu par M. Daubenton le jeune, qui me les a communiquées avec plusieurs nids de salanganes où j’ai vu les mêmes choses.
b. Ce bouillon fait avec de la bonne viande, n’entrerait-il pas pour quelque chose dans les eflets attribués ici aux nids de salanganes.
e. Établissements européens dans les Indes orientales, t. I , liv. n.
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côtes de ces îles vingt millions de ces oiseaux, sans compter ceux dont les nids auraient échappé aux recherches, et encore ceux qui auraient niché sur les côtes du continent. N’est-il pas singulier qu une espece aussi nombreuse soit restée si longtemps inconnue?
Au reste, je ne dois pas dissimuler que le philosophe Redi , s’appuyant sur des expériences faites par d’autres “, et peut-être incomplètes, doute beaucoup de la vertu restaurante de ces nids, attestée d ailleuis par plusieurs écrivains qui s’accordent en cela avec M. Poivre^.
Je viens de dire que la salangane avait été longtemps inconnue, et ricii ne le prouve mieux que les différents noms spécifiques qu on lui a donnés, et les dilférentes descriptions qu’on en a faites. On l’a appelée hirondelle de mer, alcyon : en sa qualité d’alcyon, on lui a supposé des plumes d un beau bleu; on lui a fait une taille tantôt égale, tantôt au-dessus et tantôt audessous de celle de nos hirondelles ; en un mot, avant M. Poivre, on n en avait qu’une connaissance très-imparfaite.
Kircher avait dit que ces hirondelles ne paraissaient sur les côtes que dans le temps de la ponte, et qu’on ne savait où elles passaient le reste de l’année; mais M. Poivre nous apprend qu’elles vivent constamment toute l’année dans les îlots et sur les rochers où elles ont pris naissance ; qu’elles ont le vol de nos hirondelles, avec cette seule différence qu’elles vont et viennent un peu moins : elles ont en effet les ailes plus courtes.
Elles n’ont que deux couleurs, du noirâtre qui règne sur la partie supérieure, et du blanchâtre qui régné sur toute la partie inlerieuie et termine les pennes de la queue; de plus, l’iris est jaune, le bec noii et les pieds bruns.
Leur taille est au-dessous de celle du troglodyte; longueur totale,, deux pouces trois lignes; bec, deux lignes et demie; tarse, autant; doigt postérieur le plus petit de tous ; queue, dix lignes, fourchue de trois, composée de douze pennes : dépasse les ailes des trois quarts de sa longueur.