XI. — LA GRANDE HIRONDELLE BRUNE A VENTRE TACHETÉ
OU l’hirondelle des blés.*
Ce dernier nom est celui sous lequel on connaît cette espece à 1 île oe France : elle habite les lieux ensemencés de froment, les clairières des bois
a. Voyez les Observations de Redi, dans la Collection académique ,ya.ïüe étrangère, t IV, p. 507. S’il est vrai, comme on l’a dit, que les Hollandais commencent à importer de ces nids eu Europe, ce point de fait sera bientôt éclairci.
b. « Gomedunt in primis ii qui in castris venereis strenuè se exercere volunt. » Musæum Wormianum, lib. ni, cap. 21. « C’est un grand restaurant à la nature, et les Chinois luxurieux i s’en servent fort. » Histoire de la Société royale de Londres, par Thomas Sprat, p. 206.
c. Voyez les différents voyageurs cités plus haut.
* llirundo borbonica. [Lath., Gmel.). — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Cuv.).
et, par préférence, les endroits élevés ; elle se pose fréquemment sur les arbres et les pierres; elle suit les troupeaux, ou plutôt les insectes qui les tourmentent; on la voit aussi de temps en temps voler en grand nombre pendant quelques jours derrière les vaisseaux qui se trouvent dans la rade de l’île, et toujours à la poursuite des insectes; son cri a beaucoup de rapport avec celui de notre hirondelle de cheminée.
M. le vicomte de Querhoënt a observé que les hirondelles des blés voltigeaient fréquemm.ent sur le soir aux environs d’une coupure qui avait été faite dans une montagne, d’où il a jugé qu’elles passent la nuit dans des trous en terre ou des fentes de rocher, comme nos hirondelles de rivage et nos martinets ; elles nichent sans doute dans ces mêmes trous : cela est d’autant plus probable, que leurs nids ne sont point connus à l’île de France. M. de Querhoënt n’a trouvé de renseignements sur la ponte de ces oiseaux qu’auprès d’un ancien créole de l’île Bourbon, qui lui a dit qu’elle avait lieu dans les mois de septembre et d’octobre ; qu’il avait pris plusieurs fois de ces nids dans des cavernes, des trous de rocher, etc. ; qu’ils sont composés de paille et de quelques plumes, et qu’il n’y avait jamais vu que deux œufs gris pointillés de brun.
Cette hirondelle est de la taille de notre martinet; elle a le dessus du corps d’un brun noirâtre; le dessous gris, semé de longues taches brunes; la queue carrée; le bec et les pieds noirs.
Variété.
La petite hirondelle brune à ventre tacheté, de l’île Bourbon ®, doit être regardée comme une variété de grandeur dans l’espèce précédente. On trouvera aussi quelques légères différences de couleurs en comparant les descriptions; elle a le dessus de la tête, les ailes et la queue d’un brun noirâtre; les trois dernières pennes des ailes terminées de blanc sale et bordées de brun verdâtre ; cette dernière couleur règne sur tout le reste de la partie supérieure; la gorge et tout le dessous du corps, compris les couvertures inférieures de la queue, ont des taches longitudinales brunes sur un fond gris.
Longueur totale, quatre pouces neuf lignes; bec, sept à huit lignes; tarse, six lignes; tous les ongles courts et peu crochus; queue, près de deux pouces, carrée, et dépassée par les ailes d’environ sept lignes.
a. Voyez les planches enluminées, n° SU, où cet oiseau est représenté, flg. 2 , sous le nom
Hirondelle de l’ile Bourbon.
OISEAUX ÉTRANGERS