XV. — l’hirondelle noire acutipenne de la MARTINIQUE
C’est la plus petite de toutes les aculipennes connues; elle n’est pas plus grosse qu’un roitelet; les pointes qui terminent les pennes de sa queue sont très-fines.
Elle a tout le dessus de la tête et du corps noir sans exception, la gorge d’un brun gris, et le reste du dessous du corps d’un brun obscur; le bec noir et les pieds bruns.
L’individu représenté dans nos planches avait le dessous du corps d un brun rougeâtre.
Longueur totale, trois pouces huit lignes; bec, quatre lignes; tarse de même; doigt du milieu, quatre lignes et demie; vol, huit pouces huit lignes; queue, vingt lignes, composée de douze pennes égales : dépassée par les ailes de huit lignes.
a. Voyez les planclies enluminées, n° 726, flg. 1, où cet oiseau est représenté sous le nom à’Hirondelle à queue pointue de Cayenne.
b. Voyez les planches enluminées, no 544, flg. 1.
• IHrundu acuta ( Lath., Gmel.). — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Desm.),
AVERTISSEMENT
AVERTISSEMENT.'
Depuis quarante ans que j'écris sur l’histoire naturelle, mon zèle pour l’avancement de cette science ne s’est point ralenti ^ ; j’aurais voulu la traiter dans toutes ses parties, ou du moins ajouter à ce que j’ai déjà fait, l’histoire des oiseaux et celle des insectes; mais comme ces deux objets sont d’un détail immense, j’ai senti que j’avais besoin de coopérateurs, et j’ai engagé mon très-cher et savant ami M, de Monlbeillard , l’un des meilleurs écrivains de ce siècle, à partager ce travail avec moi^. Il a rempli une partie de cette tâche pénible jusqu’au sixième volume de cette histoire des oiseaux; et désirant aujourd’hui s’occuper assidûment de celle des insectes'^, à laquelle il a déjà beaucoup travaillé, il m’a prié de me charger seul de ce qui restait à faire sur les oiseaux. Ce septième volume et les deux suivants qui termineront l’ouvrage seront donc tous trois sous mon nom; néanmoins ce qu’ils contiennent ne m’appartient pas en entier, à beaucoup près. M. l’abbé Bexon, chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, déjà connu par plusieurs bons ouvrages, a bien voulu m’aider dans ce dernier travail ; non-seulement il m’a fourni toutes les nomenclatures et la plupart des descriptions, mais il a fait de savantes recherches sur chaque article, et il les a souvent accompagnées de réflexions solides et d’idées ingénieuses, que j’ai employées de son aveu, et dont je me fais un devoir et un plaisir de lui témoigner publiquement ma juste reconnaissance^.
Je dois encore avertir que M. Daubenton, des académies de Philadelphie et de Nanci, garde et sous-démonstrateur du Cabinet du Roi, a aussi beau-
1. Cet Avertissement de Buffon ouvre le VII« volume de Y Histoire des oiseaux { édition in-4® de l’Imprimerie royale), volume publié en 1780.
2. Noble témoignage, que Buffon avait bien le droit de se rendre, et que le monde savant lui rend aujourd’hui avec admiration.
3. « Une partie de Y Histoire des oiseaux fut rédigée en entier par deux amis de Buffon, « d’abord par Queneau de Montbeillard , qui parvint en quelques endroits à imiter son style , « bien qu’il tombe de temps en temps dans l’affectation, et, en dernier lieu, par l'abbé Bexon, « quand Queneau, ennuyé des oiseaux, s’occupa des insectes. » (Cuvier.)
4. L’Histoire des insectes, laissée imparfaite par Queneau de Montbeillard, mort en 1785, trois ans avant Buffon, n’a point été publiée.