LE GRAND PIC NOIR A BEC BLANC
la corneille son bec, d’un blanc d’ivoire, est long de trois pouces, et cannelé dans toute sa longueur; ce bec est si tranchant et si fort, dit Catesby, que dans une heure ou deux l’oiseau taille souvent un boisseau de copeaux: aussi les Espagnols l’ont-ils nommé carpenteros, le charpentier.
Sa tête est ornée par derrière d’une grande huppe écarlate , divisée comme en deux touffes, dont l’une est tombante sur le cou et l’autre relevée : celle-ci est couverte par de longs filets noirs qui partent du sommet de la tête, qu’ils recouvrent en entier, car les plumes écarlates ne prennent qu’en arrière; une raie blanche descendant sur le côté du cou, et faisant un angle sur l’épaule, va se rejoindre au blanc qui couvre le bas du dos et les pennes moyennes de l’aile; tout le reste du plumage est d’un noir pur et profond.
Il creuse son nid dans les plus gros arbres, et fait sa couvée dans la saison des pluies. Ce grand pic à bec blanc se trouve dans des climats encore plus chauds que celui de la Caroline; car nous le reconnaissons dans le picus imbri fœtus de Nieremberg^ et le qmtotomotm de Fernandez', quoique la grandeur totale soit mal désignée par ces auteurs, et qu’il y ait quelques différences qui semblent indiquer une variété dans l’espèce'^; mais le bec blanc, long de trois pouces, la caractérise assez. Ce pic habite, dit Fernandez, les plages qui avoisinent la mer du Sud; les Américains des contrées septentrionales font avec les becs de ces pics des couronnes pour leurs guerriers; et comme ils n’ont point de ces oiseaux dans leur pays, ils les achètent des habitants du Sud, et donnent jusqu’à trois peaux de chevreuil pour un bec de pic.
— Jonston, Âvi., p. 1S7. — Willughby, Ornithol.,'^. 301. — Quatotomomi. Fernandez, nov. Hisp., p. 50, cap. 186. — Ray, Synops., p. 162. — « Picus niger cristà coccineâ, lineà « utrinqne collari, remigibusque secundariis albis... » Picus principalis. Linnæus, Syst. nat., édit. X , gen. 54 , sp. 2. — « Picus cristatus niger; cristà coccineâ , tænià utrinqne candidà ab « oculis secundùm colli latera protensà; dorso infimo, uropygio et remigibus minoribus albis; « rectricibus nigris .. » Picus Carolinensis cristatus. Brisson, OrnithoL, t. IV, p. 26.
a. M. Brisson avait apparemment mesuré un individu fort petit, lorsqu’il ne donne à ce pic que seize ponces; celui du Cabinet du Roi, représenté dans la planche, en a dix-huit.
b. Nieremberg , page 223.
c. Hist. nov. Hisp., pag. 50, cap. 186.
d. « Quatotomomi pici geniis upupæ magnitudine ; nigro fulvoque colore varium, rostrum « quo excavat perforatque arbores, très digitos longum, est flrmiim et candens... caput cristà « rubrâ insignitum, très uncias longâ, sed supernà parte nigrà. Alterutro colli latere fascia « candida descendit adusque circiter pectus... vivit tototepeci mistecæ superiori non longe a. « mari australi , nidificat in arboribus excelsis, vescitur cicadis tlaolli et vermiculis. Imbrium U educat tempore; hoc est a mense maio risque in septembrem. » Fernandez, Hist. nov. Hisp., p. 50, cap. 186.