‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 444 sur 495 · LE CALAO DE MALABAR · texte numérisé non relu

LE CALAO DE MALABAR

noms de corbeau indien corbeau cornu ^ pie cornue d'Éthiopie etc.

Celui-ci avait les plumes de la tête et du cou noires, avec la faculté de les hérisser, ce qu’il fait souvent comme le geai ; celles du dos et des ailes sont noires aussi, et toutes ont un faible reflet de violet et de vert; on aperçoit aussi sur quelques plumes des couvertures des ailes une bordure brune irrégulièrement tracée, les plumes, se surmontant légèrement, paraissent être gonflées comme celles du geai; l’estomac et le ventre sont d’un blanc sale ; entre les grandes pennes de l’aile qui sont noires, les seules extérieures sont blanches à la pointe; la queue, qui commençait à recroître, était composée de six plumes blanches, noires à la racine, et quatre qui sortaient de leur tuyau toutes noires; les pieds sont noirs, épais et forts, couverts de larges écailles ; les ongles longs, sans être aigus, paraissent propres à saisir et à serrer. Cet oiseau sautait des deux pieds à la fois en avant et de côté, comme le geai et la pie, sans marcher; dans son attitude de repos, il avait la tête portée en arrière et reculée entre les épaules ; dans l’émotion de la sui’prise ou de l’inquiétude, il se haussait, se grandissait et semblait prendre quelque air de fierté; cependant sa mine en général est basse et stupide, ses mouvements sont brusques et désagréables, et les traits qu’il tient de la pie et du corbeau lui donnent un air ignoble que son naturel ne dément pas. Quoique dans les calaos il y ait des espèces qui paraissent frugivores, et que nous ayons vu celui-ci manger des laitues qu’il froissait auparavant dans son bec, il avalait de la chair crue; il prenait des rats, et il dévora même un petit oiseau qu’on lui jeta vivant. Il répétait souvent un cri sourd, oûck , oûck; ce son bref et sec n’est qu’un coup de gosier enroué ; il faisait aussi de temps en temps entendre une autre voix moins rauque et plus faible, tout à fait pareille au gloussement de la poule d’Inde qui conduit ses petits.

Nous l’avons vu s’étendre, ouvrir ses ailes au soleil , et trembloter lorsqu’il survenait un nuage ou un petit coup de vent. Il n’a pas vécu plus de trois mois à Paris, et il est mort avant la fin de l’été : notre climat est donc trop froid pour sa nature.

Au reste, nous ne pouvons nous dispenser de remarquer que M. Brisson s’est trompé en rapportant® à son calao des Philippines la figure e du bec de la planche 281 des Glanures d’Edwards; car cette figure représente le bec de notre calao de Malabar, qui est surmonté d’une excroissance simple et non pas d’un casque concave et à double corne, comme l’est celui du calao des Philippines.

a. Corvus indiens cornutus. Bontius, Hist. nat. Ind. orient., lib. v, cap. xi.

h. Horned-crow. Grew. Mus. regiæ Societ., part, i, pag. 59.

c. Hornedpie of Ethiopia. C’est ainsi que les Anglais appellent le calao rhinocéros, suivant M. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 571.

ü. a Ut odore gravis, ita et aspectu fœda est liæc avis. » Bontius.

e. Supplément , page 136.

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