‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 443 sur 495 · LE CALAO DE MALABAR. 57I · texte numérisé non relu

LE CALAO DE MALABAR. 57I

deux pouces trois lignes, de manière qu’en les mesurant parle milieu, le bec et sa corne forment une hauteur de quatre pouces; l’un et l’antre, près de la tête, ont quinze lignes d’épaisseur transversale; la corne a six pouces de longueur, et son extrémité nous a paru accourcie et fêlée par accident, en sorte qu’on peut la supposer d’environ un demi-pouce plus longue : en total, cette corne a la forme d’un véritable bec tronqué et fermé à la pointe, où neanmoins le dessin de la séparation est marqué par un trait en rainure très-sensible, tracé vers le milieu et suivant toute la courbure de ce faux bec, qui ne tient point au crâne, mais dont la tranche en arrière ou sa coupe qui s’élève sur la tête est encore plus extraordinaire ; c est une espèce d’occiput charnu dénué de plumes, revêtu d’une peau vive, par laquelle passe le suc nourricier de ce membre parasite.

Le vrai bec , terminé en pointe mousse, est assez ferme ; sa substance est cornée, presque osseuse, étendue en lames, dont on aperçoit les couches et les ondes; le faux bec, beaucoup plus mince et fléchissant même sous les doigts, n’est point solide et plein, autrement l’oiseau serait accablé de son poids, mais il est d’une substance légère et remplie à l’intérieur de cellules séparées par des cloisons fort minces, qu’Edwards compare à des rayons de miel“. Vormius ^ dit que ce faux bec est d’une substance semblable à celle du têt des écrevisses.

Le faux bec est noir depuis la pointe jusqu’à trois pouces en arrière, et 1 on voit une ligne du même noir à son origine, ainsi qu’à la racine du vrai bec; tout le reste est d’un blanc jaunâtre : ce sont précisément les mêmes couleurs que lui donne Yormius, en ajoutant que l’intérieur du bec et du palais est noir®.

Une peau blanche et plissée embrasse des deux côtés, comme une mentonnière, la racine du vrai bec par-dessus, et va s’implanter vers les angles du bec dans la peau noire qui environne les yeux ; de longs cils, arqués en arrière, garnissent la paupière; l’œil est d’un brun rouge, il s’anime et prend beaucoup de feu lorsque l’oiseau s’agite; la tête, qui paraît petite en proportion du bec énorme qu’elle poi'te, est assez semblable, pour la forme, à celle du geai ; en général , la figure, l’allure et toute la tournure de ce calao nous ont paru un composé de traits et de mouvements du geai, du corbeau et de la pie : ces ressemblances ont également frappé les yeux de la plupart des observateurs qui ont donné à cet oiseau les

а. Ces becs sont extrêmement légers à proportion de leur grosseur, le dedans étant plein de séparations ou cellules osseuses fort minces, en forme de rayons de miel, mais irrégulières. Glanures, p. 281.

б. « Cornu... ejusdem cum rostro substantiæ, sed cavum , tenue, et molle, substantiæ asta- « corum crustæ corresyondens. » Mus. Worm., p. 293. — Le Mus. Besler remarque la même chose ; substantia cornu levissima et cava, tab. ix, cap. xxxvii.

c. « Ex luteo albicat (rostrum) nisi ubi maxillæ jungitur, ubi atro splendente est colore. Oris « et palati, rostrique interior superficies plané nigricat. » Mus. Worm., pag. 293.

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