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Il est singulier qu’un oiseau qui vole avec tant de vitesse et de continuité n’ait pas les ailes amples; elles sont au contraire fort petites à proportion de sa grosseur, d’où l’on peut juger de la force des muscles qui les meuvent; car il n’y a peut-être point d’oiseau qui ait les mouvements aussi prompts et le vol aussi rapide ; il part comme un trait d’arbalète ; s’il laisse tomber un poisson de la branche où il s’est perché, souvent il reprend sa proie avant qu’elle ait touché terre; comme il ne se pose guère que sur des branches sèches, on a dit qu’il faisait sécher le bois sur lequel il s’arrête
On donne à cet oiseau desséché la propriété de conserver les draps et autres étoffes de laine et d’éloigner les teignes : les marchands le suspendent à cet effet dans leurs magasins''; son odeur de faux musc pourrait peutêtre écarter ces insectes, mais pas plus que toute autre odeur pénétrante; comme son corps se dessèche aisément, on a dit que sa chair n’était jamais attaquée de corruption % et ces vertus, quoique imaginaires, le cèdent encore aux merveilles qu’en ont racontées quelques auteurs en recueillant les idées superstitieuses des anciens sur l’alcyon : il a, disent-ils, la propriété de repousser la foudre, celle de faire augmenter un trésor enfoui, et, quoique mort, de renouveler son plumage à chaque saison de mue‘'; il communique, dit Kirannides, à qui le porte avec soi, la grâce et la beauté; il donne la paix à la maison, le calme en mer, attire les poissons et rend la pêche abondante sur toutes les eaux ; ces fables flattent la crédulité, mais malheureusement ce ne sont que des fables ^
« mité des couvertures de la queue, où le tleu devient plus vif; les douze pennes de la queue « étaient d’un bleu rembruni ; les vingt-deux pennes des ailes étaient chacune moitié brune et « moitié bleu rembruni, selon leur longueur; leurs couvertures brunes pointillées de bleu; la « gorge blanchâtre; la poitrine rousse, ombrée de brun; le ventre blanchâtre; le dessous de O la queue d’un roux presque aurore ; le bec avait dix-sept lignes; la langue était très-courte, « large et pointue ; le ventricule fort ample » Observation communiquée par M. de Montbeillard.
a. Schwenckfeld , page 195.
h. D’où lui vient le vieux nom à'artre ou atre , que lui donne encore Belon , et qui signifie teigne, comme par antiphrase, oiseau teigne, et ceux de drapier et de garde-boutique.
c. « Caro mortuæ non putrescit. » Gessner.
d. Voyez Aldrovande, t. III, p. 621.
e. Ce qu’il y a de singulier, c’est qu’on les retrouve jusque chez les Tartares et dans la Sibérie. « On voit des martins-pêcheurs dans toute la Sibérie , et les plumes de cet oiseau sont « employées par les Tartares et par les Ostiaques à plusieurs usages superstitieux; ceux-là les « arrachent, les jettent dans l’eau, conservent avec soin celles qui surnagent, et prétendent « que lorsqu’ils touchent avec une de ces plumes une femme ou seulement ses habits , ils « deviennent amoureux d’elle. Les Ostia ^ues ôtent la peau , le bec et les pattes de cet oiseau , « et les renferment dans une bourse ; tant qu’ils ont cette espèce d’amulette , ils ne croient « pas avoir aucun malheur à craindre. Celui qui m’apprit ce moyen de vivre heureux ne put « le faire sans verser des larmes, et il me dit que la perte dure pareille peau qu’il possédait, « lui avait fait perdre aussi sa femme et ses biens. Je lui représentai que cet oiseau ne devait « pas être une chose si rare, puisqu’un de ses comp itriotes m’en avait apporté un avec sa peau « et ses plumes ; il en fnt très-étonné, et dit que, s’il avait le bonheur d’en trouver un, il ne « le donnerait à personne. » Voyage en Sibérie , par M. Gmelin , t. II , p. 112.
LES MARTINS-PÊCHEURS ÉTRANGERS
LES MARTINS-PÊCHEURS ÉTRANGERS
Comme le nombre des espèces étrangères est ici très-considérable, et que toutes se trouvent dans tes climats chauds, on doit regarder celle de notre martin-pêcheur comme échappée de cette grande famille, puisqu’elle est seule et même sans variété dans nos contrées. Pour mettre de l’ordre dans l’énumération de cette multitude d’espèces étrangères , nous séparerons d’abord tous les martins-pêcheurs de l’ancien continent de ceux de l’Amérique, et ensuite nous indiquerons les uns et les autres par ordre de grandeur, en commençant par ceux qui sont plus grands que notre martinpêcheur d’Europe, et continuant par ceux qui lui sont égaux en grandeur, ou qui sont plus petits.