‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 453 sur 495 · LE MARTIN-PÊCHEUR OU L’ALCYON · texte numérisé non relu

LE MARTIN-PÊCHEUR OU L’ALCYON

Le nom de martin-pêcheur vient Ae martinet-pêcheur , qui était l’ancienne dénomination française de cet oiseau, dont le vol ressemble à celui de l’hirondelle-martinet, lorsqu’elle fde près de terre ou sur les eaux. Son nom ancien, alcyon, était bien plus noble, et on aurait du le lui conservei , cai il n’y eut pas de nom plus célèbre chez les Grecs : ils appelaient alcyoniens les jours de calme vers le solstice, où l’air et la mer sont tranquilles, jours précieux aux navigateurs , durant lesquels les routes de la mer sont aussi

a. Voyez les planches enluminées, n» 77.

b. En grec , ÀXxumv, Kw5, KïipéXo; ; en grec moderne , ; en avahe , cheren ; en latin

alcedo, alcyon {alcedo dicebatur ah antiquis pro halcyone. Festus. Tantôt on écrivait a icyon sans aspiration, et d’autres fois avec l’aspiration, halcyon); en latin moderne, ispida; en italien, uccello pescatore , piombino, picupiolo , uccello del Paradiso, uccello délia Madonna, pescatore del re; sur le lac Majeur, vitriola; dans la Lombardie, merlo acquarolo ; en espagnol, arvela ; en catalan , arné, selon Barrère ; en allemand, eiss-vogel; et suivant Schwencli- Mdi’wasser heunlein et see schwalme; dans la Poméranie, eysengartl; en anglais, kingfischer; en polonais, zimorodek rzeczny. Dans nos provinces, on lui donne les noms de pêche— véron , merle d’eau, merle d'aigue, merlet bleu et merle-pêcher et , ailleurs, mais mal à propos, pivert bleu, pivert d’eau , ta-rtarieu , par contraction de son chant j sur la Loiie, vite— vent, dans l’idée que cet oiseau tourne au vent comme une girouette; drapier et garde-boutique , parce qu’on croit qu’il préserve des teignes les étoffes de laine ; en Provence , bleuet. Martin-pécheur. Belon , Nat. des oiseaux , p. 218. Idem, pécheur, martinet-pécheur, tartarin, artre, monnier. Portrait d’oiseaux, p. 50, b, avec une figure peu exacte. — Ispida. Gessner, Avi., p. 571, avec une mauvaise figure. Ispida apui recentiores. Idem, Icon. avi., p. 100, avec une figure aussi peu exacte. Alcyon. Idem, Avium, p. 85. — Picus marinus. Idem, ibid., p. 713. — Ispida. Aldrovande, Avi., t. III , p. 518, avec une figure défectueuse, p. 520-. Alcyon. Idem, ibid., p. 497. — Ispida. Willughby, Ornithol., p. 101, avec une figure assez bonne, tab. 24. — Ray, Synops. avi., p. 48, n“ a 1. — Jonston, Avi., p. 107. — Halcyon et alcedo, idem, ibid. — Ispida noslras. Klein, Avi., p. 33, u® 1. — Ispida. Mœhring, gen. 20. Sibbald. Scct. illust., part, ii, lib. lu, p. 16. — A lcedo fluviatilis. Schwenckfeld , Avi. Silcs., p. 193. Alcyon, alcedo. Exercil., p. 111, n® 12. Idem, Onomast., p. 105, n® 12. Ispida., alcyon fluviatilis , vulgo piscator regis. Idem, Exercit., p. 111, n® 13. Onomast., p. 105,

00 13. Ispida, seu alcyon fluviatilis; alcyon riparia; alcedo; plombina; avis Sanctœ

Mariai , vulgà regis piscator ; martinus piscator . Rzaczynsld, Auctuar. Hist. nat. Pol., p. 386.

Ispida brachyura suprà cyanea, subtùs fulva, loris rufis. Muller, Zool. Dan., n® 105 (à la

manière dont Muller en parle , il paraît que cet oiseau ne se voit que très-rarement en Danemark; capta in prœdio enderupholmiensi Cymbrice; et d’autant plus qu’il n’y a pas de nom vulgaire). — The king-fischer. Brit. Zool., p. 82, avec une bonne figure coloriée. — Alcedo muta dorso cæsio, pectore fulvo. Barrère, Orm7/ioi., cl. iv, gen. 3, sp. 1. — « Alcedo brachyura, « suprà cærulea, subtùs fulva. » Ispida. Linnæus, Syst. nat., édit. X, gen. 56, sp. 1. — Uccello pescatore. Olina, p. 39, avec une figure assez bonne, aux pieds près. — Martin-pêcheur. Albin, t. I , p. 48, avec une figure mal coloriée, pl. 54. — « Ispida supernè saturatè viridis, inferne « rufa; medio dorso et uropygio cæruleo-beryllinis ; capite et collo superiore maculis trans- « versis cæruleis insignitis ; duplici utrimaue maculâ in capite rufà ; tectricibus alarum supe- « rioribus majoribus saturatè cæruleis , cæruleo splendidiore punctulatis; rectricibus supernè « saturatè cæruleis , subtùs fuscis... » Ispida. Brisson, urnithol-, t. IV, p. 471.

* Alcedo ispida (Linn.). — Ordre des Passereaux, division des Syndaclyles (voyez la note

1 de la page 365) , genre Martins-pêcheurs (Cuv.).

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sûres que celles de la terre; ces mêmes jours étaient aussi le temps donné a 1 alcjon pour elever ses petits L imo^ination , toujours prête a enluminer de merveilleux les beautés simples de la nature , acheva d’altérer cette image, en plaçant le nid de l’alcyon sur la mer aplanie*; c’était Éole qui enchaînait les vents en faveur de ses petits-enfants; Alcijone, sa fille plaintive et solitaire % semblait encore redemander aux flots son infortuné Ceïx que Neptune avait fait périr etc.

Cette histoire mythologique de l’oiseau alcyon n’est, comme toute autre fable, que l’emblème de son histoire naturelle; et l’on peut s’étonner qu’Aldrovande termine sa longue discussion sur l’alcyon par conclure que cet oiseau n’est plus connu. La seule description d’Aristote pouvait le lui faire reconnaître et lui démontrer que c’est le même oiseau que notre martin pêcheur*. L alcyon, dit ce philosophe, n’est pas beaucoup plus grand qu’un moineau; son plumage est peint de bleu, de vert et relevé de pourpre; ees brillantes couleurs sont unies et fondues dans leurs reflets sur tout le corps et sur les ailes et le cou; son bec jaunâtre^ est long et pointu f.

Il est également caractérisé par la comparaison des habitudes naturelles ; l’alcyon était solitaire et triste; ce qui convient au martin-pêcheur que l’on

a. « Dies alcyonii appellantur, septem ante brumam et septem à brumà; ut Simonides -« quoque suo carminé tradidit , cùmper mensem hybernum Jupiter bis septem molitur dies « teporis. Clementiam hanotemporis nutricem sacram variæet pictæ alcyonis mortales dixêre.» Aristote , Hist. animal., lib. v, cap. viii.

b. C'est ainsi qu’Élien et Plutarque le peignent. Voyez Plut, de Solert.

c. « Désertas alloquor alcyonas. » Propert.

d. « Aies quæ ad maris scopulos lacrymosa canis fata. » Euripid. Iphigen.

plemnique qiierelæ

Ora dedêre sonnm teniü crepitantia rostro.

OviD

« S’udir l’alcioni alla marina de Tantico infortunio lamentarse. » Ariost.

e. J’ai traduit le mot jaunâtre, d’après Scaliger, et non pas verdâtre comme Tavait

rendu Gaza ; et il y a toute raison de croire que c’est la véritable interprétation.

f. Alcedo non multô amplior passere est, colore tum cæruleo, tum viridi, tum leviter pur- « pureo insignis ; videlicet non particulatim colore ità distincta , sed ex indiscrète varié reful- « gens corpore toto, et alis et collo; rostrum subviride, longum, tenue. » Aristote, lib. ix, cap. x?v.

1. « 11 eu est de Y alcyon comme du phénix. Son liistoire est fabuleuse, mais on l’a appliquée « à un oiseau réel, et cet oiseau, d’après la description fort claire d’Aristote, est incontestable- « ment notre martin-pêcheur {Alcedo istvda , Linn. ) : noti multà amplior passere, colore « cæruleo et viridi, et leviter purpureo... rostrum subviride, longum et tenue. Pline, dont « la description paraît empruntée de celle d’Aristote, a mis collum pour rostrum, ce qui « rendrait l’espèce méconnaissable , si l’on ne remontait à la source. Tout ce qui est dit « ensuite est faux ou à peu près. Ce que l’on donne pour le nid du martin-pêcheur est un « zoophyte du genre nommé halcyonium par Linné , et du démembrement de ce genre que « Lamarck a nommé géodie. Sa forme creuse est ce qui a donné lieu de le prendre pour un « nid ; mais le martin-pêcheur niebe simplement dans les trous du rivage , ou plutôt il y « dépose ses œufs, sans faire de nid. Il ne pond point en hiver, mais au printemps, et n’a, en « un mot, aucun rapport avec le calme des jours alcyoniens. » ( Cuvier.)

LE MARTIN-PÊCHEUR

voit toujours seul, et dont le temps de la pariade est fortcourt“. Aristote, en faisant l’alcyon habitant des rivages de la mer, dit aussi qu’il remonte les rivières fort haut, et qu’il se tient sur leurs bords** : or, on ne peut douter que le martin-pêcheur des rivières n’aime également à se tenir sur les rivages de la mer, où il trouve toutesles commodités nécessaires à son genre de vie, et nous en sommes assurés par des témoins oculaires**; cependant Klein le nie, mais il n’a parlé que de la mer Baltique, et il a très-mal connu le martin-pêcheur, comme nous aurons occasion de le remarquer. Au reste, l’alcyon était peu commun en Grèce et en Italie; Chéréphon, dans Lucien, admire son chant comme tout nouveau pour lui**. Aristote et Pline disent que les apparitions de l’alcyon étaient rares, tugitives, et qu’on le voyait voler d’un trait rapide à l’entour des navires, puis entrer dans son petit antre du rivage " : tout cela convient parfaitement au martin-pêcheur, qui n’est nulle part bien commun et qui se montre rarement.

On reconnaît également notre martin-pêcheur dans la manière de pêcher del’alcyon, que Lycophron appelle le p!ongeurf;ei qui, dit0ppien,5e;e^^e et se plonge dans la mer en tombant. C’est de cette habitude de tomber à plomb dans l’eau que les Italiens ont nommé cet oiseau piombino (petit plomb). Ainsi tous les caractères extérieurs et toutes les habitudes naturelles de notre martin-pêcheur, conviennent à l’alcyon décrit par Aristote. Les poètes faisaient flotter le nid de l’alcyon sur la mer : les naturalistes ont reconnu qu’il ne fait point de nid, et qu’il dépose ses œufs dans des trous horizontaux de la rive des fleuves ou du rivage de la mer.

Le temps des amours de l’alcyon , et les jours alcyoniens placés près du solstice, sont le seul point qui ne se rapporte pas exactement à ce que nous connaissons du martin-pêcheur, quoiqu’on le voie s’apparier de très-bonne heure et avant l’équinoxe ; mais, indépendamment de ce que la Fable peut avoir ajouté à l’histoire des alcyons pour l’embellir, il est possible que sous un climat plus chaud, les amours des martins-pêcheurs commencent encore plus tôt; d’ailleurs il y avait différentes opinions sur la saison des jours alcyoniens. Aristote dit que dans les mers de la Grèce ces jours alcyoniens n’étaient pas toujours voisins de ceux du solstice », mais que cela était plus

a. « Sed amnes etiam subit ascendens longiùs. » Aristote, lib, ix, cap. xiv.

b. « Ispidà maximè solitaria avis est. » Aldrovande, Avi. t. III, p. 62.

c. Le martin-pêcheur, bleuet en Provence, se plaît sur les Lords de la mer et des petits ruisseaux qui s’y jettent; il se nourrit des plus petits coquillages, les prend dans son bec, et les brise à force de les frapper sur les cailloux. Il cherche aussi les gros vermisseaux qui sont sur le Lord de la mer. Sa chair sent le musc. Notice jointe aux envois de M. Guys.

d. Dial, alcyon.

e. « Nave aliquando circum-volatâ , statim in latebras abeuntem. » Pline, lib. v, cap. ix; et Aristote, lib. v, cap. ix. Ex recensione Scalig.

f. Autttv), EuxcXofiêo;, urinator. Lycophr. in Cassandrâ.

g. « Dies alcyonios fieri circà brumam non semper nostris locis contingit; at in Siculo mari a fere semper. » Aristote, Hist. animal. j lib. v, cap. vm.

LE MARTIN-PÊCHEUR

constant pour la mer de Sicile. Les anciens ne convenaient pas non plus du nombre de ces Jours et Columelle les place aux calendes de mars ^ temps auquel notre martin-pêcheur commence à faire son nid.

^ Aristote* ne parle distinctement que d’une seule espèce d’alcyon, et ce n’est que sur un passage équivoque et vraisemblablement corrompu, et où, suivant la correction deGessner, il s’agit de deux espèces d’hirondelles que les naturalistes en ont fait deux d’alcyons, une petite qui a de la voix, et une grande qui est muette : sur quoi Belon, pour trouver ces deux espèces, a fait de la rousserole son alcyon vocal, en même temps qu’il nomme alcyon muet le martin-pecheur, quoiqu’il ne soit rien moins que muet.

Ces discussions critiques nous ont paru nécessaires, dans un sujet que la plupart des naturalistes ont laissé dans la plus grande obscurité. Klein, qui le^ remarque en augmente encore la confusion en attribuant au martinpêcheur deux doigts en avant et deux en arrière®; il s’appuie de l’autorité de Schwenckfeld, qui est tombe dans la même erreur et d’une figure fautive de Belon , que neanmoins ce naturaliste a corrigée lui-même en décrivant très-bien la forme du pied de cet oiseau , qui est singulière : dès trois doigts antérieurs, l’extérieur est étroitement uni à celui du milieu, jusqu à la troisième articulation, de manière à paraître ne faire qu’un seul doigt, ce qui forme en dessous une plante de pied large et aplatie ; le doigt intérieur est très-court et plus que celui de derrière; les pieds sont aussi très-courts; la tête est grosse; le bec long, épais à sa base, et filé droit en pointe; la queue est généralement courte dans les espèces de ce genre.

C’est le plus bel oiseau de nos climats, et il n’y en a aucun en Europe qu on puisse comparer au martin-pêcheur pour la netteté, la richesse et 1 éclat des couleurs : elles ont les nuances de l’arc-en-ciel, le brillant de 1 émail, le lustre de la soie ; tout le milieu du dos, avec le dessus de la queue, est d’un bleu clair et brillant, qui, aux rayons du soleil, a le jeu du

a. Voyez Coel. BJiodig.,' Lect. antiq., lib, xiv, cap. xi.

b. Ibidem.

c. Lib. VIII, cap. iii, To tS>v Â-fiJovcuv^évo;, que Gaza et Niphus traduisent par alcedones , quoique aedon signifie proprement le rossignol, et qull soit beaucoup plus à propos de lire avec Gessner XsXt^ovwv , et d’entendre ce passage de l’iiirondelle, puisque dans la ligne suivante Aristote commence à parler distinctement de Talcyon comme d’un oiseau different.

d. « Ispidæ et alcyonum causa multis ambagibus circurnscripta. » Avi., pag. 31.

e. Avi., pag. 33.

f. L’origine en est dans Albert, comme l’observe Aldrovande, en la rectifiant. Avi., t. 111, pag. 519.

g. Nat. des oiseaux.

1. « Il faut remarquer qu’Aristote distingue deux sortes d’alcyons ; un plus petit, qui a de la « voix et se tient sur les roseaux , et un plus grand , qui n’a point de voix. Tous les deux ,

« dit-il, ont le dos bleu : nous n’en connaissons qu’un en Europe, lequel est assez criard, et « même c’est le seul oiseau à dos bleu que nous possédions ; mais on en a pris un près de « Smyrne, dont Albin donne la figure , t. III , pl. 27, et qui est plus grand que le nôtre. C’est « probablement la seconde espèce d’Aristote. » (Cuvier. )

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saphir et l’œil de la turquoise ; le vert se mêle sur les ailes au bleu, et la plupart des plumes y sont terminées et ponctuées par une teinte d’aiguemarine; la tête et le dessus du cou sont pointillés de même de taches plus claires sur un fond d’azur. Gessner compare le jaune rouge ardent qui colore la poitrine au rouge enflammé d’un charbon.

11 semble que le martin-pêcheur se soit échappé de ces climats où le soleil verse, avec les flots d’une lumière plus pure, tous les trésors des plus riches couleurs®. Et en eflet, si l’espèce de notre martin-pêcheur n’appartient pas précisément aux climats de l’Orient et du Midi, le genre entier de ces beaux oiseaux en est originaire; car, pour une seule espèce que nous avons en Europe, l’Afrique et l’Asie nous en oflrent plus de vingt, et nous en connaissons encore huit autres espèces dans les climats chauds de 1 Amérique. Celle de l’Europe est même répandue en Asie et en Afrique ' ; plusieurs martins-pêcheurs envoyés de la Chine et d’Égypte se sont trouvés les mêmes que le nôtre, et Belon dit l’avoir reconnu dans la Grèce ^ et la Thrace Cet oiseau, quoique originaire de climats plus chauds, s est habitué à la température et même au froid du nôtre : on le voit en hiver le long des ruisseaux plonger sous la glace, et en sortir en rapportant sa proie ; c est par cette raison que les Allemands® l’ont appelé eiszvogel, oi&em de la glace, et Belon se trompe en disant qu’il ne fait que passer dans nos contrées, puisqu’il y reste dans le temps de la gelée.

Son vol est rapide et filé; il suit ordinairement les contours des i aisseaux en rasant la surface de l’eau ; il crie, en volant, ki , ki , ki, ki , d’une voix perçante et qui fait retentir tes rivages; il a dans le printemps un autre chant qu’on ne laisse pas d entendre maigre le murmure des flots et le bruit des cascades f; il est très-sauvage et part de loin; il se

a. « Il y a une espèce de martin-pêclieur, commune sur toutes les îles de la mer du Sud ; « nous avons remarqué que son plumage est beaucoup plus brillant entre les Tropiques que dans les terres situées au delà de la zone tempérée, comme à la Nouvelle-Zelande. » Forster. Observations à la suite du Second Voyage de Cook, p. 181. Le martin-pèclieur porte le nom d’eroore dans la langue des îles de la Société.

b. Nat. des oiseaux, p. 220.

c. « Les orées de la rivière (de l’Hèbre, aujourd'hui Mélissa) sont en quelques endroits assez « hauts, où les alcyons de rivières, vulgairement nommés martinets-pêcheurs , font leurs « nids. » Forster, Observations, p. 63. Le martin-pêcheur ne se trouve apparemment point en Suède, puisque M. Linnæus n’en fait pas mention ; mais on est plus étonné de voir qu il y place le guêpier, que l’on connaît peu en France , et qui est même assez rare en Italie.

d. Schwenckfeld, Gessner, Olina.

e. Gessner, AuL, pag. 551. . ,

f. Le nom d’ùpida, suivant l’auteur de Naturâ rerum, dans Gessner, est forme du cri de l’oiseau : apparemment du premier ; on a voulu imiter le second dans le nom de tartaneu, que l’on donne aussi au martin-pêcheur.

1. « Il en est quelques-unes (quelques espèces de martins-pêcheurs) à la Nouvelle-Hollande « et dans les terres voisines... Dans plusieurs de celles-là, un plumage grisâtre et non liss « annonce qu’elles ne fréquentent pas les eaux; en effet, elles vivent d’insectes, ce qui leur a « fait donner le nom de martins-chasseurs. » (Cuvier.)

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lient sur une branche avancée au-dessus de l’eau pour pêcher j il y reste immobile, et épie souvent deux heures entières le moment du passage d’un petit poisson; il fond sur cette proie en se laissant tomber dans l’eau, où il reste plusieurs secondes ; il en sort avec le poisson au bec , qu’il porte ensuite sur la terre, contre laquelle il le bat pour le tuer avant de l’avaler.

Au défaut de branches avancées sur l’eau, le martin-pêebeur se pose sur quelque pierre voisine du rivage ou même sur le gravier; mais au moment qu’il aperçoit un petit poisson il fait un bond de douze ou quinze pieds, et se laisse tomber à plomb de cette hauteur; souvent aussi on le voit s’arrêter dans son vol rapide, demeurer immobile et se soutenir au même lieu pendant plusieurs secondes : c’est son manège d’hiver, lorsque les eaux troubles ou les glaces épaisses le forcent de quitter les rivières, et le réduisent aux petits ruisseaux d’eau vive ; à chaque pause il reste comme suspendu à la hauteur de quinze ou vingt pieds, et lorsqu’il veut changer de place il se rabaisse et ne vole pas à plus d’un pied de hauteur sur l’eau; il se relève ensuite et s’arrête de nouveau. Cet exercice réitéré, et presque continuel, démontre que cet oiseau plonge pour de bien petits objets, poissons ou insectes, et souvent en vain, car il parcourt de cette manière des demi-lieues de chemin.

Il niche au bord des rivières et des ruisseaux, dans des trous creusés par les rats d’eau ou par les écrevisses, qu’il approfondit lui-même, et dont il maçonne et rétrécit l’ouverture : on y trouve de petites arêtes de poisson, des écailles sur de la poussière, sans forme de nid ; et c’est sur cette poussière que nous avons vu ses œufs déposés, sans remarquer ces petites pelotes dont Selon dit qu’il pétrit son nid, et sans trouver à ce nid la figure que lui donne Aristote en le comparant pour la forme à une cucurbite, et, pour la matière et la texture, à ces boules de mer ou pelotes de filaments entrelacés qui se coupent difficilement, mais qui desséchées deviennent friables®; il en est de même des halcyonium de Pline, dont il fait quatre espèces, et que quelques-uns ont donnés pour des nids d’alcyon, mais qui ne sont autre chose que différentes pelotes de mer ou des holothuries qui n’ont aucun rapport avec des nids d’oiseaux*’ : et quant à ces nids fameux du Tunquin et de la Cochinchine, que l’on mange avec délices, et que l’on a aussi nommés nids d‘ alcyon, nous avons démontré qu’ils sont l’ouvrage de l’hirondelle salangane”.

Les martins-pêcheurs commencent à fréquenter leur trou dès le mois de mars : on voit dans ce temps le mâle poursuivre vivement la femelle. Les anciens croyaient les alcyons bien ardents, puisqu’ils ont dit que le mâle

а. « Halosachne, flos aridus maris. » Hist. animal. ,\ïh., jx, cap. xiv.

б. Lib. XXXII, cap. VIII.

c. Voyez l’article de cet oiseau.

584 le martin-pêcheur.

meurt dans l’accouplement “ ; et Aristote prétend qu’il entre en amour dès l’âge de quatre mois ^

Au reste, l’espèce de notre martin-pêcheur n’est pas nombreuse, quoique ces oiseaux produisent six, sept et jusqu’à neuf petits, selon Gessner; mais le genre de vie auquel ils sont assujettis les fait souvent périr, et ce n est pas toujours impunément qu’ils bravént la rigueur de nos hivers ; on en trouve de morts sur la glace. Olina donne la manière de les prendre, à la pointe du jour ou à la nuit tombante, avec un trébuchet tendu au bord de l’eau**; il ajoute qu’ils vivent quatre ou cinq ans : on sait seulement qu’on peut les nourrir pendant quelque temps dans les chambres où l’on place des bassins d’eau remplis de petits poissons M. Daubenton, de l’Académie des Sciences, en a nourri quelques-uns pendant plusieurs mois, en leur donnant tous les jours de petits poissons frais : c’est la seule nourriture qui leur convienne; car de quatre martins-pêcheurs qu’on m apporta le 21 août 1778, et qui étaient aussi grands que père et mère, quoique pris dans le nid , qui était un trou sur le bord de la rivière , deux relusèrent constamment les mouches, les fourmis, les vers de terre, la pâtée, le fromage, et périrent d’inanition au bout de deux jours; les deux autres, qui mangèrent un peu de fromage et quelques vers de terre, ne vécurent que six jours. Au reste, Gessner observe que le martin-pêcheur ne peut se priver, et quil demeure toujours également sauvage; sa chair a une odeur de faux musc® et n’est pas bonne à manger ; sa graisse est rougeâtre f-, il a le ventricule spacieux et lâche comme les oiseaux de proie, et comme eux il rend par le bec les restes indigestes de ce qu’il a avalé , écailles et arêtes roulées en petites boules : ce viscère est placé fort bas; l’œsophage est par conséquent trèslongs'; la langue est courte, de couleur rouge ou jaune, comme le dedans et le fond du bec *.

a. Tzetzès et le scholiaste d'Aristophane.

h. « Fœtificat toto ætatis tempore, parère nata menses quatuor incipit. » Lib. ix , cap xiv.

c. Uccelleria, pag. 39.

d. « Une personne d’Amsterdam m’a raconté qu’elle en avait tenu en vie assez longtemps <( dans une petite chambre , au milieu de laquelle était un bassin rempU d’eau avec de petits « poissons vivants, que les alcyons savaient adroitement en tirer à la volée. » Feuilles de Wosmaër, 1769.

e. Tragus.

f. Gessner.

g. Idem, A4)t.,pag. 551.

h. « On m’apporta; dit M. de Montbeillard, le 7 juillet 1771 , cinq petits martins-pêcheurs « (il y en avait sept dans le nid sur le bord d’un ruisseau) ; ils mangèrent des vers de terre « qu’on leur présenta. Dans ces jeunes martins-pêcheurs, le doigt extérieur était tellement uni « à celui du milieu jusqu’à la dernière articulation, qu’il en résultait l’apparence dun doigt « fourchu plutôt que celle de deux doigts distincts; le tarse était fort court; la tète était rayée « transversalement de noir et de bleu verdâtre ; il y avait deux taches de feu, l’une sur les « yeux en avant, l’autre plus longue sous les yeux, et qui, se prolongeant en arrière, devient « blanche; au bas du cou, près du dos, le bleu devient plus domin,rnt , et une bande ondoyante U de bleu, mêlée d’un peu de noir, parcourt la longueur du corps , et s’étend jusqu’à Textré-

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