SECONDE ESPÈCE MOYENNE
Celte espèce se trouve encore à Cayenne; elle esl moins grande que la précédente, n’ayant que sept pouces, et néanmoins la queue est encore assez longue; tout le dessus du corps est lustré de vert sur fond noirâtre, coupé seulement par un fer-à-cheval blanc, qui prenant sous l’œil descend sur le derrière du cou, et par quelques traits blancs jetés dans l’aile ; le ventre et l’estomac sont blancs et variés de quelques taches de la couleur du dos ; la poitrine et le devant du cou sont d’un beau roux dans le mâle : ce caractère le distingue, car la femelle, représentée n° 2 de la même planche, a la gorge blanche.
LE GIP-GIP.^^*
TROISIÈME ESPÈCE MOYENNE
C’est cet oiseau sans nom dans Marcgrave % qu’il eût pu nommer gip-gip, puisqu’il dit que c’est son cri. Il est de la grandeur de l’alouette, et de la figure Anmatuitui, qui est la quatrième grande espèce des martins-pêcheurs d’Amérique ; son bec est droit et noir; tout le dessus de la tête, du cou, les ailes et la queue, sont rougeâtres ou plutôt d’un rouge bai ombré, mêlé de blanc; la gorge et le dessous du corps sont blancs, et l’on voit un trait brun qui passe du bec à l’œil; son cri gip-gip ressemble au cri du petit de la poule-d’Inde.
a. Voyez les planches enluminées , n° 591 , fig. 1 et 2.
b. « Ispida supernè rufescens, spadiceo fusco et alho mixta, infernè alba; tænià utrimque « per oculos fuscà; remigibus, rectricibusque rufescentibus , maculis transversis albis nota- « lis... » Ispida Brasiliensis. Brisson, OrnUhol., t. IV, p. 510.
c. Avis anonima prima. Marcgrave, Hist. nat. BrasiL, p. 219. — Jonston, p. 150.
* Alcedo americana (Lath., Gmel., Cuv. ).
’* Akcdo brasiliensis (Lath,, Gmel., Desm. ).
LE MARTIN-PÊCHEUR VERT ET ORANGÉ
PETITS MARTINS-PÊCHEURS
DU NOUVEAU CONTINENT
LE MARTIN-PÊCHEUR VERT ET ORANGÉ
Il n’y a en Amérique qu’une seule espèce de martin-pêcheur qu’on puisse appeler petite, et c’est celle de l’oiseau que nous indiquons ici, qui n’a pas cinq pouces de longueur : il a tout le dessous du corps d’un orangé brillant, à l’exception d’une tache blanche à la gorge, une autre à l’estomac, et une zone vert foncé au bas du cou dans le mâlej la femelle n’a pas ce caractère; tous deux ont un demi-collier orangé derrière le cou; la tête et tout 1e manteau sont chargés d’un gris vert, et les ailes tachetées de petites gouttes roussâtres vers l’épaule et aux grandes pennes, qui sont brunes. Edwards, quia donné la figure de ce martin-pêcheur, dit qu’il n’a pu découvrir de quel pays on l’avait apporté , mais nous 1 avons reçu de Cayenne.
LES JACAMARS
Nous conserverons à ces oiseaux le nom de jacamar, tiré par contraction de leur nom brésilien yacawacm. Ce genre ne s’éloigne de celui du martin-pêcheur qu’en ce que les jacamars ont les doigts disposés deux en devant et deux en arrière, au lieu que les martins-pêcheurs ont trois doigts en devant et un seul en arrière; mais d’ailleurs les jacamars leur ressemblent par la forme du corps et par celle du bec ; ils sont aussi de la même grosseur que les espèces moyennes dans les martins-pêcheurs; et c’est probablement par cette raison que quelques auteurs ' ont mis ensemble ces deux genres d’oiseaux ; d’autres** ont placé les jacamars avec les pics, auxquels ils ressemblent en effet par cette disposition de deux doigts en devant et de deux en arrière; le bec est aussi d’une forme assez semblable, mais
a. Voyez les planches enliuninées, n® 756, flg. 2 ; et fig. 3 , sa femelle.
b. Little green and orange-coloured king-fisher. Edwards, Glan., p. 73, pl. 245. « Ispida
« supernè viridis, infernè alba ; tænià utrimque supra oculos, gutture, collo inferiore et lateribus « aurantiis, fascià in pectore transversà viiidi ; remigibus nigricantibus, maculis flavo-rufes- « centibus in iitroque latere varns ; rearicibus suntùs l'uscis : supernè viridibus, lateralibus « iuteriùs albo maculatis... » Ispida Americana viridis. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 490.
c. Edwards, etc.
d Wülughby, Klein, etc.
* Alcedo superciliosa (Latb., Gmel., Cuv. ).
•* Ordre des Grimpeurs, genre Jacamars (Cuv.).
LES JACAMARS. ^07
dans Jes jacamars il est beaucoup plus long et plus délié; et ils diffèrent encore des p.cs en ce qu’ils n’ont pas la langue plus longue que le bec- la forme des plumes de la queue est aussi différente, car elles ne sont ni raides ni cunéiformes. Il suit de ces comparaisons que les jacamars forment un genre a part peut-etre aussi voisin des pics que des martins-pêcheurs- et ce petit genre n est composé que de deux espèces*, toutes deux naturelles aux climats chauds de l’Amérique.