III. — MÉSANGE A GORGE BLANCHE
Si la gorge-blanche de Willughby est, non pas une fauvette, comme le croyait cet auteur, mais une mésange comme le pense M. Brisson®, on serait tenté de la rapporter à la nonnette cendrée, et conséquemment à la petite charbonnière : elle a la tête d’un cendré foncé, tout le dessus du corps d’un cendré roussâtre, le dessous blanc, teinté de rouge dans le mâle, excepté toutefois la naissance de la gorge, qui est, dans quelques individus, d’un blanc pur, et qui, dans d’autres , a une teinte de cendré, ainsi que le devant du cou et de la poitrine; la première penne de l’aile bordée de blanc, les dernières de roux; les pennes de la queue, noires bordées d’une couleur plus claire, excepté la plus extérieure qui l’est de blanc, mais non pas dans tous les individus ; le bec noir, jaune à l’intérieur; la pièce inférieure, blanchâtre dans quelques sujets ; les pieds tantôt d’un brun jaunâtre, tantôt de couleur plombée.
La gorge-blanche se trouve l’été en Angleterre ; elle vient dans les jardins, vit d’insectes, fait son nid dans les buissons près de terre (et non dans des trous d’arbre comme nos mésanges) , le garnit de crins en dedans, y pond cinq œufs de forme ordinaire, pointillés de noir sur un fond brun
a- « Parus supernè cinereo-rufescens , inferaè albo-rufescens ; capite cinereo; gutture albo; « rectrice utrimque extimà plusquam dimidiatim albà ; proximè sequenti apice tantiim albâ. » Parus cinereus , la mésange cendrée. Brisson, t. III , p. 549. — The white throat : an spipola prima Aldrovandi? Willugbby, Ornithol., p. 171. — Ficedulœ affinis. Ray, Synops., p. 77, A G.
* Motacilla cinerea (Linn.). — « M. Vieillot considère cette espèce comme ne différant pas « de la Bergeronnette grise de Buffon, planche enluminée 674, fîg. 1, qu’il nomme fauvette « ceitdrde ou grisette, et qui se trouve aussi en France » (Desmarets )
g2 VARIÉTÉS DE LA PETITE CHARBONNIÈRE.
clair verdâtre. Elle est à peu près de 1a grosseur de la nonnette cendrée.
Longueur totale, de cinq pouces trois quarts à six pouces ; doigt postérieur le plus fort de tous, les deux latéraux égaux entre eux , fort petits et adhérents à celui du milieu, l’extérieur par sa première phalange, l’intérieur par une membrane, ce qui est fort rare dans les oiseaux de ce genre , vol, environ huit pouces; queue, deux pouces et demi, composée de douze pennes, un peu étagée ; dépassé les ailes de seize a dix-sept lignes .
lY. — mésange grimpereau. *
J’ai actuellement sous les yeux un individu envoyé de Savoie par M. le marquis de Piolenc, sous le nom de grimpereau, et qui doit se rapporter à la même espèce. Tl a la tête variée de noir et de gris cendré; tout le reste de la partie supérieure, compris les deux intermédiaires de la queue, de ce même gris; la penne extérieure noirâtre à sa base, grise au bout, traversée dans sa partie moyenne par une tache blanche ; la penne suivante marquée de la même couleur sur son côté intérieur seulement; la troisième aussi, mais plus près du bout et de manière que le blanc se resserre toujours et que le noir s’étend d’autant plus; il gagne encore davantage sur la quatrième et la cinquième penne, qui n ont plus du tout de blanc, mais qui sont terminées de gris cendré comme les précédentes ; les pennes des ailes sont noirâtres, les moyennes bordées de gris cendré, les grandes de gris sale ; chaque aile a une tache longitudinale ou plutôt un trait blanc jaunâtre ; la gorge est blanche ainsi que le bord antérieur de l’aile; le devant du cou et toute la partie inférieure sont d’un roux clair ; les couvertures inférieures des ailes, les plus voisines du corps, sont roussâtres, les suivantes noires, et les plus longues de toutes blanches; le bec supérieur est noir, excepté l’arête qui est blanchâtre ainsi que le bec inférieur ; enfin, les pieds sont d’un brun jaunâtre.
Longueur totale, cinq pouces un tiers; bec, six lignes et demie; tarse, huit lignes; doigt postérieur aussi long et plus gros que celui du milieu et son ongle le plus fort de tous ; vol, sept pouces trois quarts ; queue, dixhuit lignes, composée de douze pennes, un peu inégales et plus courtes dans le milieu ; dépasse les ailes de dix lignes.
a. J'ai vu dans les Cabinets un oiseau dont le plumage ressemblait singulièrement à celui de cette mésange, mais qui en différait par ses proportions. Sa longueur totale était de cinq pouces et demi ; tarse , dix lignes ; queue , vingt-neuf lignes ; dépassant les ailes d’un pouce seulement : mais le trait le plus mauiué de dissemblance , c’était son bec long de sept lignes, épais (le trois à sa base.
* Espèce douteuse. — « M. Vieillot fait remarquer que cet oiseau peu connu n’a guère d’ana- «I logie avec la Nonnetle cendrée, et encore moins avec un grimpereau. » (Desmarets. )