LA MÉSANGE BLE[JE
fl est peu de petits oiseaux aussi connus que celui-ci, parce qu’il en es! peu qui soient aussi communs, aussi faciles à prendre et aussi remarquables par les couleurs de leur plumage; le bleu domine sur la partie supérieure, le jaune sur 1 inférieure, le noir et le blanc paraissent distribués avec art pour séparer et relever ces couleurs, qui se multiplient encore en passant par différentes nuances. Une autre circonstance qui a pu contribuer à faire connaître la mésange bleue, mais en mauvaise part, c’est le dommage qu elle cause dans nos jardins en pinçant les boutons des arbres fiuitiers; elle se sert même, avec une singulière adresse, de ses petites griffes pour détacher de sa branche le fruit tout formé qu’elle porte ensuite à son magasin : ce n’est pas toutefois son unique nourriture, car elle a les mêmes goûts que les autres mésanges, la même inclination pour la chair, et elle ronge si exactement celle des petits oiseaux dont elle peut
a. AiV-OaXo; rpÎTo;, troisième mésange, suivant Belon, Aldrovande, etc.; mais, selon moi, la troisième mesange d’Aristote est notre petite charbonnière, puisque Aristote dit que cet oiseau ressemble à la grosse charbonnière, excepté qu’il est plus petit, ce qui ne peut convenir qu’à la petite charbonnière. Mésange bleue, Belon, Nat. des oiseaux, p. 369; il l’appelle ailkius mat enge. Parus cœru.eus ; en italien , spernuzzola , parussola, comme la grande charbonnièie. Olina, Uccelteria, fol. 28. — En allemand, blau-meise, pimpel-meise , mehl-meise ; à Nuremberg , by-meisse ; en anglais , tess tit-mouse ; nun , selon Turner; en Savoie , lardera , moine, moineton; eu Itaüe , parozoUna ; en espagnol et portugais, chamaris , alionine’, mdheiro. Gessner, Aves, p. 641. Parus cæruleus vel minor. Gessner, Icon. av., p. 45. A Bologne, parussolin , parozolino , rospedino , fratino ; en espagnol, milcheiro. Aldrovande, Otnithol., t. II , p. 721. — The bleio tit-mouse or nun. Willughby, Ornithol., p. 175. — P, ij% Synopsis, p. 74. — Sibbald, Atlas Scot., part, ii, lib. iii, p. 18. — Brilish Zoolocjy, gen. 24 , sp. 2,p.ll4. — Parus cæruleus montanus ; en allemand, blaw-meisslin , bin-meise , etc! Schwenckteld , Aviar. Siles., p. 320. — En polonais , silcora modra; bargiel , selon Gessner. Rzaczjnski, Aucluar. Polon.,p. 403. — Frisch, t. I, class. 2, div. l,art. 3, n» 14. — Parus cœi uteus montanus, mésange-nonnette. The bleio head tit-mouse , kœisemeischen. Klein, Ordo avmm,p. 85. — Parus cæruleus minimus. Jonston, Aves, p. 86. — Barrère , Specim. novum, Uass. 3 , gen. 24 , petite mésange bleue. — Parus minor ; en anglais , the nun. Charleton , ^xetcit. canorarum class., gen. 5, sp. 2. — « Parus remigibus cærulescentibus , qu’imàmar- « gme exteriore albà; vertice cæraleo;» en suédois, blao-mees. Linnæus, Fauna Suecica , n» 240, 267. — Kramer, Elenchus Austr. inf., p. 379; en autrichien, blau-meise. — « Parus « remigibus cærulescentibus; primoribus margine exteriore albis, fronte albà, vertice cæm-
eo. » Linnæus, Syst. nat., édit. XIII, p. 341, n° 5. — Muller, Zoolog. Dan. prcdrom.,
285 ; en danois et norwégien , blaa meise. — « Parus supernè dilutè viridi-olivaceus , infernè « lutcus; medio ventre candido; vertice et torque cæruleis; tæniâ albà verticem cingente.
« l^asciâ per oculos et gutture nigris; tæniâ transversà in alis candidâ; rectiicibus cæruleis,
« extimà exteriùs albo fîmbriatà... » Parus cæruleus, la mésange bleue. Brisson, t. III, p. 544. — Marenge bleue , mésange ou tête de faïence; en Berry, petite cendrille bleue ; en Sologne, petite arderelle ou arderolle bleue. Salerne, Hist. nat. des oiseaux, p. 215. Un Allemand amaeur d oiseaux lui a appris que, dans sou pays , on donnait à cette espèce le nom de meel-meise b^ue^ parce qu’elle aime la farine. Ibidem. — Eu Provence , serre-fine à tète
Pomis cæruleus (Linn.). — ho. mésange à tête bleue (Cuv.). — Genre et sous-genre id. (Cuv.).
jji LA MÉSANGE BLEUE.
venir à bout, que M. Klein propose de lui donner leur squelette à préparer® Elle se distingue entre toutes les autres par son acharnement contre la chouette \ M. le vicomte de Querlioënt a remarqué qu’elle ne perce pas toujours tes grains de chènevis comme les autres mésanges, mais qu elle les casse quelquefois dans son bec comme les serins et les linottes ; d ajoute quelle paraît plus avisée que les autres, en ce qu’elle se choisit pour 1 hiver un gîte plus chaud et de plus difficile accès : ce gîte n’est ordinairement qu’un arbre creux ou un trou de muraille ; mais on sait bien qu il y a du
choix à tout. , ,
La femelle fait son nid dans ces mêmes trous et n y épargné pas les plumes; elle y pond au mois d’avril un grand nombre de petits œufs blancs; j’en ai compté depuis huit jusqu’à dix-sept dans un même nid ; d auties en ont trouvé jusqu’à vingt-deux, aussi passe-t-elle pour la plus féconde; on m’assure qu’elle ne fait qu’une seule couvée, à moins qu’on ne la trouble et qu’on ne l’oblige à renoncer ses œufs avant qu’elle les ait fait éclore; et elle les renonce assez facilement pour peu qu’on en casse un seul,^ le petit fùt-il tout formé, et même pour peu qu’on y touche; mais lorsqu une fois ils sont éclos elle s’y attache davantage et les défend courageusement; elle se défend elle-même et souffle d’un air menaçant lorsqu’on l’inquiète dans sa prison; le mâle parait se reposer plus à son aise, étant accroché au plafond de sa cage, que dans toute autre situation. Outre son grincement désagréable, elle a un petit gazouillement faible, mais varié, et auquel on a bien voulu trouver quelque rapport avec celui du pinson.
M. Frisch prétend qu’elle meurt dès qu’elle est en cage, et que par cette raison l’on ne peut l’employer comme appelant; j’en ai vu cependant qui ont vécu plusieurs mois en captivité, et qui ne sont mortes que de grasfondure.
Schwenckfeld nous apprend qu’en Silésie on voit cette mesange en toute saison dans les montagnes; chez nous ce sont les bois où elle se plaît, surtout pendant l’été, et ensuite dans les vergers, les jardins, etc. M. Lottmger dit qu’elle voyage avec la charbonnière, mais que cette société est telle qu’elle peut être entre des animaux pétulants et cruels, c’est-a-dire, ni paisible ni durable. On dit cependant que la famille reste plus longtemps réunie (pie dans les autres espèces*’.
. La mésange bleue est fort petite, puisqu’elle ne pèse que trois gros ; mais Helon, Klein et le voyageur Kolbe ne devaient pas la donner pour la plus petite des mésanges. La femelle l’est un peu plus que le male; elle a moins
a. Il conseille la précaution d’enlever auparavant la plus grande partie des chairs et de la cervelle de l'oiseau dont on veut avoir le squelette bien disséqué.
h. Gessner prétend qu’étant plus petite, elle est aussi plus douce et moins méchante; mais il parait ([ue ce n’est qu’une conjecture fondée sur un raisonnement très-fautif , au lieu que ce que je dis est fondé sur l’ohservation.
c. Journal de Physique de M. l’abbé Rosier, août 1776.