V. — LA GROSSE MÉSANGE BLEUE
La figure de cet oiseau a été communiquée par le marquis Fachinctto a Aldrovande, qui ne l’a vue qu’en peinture; elle faisait partie des dessins coloriés d’oiseaux que certains voyageurs japonais offrirent au pape Benoît XIV, et qui n’en furent pas moins suspects à Willughby : cet habile naturaliste les regardait comme des peintures de fantaisie représentant des oiseaux imaginaires, ou du moins très-défigurés ; mais par exactitude nous allons rapporter la description d’ Aldrovande.
Le bleu clair régnait sur toute la partie supérieure de cet oiseau, le blanc sur l’inférieure ; un bleu très-foncé sur les pennes de la queue et des ailes; il avait l’iris de couleur jaune, une tache noire derrière les yeux, la queue aussi longue que le corps, et les pieds noirs et petits. Ces petits pieds ne sont pas des pieds de mésange ; d’ailleurs toute cette description respire une certaine uniformité qui ne ressemble guère à la nature et qui justifie les soupçons de AVillughby.