Voyez la note 1 de la page
3. « Le fer ne peut s’unir ni au zinc, ni au titane, ni au mercure , ni à V argent; sa com- « binaison avec le plomb est douteuse : il ne se combine que difficilement avec le bismuth et « avec le cuivre; il s’allie plus ou moins facilement avec les autres métaux. » (Thénard.)
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autant l’or nous paraîtra fixe, immuable et constamment le même sous notre main comme sous celle de la nature : c’est de toutes les matières du globe la plus pesante, la plus inaltérable, la plus tenace, la plus extensible, et c’est par la réunion de ces caractères prééminents, que dans tous tes temps l’or a été regardé comme le métal le plus parfait et le plus précieux ; il est devenu le signe universel et constant de la valeur de toute autre matière par un consentement unanime et tacite de tous les peuples policés. Comme il peut se diviser à l’infini sans rien perdre de son essence, et même sans subir la moindre altération, il se trouve disséminé sur la surface entière du globe, mais en molécules si ténues que sa présence n’est pas sensible. Toute la couche de la terre qui recouvre le globe en contient, mais c’est en si petite quantité qu’on ne l’aperçoit pas et qu’on ne peut le recueillir; il est plus apparent, quoique encore en très-petite quantité, dans les sables entraînés par les eaux et détachés de la masse des rochers qui le recèlent ; on le voit quelquefois briller dans ces sables dont il est aisé de le séparer par des lotions réitérées : ces paillettes charriées par les eaux, ainsi que toutes les autres particules de l’or qui sont disséminées sur la terre, proviennent également des mines primordiales de ce métal. Ces mines gisent dans les fentes du quartz où elles se sont établies peu de temps après la consolidation du globe; souvent l’or y est mêlé avec d’autres métaux sans en être altéré; presque toujours il est allié d’argent, et néanmoins il conserve sa nalure dans le mélange, tandis que les autres métaux, corrompus et minéralisés, ont perdu leur première forme avant de voir le jour, et ne peuvent ensuite la reprendre que par le travail de nos mains ; l’or, au contraire, vrai métal de nature, a été formé tel qu’il est; il a été fondu ou sublimé par l’action du feu primitif, et s’est établi sous la forme qu’il conserve encore aujourd’hui; il n’a subi d’autre altération que celle d'une division presque infinie; car il ne se présente nulle part sous une forme minéralisée; on peut même dire que pour minéraliser l’or, il faudrait un concours de circonstances qui ne se trouvent peut-être pas dans la nature, et qui lui feraient perdre ses qualités les plus essentielles; car il ne pourrait prendre cette forme minéralisée qu’en passant auparavant par l'état de précipité, ce qui suppose précédemment sa dissolution par la réunion des acides nitreux et marin; et ces précipités de l’or ne conservent pas les grandes propriétés de ce métal; ils ne sont plus inaltérables et ils peuvent être dissous par les acides simples; ce n’est donc que sous cette forme de précipité que l’or pourrait être minéralisé; et comme il faut la réunion de l’acide nitreux et de l’acide marin pour en faire la dissolution *, et ensuite un alcali
1. « L'or est un des métaux les moins altérables que l’on connaisse. Il résiste à Eaction de « l’air, de l’oxygène, de l’eau, des acides sulfurique , azotique et chlorhydrique. Mais l’acide O sélénique l’attaque en se transformant en acide sélénieux.
« L’acide azotique mêlé avec les acides chlorhydrique, iodhydrique, bromhydrique, etc.,
DE L’OR
OU une matière métallique pour opérer le précipité, ce serait par le plus grand des hasards que ces combinaisons se trouveraient réunies dans le sein de la terre, et que ce métal pourrait être dans un état de minéralisation naturelle.
L’or ne s’est établi sur le globe que quelque temps après sa consolidation, et même après l’établissement du fer, parce qu’il ne peut pas supporter un aussi grand degré de feu, sans se sublimer ou se. fondre : aussi ne s’est-il point incorporé dans la matière vitreuse; il a seulement rempli les fentes du quartz, qui toujours lui sert de gangue; l’or s’y trouve dans son état de nature, et sans autre caractère que celui d’un métal fondu ; ensuite il s’est sublimé parla continuité de cette première chaleur du globe, et il s’est répandu sur la superficie de la terre en atomes impalpables et presque imperceptibles.
Les premiers dépôts ou mines primitives de cette matière précieuse ont donc dû perdre de leur masse et diminuer de quantité, tant que le globe a conservé assez de chaleur pour en opérer la sublimation ; et cette perte continuelle pendant les premiers siècles de la grande chaleur du globe a peut-être contribué plus qu’aucune autre cause à la rareté de ce métal et à sa dissémination universelle en atomes infiniment petits : je dis universelle, parce qu’il y a peu de matières à la surface de la terre qui n’en contiennent une petite quantité; les chimistes en ont trouvé dans la terre végétale, et dans toutes les autres terres qu’ils ont mises à l'épreuve “.
Au reste, ce métal, le plus dense de tous, est en même temps celui que la nature a produit en plus petite quantité : tout ce qui est extrême est rare, par la raison même qu’il est extrême; l’or pour la densité, le diamant pour la dureté, le mercure pour la volatilité, étant extrêmes en qualité, sont rares en quantité. Mais pour ne parler ici que de l’or, nous observerons d’abord que, quoique la nature paraisse nous le présenter sous différentes formes, toutes néanmoins ne diffèrent les unes des autres, que par la quantité et jamais par la qualité, parce que ni le feu, ni l’eau, ni l’air, ni même tous ces éléments combinés, n’altèrent pas son essence, et que
a. L’or trouvé par nos chimistes récents , dans la terre végétale , est une preuve de la dissémination universelle de ce métal , et ce fait paraît avoir été connu précédemment; car Boërhaave parle d’un programme présenté aux États-Généraux, sous ce titre : De arte extrahendi aurum e qualibet tei'râ arvensi.
« forme des eaux régales qui dissolvent l’or en le transformant en chlorure, iodure et bromure.
« L’or est aussi dissous par des mélanges d’acide chlorhydrique avec les autres acides, tels « que les acides chromique, sélénique, etc, qui peuvent dégager du chlore avec l’acide chlo- « rhydrique.
« Dans le commerce , on dissout l’or dans une eau régale formée de 1 partie d’acide azotique « et de 4 parties d’acide chlorhydrique.
« L’or forme avec Voxijgène un protoxyde et un peroxyde. Le peroxyde d'or fonctionne « comme un véritable acide : on lui donne ordinairement le nom d’acide aurique. » (Pelouze et Frémy. )
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les acides simples qui détruisent les autres métaux ne peuvent l’entamer En général, on trouve l’or dans quatre états différents, tous relatifs à sa seule divisibilité savoir, en poudre, en paillettes, en grains et en filets séparés ou conglomérés. Les mines primordiales de ce métal - sont dans les hautes montagnes, et forment des filons dans le quartz jusqu’à d’assez grandes profondeurs; elles se sont établies dans les fentes perpendiculaires de cette roche quartzeuse, et l’or y est toujours allié d’une plus ou moins grande quantité d’argent; ces deux métaux y sont simplement mélangés et font masse commune; ils sont ordinairement incrustés en filets ou en lames dans la pierre vitreuse, et quelquefois ils s’y trouvent en masses et en faisceaux conglomérés : c’est à quelque distance de ces mines primordiales que se trouve l’or en petites masses, en grains, en pépites, etc., et c’est dans les ravines des montagnes qui en recèlent les mines, qu’on le recueille en plus grande quantité. On le trouve aussi en paillettes et en poudre dans les sables que roulent les torrents et les rivières qui descendent
0. M. Tillet, savant physicien de l’Académie des Sciences, s’est assuré que l’acide nitreux, rectifié autant qu’il est possible, ne dissout pas un seul atome de l’or qu’on lui présente : à la vérité, l’eau-forte ordinaire semble attaquer un peu les feuilles d’or par une opération forcée, en faisant bouillir, par exemple , quatre ou cinq onces de cet acide sur un demi-gros d’or pur réduit en une lame très-mince, jusqu’à ce que toute la liqueur soit réduite au poids de quelques gros; alors la petite quantité d’acide qui reste se trouve chargée de quelques particules d’or, mais le métal y est dans l’état de suspension, et non pas véritablement dissous; puisqu’au bout de quelque temps, il se précipite au fond du flacon, quoique bien bouché, ou bien il surnage à la surface de la liqueur avec son brillant métallique, au lieu que- dans une véritable dissolution , telle qu’on l’opère par l’eau régale , la combinaison du métal est si parfaite avec les deux acides réunis, qu’il ne les quitte jamais de lui-même * : d’après ce rapport de M. Tillet, il est aisé de concevoir que l’acide nitreux, forcé d’agir par la chaleur, n’agit ici que comme un corps qui en frotterait un autre, et en détacherait par conséquent quelques particules, et dès lors on peut assurer que cet acide ne peut ni dissoudre, ni même attaquer l’cr par ses propres forces.
’’ Remarque communiquée à M. de Buifon par M. Tillet, avril 1781.
1. « L’or se trouve toujours à Tétat natif, ou combiné avec quelques métaux, principale- « ment avec l’argent et le tellure. » ( Pelouze et Frémy. )
■1. « Il est ordinairement cristallisé en cubes, ou en octaèdres ou sous des formes qui eu « dérivent; on le rencontre aussi en lamelles, en paillettes ou ramifications. On l’observe, « mais assez rarement, en masses isolées, qui portent le nom de pépites. » (Idem.)
3. « L’or se rencontre dans les terrains primitifs, dans les terrains de transition, dans les O tracbytes, les trapps et les terrains de transport, formés de fragments et de cailloux roulés (( quartzeux , liés entre eux par un ciment argilo-ferrugineux et contenant des débris de « roches primitives, du fer oxydé magnétique.
« Les mines d’or les plus riches sont les filons de sulfure d’argent aurifère qui traversent les « terrains intermédiaires : telles soirt les mines du Mexique, du Pérou, de Hongrie et de Tran- « sylvanie, et des Monts Durais en Sibérie.
« L’or disséminé en paillettes dans des sables argileux et ferrugineux forme des sables auri- « fères qui sont charriés par un très-grand nombre de rivières... Les sables les plus riches « sont au Brésil; ils y couvrent un espace immense, et contiennent du platine, des dia- « niants, etc. On cite aussi ceux du Chili, de la Nouvelle-Grenade, du Mexique et du Pérou.» (Idem ) — Il faut ajouter aujourd’hui les sables de la Nouvelle-Californie.
En France, il y a plusieurs rivières aurifères : l’Ariége, le Gardon, la Cèse, etc.
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(le ces mêmes montagnes, et souvent celte poudre d’or est dispersée et disséminée sur les bords de ces ruisseaux et dans les terres adjacentes “ ; mais soit en poudre, en paillettes, en grains, en filets ou en masses, l’or de chaque lieu est toujours de la même essence, et ne dilTère que par le degré de pureté ; plus il est divisé, plus il est pur, en sorte que s’il est à 20 carats dans sa mine en montagne, les poudres et les paillettes qui en proviennent, sont souvent à 22 et 23 carats, parce qu’en se divisant, ce métal s’est épuré et purgé d’une partie de son alliage naturel : au reste, ces paillettes et ces grains qui ne sont que des débris des mines primordiales, et qui ont subi tant de mouvements, de chocs et de rencontres d’autres matières, n’en ont rien souffert qu’une plus grande division ; elles ne sont jamais intérieurement altérées, quoique souvent recouvertes à l’extérieur de matières étrangères.
L’or le plus fin, c’est-à-dire le plus épuré par notre art, est, comme l’on sait, à 24 carats ; mais l’on n’a jamais trouvé d’or à ce titre dans le sein de la terre, et dans plusieurs mines il n’est qu’à 20, et même à 16 et 14 carats, en sorte qu’il contient souvent un quart, et même un tiers de mélange; et cette matière étrangère qui se trouve originairement alliée avec l’or est une portion d’argent, lequel, quoique beaucoup moins dense, et par conséquent moins divisible que l’or, se réduit néanmoins en molécules trèsténues : l’argent est comme l’or, inaltérable, inaccessible aux efforts des éléments humides, dont l’action détruit tous les autres métaux ; et c’est par cette prérogative de l’or et de l’argent qu’on les a toujours regardés comme des métaux parfaits, et que le cuivre, le plomb, l’étain et le fer, qui sont tous sujets à plus ou moins d’altération par l’impression des agents extérieurs, sont des métaux imparfaits en comparaison des deux premiers. L’or se trouve donc allié d’argent, même dans sa mine la plus riche et sur sa gangue quartzeuse; ces deux métaux presque aussi parfaits, aussi purs l’un que l’autre, n’en sont que plus intimement unis; le haut ou bas aloi de l’or natif dépend donc principalement de la petite ou grande quantité d’argent qu’il contient : ce n’est pas que l’or ne soit aussi quelquefois mêlé de cuivre et d’autres substances métalliques ’’ ' ; mais ces mélanges ne sont pour ainsi dire qu’extérieurs, et à l’exception de l’argent, l’or n’est point
а. Wallerius compte douze sortes d’or dans les sables; mais ces douze sortes doivent se réduire à une seule , parce qu’elles ne diffèrent les unes des autres que par la couleur, la grosseur ou la figure, et qu’au fond c’est toujours le même or.
б. Par exemple, l’or de Guinée, de Sofala, de Malaca, contient du cuivre et très-peu d’ar-
1. « L'or se combine avec presque tous les métaux. — Il s’unit directement avec le manga- « nèse, le fer, le zinc, le cobalt, le nickel, l’étain, l’antimoine, le bismuth, etc. » (Pelouze et Frémy. )
L’or s’allie en toutes proportions avec le cuivre; il s’allie de même, en toutes proportions, avec l’argent ; il y a des alliages triples d’or, d’argent et de platine; d’or, d’argent et de palladium; d’or, d'argent et de rhodium. Il se combine très-facilement avec le mercure , même à la température ordinaire; et cette combinaison est ce qu’on nomme V amalgame d’or.
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allié, mais seulement contenu et disséminé dans toutes les autres matières métalliques ou terreuses.
On serait porlé à croire, vu raffinité apparente de l’or avec le mercure et leur forte attraction mutuelle, qu’ils devraient se trouver assez souvent amalgamés ensemble; cependant rien n’est plus rare, et à peine y a-t-il un exemple d’une mine où l’on ait trouvé l’or pénétré de ce minéral fluide : il me semble qu’on peut en donner la raison d’après ma théorie; car quelque affinité qu’il y ait entre l’or et le mercure, il est certain que la fixité de l’un et la grande volatilité de l’autre ne leur ont guère permis de s’établir en même temps ni dans les mêmes lieux, et que ce n’est que par des hasards postérieurs à leur établissement primitif, et par des circonstances trèsparticulières qu’ils ont pu se trouver mélangés.
L’or répandu dans les sables, soit en poudre, en paillettes ou en grains plus ou moins gros, et qui provient du débris des mines primitives, loin d’avoir rien perdu de son essence, a donc encore acquis de la pureté ; les sels acides, alcalins et arsenicaux, qui rongent toutes les substances métalliques, ne peuvent entamer celle de l’or : ainsi dès que les eaux ont commencé de détacher et d’entraîner les minerais des différents métaux, tous auront été altérés, dissous, détruits par faction de ces sels; l’or seul a conservé son essence intacte, et il a même défendu celle de l’argent, lorsqu’il s’y est trouvé mêlé en suffisante quantité.
L’argent, quoique aussi parfait que l’or à plusieurs égards, ne se trouve pas aussi communément en poudre ou en paillettes, dans les sables et les terres ; d’où peut provenir cette différence à laquelle il me semble qu’on n’a pas fait assez d’attention? pourquoi les terrains au pied des montagnes à mines sont-ils semés de poudre d’or? pourquoi les torrents qui s’en écoulent roulent-ils des paillettes et des grains de ce métal, et que l’on trouve si peu de poudre, de paillettes ou de grains d’argent dans ces mêmes sables, quoique les mines d’où découlent ces eaux contiennent souvent beaucoup plus d’argent que d’or? n’est-ce pas une preuve que l'argent a été détruit avant de pouvoir se réduire en paillettes, et que les sels de l’air, de la terre et des eaux l’ont saisi, dissous dès qu’il s’est trouvé réduit en petites parcelles, au lieu que ces mêmes sels ne pouvant attaquer l’or , sa substance est demeurée intacte lors même qu’il s’est réduit en poudre ou en atomes impalpables?
En considérant les propriétés générales et particulières de l’or, on a d’abord vn qu’il était le plus pesant, et par conséquent le plus dense des métaux “ qui sont eux-mêmes les substances les plus pesantes de toutes les
geut, et le cuivre des mines de Coquimbo au Pérou, contient, à ce qu’on dit, de l’or sans aucun mélange d’argent.
a. La densité de l’or a été bien déterminée par M. Brisson, de l’Académie des Sciences. L’eau distillée étant supposée peser 10000 livres, il a vu que l’or à 24 carats, fondu et non battu, pèse 192581 livres 12 onces 3 gros 62 grains, et que par conséquent un pied cube de cet
DE L’OR
matières terrestres; rien ne peut altérer ou changer dans l’or cette qualité prééminente : on peut dire qu'en général la densité constitue l’essence réelle de toute matière brute, et que cette première propriété fixe en même temps nos idées sur la proportion de la quantité de l’espace à celle de la matière sous un volume donné. L’or est le terme extrême de cette proportion, toute autre substance occupant plus d’espace; il est donc la matière par e.xcellence, c’est-à-dire la substance qui de toutes est la plus matière, et néanmoins ce corps si dense et si compacte, cette matière dont les parties sont si rapprochées, si serrées, contient peut-être encore plus de vide que de plein, et par conséquent nous démontre qu’il n’y a point de matière sans pores, que le contact des atomes matériels n’est jamais absolu ni
or pur, pèserait 13 tS livres 1 once 0 gros 61 grains; et que ce même or à 24 carats, fondu et battu, pèse relativement à l’eau 193617 livres 12 onces 4 gros 28 grains, en sorte que le pied cube de cet or, pèserait 1353 livres 5 onces 0 gros CO grains. L’or des ducats de Hollande approche de très-près ce degré de pureté ; car la pesanteur spécifique de ces ducats est de 193319 livres 12 onces 4 gros 23 grains, ce qui donne 1334 livres 10 onces 1 gros 2 grains pour le poids d’un pied cube de cet or. Voyez la Table des pesanteurs spécifiques, par AI. Brisson. — J’observerai que, pour avoir au juste les pesanteurs spécifiques de toutes les matières, il faut non-seulement se servir d’eau distillée, mais que pour connaître axactement le poids de cette eau, il faudrait en faire distiller une assez grande quantité , par exemple , assez pour lemplir un vaisseau cubique d’un pied de capacité, peser ensuite le tout, et déduire la tare du vaisseau; cela serait plus juste que si l’on n’employait qu’un vaisseau de quelques pouces cubiques de capacité : il faudrait aussi que le métal fût absolument pur, ce qui n’est peut-être pas possible , mais au moins le plus pxir qu’il se pourra; je me suis beaucoup servi d’un globe d’or, raffiné avec soin, d’un pouce de diamètre, pour mes expériences sur le progrès de la chaleur dans les corps, et en le pesant dans l’eau commune, j’ai vu qu’il ne perdait pas ^ de son poids ; mais probablement cette eau était bien plus pesante que l’eau distillée. Je suis donc très-satisfait qu’un de nos habiles physiciens ait déterminé plus précisément cette densité de l’or à 24 carats, qui, comme l’on voit, augmente de poids parla percussion; mais était-il bien assuré que cet or fût absolument pur? il est presque impossible d’en séparer en entier l’argent que la nature y a mêlé; et d’ailleurs la pesanteur de l’eau, même distillée, varie avec la température de l’atmosphère et cela laisse encore quelque incertitude sur la mesure exacte de la densité de ce métal précieux. Ayant sur cela communiqué mes doutes à M. de Alorveau, il a pris la peine de s’assurer qu’un pied cube d’eau distillée pèse 71 livres 7 onces 5 gros 8 grains et ^ de grain, l’air étant à la température de 12 degrés. L’eau, comme l’on sait, pèse plus ou moins , suivant qu’il fait plus froid ou plus chaud, et les difiérences qu’on a trouvées dans la densité des différentes matières soumises à l’épreuve de la balance hydrostatique, viennent non-seulement du poids absolu de l’eau à laquelle on les compare , mais encore du degré de la chaleur actuelle de ce liquide , et c’est par cette raison qu’il faut un degré fixe , tel que la température de 12 degrés, pour que le résultat de la comparaison soit juste. Un pied cube d’eau distillée, pesant donc toujours, à la température de 12 degrés, 71 livres 7 onces 5 gros 8 grains; il est certain que si l’or perd dans l’eau de son poids, le pied cube de ce métal pèse 1338 livres 1 once 1 gros 8 grains , et je crois cette estimation trop forte, car comme je viens de le dire, le globe d’or très-fin, d'un pouce de diamètre , dont je me suis servi, ne perdait pas de son poids dans de l’eau qui n’était pas distillée, et par conséquent il se pourrait que dans l’eau distillée il n’eût perdu que | , et dans ce cas (t^ |) le pied cube d’or ne pèserait réellement que 1340 livres 9 onces 2 gros 23 grains ; il me paraît donc qu’on a exagéré la densité de l’or, en assurant qu’il perd dans l’eau plus de de son poids, et que c’est tout au plus s’il perd 77, auquel cas le pied cube pèserait 1358 livres; ceux qui assurent qu’il n’en pèse que 1348, et qui disent en même temps qu’il perd dans l’eau entre r, et ^ de son poids, ne se sont pas aperçus que ces deux résultats sont démentis l’un par l’autre.
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complet, qu’enfin il n’existe aucune substance qui soit pleinement matérielle, et dans laquelle le vide ou l’espace ne soit interposé, et n’occupe autant et plus de place que la matière même.
Mais, dans toute matière solide, ces atomes matériels sont assez voisins pour se trouver dans la sphère de leur attraction mutuelle, et c’est en quoi consiste la ténacité de toute matière solide; les atomes de même nature sont ceux qui se réunissent de plus près : ainsi la ténacité dépend en partie de l’homogénéité. Cette vérité peut se démontrer par l’expérience ; car tout alliage diminue ou détruit la ténacité des métaux : celle de l’or est si forte qu’un fil de ce métal, d’un dixième de ligne de diamètre, peut porter avant de se rompre, cinq cents livres de poids ; aucune autre matière métallique ou terreuse ne peut en supporter autant.
La divisibilité et la ductilité ne sont que des qualités secondaires, qui dépendent en partie de la densité et en partie de la ténacité, ou de la liaison des parties constituantes. L’or qui, sous un même volume, contient plus du double de matière que le cuivre, sera par cela seul une fois plus divisible; et comme les parties intégrantes de l’or sont plus voisines les unes des autres que dans toute autre substance, sa ductilité est aussi la plus grande, et surpasse celle des autres métaux® dans une proportion bien plus grande que celle de la densité ou dé la ténacité, parce que la ductilité, qui est le produit de ces deux causes, n'est pas en rapport simple à l’une ou à l’autre de ces qualités, mais en raison composée des deux : la ductilité sera donc relative à la densité multipliée par la ténacité, et c’est ce qui dans l’or rend cette ductilité encore plus grande à proportion que dans tout autre métal.
Cependant la forte ténacité de l’or, et sa ductilité encore plus grande, ne sont pas des propriétés aussi essentielles que sa densité : elles en dérivent et ont leur plein effet, tant que rien n’intercepte la liaison des parties constituantes, tant que l’homogénéité subsiste, et qu’aucune force ou matière étrangère ne change la position de ces mêmes parties; mais ces deux qualités, qu’on croirait essentielles à l’or, se perdent dès que sa substance subit quelque dérangement dans son intérieur; un grain d’arsenic ou d’étain, jeté sur un marc d’or en fonte ou même leur vapeur, suffit pour altérer toute cette quantité d’or, et le rend aussi fragile qu’il était auparavant tenace et ductile : quelques chimistes ont prétendu qu’il perd de même sa ductilité parles matières inflammables, par exemple, lorsque étant en fusion,
a. « La ductilité de l’or est telle qu’une once de ce métal, qui ne fait qu’un très-petit volume, « peut couvrir et dorer très-exactement un fil d’argent long de quatre cent quarante-quatre « lieues. » Dictionnaire de chimie, article Or... « Une once d’or passée à la filière, peut s’étendre « en un fil de soixante-treize lieues de longueur. » Mémoires de V.icadémie des Sciences, année 1713... Les batteurs d’or réduisent une once de ce métal en seize cents feuilles, chacune de trente-sept lignes de longueur et autant de largeur, ce qui fait à peu près cent six pieds carrés d’étendue, pour les seize cents feuilles.
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il est immédiatement exposé à la vapeur du charbon mais je ne crois pas que cette opinion soit fondée.
L’or perd aussi sa ductilité par la percussion ; il s’écrouit, devient cassant, sans addition ni mélange d’aucune matière ni vapeur, mais par le seul dérangement de ses parties intégrantes : ainsi ce métal , qui de tous est le plus ductile, n’en perd pas moins aisément sa ductilité , ce qui prouve que ce n’est point une propriété essentielle et constante à la matière métallique, mais seulement une qualité relative aux dilîérenls états où elle se trouve, puisqu’on peut lui ôter par l’écrouissement, et lui rendre par le recuit au feu, cette qualité ductile alternativement, et autant de fois qu’on le juge à propos. Au reste M. Brisson, de l’Académie des Sciences, a reconnu par des expériences très-bien faites qu’en même temps que l’écrouissement diminue la ductilité des métaux, il augmente leur densité, qu’ils deviennent par conséquent d’une plus grande pesanteur spécifique, et que cet excédant de densité s’évanouit par le recuit
La fixité au feu, qu’on regarde encore comme une des propriétés essentielles de l’or, n’est pas aussi absolue, ni même aussi grande qu’on le croit vulgairement, d’après les expériences de Boyle et de Kunckel; ils ont, disent-ils, tenu pendant quelques semaines de l’or en fusion, sans aucune perle sur son poids; cependant je suis assuré, par des expériences faites dès l’année 1747'^ à mon miroir de réflexion, que l’or fume et se sublime en vapeurs, même avant de se fondre; on sait d’ailleurs qu’au moment que ce métal devient rouge, et qu’il est sur le point d'entrer en fusion, il s’élève à sa surface une petite flamme d’un vert léger’, et M. Macquer, notre savant professeur de chimie, a suivi les progrès de l’or en fonte au loyer d’un miroir réfringent, et a reconnu de même qu’il continuait de fumer et de s’exhaler en vapeur; il a démontré que celle vapeur était métallique, qu’elle saisissait et dorait l’argent ou les autres matières qu’on tenait au-dessus de cet or fumant*^. Il n’est donc pas douteux que l’or ne se sublime en vapeurs métalliques, non-seulement après, mais même avant sa fonte au foyer des miroirs ardents; ainsi ce n’est pas la très-grande violence de ce feu du soleil qui produit cet effet, puisque la sublimation s’opère à un degré de chaleur assez médiocre et avant que ce métal entre en fusion : dès lors si
a. « J’ignore, m’écrit à ce sujet M. Tillet, si l’on a fait des expériences bien décidées, pour « prouver que l’or en fusion perd sa ductilité étant exposé à la vapeur du charbon; mais je « sais certainement qu’on est dans l’usage pour les travaux des monnaies, lorsque l’or est en c! fusion dans les creusets, de les couvrir de charbon afin qu’il s’y conserve une grande chaleur, « et souvent on brasse l’or dans le creuset , en employant un charbon long et à demi-embrasé, « sans que le métal perde rien de sa ductilité. »
b. Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1772, seconde partie.
c. Voyez les Mémoires sur les miroirs ardents , t. IX.
d. Dictionnaire de chimie, article Or.
1. « L’or entre en fusion à 32» du pyromètre : cette température conuspoud à peu près à UOO» «I du thermomètre à air. — L’o)', à l’état liquide, parait vert. » (Pelouze etFrémy.)
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les expériences de Boyle et de Kunckel sont exactes, l’on sera forcé de convenir que l’effet de notre feu sur l’or n’est pas le même que celui du feu solaire, et que s’il ne perd rien au premier, il peut perdre beaucoup, et peut-être tout au second ; mais je ne puis m’empêcher de douter de la réalité de cette différence d’effets du feu solaire et de nos feux, etje présume que ces expériences de Boyle et de Kunckel n’ont pas été suivies avec assez de précision pour en conclure que l’or est absolument fixe au feu de nos fourneaux.
L’opacité est encore une de ces qualités qu’on donne à l’or par excellence au-dessus de toute autre matière; elle dépend, dit-on, de la grande densité de ce métal; la feuille d’or la plus mince ne laisse passer de la lumière que par les gerçures accidentelles qui s’y trouvent “ : si cela était, les matières les plus denses seraient toujours les plus opaques; mais souvent on observe le contraire, et l’on connaît des matières très-légères qui sont entièrement opaques et des matières pesantes qui sont transparentes; d’ailleurs, les feuilles de l’or battu laissent non-seulement passer de la lumière par leurs gerçures accidentelles, mais à travers leurs pores; et Boyle a, ce me semble, observé le premier que cette lumière qui traverse l’or est bleue; or les rayons bleus sont les plus petits atomes de la lumière solaire; ceux des rayons rouges et jaunes sont les plus gros, et c’est peut-être par cette raison que les bleus peuvent passer à travers l’or réduit en feuilles, tandis que les autres, qui sont plus gros, ne sont point admis ou sont tous réfléchis; et cette lumière bleue étant uniformément apparente sur toute l’étendue de la feuille, on ne peut douter qu’elle n’ait passé par ses por-es et non par les gerçures. Ceci n’a rapport qu’à l’effet; mais pour la cause, si l’opacité, qui est le contraire de la transparence, ne dépendait que de la densité, l’or serait certainement le corps le plus opaque, comme l’air est le plus transparent; mais combien n’y a-t-il pas d’exemples du contraire? Le cristal de roche, si transparent, n’est-il pas plus dense que la plupart des terres ou pierres opaques? Et si l’on attribue la transparence à l’homogénéité, l’or, dont les parties paraissent être homogènes, ne devrait-il pas être trèstransparent? Il me semble donc que l’opacité ne dépend ni de la densité de la matière, ni de l’homogénéité de ses parties, et que la première cause de la transparence est la disposition régulière des parties constituantes et des pores; que quand ces mêmes parties se trouvent disposées en formes régulières et posées de manière à laisser entre elles des vides situés dans la même direction, alors la matière doit être transparente; et qu’elle est au contraire nécessairement opaque dès que les pores ne sont pas situés dans des directions correspondantes.
Et cette disposition qui fait la transparence s’oppose à la ténacité: aussi les corps transparents sont en général plus friables que les corps opaques;
a. Dictionnaire de cnimie, article Or,
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et For, dont les parties sont fort homogènes et la ténacité très-grande, n’a pas ses parties ainsi disposées j on voit en le rompant qu’elles sont pour ainsi dire engrenées les unes dans les autres j elles présentent au microscope de petits angles prismatiques , saillants et rentrants; c’est donc de cette disposition de ses parties constituantes que l’or tient sa grande opacité, qui, du reste, ne paraît en effet si grande que parce que sa densité permet d’étendre en une surface immense une très-petite masse, et que la feuille d’or, quelque mince qu’elle soit, est toujours plus dense que toute autre matière. Cependant cette disposition des vides ou pores dans les corps n’est pas la seule cause qui puisse produire la transparence : le corps transparent n’est, dans ce premier cas, qu’un crible par lequel peut passer la lumière; mais lorsque les vides sont très-petits, la lumière est quelquefois repoussée au lieu d’être admise; il faut qu’il y ait attraction entre les parties de la matière et les atomes de la lumière pour qu’ils la pénètrent; car l’on ne doit pas considérer ici les pores comme des gerçures ou des trous, mais comme des interstices, d’autant plus petits et plus serrés que la matière est plus dense; or, si les rayons de lumière n’ont point d’affinité avec le corps sur lequel ils tombent, lisseront réfléchis et ne le pénétreront pas; l’huile dont on humecte le papier pour le rendre transparent en remplit et bouche en même temps les pores; elle ne produit donc la transparence que parce qu’elle donne au papier plus d’affinité qu’il n’en avait avec la lumière, et l’on pourrait démontrer, par plusieurs autres exemples, l’effet de cette attraction de transmission de la lumière ou des autres fluides dans les corps solides; et peut-être l’or, dont la feuille mince laisse passer les rayons bleus delà lumière, à l’exclusion de tous les autres rayons, a-t-il plus d’affinité avec ces rayons bleus, qui dès lors sont admis, tandis que les autres sont tous repoussés !
Toutes les restrictions que nous venons de faire sur la fixité, la ductilité et l’opacité de l’or, qu’on a regardées comme des propriétés trop absolues, n’empêchent pas qu’il n’ait au plus haut degré toutes les qualités qui caractérisent la noble substance du plus parfait métal; car il faut encore ajouter à sa prééminence en densité et en ténacité, celle d’une essence indestructible et d’une durée presque éternelle ; il est inaltérable, ou du moins plus durable, plus impassible qu’aucune autre substance; il oppose une résistance invincible à Faction des éléments humides, à celle du soufre et des acides les plus puissants, et des sels les plus corrosifs; néanmoins nous avons trouvé par notre art non-seulement les moyens de le dissoudre, mais encore ceux de le dépouiller de la plupart de ses qualités, et si la nature n’en a pas fait autant, c’est que la main de l’homme, conduite par l’esprit, a souvent plus fait qu’elle: et sans sortir de notre sujet, nous verrons que l’or dissous. For précipité. For fulminant, etc., ne se trouvant pas dans la nature, ce sont autant de combinaisons nouvelles toutes résultantes de notre
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intelligence. Ce n’est pas qn’il soit physiquement impossible qu’il y ait dans le sein de la terre de l’or dissous, précipité et minéralisé , puisque nous pouvons le dissoudre et le précipiter de sa dissolution, et puisque dans cet état de précipité il peut être saisi par les acides simples comme les autres métaux et se montrer par conséquent sous une forme minéralisée; mais comme cette dissolution suppose la réunion de deux acides, et que ce précipité ne peut s’opérer que par une troisième combinaison , il n’est pas étonnant qu’on ne trouve que peu ou point d’or minéralisé dans le sein de la terre®, tandis que tous les autres métaux se présentent presque toujours sous cette forme, qu’ils reçoivent d’autant plus aisément qu’ils sont plus susceptibles d’être attaqués par les sels de la terre et par les impressions des éléments humides.
On n’a jamais trouvé de précipités d’or, ni d’or fulminant dans le sein de la terre; la raison en deviendra sensible si l’on considère en particulier chacune des combinaisons nécessaires pour produire ces précipités : d’abord on ne peut dissoudre l’or que par deux puissances réunies et combinées, l’acide nitreux avec l’acide marin, ou le soufre avec l’alcali * ; et la réunion de ces deux substances actives doit être très-rare dans la nature, puisque les acides et les alcalis, tels que nous les employons, sont eux-mêmes des produits de notre art, et que le soufre natif n’est aussi qu’un produit des volcans. Ces raisons sont les mêmes, et encore plus fortes pour les précipités d’or; car il faut une troisième combinaison pour le tirer de sa dissolution, au moyen du mélange de quelqueautre matière avec laquelle le dissolvant ait plus d’affinité qu’avec l’or; et ensuite pour que ce précipité puisse acquérir la propriété fulminan'e, il faut encore choisir une matière entre toutes les autres qui peuvent également précipiter l’or de sa dissolution : cette matière est l’alcali volatil, sans lequel il ne peut devenir fulminant^; cet alcali volatil est le seul intermède qui dégage subitement l’air et
a. L’or est minéralisé , dit-on, dans la mine de Nagiach : on prétend aussi que le zinopel ou sinople^ provient de la décomposition de l’or faite par la nature, sous la forme d’une terre ou chaux couleur de pourpre; mais je doute que ces faits soient bien constatés.
1. « Les alcalis n’attaquent l’or ni par voie sèche ni par voie humide... Le soufre n’exerce
O aucune action sur l’or Les persulfures alcalins attaquent l’or par voie sèche ou par voie
« humide, et le transforment en sulfure. » (Pelouze et Frémy. )
2. L’or fulminant est une combinaison d'oxyde d’or (acide aurique) et d’ammoniaque. On en connaît deux variétés : l’une contient du chlore , et l’autre n’en contient pas. « 1“ Or fulminant « ne contenant pas de chlore. Lorsqu’on fait digérer de l’acide aurique avec de l’ammo- « niaque, on obtient un corps d’une couleur grise, qui détonne par le choc, par le frottement, n sous l’influence d’une faible chaleur, et souvent même spontanément... 2» Or fulminant a contenant du chlore. Lorsqu’on fait digérer du chlorure d’or avec un excès d’ammoniaque , « on obtient un corps jaune, fulminant comme le précédent... Cet or fulminant , traité par un « mélange d’ammoniaque et dépotasse caustique, laisse un résidu identique avec le précipité « fulminant, préparé avec l’acide aurique et l’ammoniaque, n (Pelouze et Frémy.)
3 (a). Sinople : variété de quartz hyalin d'un beau rouge. Ce nom est aussi donné à un jaspe, ainsi qu’à un quartz hématoMe renfermant de l’or associé à de la galène et à de la blende.
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cause la fulmination; car s’il n’est point entré d’alcali volatil dans la dissolution de l’or, et qu’on le précipite avec Talcali fixe ou toute autre matière, il ne sera pas fulminant ; enfin il faut encore lui communiquer une assez forte chaleur pour qu’il exerce cette action fulminante; or toutes ces conditions réunies ne peuvent se rencontrer dans le sein de la terre, et dès lors il ,est sûr qu’on n’y trouvera jamais de l’or fulminant. On sait que l'explosion de cet or fulminant, est beaucoup plus violente que celle de la poudre à canon, et qu’elle pourrait produire des effets encore plus terribles, et même s’exercer d’une manière plus insidieuse, parce qu’il ne faut ni feu, ni même une étincelle, et que la chaleur seule, produite par un frottement assez léger, suffit pour causer une explosion subite et foudroyante.
On a, ce me semble, vainement tenté l’explication de ce phénomène prodigieux; cependant en faisant attention à toutes les circonstances, et en comparant leurs rapports, il me semble qu’on peut au moins en tirer des raisons satisfaisantes et très-plausibles sur la cause de cet effet : si dans l’eau régale, dont on se sert pour la dissolution de l’or, il n’est point entré d’alcali volatil, soit sous sa forme propre, soit sous celle du sel ammoniac , de quelque manière et avec quelque intermède qu’on précipite ce métal, il ne sera ni ne deviendra fulminant, à moins qu’on ne se serve de l’alcali volatil pour cette précipitation ; lorsqu’au contraire la dissolution sera faite avec le sel ammoniac, qui toujours contient de l’alcali volatil, de quelque manière et avec quelque intermède que l’on fasse la précipitation, l’or deviendra toujours fulminant; il est donc assez clair que cette qualité fulminante ne lui vient que de l’action ou du mélange de l’alcali volatil, et l’on ne doit pas être incertain sur ce point, puisque ce précipité fulminant pèse un quart de plus que l’or dont il est le produit; dès lors ce quart en sus de matière étrangère, qui s’est alliée avec l’or dans ce précipité, n’est autre chose, du moins en grande partie, que de l’alcali volatil'; mais cet alcali contient, indépendamment de son sel, une grande quantité d’air inllammable, c’est-à-dire d’air élastique mêlé de feu; dès lors il n’est pas surprenant que ce feu ou cet air inflammable, contenu dans l’alcali volatil, qui se trouve pour un quart incorporé avec l’or, ne s’enflamme en effet par la chaleur, et ne produise une explosion d’autant plus violente, que les molécules de l’or dans lesquelles il est engagé, sont plus massives et plus résistantes à l’action de cet élément incoercible, et dont les effets sont d’autant plus violents que les résistances sont plus grandes. Q’est par cette même raison de l’air inflammable contenu dans l’or iulminant , que cette qualité fulminante est détruite par le soufre mêlé avec ce précipité; car le soufre qui n’est que la matière du leu, fixée par l’acide, a la plus grande affinité avec cette même matière du feu contenue dans l’alcali volatil ; il