‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 102 sur 105 · Voyez la uote 2 de la page précédente · texte numérisé non relu

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DE L’OR

doit donc lui enlever ce feu, et dès lors la cause de l’explosion est, ou diminuée ou même anéantie par ce mélange du soufre avec l’or fulminant.

Au reste, l’or fulmine avant d’être chauffé jusqu’au rouge, dans les vaisseaux clos comme en plein air; mais, quoique cette chaleur nécessaire pour produire la fulmination ne soit pas très-grande, il est certain qu’il n’y a nulle part, dans le sein de la terre, un tel degré de chaleur, à l’exception des lieux voisins des feux souterrains, et que par conséquent il ne peut se trouver d’or fulminant que dans les volcans dont il est possible qu’il ait quelquefois augmenté les terribles effets; mais par son explosion même cet or fulminant se trouve tout à coup anéanti, ou du moins perdu et dispersé en atomes infiniment petits Il n’est donc pas étonnant qu’on n’ait jamais trouvé d’or fulminant dans la nature, puisque d’une part le feu ou la chaleur le détruit en le faisant fulminer, et que d’autre part, il ne pourrait exercer cette action fulminante dans l’intérieur de la terre, au degré de sa température actuelle. Au reste, on ne doit pas oublier qu’en général les précipités d’or, lorsqu’ils sont réduits , sont à la vérité toujours de l’or ; mais que dans leur état de précipité, et avant la réduction, ils ne sont pas, comme l’or même , inaltérables, indestructibles, etc. ; leur essence n’est donc plus la même que celle de l’or de nature; tous les acides minéraux ou végétaux ^ et même les simples acerbes, tels que la noix de galle % agissent sur ces précipités et peuvent les dissoudre, tandis que l’or en métal n’en éprouve aucune altération : les précipités de l’or ressemblent donc à cet égard aux métaux imparfaits, et peuvent par conséquent être altérés de même et minéralisés ; mais nous venons de prouver que les combinaisons

nécessaires pour faire des précipités d’or n’ont guère pu se trouver dans la

a. M. Macquer, après avoir cité quelques exemples funestes des accidents arrivés par la fulmination de For à des chimistes peu attentifs ou trop courageux, dit qu’ayant fait fulminer, dans une grande cloche de verre , une quantité de ce précipité , assez petite pour n’en avoir rien à craindre, on a trouvé, après la détonation, sur les parois de la cloche , For en nature que cette détonation n’avait point altéré. Comme cela pourrait induire en erreur, je crois devoir observer que cette matière qui avait frappé contre les parois du vaisseau, et s’y était attachée, n’était pas, comme il le dit, de l’or en nature, mais de l’or précipité, ce qui est fort différent, puisque celui-ci a perdu la principale propriété de sa nature, qui est d’être inaltérable, indissoluble par les acides simples, et que tous les acides peuvent au contraire altérer et même dissoudre ce précipité.

b. « Le vinaigre n’attaque point l’or tant qu’ü est en masse; mais si, après avoir dissous ce « métal dans Feau régale, on le précipite par l’alcali fixe, le vinaigre dissout ce précipité : « cette dissolution par le vinaigre est de même précipitée par l’alcali fixe et par l’alcali volatil , « et le précipité formé par cette dernière substance est fulminant. » Éléments de Chimie, par M. de Morveau, t. III , p. 18.

c. La dissolution d’or est précipitée avec le temps par l’infusion de noix de galle; il se forme insensiblement des nuages de couleur pourpre, qui se répandent dans toute la liqueur ; l’or ne se dépose au fond du vase qu’en très-petite quantité, il se ramasse presque entièrement à la surface de la liqueur, où il paraît avec son éclat métallique. M. Moimet (Dissolution des Métaux , page 127 ) assure que For précipité par l’extrait acerbe est soluble dans l’acide nitreux , et que cette dissolution est très-stable, de couleur bleuâtre, et qu’elle n’est pas précipitée par l’alcali fixe.

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nature, et c’est sans doute par cette raison qu’il n’existe réellement que peu ou point d’or minéralisé dans le sein de la terre ; et s’il en existait, cet or minéralisé serait en effet très-différent de l’autre ; on pourrait le dissoudre avec tous les acides, puisqu’ils dissolvent les précipités dont se serait formé cet or minéralisé.

Il ne faut qu’une petite quantité d’acide marin, mêlé à l’acide nitreux, pour dissoudre l’or 3 mais la meilleure proportion est de quatre parties d’acide nitreux et une partie de sel ammoniac ' . Cette dissolution est d’une belle couleur jaune, et lorsque ces dissolvants sont pleinement saturés, elle devient claire et transparente; dans tout état elle teint en violet plus ou moins foncé toutes les substances animales : si on la fait évaporer, elle donne en se refroidissant des cristaux d’un beau jaune transparent; et si l’on pousse plus loin l’évaporation au moyen de la chaleur, les cristaux disparaissent, et il ne reste qu’une poudre jaune et très-fine qui n’a pas le brillant métallique.

Quoiqu’on puisse précipiter l’or dissous^ dans l’eau régale avec tous les autres métaux , avec les alcalis, les terres calcaires, etc., c’est l’alcali volatil qui, de toutes les matières connues, est la plus propre à cet effet; il réduit l’or plus promptement que les alcalis fixes ou les métaux: ceux-ci changent la couleur du précipité; par exemple, l’étain lui donne la belle couleur pourpre qu’on emploie sur nos porcelaines.

L’or pur a peu d’éclat, et sa couleur jaune est assez mate; le mélange de l’argent le blanchit, celui du cuivre le rougit; le fer lui communique sa couleur ; une partie d’acier fondue avec cinq parties d’or pur lui donne la couleur du fer poli : les bijoutiers se servent avec avantage de ces mélanges pour les ouvrages où ils ont besoin d’or de différentes couleurs. L’on connaît, en chimie des procédés par lesquels on peut donner aux précipités de l’or les plus belles couleurs, pourpre, rouge, verte, etc. : ces couleurs sont fixes et peuvent s’employer dans les émaux ; le borax blanchit l’or plus que tout autre mélange, et le nitre lui rend la couleur jaune que le borax avait fait disparaître.

a. « Les précipités que l’on obtient lorsqpi’on décompose la dissolution de l’or dans l’eau « régale, an moyen de l’argent, du cuivre, du fer et des régules de cobalt et de zinc, sont des « molécules d’or revivifiées par la voie humide, au lieu que si on emploie l’étain , le plomb , ' « rantimoine , le bismuth et l’arsenic , les résultats de ces opérations sont des chaux d’or, sus- « ceptibles de se vitrifier au moyen des substances vitreuses qu’on y ajoute et qui en reçoivent' « une couleur pourpre... Les précipités que l’on obtient par l’intermède du plomb sont d’un « gris noirâtre; celui de l’étain est pourpre... Lorsqu’on fait fulminer de For sur de l’étain, du « plomb, de l’antimoine, du bismuth et de l’arsenic, on obtient une chamx pourpre analogue « au précipité de Cassius; au lieu que l’or, en fulminant sur l’argent, le cuivre, le fer, le cobalt « et le zinc, se revivifie et s’incruste sur ces régules métalliques. » Lettres du docteur Demeste, t. II, p. 459 et 461. — L’or est aussi calciné et réduit en chaux pourpre par une forte décharge électrique... Mais la même décharge revivifie l’or en chaux, comme elle réduit la chaux de plomb. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, t. II, p. 85.

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