Voyez la note 1 de la page
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grande proportion : cet alliage lui donne de la fermeté et pâlit sa couleur; mais le mélange du cuivre l’exalte, le rend d’un jaune plus rouge, et donne à l’or un assez grand degré de dureté; c’est par cette dernière raison que, quoique cet alliage du cuivre avec l’or en diminue la densité au delà des proportions du mélange, il est néanmoins fort en usage pour les monnaies qui ne doivent ni se plier, ni s’effacer, ni s’étendre, et qui auraient tous ces inconvénients si elles étaient fabriquées d’or pur.
Suivant M. Geller, l’alliage de l’or avec le plomb devient spécifiquement plus pesant, et il y a pénétration entre ces deux métaux, tandis que le contraire arrive dans l’alliage de l’or et de l’étain, dont la pesanteur spécifique est moindre : l’alliage de l’or avec le fer devient aussi spécifiquement plus léger; il n’y a donc nulle pénétration entre ces deux métaux, mais une simple union de leurs parties, qui augmente le volume de la masse, au lieu de le diminuer comme le fait la pénétration. Cependant ces deux métaux, dont les parties constituantes ne paraissent pas se réunir d’assez près dans la fusion, ne laissent pas d’avoir ensemble une grande affinité, car l’or se trouve souvent, dans la nature, mêlé avec le fer, et de plus il facilite au feu la fusion de ce métal. Nos habiles artistes devraient donc mettre à profit cette propriété de l’or et le préférer au cuivre pour souder les petits ouvrages d’acier qui demandent le plus grand soin et la plus grande solidité; et ce qui semble prouver encore la grande affinité de l’or avec le fer, c’est que quand ces deux métaux se trouvent alliés on ne peut les séparer en entier par le moyen du plomb, et il en est de même de l’argent allié au fer; on est obligé d’y ajouter du bismuth pour achever de les purifier®.
L’alliage de l’or avec le zinc produit un composé dont la masse est spécifiquement plus pesante que la somme des pesanteurs spécifiques de ces deux matières composantes; il y a donc pénétration dans le mélange de ce métal avec ce demi-métal, puisque le volume en devient plus petit; on a observé la même chose dans l’alliage de l’or et du bismuth : au reste on a fait un nombre prodigieux d’essais du mélange de l’or avec toutes les autres matières métalliques, que je ne pourrais rapporter ici sans tomber dans une trop grande prolixité.
Les chimistes ont recherché avec soin les affinités de ce métal, tant avec les substances naturelles qu’avec celles qui ne sont que le produit de nos arts ; et il s’est trouvé que ces affinités étaient dans l’ordre suivant : 1“ l’eau régale, 2“ le foie de soufre, 3“ le mercure, 4“ l’éther, 5” l’argent, 6“ le fer, 7® le plomb. L’or a aussi beaucoup d’affinité avec les substances huileuses, volatiles et atténuées, telles que les huiles essentielles des plantes aromatiques, l’esprit-de-vin, et surtout l’éther*’ : il en a aussi avec les
a. M. Pûërner, cité dans le Dictionnaire de Chimie, article de V Affinage.
h. L’éther a, de même que toutes les matières huileuses très-ténues et très-volatiles, la propriété d’enlever l’or de sa dissolution dans l’eau régale ; et comme l’éther est plus subtil qu’au-
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bitumes liquides, tels que le naphlhe et le pétrole ; d’où l’on peut conclure qu’en général c’est avec les matières qui contiennent le plus de principes inllammables et volatils que l’or a le plus d’affinité, et dès lors on n’est pas en droit de regarder comme une chimère absurde l’idée que l’or rendu potable peut produire quelque effet dans les corps organisés, qui, de tous les êtres, sont ceux dont la substance contient la plus grande quantité de matière inflammable et volatile, et que par conséquent l’or extrêmement divisé puisse y produire de bons ou de mauvais effets, suivant les circonstances et les différents états où se trouvent ces mêmes corps organisés. Il me semble donc qu’on peut se tromper en prononçant affirmativement sur la nullité des effets de l’or pris intérieurement, comme remède, dans certaines maladies, parce que le médecin, ni personne, ne peut connaître tous les rapports que ce métal très-atténué peut avoir avec le feu qui nous anime.
Il en est de même de cette fameuse recherche appelée le grand œuvre, qu’on doit rejeter en bonne morale, mais qu’en saine physique l’on ne peut pas traiter d’impossible; on fait bien de dégoûter ceux qui voudraient se livrer à ce travail pénible et ruineux, qui, même fût-il suivi du succès, ne serait utile en rien à la société; mais pourquoi prononcer d’une manière décidée que la transmutation des métaux soit absolument impossible, puisque nous ne pouvons douter que toutes les matières terrestres, et même les éléments, ne soient tous convertibles ' ; qu’indépendamment de cette vue spéculative, nous connaissons plusieurs alliages dans lesquels la matière des métaux se pénètre et augmente de densité? l’essence de l’or consiste dans la prééminence de cette qualité, et toute matière qui, par le mélange, obtiendrait le même degré de densité, ne serait-elle pas de l’or? ces métaux mélangés, que l’alliage rend spécifiquement plus pesants par leur pénétration réciproque, ne semblent-ils pas nous indiquer qu’il doit y avoir d’autres combinaisons oû cette pénétration étant encore plus intime, la densité deviendrait plus grande?
On ne connaissait ci-devant rien de plus dense que le mercure après l’or, mais on a récemment découvert la platine ; ce minéral nous présente l’une de ces combinaisons oû la densité se trouve prodigieusement aug-
cune (le ces matières, il produit aussi beaucoup mieux cet effet : il suffit de verser de l’étber sur une dissolution d’or, de mêler les deux liqueurs en secouant la fiole; aussitôt que le mélange est en repos, l'éther se débarrasse de l’eau régale et la surnage; alors l’eau régale dépouillée d’or devient blanche, tandis que l’éther se colore en jaune : de cette manière, on fait très-promptement une teinture d’or ou or potable, mais peu de temps après l’or se sépare de l’éther, reprend son brillant métallique, et paraît cristallisé à la surface. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, t. III, pag. 316 et 317. — Les huiles essentielles, mêlées et agitées avec une dissolution d’or par l’eau régale, enlèvent ce métal et s’en emparent; mais l’or nage seulement dans ce fluide, d’où il se précipite en grande partie : il n’y est point dans un état de dissolution parfaite, et conserve toujours une certaine quantité d’acide régalin. Idem, p. 3S6.
1. Et c’est ce qui n’est pas. ( Voyez la note 1 de la page 24. )
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raentée, et plus que moyenne entre celle du mercure et celle de l’or j mais nous n’avons aucun exemple qui puisse nous mettre en droit de prononcer qu’il y ait dans la nature des substances plus denses que l’or, ni des moyens d’en former par notre art ; notre plus grand chef-d’œuvre serait en effet d’augmenter la densité de la matière, au point de lui donner la pesanteur de ce métal ; peut-être ce chef-d’œuvre n’est-il pas impossible, et peut-être même y est-on parvenu ; car dans le grand nombre des faits exagérés ou faux, qui nous ont été transmis au sujet du grand œuvre, il y en a quelques-uns “ dont il me paraît assez difficile de douter^ mais cela ne nous empêche pas de mépriser, et même de condamner tous ceux qui, par cupidité, se livrent à cette recherche, souvent même sans avoir les connaissances nécessaires pour se conduire dans leurs travaux ; car il faut avouer qu’on ne peut rien tirer des livres d’alchimie : ni la Table hermétique, ni la Tourbe des philosophes, ni PhilaUthe et quelques autres que j’ai pris la peine de lire ^ et même d’étudier, ne m’ont présenté que des obscurités , des procédés inintelligibles où je n’ai rien aperçu, et dont je n’ai pu rien conclure, sinon que tous ces chercheurs de pierre philosophale ont regardé le mercure comme la base commune des métaux , et surtout de l’or et de l’argent. Beccher, avec sa terre mercurielle, ne s’éloigne pas beaucoup de cette opinion ; il prétend même avoir trouvé le moyen de fixer celte base commune des métaux; mais s’il est vrai que le mercure ne se fixe en effet que par un froid extrême, il n’y a guère d’apparence que le feu des fourneaux de tous ces chimistes ait produit le même effet; cependant on aurait tort de nier absolument la possibilité de ce changement d’état dans le mercure, puisque malgré la fluidité qui lui paraît être essentielle, il est dans le cinabre sous une forme solide, et que nous ne savons pas si sa substance ou sa vapeur, mêlée avec quelque autre matière que le soufre , ne prendrait pas une forme encore plus solide, plus concrète et plus dense. Le projet de la transmutation des métaux et celui de la fixation du mercure doivent donc être rejetés, non comme des idées chimériques ni des absurdités, mais comme des entreprises téméraires, dont le succès est plus que douteux : nous sommes encore si loin de connaître tous les effets des puissances de la nature, que nous ne devons pas les juger exclusivement par celles qui nous sont connues, d’autant que toutes les combinaisons possibles ne sont pas à beaucoup près épuisées, et qu’il nous reste sans doute plus de choses à découvrir que nous n’en connaissons.
a. Voyez eatre autres le fait de transmutation du fer en or, cité par Model dans ses Récréations chimiques, traduites en français par M. Parmentier.
b. Je puis même dire que j’ai vu un bon nombre de ces messieurs adepi'es, dont quelques-uns sont venus de fort loin pour me consulter, disaient-ils, et me faire part de leurs travaux ; mais tous ont été bientôt dégoûtés de ma conversation par mon peu d’enthousiasme.
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En attendant que nous puissions pénétrer plus profondément dans le sein de cette nature inépuisable, bornons-nous à la contempler et à la décrire par les faces qu’elle nous présente: chaque sujet, même le plus simple, ne laisse pas d’oflrir un si grand nombre de rapports que l’ensemble en est encore très-difficile à saisir ; ce que nous avons dit jusqu’ici sur l’or n’est pas à beaucoup près tout ce qu’on pourrait en dire; ne négligeons, s’il est possible, aucune observation, aucun fait remarquable sur ses mines, sur la manière de les travailler, et sur les lieux où on les trouve. L’or dans ses mines primitives est ordinairement en filets, en rameaux, en feuilles, et quelquefois cristallisé en très-petits grains de forme octaèdre ; cette cristallisation, ainsi que toutes ces ramifications, n’ont pas été produites par l’intermède de l’eau, mais par l’action du feu primitif qui tenait encore ce métal en fusion ; il a pris toutes ces formes dans les fentes du quartz, quelque temps après sa consolidation ; souvent ce quartz est blanc, et quelquefois il est teint d’un jaune couleur de corne, ce qui a fait dire à quelques minéralogistes ®, qu’on trouvait l’or dans la pierre de corne comme dans le quartz; mais la vraie pierre de corne étant d’une formation postérieure à celle du quartz, l’or qui pourrait s’y trouver ne serait lui-même que de seconde formation. L’or primordial, fondu ou sublimé par le feu primitif, s’est logé dans les fentes que le quartz, déjà décrépité par les agents extérieurs, lui offrait de toutes parts, et communément il s’y trouve allié d’argent \ parce qu’il ne faut qu’à peu près le même degré de chaleur pour fondre et sublimer ces deux métaux : ainsi l’or et l’argent ont occupé en même temps les fentes perpendiculaires de la roche quartzeuse, et ils y ont en commun formé les mines primordiales de ces métaux; toutes les mines secondaires en ont successivement tiré leur origine quand les eaux sont venues dans la suite attaquer ces mines primitives, et en détacher les grains et les parcelles qu’elles ont entraînés et déposés dans le lit des rivières et dans les terres adjacentes; et ces débris métalliques, rapprochés et rassemblés, ont quelquefois formé des agrégats, qu’on reconnaît être des ouvrages de l’eau, soit par leur structure, soit par leur position dans les terres et les sables.
Il n’y a donc point de mines dont l’or soit absolument pur, il est toujours allié d’argent; mais cet alliage varie en différentes proportions, sui-
a. « L’or vierge se trouve non-seulement clans du quartz ou de la pierre de corne , mais « encore dans des pierres de veines tendres, comme, par exemple, dans une terre ferrugineuse « coagulée, et dans une terre de silex ou de limon blanche et tendre; il y en a beaucoup « d’exemples dans la Hongrie et dans la Transylvanie ; on a même reconnu que l’or vierge se « montre dans ces veines sous toutes sortes de figures, quelquefois sous la forme de fil allongé ; (( on en trouve aussi qui traverse de grandes pierres. » Instructions sur l’art des mines, par M. Delius, t. I, p. 101.
b. En Hongrie, on rencontre assez souvent des mines d’argent qui contiennent une portion d’or si considérable, que, par rapporta l’argent qu’on en tire, elle monte jusqu’à un quart. M. de Justi, cité dans le Journal étranger, mois de septembre, année 1756, page 45.
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vaut les différentes mines et dans la plupart, il y a beaucoup plus d’argent que d’or J car comme la quantité de l’argent s’est trouvée surpasser de beaucoup celle de l’or, les alliages naturels, résultant de leur mélange, sont presque tous composés d’une bien plus grande quantité d’argent que d’or.
Ce métal mixte de première formation est , comme nous l’avons dit, engagé dans un roc quartzeux auquel il est étroitement uni : pour l’en tirer, il faut donc commencer par broyer la pierre, en laver la poudre pour en séparer les parties moins pesantes que celles du métal, et achever cette séparation par le moyen du mercure, qui, s’amalgamant avec les particules métalliques, laisse à part le restant de la matière pierreuse; on enlève ensuite le mercure en donnant à cette masse amalgamée un degré de chaleur suffisant pour le volatiliser, après quoi il ne reste plus que la portion métallique, composée d’or et d’argent ’’ ; on sépare enfin ces deux métaux ,
a. Pline parle d.’nn or des Gaules qui ne contenait qu’un trente-sixième d’argent : en admettant le fait, cet or serait le plus pur qu’on eût jamais trouvé. « Omni auro inest argenfum, « varie pondéré; alibi denà, alibi nonâ, alibi octavâ parte : in uno tantùm Galliæ métallo, « quod vocant albicratense , tricesima sexta portio invenitur, et ideo cœteris præest. » Lib. XXXIII, cap. xxi.
b. L’or se trouve rarement seul dans une mine; il est presque toujours caché dans l’argent
qui l’accompagne; et pour le tirer de sa mine, il faut la traiter d’abord comme une mine d’argent... Ce précieux métal est souvent si divisé dans les mines, qu’à peine peut-on s’assurer par les essais ordinaires qu’elles tiennent de l’or,... et souvent il faut attendre que la mine ait été fondue en grand pour essayer par le départ l’argent qui en provient. Les mines de Rammelsberg, près de Goslar dans le Hartz, peuvent servir ici d'exemple : elles tiennent de l’or, mais en si petite quantité, que le grain ne peut se trouver par l’essai, puisque le marc d’argent de ces mines ne donne que trois quarts de grains d’or ; et il faut fondre ordinairement trente-cinq quintaux de ces mines pour avoir un marc d’argent. Ainsi, pour trouver dans l’essai seulement un quart de grain d’or, il faudrait essayer dix quintaux deux tiers de mine. Les essais de ces sortes de mines se font aisément dans les lieux où il y a des fonderies établies ; mais, quand on n’a pas la commodité de fondre ces mines en grand, il faut cbercher quelque moyen de connaître leur produit par l’essai
Si les mines qui contiennent de l’or sont chargées de pyrites ou de quelque fluor extrêmement dur à piler, il faut les griller, et ensuite les piler et les laver. On ne prend que huit quintaux de plomb pour un quintal de mine aisée à fondre, au lieu qu’il en faut seize quand elles sont rebelles à la fonte ; on les scorifie, puis on coupelle le plomb comme à l’ordinaire. Les scories de ces essais doivent avoir la fluidité de l’eau; pour peu qu’elles filent, on n’a pas leur véritable produit en argent et en or.
Lorsqu’on a coupeUé le plomb, enrichi de cette scorification, on pèse le grain d’argent qu’ü a laissé sur la coupelle, et qui est composé d’or et d’argent, que l’on départ par le moyen de l’eau-forte; mais, avant de soumettre le bouton au départ, on le réduit en lamines, que l’on fait rougir au feu pour les recuire, afin que l’eau-forte les attaque plus aisément... Dans ces sortes de départs, où il s’agit d’avoir la petite portion d’or que contient chaque bouton de coupelle, on emploie l’eau-forte pure... Aussitôt que la première eau-forte a cessé de dissoudre, on la verse et on en remet de l’autre, qui achève de dissoudre l’argent qui pourrait encore se trouver avec l’or
S’il y a beaucoup d’or dans l’argent, c’est-à-dire la moitié, l’eau-forte, même en ébullition, ne l’attaque pas ; elle ne dissout que les parties de l’argent qui se trouvent à la surface des lamines, qu’il faut alors refondre avec deux fois leur poids d’argent pur, ou d’argent de départ purifié de tout cuivre... On aplatit le nouveau bouton en lamine, que l’on fait recuire, pour être
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autant qu’il est possible, par les opérations du départ, qui cependant ne laissent jamais l’or parfaitement pur comme s’il était impossible à notre art, de séparer en entier ce que la nature a réuni ; car de quelque manière que l’on procède à cette séparation de l’or et de l’argent, qui, dans la nature, ne font le plus souvent qu’une masse commune, ils restent toujours mêlés d’une petite portion du métal qu’on tâche d’en séparer ^ de sorte que ni l’or ni l’argent ne sont jamais dans un état de pureté absolue.
Cette opération du départ, ou séparation de l’or et de l’argent, suppose d’abord que la masse d’alliage ait été purifiée par le plomb, et qu’elle ne contienne aucune autre matière métallique, sinon de l’or et de l’argent j on peut y procéder de trois manières différentes, en se servant des substances qui, soit à chaud, soit à froid, n’attaquent pas l’or, et peuvent néanmoins dissoudre l’argent : 1“ l’acide nitreux n’attaque pas l’or et dissout l’argent; l’or reste donc seul après la dissolution de l’argent; 2° l’acide marin a % comme Tacide nitreux, la vertu de dissoudre l’argent sans attaquer l’or, et par conséquent la puissance de les séparer ; mais le départ par l’acide nitreux est plus complet et bien plus facile; il se fait par la voie humide et à l’aide d’une très-petite chaleur; au lieu que le départ par l’acide marin, qu’on appelle départ concentré, ne peut se faire que par une suite de procédés assez difficiles; 3° le soufre a aussi la même propriété de dissoudre l’argent sans touchera l’or, mais ce n’est qu’à l’aide de la fusion, c’est-à-dire d’une chaleur violente; et comme le soufre est très-inflam-
cnsuite soumise à l’opération du départ, qui alors se fait bien... Lorsqu’on a rassemblé tout l’or provenant du départ, on le fait rougir au feu dans un creuset pour achever de le débarrasser entièrement de l’acide du dissolvant, et pour lui faire prendre la couleur d’un vrai or... Ensuite on le laisse refroidir pour le peser, et connaître le produit de la mine qu’on a essayée. Traité de la fonte des mines de Schlutter, traduit par M. Hellot, 1. 1 , pag. 177 et suiv.
a. Je crois cependant qu’il n’est pas impossible de séparer absolument l'or et l’argent l’un de l’autre, en multipliant les opérations et les moyens, et qu’au moins on arriverait à une approximation si grande, qu’on pourrait regarder comme nulle la portion presque infiniment petite de celui qui resterait contenu dans l’autre.
b. M. Cramer, dans sa Docimasie, assure que, si le départ se fait par l’eau-forte, il reste toujours une petite portion d’argent unie à l’or, et de même que, quand on fait le départ par l’eau régale, il reste toujours une petite portion d’or unie à l’argent, et il estime cette proportion depuis un deux-centième jusqu’à un cent-cinquantième. Dictionnaire de Chimie, article Départ. — M. Tillet observe qu’il est très-vrai qu’on n’obtient pas de l’or parfaitement pur par la voie du départ , mais que cependant il est possible de parvenir à ce but par la dissolution de l’or fin dans l’eau régale, ou par des cémentations réitérées.
c. « On peut purifier l’or, c’est-à-dire en séparer l’argent qu’il contient, par l’acide marin, « au moyen d’une cémentation; il faut d’abord qu’il soit réduit en lames minces; on stratifie « ces lames avec un cément fait de quatre parties de briques pilées et tamisées, d’une partie de « colcotharet d’n ne partie de sel marin, le tout réduit en pâte ferme avec un peu d’eau : pen- <( dant cette opératirn , où il est très-important que la chaleur ne soit pas assez forte pour « fondre l’or, l’acide du colcothar et de l’argile dégage celui du sel marin; et ce dernier, à rai- « son de sa concentration et de l’état de vapeur où il se trouve, attaque l’argent, et, à la faveur « de la dilatation que le feu occasionne, va chercher ce métal jusque dans des alliages où l’or « serait en assez grande quantité pour le défendre de l’action de l’eau-forte. » Éléments de Chimie , par M. de Morveau, t. II, p. 218.
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mable, et qu’il se brûle et se volatilise en grande partie , en se mêlant au métal fondu, on préfère l’antimoine pour faire cette espèce de départ sec, parce que le soufre étant uni dans l’antimoine aux parties régulines de ce demi-métal, il résiste plus à l’action du feu, et pénètre le métal en fusion dans lequel il scorifie l’argent et laisse l’or au-dessous. De ces trois agents l’acide nitreux est celui qu’on doit préférer “, la manipulation des deux autres étant plus difficile et la purification plus incomplète que par le premier.
On doit observer que, pour faire par l’acide nitreux le départ avec succès, il ne faut pas que la quantité d’or contenue dans l’argent soit de plus de deux cinquièmes J car alors cet acide ne pourrait dissoudre les parties d’argent, qui dans ce cas seraient défendues et trop couvertes par celles de l’or pour être attaquées et saisies; s’il se trouve donc plus de deux cinquièmes d’or dans la masse dont on veut faire le départ, on est obligé de la faire fondre et d’y ajouter autant d’argent qu’il en faut pour qu’il n’y ait en effet que deux cinquièmes d’or dans cette nouvelle masse; ainsi l’on s’assurera d’abord de cette proportion, et il me semble que cela serait facile par la balance hydrostatique, et que ce moyen serait bien plus sûr que la pierre de touche et les aiguilles alliées d’or et d’argent à différentes doses, dont se servent les essayeurs pour reconnaître cette quantité dans la masse de ces métaux alliés ; on a donc eu raison de proscrire cette pratique dans les monnaies de France**; car ce n’est au vrai qu’un tâtonnement dont il ne peut résulter qu’une estimation incertaine , tandis que par la différente pesanteur spécifique de ces deux métaux, on aurait un résultat précis de la proportion de la quantité de chacun dans la masse alliée dont on veut faire le départ. Quoi qu’il en soit, lorsqu’on s’est à peu près assuré de celte proportion, et que l’or n’y est que pour un quart ou au-dessous, on doit employer de l’eau-forte ou acide nitreux bien pur, c’est-à-dire exempt de tout autre
a. MM. Brandt, Schoeffer, Bergman et d’autres, ayant avancé que l’acide nitreux, quoique très-pur, pouvait dissoudre une certaine quantité d’or, et cet effet paraissant devoir influer sur la sûreté de l’importante opération du départ, les chimistes de notre Académie des Sciences ont été chargés de faire des expériences à ce sujet, et ces expériences ont prouvé que l’acide nitreux n’attaque point ou très-peu l’or, puisque, après en avoir séparé l'argent qui y était allié, et dont on connaissait la proportion , on a toujours retrouvé juste la même quantité d’or. « Cepen- « dant ils ajoutent, dans le rapport de leurs épreuves, qu’il ne faut pas conclure que, dans « aucun cas, l’acide nitreux ne puisse faire éprouver à l’or quelque très-faible déchet. L’acide « nitreux le plus pur se charge de quelques particules d’or ; mais nous pouvons assurer que les « circonstances nécessaires à la production de cet effet sont absolument étrangères au départ « d’essai; que dans ce dernier, lorsqu’on le pratique suivant les règles et l’usage reçu, il ne « peut jamais y avoir le moindre déchet sur l’or. » Rapport sur l’opération du départ , dans le Journal de physique , février 1781, p. 142.
b. M. Tillet m’écrit, à ce sujet, qu’on ne fait point usage des touchaux pour le travail des monnaies de France ; le titre des espèces n’y est constaté que par l’opération de l’essai ou du départ : les orfèvres emploient, il est vrai, le touchau dans leur maison commune, mais ce n’est que pour les menus ouvrages en si petit volume qu’ils offrent à peine la matière de l’essai en régie, et qui sont incapables de supporter le poinçon de marque.
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acide, et surtout du vitriolique et du marin : on verse cette eau-forte sur le métal, réduit en grenailles ou en lames très-minces ; il en faut un tiers de plus qu’il n’y a d’argent dans l’alliage; on aide la dissolution par un peu de clialeur, eton la rend complète en renouvelant deux ou trois fois l’eau-forte, qu’on fait môme bouillir avant de la séparer de l’or, qui reste seul au fond du vaisseau, et qui n’a besoin que d’être bien lavé dans l’eau chaude pour achever de se nettoyer des petites parties de la dissolution d’argent attachées à sa surface; et lorsqu’on a obtenu l’or, on retire ensuite l’argent de la dissolution, soit en le faisant précipiter, soit en distillant l’eau-forte pour la faire servir une seconde fois.
Toute masse dont on veut faire le départ par cette voie ne doit donc contenir que deux cinquièmes d’or au plus sur trois cinquièmes d’argent; et dans cet état, la couleur de ces deux métaux alliés est presque aussi blanche que l’argent pur, et loin qu’une plus grande quantité de ce dernier métal nuisît à l’elîet du départ, il est au contraire d’autant plus aisé à faire que la proportion de l’argent à l’or est plus grande: ce n’est que quand il y a environ moitié d’or dans l’alliage qu’on s’en aperçoit à sa couleur qui commence à prendre un œil de jaune faible.
Pour reconnaître au juste l’aloi ou le titre de l’or, il faut donc faire deux opérations ; d’abord le purger au moyen du plomb de tout mélange étranger, à l’exception de l’argent, qui lui reste uni, parce que le plomb ne les attaque ni l’un ni l’autre; et, ensuite, il faut faire le départ par le moyen de l’eau-forte. Ces opérations de l’essai et du départ, quoique bien connues des chimistes, des monnayeurs et des orfèvres, ne laissent pas d’avoir leurs difficultés par la grande précision qu’elles exigent, tant pour le régime du feu que pour le travail des matières, d’autant que par le travail le mieux conduit, on ne peut arriver à la séparation entière de ces métaux; car il restera toujours une petite portion d’argent dans l’or le plus raffiné, comme une portion de plomb dans l’argent le plus épuré®.
a. Pour faire l’essai de l’argent, on choisit deux coupelles égales de grandeur et de poids: l’usage est de prendre des coupelles qui pèsent autant que le plomb qu’on emploie dans l’essai, parce qu’on a observé que ce sont celles qui peuvent boire toute la litharge qui se forme pendant l’opération ; on les place l’une à côté de l’autre, sous la moufle, dans un fourneau d’essai ; on allume le fourneau, on fait rougir les coupelles, et on les tient rouges pendant ime boime demi-heure avant d’y rien mettre
Quand les coupelles sont rouges à blanc, on met dans chacune d’elles la quantité de plomb qu’on a déterminée, et qui doit être plus ou moins grande, suivant que l’argent a plus ou moins d’alliage; on augmente le feu en ouvrant les portes du cendrier jusqu’à ce que le plomb soit rouge, fumant et agité d’un mouvement de circulation, et que sa surface soit nette et bien découverte.
On met alors dans chaque coupelle l’argent réduit en petites lames, afin qu’il se fonde plus promptement, en soutenant toujours et même en augmentant le feu jusqu’à ce que l’argent soit bien fondu et mêlé avec le plomb... L’on voit autour du métal un petit cercle de litharge qui s’imbibe continuellement dans la coupelle, et à la fin de l’essai, le bouton de fin n’étant plus couvert d’aucune litharge, parait brillant et reste seul sur la coupelle; et si l’opération a été
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Nous ne pouvons nous dispenser de parler des différents emplois de l’or dans les arts et de l'usage ou plutôt de l’abus qu’on en fait par un vain luxe pour faire briller nos vêtements, nos meubles et nos appartements, en donnant la couleur de l’or à tout ce qui n’en est pas et l’air de l’opulence aux matières les plus pauvres; et cette ostentation se montre sous mille formes différentes. Ce qu’on appelle or de couleur n’en a que l’apparence; ce n’est qu’un simple vernis qui ne contient point d’or, et avec lequel on peut néan-
Men conduite, les deux essais doivent donner le tonton de fin dans le même temps à peu près : au moment que ce bouton se fixe, on voit sur sa surface des couleurs d’iris, qui font des ondulations et se croisent avec beaucoup de rapidité... Il faut avoir grande attention à l’administration du feu, pour que la chaleur ne soit ni trop violente ni trop faible; dans le premier cas, le plomb se scorifie trop vite et n'a pas le temps d’emporter toutes les impuretés de l’argent; dans le second cas, et ce qui est encore pis, il n’entre pas assez dans la coupelle... mais la chaleur doit toujours aller en augmentant jusqu’à la fin de l’opération... Quand elle est achevée, on laisse encore les coupelles au même degré de chaleur pendant quelques moments, pour donner le temps aux dernières portions de litharge de s’imbiber; après quoi on les laisse refroidir doucement . surtout si le bouton de fin est gros, poux lui donner le temps de se consolider jusqu’au centre sans qu'U crève d’aucun côté, ce qui arriverait s’il se refroidissait trop vite ; enfin il faut le détacher de la coupelle avant qu’elle ne soit trop refroidie, parce qu' alors il se détache plus facilement.
On pèsera ensuite exactement les deux boutons de fin , et si leur poids est le même, l’essai aura été bien fait, et l’on coimaitra au juste le titre de la masse de l’argent dans laquelle on a pris les morceaux pour les essayer ; le titre sera indiqué par la quantité que l’argent aura perdu par la coupelle. Dictionnaire de Chimie, article Essais.
J'observerai ici, avec M. TiUet, qu’on a toid de négliger la petite quantité d’argent que la litharge entraîne toujours dans la coupelle, car cette quantité négligée donne lieu à des rapports constamment faux de la quantité juste d’argent que contiennent intrinsèquement les lingots dont les essayeurs établissent le titre : ce point assez délicat de docimasie a été traité dans plusieurs Mémoires insérés dans ceux de l’Académie des Sciences, et notamment dans un Mémoire de M. Tillet qui se trouve dans le volume de l’année 1769; on y voit clairement de quelle conséquence il pourrait être qu’on ne négligeât pas la petite quantité de fin que la coupelle absorbe.
Comme il n’y a presque point de plomb qui ne contienne de l’argent, et que cet argent a dû se mêler dans le bouton de fin, il faut, avant de faire l’essai à la coupelle par le plomb, s’assurer de la quantité d’argent que ce plomb contient, et pour cela on passe à la coupelle une certaine quantité de plomb tout seul, et l’on voit ce cpi’il fournit d’argent... Le plomb de Willach, en Carinthie, qui ne contient pas d’argent, est recherché pour faire les essais
Lorsqu’on veut faire l’essai d’un linged d’or, on en coupe vingt-quatre grains qu’on pèse exactement à la petite balance d’essai : on pèse d’un autre côté soixante-douze grains d’argent fin; on passe ces deux métaux ensemble à la coupelle, en employant à peu près dix fois plus de plomb qu’il n’y a d’or ; on conduit cette coupellation comme celle pom? l’essai de l’argent, si ce n’est qu’on chauffe un peu plus vivement sur la fin, lorsque l’essai est prêt à faire son éclair: l’or se trouve après cela débarrassé de tout autre alliage que de l’argent
Ensuite on aplatit le bouton de fin sur le tas d’acier, et le faisant recuire à mesure qu'il s’écrouit, de peur qu’il ne fende; on le réduit par ce moyen en une petite lame qu’on roule ensuite en forme de cornet, puis on en fait le départ par l’eau-forte.
La diminution qui se trouve sur le poids de l’or, après le départ, fait connaître la quantité d’alliage que cet or contient
On peut aussi purifier l’or par l’antimoine, qui emporte en même temps les métaux imparfaits et l’argent dont il est mêlé; mais cette purification de l’or n’est pas assez parfaite pour pouvoir servir à la j uste détermination du titre de l’or, et il vaut mieux employ er la coupellation par le plomb pour séparer d'abord l’or de tous les métaux imparfaits, et ensuite le départ pouf le séparer de l’argent. Dictionnaire de Chimie, article Essais.
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moins donner à l’argent et au cuivre la couleur jaune et brillante de ce précieux métal; les garnitures en cuivre de nos meubles, les bras, les feux de cheminée, etc., sont peints de ce vernis couleur d’or, ainsi que les cuirs qu’on appelle dorés, et qui ne sont réellement qu’étamés et peints ensuite avec ce vernis doré. A la vérité, cette fausse dorure diffère beaucoup de la vraie, et il est très-aisé de les distinguer ; mais on fait avec le cuivre, réduit en feuilles minces, une autre espèce de dorure qui peut en imposer lorsqu’on la peint avec ce même vernis couleur d’or. La vraie dorure est celle où l’on emploie de l’or : il faut pour cela qu’il soit réduit en feuilles trèsminces ou en poudre fort fine, et pour dorer tout métal, il suffit d’en bien nettoyer la surface, de le faire chauffer et d’y appliquer exactement ces feuilles ou cette poudre d’or, par la pression et le frottement doux d’une pierre hématite, qui le brillante et le fait adhérer. Quelque simple que soit cette manière de dorer, il y en a une autre peut-être encore plus facile : c’est d’étendre sur le métal qu’on veut dorer un amalgame d’or et de mercure, de le chauffer ensuite assez pour faire exhaler en vapeurs le mercure qui laisse l’or sur le métal, qu’il ne s’agit plus que de frotter avec le brunissoir pour le rendre brillant ; il y a encore d’autres manières ‘ de dorer; mais c’est peut-être déjà trop en histoire naturelle que de donner les principales pratiques de nos arts.
Mais nous laisserions imparfaite cette histoire de l’or si nous ne rapportions pas ici tous les renseignements que nous avons recueillis sur les différents lieux où se trouve ce métal : il est , comme nous l’avons dit , universellement répandu, mais en atomes infiniment petits, et il n’y a que quelques endroits particuliers où il se présente en particules sensibles et en masses assez palpables pour être recueillies. En parcourant dans cette vue les quatre parties du monde, on verra qu’il n’y a que peu de mines d’or proprement dites dans les régions du nord, quoiqu’il y ait plusieurs mines d’argent, qui presque toujours est allié d’une petite quantité d’or. Il se trouve aussi très-peu de vraies mines d’or dans les climats tempérés; il y en a seulement quelques-unes où l’on a rencontré de petits morceaux de ce métal massif; mais dans presque toutes l’or n’est qu’en petite quantité dans l’argent avec lequel il est toujours mêlé. Les mines d’or les plus riches i sont dans les pays les plus chauds, et particulièrement dans ceux où les hommes ne se sont pas anciennement établis en société policée, comme en
1. Il y en a aujourd’hui une toute nouvelle, et très-répandue : la dorure galvanique ou la galvanoplastie. — « Les procédés de dorure galvanique ont pour but de précipiter sur un « métal commun, en couches continues, adhérentes, inséparables, et aussi épaisses qu’on le « désire, non-seulement de l’or, mais encore de l’argent, du platine, du cuivre, du zinc , du « plomb , du fer, etc. — Pour résoudre ce problème si intéressant pour l’industrie, il suffit de « dissoudre les métaux dans des agents convenables , de plonger dans la dissolution le métal « destiné à être recouvert, et de se servir de l’électricité développée par la pile , comme agent « de précipitation... » (Pelor.ze et Frémy.)
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Afrique et en Amérique, car il est très-probable que l’or est le premier métal dont on se soit servi : plus remarquable par son poids qu’aucun autre, et plus fusible que le cuivre et le fer, il aura bientôt été reconnu, fondu, travaillé; on peut citer pour preuve les Péruviens et les Mexicains, dont les vases et les instruments étaient d’or, et qui n’en avaient que peu de cuivre et point du tout de fer, quoique ces métaux soient abondants dans leur pays; leurs arts n’étaient pour ainsi dire qu’ébauchés, parce qu’eux-mêmes étaient des hommes nouveau* et qui n’étaient qu’à demi policés depuis cinq ou six siècles. Ainsi, dans les premiers tempsde la civilisation de l’espèce humaine, l’or, qui de tous les métaux s’est présenté le premier à la surface de la terre ou à de petites profondeurs, a été recueilli, employé et travaillé, en sorte que dans les pays peuplés et civilisés plus anciennement que les autres, c’est-à-dire dans les régions septentrionales et tempérées, il n’est resté pour la postérité que le petit excédant de ce qui n’a pas été consommé; au lieu que dans ces contrées méridionales de l’Afrique et de l’Amérique, qui n’ont été peuplées que les dernières, et où les hommes n’ont jamais été policés, la quantité de ce métal s’est trouvée tout entière, et telle pour ainsi dire que la nature l’avait produite et confiée à la terre encore vierge; l'homme n’en avait pas encore déchiré les entrailles®; son sein était à peine effleuré lorsque les conquérants du Nouveau-Monde en ont forcé les habitants à la fouiller dans toutes ses parties par des travaux immenses : les Espagnols et les Portugais ont en moins d’un siècle plus tiré d’or du Mexique et du Brésil que les naturels du pays n’en avaient recueilli depuis le premier temps de leur population. La Chine, dira-t-on , semble nous offrir un exemple contraire; ce pays, très-anciennement policé, est encore abondant en mines d’or qu’on dit être assez riches; mais ne dit-on pas en même temps, avec plus de vérité, que la plus grande partie de l’or qui circule à la Chine vient des pays étrangers? Plusieurs empereurs chinois assez sages, assez humains pour épargner la sueur et ménager la vie de leurs sujets, ont défendu l’extraction des mines dans toute l’étendue de leur domination*’: ces défenses ont subsisté longtemps et n’ont été qu’assez rarement interrompues; il se pourrait donc en effet qu’il y eût encore à la Chine des mines intactes et riches, comme dans les contrées heureuses où les hommes n’ont pas été forcés de les fouiller ; car les travaux des mines, dans le Nouveau-Monde, ont fait périr en moins de deux ou trois siècles plusieurs millions d’hommes'’; et cette plaie énorme faite à l’humanité, loin de nous avoir procuré des richesses réelles, n’a servi qu’à nous surcharger
a. « Regnaverat in Golchis Saleucis, qui terram virgineam nactus, plurimùm argenti auri- « que eruisse dicitur. » Pline, lib. xxsv.
h. Les anciens Romains avaient eu la même sagesse : « Metallorum omnium fertilitate nullis « cedit terris Italia, sed interdictum id vetere consulte patrum, Italiæ parci jubentium. » Pline, Hist. nat., lib. iii , cap. xxiv.
c. Voyez le livre de Las Casas sur la destruction des Indiens.
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(l’un poids aussi lourd qu’inutile. Le prix des denrées étant toujours proportionnel à la quantité du métal qui n’en est que le signe, l’augmentation de cette quantité est plutôt un mal qu’un bien : vingt fois moins d’or et d’argent rendraient le commerce vingt fois plus léger, puisque tout signe en grosse masse, toute représentation en grand volume, est plus pénible à transporter, coûte plus à manier, et circule moins aisément qu’une petite quantité qui représenterait également et aussi bien la valeur de toute chose. Avant la découverte du Nouveau-Monde, il y avaU réellement vingt fois moins d’or et d’argent en Europe, mais les denrées coûtaient vingt fois moins : qu’avons-nous donc acquis avec ces millions de métal ? la charge de leur poids.
Et cette surcharge de quantité deviendrait encore plus grande et peutêtre immense, si la cupidité ne s’opposait pas à elle-même des obstacles et n’était arrêtée par des bornes qu’elle ne peut franchir : quelque ardente qu’ait été dans tous les temps la soif de l’or, on n’a pas toujours eu les mêmes moyens de l’étancher, ces moyens ont même diminué d’autant plus qu’on s’en est plus servi; par exemple, en supposant, comme nous le faisons ici, qu’avant la conquête du Mexique et du Pérou, il n’y eût en Europe que la vingtième partie de l’or et de l’argent qui s’y trouve aujourd’hui, il est certain que le profit de l’extraction de ces mines étrangères, dans les premières années pendant lesquelles on a doublé cette première quantité, a été plus grand que le profit d’un pareil nombre d’années pendant lesquelles on l’a triplé, et encore bien plus grand que celui des années subséquentes; le bénéfice réel a donc diminué en même proportion que le nombre des années s’est augmenté, en supposant égalité de produit dans chacune, et si l’on trouvait actuellement une mine assez riche pour en tirer autant d’or qu’il y en avait en Europe avant la découverte du Nouveau-Monde, le profit de cette mine ne serait aujourd’hui que d’un vingtième, tandis qu’alors il aurait été du double; ainsi, plus on a fouillé ces mines riches, et plus on s’est appauvri : richesse toujours fictive, et pauvreté réelle dans le premier comme dans le dernier temps ; masses d’or et d’argent, signes lourds, monnaies pesantes, dont loin de l’augmenter on devrait diminuer la quantité en fermant ces mines comme autant de gouffres funestes à l’humanité, d’autant qu’aujourd’hui leur produit suffit à peine pour la subsistance des malheureux qu’on y emploie ou condamne; mais jamais les nations ne se confédéreront pour un bien général à faire au genre humain, et rien ici ne peut nous consoler, sinon l’espérance très-fondée que dans quelques siècles, et peut-être plus tôt, on sera forcé d’abandonner ces affreux travaux, que l’or même, devenu trop commun, ne pourra plus payer.
En attendant, nous sommes obligés de suivre le torrent, et je manquerais à mon objet, si je ne faisais pas ici mention de tous les lieux qui nous fournissent, ou peuvent nous fournir ce métal, lequel ne deviendra vil que
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quand les hommes s’ennobliront par des vues de sagesse dont nous sommes encore bien éloignés. On continuera donc à chercher l’or partout où il pourra se trouver, sans faire attention que si la recherche coûte à peu près autant que tout autre travail, il n’y a nulle raison d’y employer des hommes qui, par la culture de la terre, se procureraient une subsistance aussi sûre, et augmenteraient en même temps la richesse réelle, le vrai bien de toute société, par l’abondance des denrées, tandis que celle du métal ne peut y produire que le mal de la disette et d’un surcroît de cherté.
Nous avons en France plusieurs rivières ou ruisseaux qui charrient de l’or en paillettes, que l’on recueille dans leurs sables, et il s’en trouve aussi en paillettes et en poudre dans les terres voisines de leurs bords; les chercheurs de cet or, qu’on appelle arpailleurs, gagneraient autant, et plus, à tout autre métier, car à peine la récolte de ces paillettes d’or va-t-elle à vingt-cinq ou trente sous par jour. Cette même recherche, ou plutôt cet emploi du temps était, comme nous venons de le dire, vingt fois plus profitable du temps des Romains “, puisque l’arpailleur pouvait alors gagner vingt fois sa subsistance; mais à mesure que la quantité du métal s’est augmentée, et surtout depuis la conquête du Nouveau-Monde, le même travail des arpailleurs a moins produit, et produira toujours de moins en moins, en sorte que ce petit métier déjà tombé, tombera tout à fait pour peu que celte quantité de métal augmente encore: l’or d’Amérique a donc enterré l’or de France, en diminuant vingt fois sa valeur; il a fait le même tort à l’Espagne, dont les intérêts bien entendus auraient exigé qu’on n’eût tiré des mines de l’Amérique qu’autant J’or qu’il en fallait pour fournir les colonies, et en maintenir la valeur numéraire en Europe toujours sur le même pied à peu près. Jules César cite l’Espagne et la partie méridionale des Gaules *, comme très-abondantes en or; elles l’étaient en effet,
a. Pline dit qu’on tirait tous les ans, des Pyrénées et des provinces voisines, vingt mille lives pesant d’or, sans compter l’argent, le cuivre, etc.; il dit ailleurs que Servius Tullius, roi des Romains, fut le premier qui fit de la monnaie d’or, et qu’avant lui on Técliangeait tout brut. — Strabon rapporte que, dans le temps d’Auguste et de Tibère, les Romains tiraient des Pyrénées une si grande quantité d’or et d’argent, que ces métaux devinrent infiniment plus commims qu’avant la conquête des Gaules par Jules-César; mais ce n’était pas seulement des mines des Pyrénées que les Romains tiraient cette grande quantité d’or et d’argent, car Suétone reproche à César d’avoir saccagé les villes de la Gaule pour avoir leurs richesses, tellement qu’ayant pris de l’or en abondance, il le vendit en Italie, à trois mille petits sesterces la livre, ce qui, seion Budée, ne fait monter le marc qu’à soixante-deux livres dix sous de notre monnaie. — Tacite donne une idée de l’abondance de Tor et de l’argent dans les Gaules par ce qu’il fait dire à l’empereur Claude, séant dans le sénat : « Ne vaut-il pas mieux, dit ce prince, que les Gaulois « nous apportent leurs richesses que de les en laisser jouir séparés de nous? » Hellot, Mémoires sur l’exploitation des mines de Baygory.
b. Les anciens ont écrit que l’Espagne, sur toutes les autres provinces du monde connu, était la plus abondante en or et en argent, et narticulièrement le Portugal, la Galice et les Asturies. Pline dit qu’on apportait tous les ans d’Espagne à Rome plus de vingt mille livres d’or, et aujourd’hui les Espagnols tirent ces deux métaux d’Amérique. Histoire des Indes, par Acosta; Paris, 1600, p. 136.
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et, le seraient encore, si nous n’avions pas nous-mêmes changé celte abondance en disette, et diminué la valeur de notre propre bien en recevant celui de l’étranger : l’augmentation de toute quantité en denrée nécessaire aux besoins, ou utile au service de l’homme, est certainement un bien; mais l’augmentation du métal qui n’en est que le signe, ne peut pas être un bien, et ne fait que du mal, puisqu’elle réduit à rien la valeur de ce même métal dans toutes les terres et chez tous les peuples qui s’en sont laissé surcharger par des importations étrangères.
Autant il serait nécessaire de donner de l’encouragement à la recherche et aux travaux des mines des matières combustibles et des autres minéVaux si utiles aux arts et au bien de la société, autant il serait sage de faire fermer toutes celles d’or et d’argent, et de laisser consommer peu à peu ces masses trop énormes sous lesquelles sont écrasées nos caisses, sans que nous en soyons plus riches ni plus heureux.
Au reste, tout ce que nous venons de dire ne doit dégrader l’or qu’aux yeux de l’homme sage, et ne lui ôte pas le haut rang qu’il lient dans la nature: il est le plus parfait des métaux, la première substance entre toutes les substances terrestres, et il mérite à tous égards l’attention du philosophe naturaliste; c’est dans cette vue que nous recueillerons ici les faits relatifs à la recherche de ce métal, et que nous ferons l’énumération des différents lieux où il se trouve.
En France, le Rhin, le Rhône, l’Arve“, le Doubs, la Cèse , le Gardon, l’Ariége, la Garonne, le Salat*’, charrient des paillettes et des grains d’or
a. Voyage de Misson, t. III, p. 73.
b. Les rivières de Fraace qui charrient de l’or sont : 1“ le Rhin; on trouve des paillettes d’or dans les sables de ce fleuve, depuis Strasbourg jusqu’à Philisbourg; elles sont plus rares entre Strasbourg et Brissac, où le Rhin est plus rapide... L’endroit de ce fleuve où il en dépose davantage est entre le Fort-Louis et Guermesheim ; mais tout cela se réduit à une assez petite quantité, puisque sur deux lieues d’étendue que le magistrat de Strasbourg donne à ferme pour en tirer les paillettes d’or, on ne lui en porte que quatre ou cinq onces par an , ce qui vient de ce que les arpailleurs sont en trop petit nombre, encore plus que de la disette d’or, car on en pourrait tirer une bien plus grande (juantité : on paie les arpailleurs à raison de trente à quarante sous par jour;
2“ Le Rhône roule, dans le pays de Gex, assez de paillettes d’or pour occuper pendant l’hiver quelques paysans, à qui les journées valent à peu près depuis douze jusqu’à vingt sous. 11.= s’attachent principalement à lever les grosses pierres ; ils enlèvent le sable qui les environne, et c’est de ce sable qu’ils tirent les paillettes : on ne trouve ces paillettes que depuis l’embouchure de la rivière d’Arve dans le Rhône, jusqu’à cinq lieues au-dessous;
3° Le Doubs , mais les paillettes d’or y sont assez rares :
4° La petite rivière de Cèse, qui tire son origine d’auprès de Ville-Fort, dans les Céveimes : dans plusieurs lieues de son cours, on trouve partout à peu près également des paillettes communément beaucoup plus grandes que celles du Rhône et du Rhin ;
5» La rivière du Gardon, qui, comme celle de Cèse, vient des montagnes des Cévennes, entraîne aussi des paillettes d’or, à peu près de même grandeur et en aussi grand nombre;
6» L’Ariége, dont le nom indique assez qu’elle charrie de l’or : on en trouve en eff'et des paillettes dans le pays de Foix, mais c’est aux environs de Pamiers qu’elle en fournit le plus ; elle en roule aussi dans le territoire de l’évêché de Mirepoix;
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qu’on trouve dans leurs sables, surtout aux angles rentrants de ces rivières. Ces paillettes ont souvent leurs bords arrondis ou repliés, et c’est par là qu’on les distingue encore plus aisément que par le poids, des paillettes de mica, qui quelquefois sont de la même couleur, et ont même plus de brillant que celles d’or. On trouve aussi d’assez gros grains d’or dans les rigoles formées par les eaux pluviales, dans les terrains montagneux de Fériés et de Bénagues : on a vu de ces grains, dit M. Guettard, qui pesaient une demi-once; ces grains et paillettes d’or, sont accompagnés d’un sable ferrugineux : il ajoute que dès qu’on s’éloigne de ces montagnes, seulement de cinq ou six lieues, on ne trouve plus de grains d’or, mais seulement des paillettes très-minces. Cet académicien fait encore mention de l’or en paillettes qu’on a trouvé en Languedoc et dans le pays de Foix “. M. de Gensane dit aussi qu’il y en a dans plusieurs rivières des diocèses d’Uzès et de Montpellier ^ : ces grains et paillettes d’or, qui se trouvent dans les rivières et terres adjacentes, viennent, comme je l’ai dit, des mines renfermées dans les montagnes voisines; mais on ne connaît actuellement qu’un très-petit nombre de ces mines en montagnes ' : il y en a une dans les
7» On fait tous les ans dans la Garonne, à quelques lieues de Toulouse, une petite récolte de paillettes d’or; mais il y a lieu de croire qu’elle en tire la plus grande partie de l’Ariége, car ce n’est guère qu’au-dessous du confluent de cette dernière rivière qu’on les cherche. L’Ariége elle-même parait tirer ses paillettes de deu.v ruisseaux supérieurs, savoir celui de Ferriet et celui de Benagues ;
8» Le Salat, dont la source, comme celle de l’Ariége, est dans les Pyrénées, roule des paillettes d’or que les habitants de Saint-Giron ramassent pendant l’hiver. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1778, pag. 69 et suiv.
On sait, par des anecdotes certaines, que la monnaie de Toulouse recevait ordinairement chaque année deux cents marcs de cet or recueilli des rivières de l’Ariége, de la Garonne et du Salat : on en a porté dans le bureau de Pamiers, depuis 1750 jusqu’en 1760 , environ quatrevingts marcs, quoique ce bureau n’ait tout au plus que deux lieues d’arrondissement. Idem, année 1761, p. 197.
a. M. Pailhès a trouvé dans le Languedoc et dans le pays de Foix quantité de terres aurifères... Il dit que lorsqu’on creuse dans la haute ou basse ville de Pamiers, pour des puits et des fondements, on en tire des terres remplies de paillettes d’or... Les plus grandes paillettes sont de trois à quatre ligues de longueur, et toujours plus longues que larges; il y en a de si petites qu’elles sont imperceptibles, quelques-unes ont les angles aigus, mais la plupart les ont arrondis, il y en a même qui sont repliées : il y a aussi des grains de différentes grosseurs... Il y a des cailloux qui sont presque couverts et entourés par une lame d’or ; ils sont tous de la nature du quartz, mais ils sont de différentes couleurs... Il y a trois espèces de ces cailloux : les premiers sont ferrugineux et rougeâtres , et e.xtrèmement durs ; les seconds sont aussi ferrugineux, et colorés de roussàtre et de noir; les troisièmes sont blanchâtres, et fournissent les plus gros grains d’or. Pour en tirer les paillettes, on pile ces cailloux dans un mortier de fer, et on les réduit en poudre. M. Guettard, Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1761, p. 198 et suiv.
b Dans le diocèse de Montpellier, on cherche des paillettes d’or le long de la rivière de l’Hérault; j’en ai vu une qui pesait près d’un gros, elle était fort mince, mais large, et les arpailleurs m’assurèrent qu’il y avait peu de temps qu’ils en avaient trouvé une qui pesait au delà d’une demi-once... Ces paillettes se trouvaient entre deux bancs de roche qui traversent la rivière, et ils ne pouvaient en avoir que lorsque les eaux étaient basses. Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gensane, t. 1, p. 193.
c. Le pays des Tarhelliens, que quelques-uns disent être le territoire de Tarbes, d’autres celui
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Vosges près de Steingraben, où l’on a trouvé des feuilles d’or vierge d’un haut titre, dans un spath fort blanc une autre à Saint-Marcel-lez-Jussey en Franche-Comté, que l’éboulement des terres n’a pas permis de suivre. Les Romains ont travaillé des mines d’or à la montagne d’Orel en Dauphiné; et l’on connaît encore aujourd’hui une mine d’argent tenant or, à l’Hermitage, au-dessus de Tain, et dans la montagne du Pontel en Dauphiné : on en a aussi reconnu à Banjoux en Provence; à Londat, à Rivière et à la montagne d’Argentière, dans le comté de Foix, dans le Bigorre, en Limousin, en Auvergne, et même en Normandie et dans l’Ile-de-France*'; toutes ces mines et plusieurs autres, étaient autrefois bien connues et même exploitées; mais l’augmentation de la quantité du métal venu de l’étranger a fait abandonner le travail de ces mines, dont le produit n’aurait pu payer la dépense, tandis qu’anciennement ce même travail était très-profitable.
En Hongrie, il y a plusieurs mines d’or dont on tirerait un grand produit, si ce métal n’était pas devenu si commun ; la plupart de ces mines sont travaillées depuis longtemps, surtout dans les montagnes de Cremnitz et de Schemnitz % où l’on trouve encore de temps en temps quelques nouveaux filons : il y en avait sept en exploitation dans le temps d’Alphonse Barba, qui dit que la plus riche était celle de Cremnitz**; elle est d’une grande étendue, et l’on assure qu’on y travaille depuis plus de mille ans ; on l’a fouillée dans plusieurs endroits à plus de cent soixante brasses de profondeur. Il y a aussi des mines d’or en Transylvanie, dans lesquelles on a trouvé de l’or vierge Rzaczynski parle des mines des monts Krapacks,
de Dax, produisait autrefois de l’or, suivant le témoignage de Strabon : « Aquitaniæ solum , « quod est ad littus Oceani, majore sui parte arenosum est et tenue... Ibi est etiam sinus isth- « mum efflciens, qui pertinet ad sinum Gallicum in Narbonensi orâ, idemque cum illo sinu h'c « sinus nomen babet : Tarbelli hune sinum tenent, apud quos optima sunt auri metalla; in « fossis euim non altè actis inveniuntur auri laminæ manum implentes, aliquando exiguà « iudigentes repurgatione ; reliquium rameuta et glebæ sunt, ipsæ quoque non multum operis « desiderantes. » Strabon, lib. iv.
а. Mémoires sur l'exploitation des mines, par M. de Gensane, dans ceux des Savants étrangers, t. IV, p. 141.
б. Hellot, Traité de la fonte des mines de Schlutter, t. I, page 1 jusqu’à 68.
c. Gazette d' Agriculture , article Pétershourg , du 22 août 1775.
d. Les sept mines d’or de Hongrie ne sont pas éloignées les unes des autres ; voici leurs noms : Cremnitz, Schemnitz, Newsol, Koningsberg, Bolientz, Libeten et Hin. On trouve dans celle de Cremnitz des morceaux de pur or. Métallurgie d’ .Alphonse Barba, t. II, p. 285.
e. Dans plusieurs exploitations de la Transylvanie, les veines d’or ne produisent point de minerai tant qu’il y a du quartz bien blanc, peu dense, clair, et d’une couleur transparente comme de l’eau; dès qu’il commence à avoir une couleur grisâtre ou brunâtre, qu’il devient plus dense et avec des cavités cristalliques, l’or commence à se faire voir. Instruction sur l’art des mines, par M. Délius, traduction, t. I, p. 52. — Beaucoup de veines dans la Transylvanie, dont on a retiré dans les moyennes hauteurs de l’or vierge, se sont changées, dans les profondeurs, en minerai de plomb ou en mine morte, ou bien elles sont devenues tout à fait stériles. Idem, p. 72.
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et entre autres d’une veine fort riche dont l’or est en poudre En Suède, on a découvert quelques mines d’or, mais le minerai n’a rendu que la trente-deuxième partie d’une once par quintal enfin on a aussi reconnu de l’or en Suisse, dans plusieurs endroits de la Valteline, et particulièrement dans la montagne de l’Oro , qui en a tiré son nom. L’on en trouve aussi dans le canton d’Underwald; plusieurs rivières dans les Alpes, en roulent des paillettes; le Rhin, dans le pays des Grisons, la Reuss, l’Aai’ et plusieurs autres, aux cantons de Lucerne, de Soleure, etc. Le Tage et quelques autres fleuves d’Espagne ont été célébrés par les anciens, à cause de l’or qu’ils roulent, et il n’est pas douteux que toutes ces paillettes et grains d’or que l’on trouve dans les eaux qui découlent des Alpes, des Pyrénées et des montagnes intermédiaires, ne proviennent des mines primitives renfermées dans ces montagnes, et que si l’on pouvait suivre ces courants d’eau chargés d’or jusqu’à leur source, on ne serait pas éloigné du lieu qui les recèle; mais je le répète, ces travaux seraient maintenant trèsinutiles, et leur produit bien superflu. J’observerai seulement , d’après l’exposition qui vient d’être faite, que les rivières aurifères sont plus souvent situées au couchant qu’au levant des montagnes. La France, qui est à l’ouest des Alpes, a beaucoup plus de cet or de transport, que l’Italie et l’Allemagne, qui sont situées à l’est. Nous verrons, par l’examen des autres régions où l’on recueille l’or en paillettes, si cette observation doit être présentée comme un fait général.
La plupart des peuples de l’Asie ont anciennement tiré de l’or du sein de la terre, soit dans les montagnes qui produisent ce métal, soit dans les rivières qui en charrient les débris. Il y en a une mine en Turquie, à peu de distance du chemin de Salonique à Constantinople, qui, du temps du voyageur Paul Lucas, était en pleine exploitation et affermée par le Grand- Seigneur'*. L’îledeThasos, aujourd’hui Thaso dans l’Archipel, était célèbre chez les anciens, à cause de ses riches mines d’or : Hérodote en parle, et dit aussi qu’il y avait beaucoup d’or dans les montagnes de la Thrace, dont l’une s’éboula par la sape des grands travaux qu’on y avait faits pour en tirer ce métal «. Ces mines de l’île de Thaso sont actuellement abandonnées; mais il y en a une dans le milieu de l’ile de Chypre près de la ville de Nicosie, d’où l’on tire encore beaucoup d’or f.
Dans la Mingrélie, à six journées de Teflis, il y a des mines d’or et d’ar-
a. Voyez les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1762, p. 318.
b. Mémoires de l’Académie de Suède, t. II.
c. Mémoires de V Académie des Sciences, année 1762, p. 318. — Mémoire, sans nom d’auteur, sur les Curiosités de la Suisse
d. Troisième Voyage de Paul Lucas, Rouen, 1719, t. I, p. 60.
e. Description de l’Archipel, par Dapper; Amsterdam, 1703, p. 254.
f. Idem, ibidem, p. 52.
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gent“: on en trouve aussi dans la Perse, auxquelles il parait qu on a travaillé anciennement; mais on les a abandonnées comme en Europe, parce que la dépense excédait le produit, et aujourd’hui tout l’or et l’argent de Perse vient des pays étrangers ^
Les montagnes qui séparent le Mogol de la Tartarie sont riches en mines d’or et d’argent; les habitants de la Buckarie recueillent ces métaux dans le sable des torrents qui tombent de ces montagnes'. Dans le Thibet, au delà du royaume de Cachemire, il y a trois montagnes, dont l’une produit de l’or, la seconde des grenats, et la troisième du lapis ; il y a aussi de l’or au royaume de Tipra'^ et dans plusieurs rivières de la dépendance du Grand Lama, et la plus grande partie de cet or est transportée à la Chine '. On a reconnu des mines d’or et d’argent dans le pays d’Azem , sur les frontières du Mogol f. Le royaume de Siam est l’un des pays du monde où l’or paraît être le plus commun 9; mais nous n’avons aucune notice sur les mines de cette contrée ; la partie de l’Asie où l’on trouve le plus d’or est l’île de Sumatra; les habitants d’Achem en recueillent sur le penchant des montagnes, dans les ravines creusées par les eaux ; cet or est en petits morceaux et passe pour être très-pur* : d’autres voyageurs disent, au contraire, que cet or d’Achem est de très-bas aloi, même plus bas que celui de la Chine; ils ajoutent qu’il se trouve à l’ouest ou sud-ouest de l’île, et que quand les Hollandais vont y chercher le poivre, les paysans leur en apportent une bonne quantité * : d’autres mines d’or dans la même île se trouvent aux environs de la ville de Tikon ^ ; mais aucun voyageur n’a donné d’aussi bons renseignements sur ces mines que M. Herman Grimm, qui a fait sur cela, comme sur plusieurs autres sujets d’histoire naturelle, de très-bonnes observations *.
a. Voyages de Tavernier; Rouen, 1713, 1. 1, p. 453.
b. Les Persans ont cessé le travail de leurs mines depuis que l'or et l’argent sont devenus communs, tant par celui qu’on leur porte d’Europe que par la quantité d’or très-considérable qui sort de l’Abyssinie, de l’ile de Sumatra, de la Chine et du Japon. Voyages de Tavernier; Rouen, 1713, t. Il, p. 12 et 263.
c. Histoire générale des Voyages, t, VII, p. 211.
d. Voyages de Tavernier, etc., t. IV, p. 86.
e. Histoire générale des Voyages, t. VI, p. 108.
f. Vogages de Tavernier, etc , t. IV, p. 193.
g. L’or parait être extrêmement commun à Siam , si l’on en juge par la vaisselle du roi et de l’éléphant blanc, qui est toute d’or, et par plusieurs grandes pagodes et autres ornements qui sont d’or massif dans les temples et les palais. Histoire de Siam, par Gervaise; Paris, 1688, page 296.
h. Lettres édifiantes; Paris, 1703, troisième Recueil, p. 73.
i. Voyages de Tavernier, t. IV, p. 83.
j. Histoire générale des Voyages, t. IX, p. 34.
k. Selon M. Herman-Nicolas Grimm , les mines de Sumatra se trouvent dans des montagnes qui sont à trois milles environ de Sillida ; elles appartiennent à la Compagnie hollandaise des Indes orientales : leur profondeur est de quatorze toises à peu près; elles sont percées de routes souterraines... Les filons varient depuis un doigt jusqu'à deux palmes; on y trouve : 1® une
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L’île de Célèbes ou de Macassar produit aussi de l’or que l’on tire du sable des rivières ^ : il en est de même de l’île de Bornéo ^ et dans les montagnes de nie de Timor il se trouve de l’or très-pur Il y a aussi quelques mines d'or et d’argent aux Maldives à Ceylan % et dans presque toutes les îles de la mer des Indes jusqu’aux îles Philippines, d’où les Espagnols en ont tiré une quantité assez considérable ^
Dans la partie méridionale du continent de l’Asie, on trouve, comme dans les îles, de très-riches mines d’or, à Camboye s, à la Cochinchine *, au Tun-
mine d’argent noirâtre dans du spath blanc; elle est entremêlée de filets brillants couleur d’or... Cette mine est riche en or et en argent;
2® Une autre mine noire d’argent, entrecoupée de plusieurs stries d’or; le filon n’a guère qu’un doigt de diamètre en certains endroits ;
3® Une mine grise, semée de points noirâtres; elle donne un marc d’argent, et près de deux onces d’or par quintal...;
4® Une mine qui se trouve par morceaux détachés, couverte d’efflorescence d’argent, de couleur bleuâtre ; elle contient aussi du fer : son produit est de dix à douze marcs d’argent , avec quelques onces d’or par quintal...
Non loin de cette mine est un endroit appelé Tambumpuora, où les naturels du pays recueillent de l’or... Il y a une crevasse ou ravine dans la montagne par où l’eau tombe dans le vallon; ils prennent la terre et le sable de cette ravine, en font la lotion, et trouvent l’or au fond des vaisseaux. Collection académique , partie étrangère, t. VI, p. 296 et suiv.
а. Voyages de Tavernier, t. IV, p. 85.
б. Histoire générale des voyages, t. XI, p. 485.
c. Idem , ibidem, p. 249.
d. Découvertes des Portugais, par le P. Laffiteau; Paris, 1733, t. I, p. 553.
e. Recueil des Voyages des Hollandais; Amsterdam, 1702, t. Il , pag. 256 et 510.
f. Dans les montagnes de l’ile de Masbaste, l’une des Philippines, il y a de riches mines d’or à vingt-deux carats, et le contre-maître du galion le Saint-Joseph, sur lequel je passai à la Nouvelle-Espagne, y étant un jour descendu, en tira en peu de temps une once et un quart d’or très-fin; on ne travaille point aujourd’hui aces mines. Gemelli Carreri, Voyages autour du monde, t. V, pag. 89 et 90. — Dans plusieurs autres des îles Philippines, les montagnes contiennent aussi des mines d’or, et les rivières en charrient dans leurs sables : le gouverneur m’a dit que l’on ramasse en tout environ pour deux cent mille pièces de huit tous les ans, ce qui se fait sans le secoms du feu ni du mercure, d’où l’on peut conjecturer quelle prodigieuse quantité on en tirerait, si les Espagnols voulaient s’y attacher comme ils ont fait en Amérique...
La province de Paracule en a plus qu’aucune autre, aussi bien que les rivières de Bo.xtuan, desPintados, de Cantanduam, de Masbaste et de Bool, ce qui faisait qu’autrefois un nombre infini de vaisseaux en venaient trafiquer. Idem, ibidem, t. Y, pag. 123 et 124. — Les habitants de Mindanao trouvent de fort bon or en creusant la terre et dans les rivières, en y faisant des fosses avant que le flot arrive. Idem, p. 208. — L’or se trouve presque dans toutes les lies Philippines; on en trouvait autrefois beaucoup : on m’a assuré que la quantité qu’on en tirait, soit des mines, soit des sables que les rivières charrient, montait à deux cent mille piastres, année commune... Mais à présent le travail des mines est négligé... et malgré tous les encouragements que la cour de Madrid a accordés aux Manillois, on tire aujourd’hui très-peu d’or des Philippines. Voy. dans les mers de l’Inde, par M. le Gentil, t. II, p. 30 et 31 ; Paris,1781, in-4®.
g. Mendez Pinto rapporte qu’entre les royaumes de Camboye et de Campa, en Asie, est une rivière qui se décharge dans la mer, à neuf degrés de latitude nord, et vient du lac Binator, qui est à deux cent cinquante lieues dans les terres , que ce lac est environné de hautes montagnes, au pied desquelles on trouve des mines d’or, dont la plus riche est auprès du village nommé Chincaleu , et que l’on tirait de ces mines chaque année pour la valeur de vingt-deux millions de notre monnaie. Histoire générale des Voyages, t. X, pag. 327 et 328.
h Idem, t. IX, p. 34.
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quin®, à la Chine où plusieurs rivières en charrient*’; mais, selon les voyageurs, cet or de la Chine est d’assez bas aloi ‘ : ils assurent que les Chinois apportent à Manille de l’or qui est très-blanc, très-mou, et qu’il faut allier avec un cinquième de cuivre rouge, pour lui donner la couleur et la consistance nécessaires dans les arts. Les îles du Japon et celle de Formose % sont peut-être encore plus riches en mines d’or que la Chine ; enfin l’on trouve de l’or jusqu’en Sibérie en sorte que ce métal, quoique
a. Dans la partie septentrionale du Tunquin , il y a plusieurs montagnes qui produisent de l’or. Voyages de Dampier, t. ITI , p. 25.
b. Dans la province de Kokonor, il y a une rivière nommée en langue mongole Altan-kol ou rivière d'or, qui est peu profonde et se rend dans les lacs de Tsing-fuhay; les habitants du pays emploient tout l’été à recueillir l’or de Kokonor... Cet or, venu apparemment des montagnes voisines, est fort estimé, et se vend dix fois son poids d'argent... La rivière de Chy-chakyang, dont le nom chinois signifie rivière d’or, comme Altan-kol en langue mongole, charrie aussi de l’or. Hist. générale des Voyages, t. VII, p. 108. — Il y a non-seulement à la Chine des rivières qui charrient de l’or, mais des minières dans les montagnes de Se-chuen et de Yun-nan, du côté de l’ouest ; la seconde de ces provinces passe pour la plus riche : elle reçoit beaucoup d’or d’un peuple nommé Lolo, qui occupe les parties voisines d’Ava, de Pégu et de Laor; mais cet or n’est pas des plus beaux... Le plus beau se trouve dans les districts de Li-kiang-fu et de Yang-chang-fu. Idem, t. VI, p. 484.
c. Il y a plusieurs mines d’or à la Chine, mais en général il est moins pur que celui du Brésil ; les Chinois en font néanmoins un très-grand commerce. Voyages de le Genül ; Paris, 1725, t. II, p. 15.
d. Le Japon passe pour la contrée de toute l’Asie la plus riche en or, mais on croit que la plus grande partie vient de l’ile de Formose. Voyages de Tavernier, t. IV, p. 85. — Quelques provinces de l’empire du Japon possèdent des mines d’or... Le commerce s’en fait en or de fonte et en or en poudre, que l’on tire des rivières... Les pdus abondantes mines de l’or le plus pur ont été longtemps les mines de Sado, une des provinces septentrionales de Niphon : on y recueille encore quantité de poudre d’or. Les mines de Suronga sont aussi très-estimées; mais les unes et les autres commencent à s’épuiser; on en a découvert de nouvelles auxquelles il est défendu de travailler... Une montagne située sur le golfe d’Okas, s’étant écroulée dans la mer à la fin du siècle passé, on trouva que le sable du lieu qu’elle avait occupé était mêlé d’or pur... Dans la province de Chiango et dans File d’Amakusa, il y a aussi des mines d’or, mais on ne peut y travailler, à cause des eaux. Hist. génér. des Voyages, t. X , p. 654.
e. Il y a une grande quantité de mines d’or et d’argent dans File de Formose, et on en trouve de même beaucoup dans les iles des Voleurs et autres îles adjacentes; mais For de File des Voleurs n’est pas un métal pur : il y a dans ces îles, sans parler de celles des Voleurs, trois mines d’or et trois mines d’argent fort abondantes... Ces insulaires estimaient plus l’argent que For, parce que ce précieux métal y était très-commun... Tous leurs ustensiles étaient ordinairement d’or ou d’argent... Leurs temples, soit dans les villes, soit à la campagne, étaient pour la plupart couverts d’or; mais depuis que les Hollandais leur ont porté du fer pour en avoir de For, ils Font moins prodigué. Description de Vile Formose; Amsterdam, 1705, pages 167 et 168.
f. La Sibérie a des mines d’or, mais dont le produit ne vaut pas la dépense ; elles sont aux environs de Kathérinhourg : une terre blanche tirant sur le gris, mêlée de quelques couches de terre martiale, indique la mine d’or. A peine a-t-on creusé deux pieds que les filons paraissent... Ces mines sont dans des glaises bleues, et se terminent ordinairement à des couches d’ocre; l’br est communément dans le quartz et souvent dans une ocre très-friable : on le trouve par petites paillettes, qu’on sépare au lavage. Cette mine d’or et quatre autres se trouvent à peu près sous la même latitude, et elles sont à plus de deux cents toises au-dessus du niveau de la mer, et renfermées dans des matières vitrifiables, tandis que les mines de cuivre ne sont qu’à cent quatre-vingts toises au-dessus du même niveau de la mer, et mêlées de matières calcaires.
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plus abondant dans les contrées mériodionales de l’Asie , ne laisse pas de se trouver aussi dans toutes les régions de cette grande partie du monde.
Les terres de l’Afrique sont plus intactes, et par conséquent plus riches en or que celles de l’Asie ; les Africains en général , beaucoup moins civilisés que les Asiatiques, se sont rarement donné la peine de fouiller la terre à de grandes profondeurs, et quelque abondantes que soient les mines d’or dans leurs montagnes, ils se sont contentés d’en recueillir les débris dans les vallées adjacentes, qui étaient, et même sont encore très-richement pourvues de ce métal : dès l’année 1442, les Maures, voisins du cap Bajador, offrirent de la poudre d’or aux Portugais, et c’était la première fois que les Européens eussent vu de l’or en Afrique La recherche de ce métal suivit de près ces offres; car, en 1461, on fit commerce de l’or de la Mina^, (or de la mine) au cinquième degré de latitude nord, sur cette même côte qu’on a depuis nommée la Côte d‘Or. Il y avait néanmoins de l’or dans les parties de l’Afrique anciennement connues, et dans celles qui avaient été découvertes longtemps avant le cap Bajador ; mais il y a toute apparence que les mines n’en avaient pas été fouillées ni même reconnues; car le voyageur Pmberts est le premier qui ait indiqué des mines d’or dans les îles du Cap-Vert La Côte-d’Or est encore aujourd'hui l’une des parties de l’Afrique qui produit la plus grande quantité de ce métal ; la rivière d’Axim en charrie des paillettes et des grains qu’elle dépose dans le sable en assez grande quantité pour que les Nègres prennent la peine de plonger et de tirer ce sable du fond de l'eau On recueille aussi beaucoup d’or par le
Histoire générale des Voyages, t. XIX, pag. 475 et 47G. — Les jmines de Kathériutourg rendent annnellement deux cents à deux cent quatre-vingts livres d’or. Journal politique, 15 fév. 1776, article Paris.
a. « Gonzalez reçut, pour la rançon de deux jeunes gens qu’il y avait faits prisonniers, une « quantité considérable de poudre d’or; ce fut la première fois que l'Afrique lit luire ce précieux « métal aux yeux des aventuriers portugais, et cette raison leur fit donner à un ruisseau, « environ sLx lieues dans les terres, le nom de Rio d’Oro. » Histoire générale des Voyages,
h. DesmarcLais dit que les habitants du canton de Mina... tirent beaucoup d’or de leurs rivières et des ruisseaux ; il assure qu’à la distance de quelques lieues au nord et au nord-est du château, il y a plusieurs mines de ce métal, mais que les Nègres du pays n’ont pas plus d'habileté à les faire valoir que ceux de Bambuk et de Tombut en ont dans le royaume de Galam. Cependant, continue-t-il, elles doivent être fort riches, pour avoir fourni aussi longtemps autant d’or que les Portugais et les Hollandais en ont tiré. Pendant que les Portugais étaient en possession de Mina, ils ne prenaient pas la peine d’ouvrir leurs magasins, si les marchands nègres n’apportaient cinquante marcs d’or à la fois. Les Hollandais qui sont établis dans le même lieu, depuis plus d’un siècle, en ont apporté d’immenses trésors; on prétend qu’ils ont fait de grandes découvertes dans l’intérieur des terres, mais qu’ils jugent à propos de les cacher au public. Idem, t. IV, p. 44.
c. Dans l’ile Saint-Jean, au cap Vert, le voyageur Roberts grimpa sur un des rochers, où il trouva de l’or en filets dans la pierre, et entre autres une partie plus grosse et longue comme le doigt, qu’il eut de la peine à tirer du roc dans lequel la veine d’or s’enfoncait beaucoup plus. Idem , t. II , p. 295.
d. Histoire générale des Voyages, t. II, p. 530 et suiv. — Sur la côte d’Or eu Afrique, la
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lavage dans les terres du royaume de Kanon à l’est et au nord-est de Galam, où il se trouve presque à la surface du terrain ; il y en a aussi dans le royaume de Tombut, ainsi qu’à Gago et à Zamfara : il y en a de même dans plusieurs endroits delà Guinée ^ et dans les terres voisines de la rivière deGambra% ainsi qu’à la côte des Dents il y a aussi un grand nombre de raines d’or dans le royaume de Butna, qui s’étend depuis les montagnes
rivière d’Axim , qui roule des paillettes d’or, est à peine navigable. Les habitants cherchent ce métal dans le fond de cette rivière, en s’y plongeant et ramassant une quantité de sable, dont ils remplissent une calebasse avant de reparaître sur l’eau; ensuite ils cherchent l’or dans cette matière qu’ils ont rapportée dans leurs calebasses : il se trouve en paillettes et en grains après le lavage de cette matière. Dans la saison des pluies, où la rivière d’Axiin et les ruisseaux qui y aboutissent se gonflent considérablement, on trouve dans leur sable des grains d’or plus gros et en plus grande quantité; cet or est très-pur. Bosman, ibid., t. IV, p. 19. — L’or le plus fin de la côte d’Or est celui d’Axim; on assure qu’il est à vingt-deux et même vingt-trois carats : celui d’Acra ou de Tasor est inférieur; celui d’Akanez etd’Achem suit immédiatement, et celui de Fétu est le pire... Les peuples d’Axim et d’Achem le tirent du sable de leurs rivières... L’or d’Acra vient de la montagne deTafu, qui est à trente lieues dans l’intérieur des terres. L’or d’Akanez et de Fétu est tiré de la terre sans grande fatigue... mais l’or de ce pays ne passe jamais de vingt à vingt et un carats... Rien n’est si commun parmi ces Nègres que les bracelets et les ornements d’or... La vaisselle de leurs rois, leurs fétiches sont entièrement d’or... Ils distinguent de trois sortes d’or, le fétiche, les lingots et la poudre. L’or fétiche est fondu et communément allié à quelque autre métal; les lingots sont des pièces de différents poids, tels, dit-on , qu’ils sont sortis de la mine. ÎSI. Phips en avait un qui pesait trente onces : cet or est aussi très-sujet à l’alliage. La meilleure poudre d’or est celle qui vient des royaumes intérieurs, de Dumkira, d’Akim et d’Akanez ; on prétend qu’elle est tirée du sable des rivières. Les habitants creusent des trous dans la terre, près des lieux où l’eau tombe des montagnes, et l’or y est arrêté p.ar son poids... Les Nègres de cette côte ont des filières pour tirer l'or en fil. Histoire générale des Voyages, t. IV, p. 215 et 216.
a. Idem, t. II , pag. 530, 531 et 534.
b. En Guinée, les Nègres recueillent les paillettes d’or, qui se trouvent en assez grande quantité dans la plupart des ruisseaux qui découlent des montagnes. Histoire générale des Voyages, t. I, p. 257. — Il y a trois endroits où les habitants du pays cherchent l’or : I« dans les montagnes; 2° auprès des rivières, où l’eau en entraîne de petites parties avec le sable ; 3» au bord de la mer, où l’on trouve de petites sources d’eau vive dans lesquelles il y a de l’or, et il s’en trouve beaucoup plus qu’à l’ordinaire dans le temps des grandes pluies. Cependant ce travail , qui se fait en lavant le sable de ces sources ou ruisseaux, ne produit souvent qu’une trèspetite quantité d’or, et quelquefois point du tout; mais aussi il donne quelquefois par hasard des grains ou pépites rm peu grosses. Voyage en Gainée , par Bosman, lettre vi, page 82. — Dans la province de Dinkira, qui est à cinq ou six journées de distance de la côte de Guinée, et dans quelques autres contrées de cette même région, il y a des mines d’or, dont les Nègres font le commerce avec les marchands européens qui fréquentent cette côte; l’or qu’apportent ceux de Dinkira est bon et pur... Ceux d’Acany apportent de l’or d’Asiant et d’Axim, et de celui qu’ils tirent dans leur pays ; cet or est d’une grande pureté... Il n’y a point de pays que nous connaissions dont il sorte tant d’or que de celui d’Axim, et c’est le meilleur de toute cette côte ; on le connaît aisément à sa couleur obscure... Il y a encore plus d’or à Asiant qu’à Dinkira; ii en est de même du pays d’Anamé, situé entre Asiant et Dinkira... On en tirait aussi beaucoup du pays d’Awiné, qui est situé sur la côte fort au-dessus d’Axim. Idem, ibid.
c. Il y a de l’or dans les terres des Nègres Mandingos, qui sont voisins de la rivière Gambra; ces Nègres apportent l’or en petits lingots façonnés en forme d’anneaux : ils disent que cet or n’est pas de l’or lavé et tiré en poudre des sables ou de la terre, mais qu’il se trouve dans les montagnes, à vingt journées de Kower. Histoire générale des Voyages, t. III, p. 632.
d. Le royaume de Guiomeré, sur la côte d’ivoire, en Afrique, est abondant en or. Idem, ibid.
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de la Lune Jusqu’à la rivière de Maguika®, et un plus grand nombre encore dans le royaume de Bambuk \
Tavernier fait mention d’un morceau d’or naturel, ramifié en forme d’arbrisseau, qui serait le plus beau morceau qu’on ait jamais vu dans ce genre, si son récit n’est pas exagéré Pyrard dit aussi avoir vu une branche d’or massif et pur, longue d’une coudée et branchue comme du corail, qui avait été trouvée dans la rivière de Couesme ou Couama, autrement appelée rivière noire, à Sofala. Dans l’Abyssinie, la province de Goyame est celle où se trouvent les plus riches mines d’or'* : on porte ce métal, tel qu’on le tire de la mine, à Gondar, capitale du royaume, et on l’y travaille pour le purifier et le fondre en lingots. Il se trouve aussi en Éthiopie, près
а. Histoire générale des Voyages, t. V, p. 228.
б. L'or est si commun dans le territoire de Bambuk , que pour en avoir il suffit de racler la superficie d’une terre argileuse, légère et mêlée de sable. Lorsque la mine est très-ricbe, elle est fouillée à quelques pieds de profondeur et jamais plus loin, quoiqu’elle paraisse plus abondante à mesure qu’on creuse davantage : ces mines sont plus riches que celles de Galam, de Tombut et de Bambara. Histoire philosophique et politique des deux Indes; Amsterdam, 1772, t. I, page 516... Les mines de Bambuk qui furent ouvertes en 1716, produisent beaucoup d’or en poudre et en grains, qu’on trouve dans la terre à peu de profondeur, et on l’eu retire par le lavage; cet or est très-pur... Ces mines qui sont dans des terres argileuses de différentes couleurs , mêlées de sable , sont très-aisées à être exploitées , et dix hommes y font plus d’ouvrage et en tirent plus d’or que cent dans les plus riches mines du Pérou et du Brésil... Les Nègres n’ont remarqué autre chose pour la connaissance des mines d’or dans ce pays , sinon que les terres les plus sèches et les plus stériles sont celles qui en fournissent le plus... Ils ne creusent jamais qu’à six , sept ou huit pieds de profondeur, et ne vont jamais plus loin quoique l’or y devienne souvent plus abondant, parce qu’ils ne savent pas faire des charpentes capables de soutenir les terres. Histoire générale des Voyages, t. Il, pages 640 et 6H... A vingt-cinq lieues de la jonction de la rivière Falemé avec le Sénégal, il y a une mine d’or dans un canton haut et sablonneux, que les Nègres se contentent, pour ainsi dire , de gratter sans la fouiller profondément... Il y en a d’autres à cinquante lieues de cette même jonction, dans les terrains qui avoisinent la rivière Falemé... Les mines de Ghinghi-Faranna sont à cinq lieues plus loin... Tous les ruisseaux qui arrosent ce grand territoire, et qui vont se jeter dans la rivière de Falemé, roulent beaucoup d’or que les Nègres recueillent avec le sable qui en est encore plus chargé que les terres voisines... Les montagnes voisines de Ghinghi-Faranna sont couvertes d’un gravier doré qui paraît fort mêlé de paillettes d’or...
La plus riche de toutes les mines du Bambuk est celle qui a été découverte en 1716; elle est au centre du royaume, à trente lieues de la rivière de Falemé à Test, et quarante du fort Saint- Pierre à Kaygnure, sur la même rivière. Elle est d’une abondance surprenante, et l’or en est fort pur. Il y a une grande quantité d’autres mines dans ce pays dans l’espace de quinze à vingt lieues... Tout ce terrain des mines est environné de montagnes hautes, nues et stériles... Ou trouve dans tout ce pays des trous faits par les Nègres d’environ dix pieds de profondeur ; ils ne vont pas plus bas , quoiqu’ils conviennent tous que l’or est plus abondant dans le fond qu’à la surface. Histoire générale des Voyages , t. II , pages 642 et suiv.
c. Dans les présents que le roi d’Éthiopie envoyait au Grand-Mogol, il y avait un arbre d’oi de deux pieds quatre pouces de haut, et gros de cinq ou six pouces par la tige. Il avait dix ou douze branches dont quelques-unes étaient plus petites : à quelques endroits des grosses branches, on voyait quelque chose de raboteux, qui en quelque sorte ressemblait à des bourgeons, Les racines de cet arbre, que la nature avait ainsi fait, étaient petites et courtes, et la plus longue n’avait pas plus de quatre ou cinq pouces. Voyages de Tavernier, t. IV, pages 86 et suiv.
d. Lettres édifiantes , quatrième Recueil, page 338,
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d’Helem, de l’or disséminé dans les premières couches de la terre, et cet or est très-fm“; mais la contrée de l’Afrique la plus riche, ou du moins la plus anciennement célèbre par son or, est celle de Sofala et du Monomotapa*’ : on croit, dit Marmol, que le pays d’Ophir, d’où Salomon lirait l’or pour orner son temple, est le pays même de Sofala; cette conjecture serait un peu mieux fondée en la faisant tomber sur la province de Monomotapa, qui porte encore actuellement le nom d’Ophur ou Ofur'; quoi qu’il en soit, celte abondance d’or à Sofala et dans le pays d’Ofur au Monomolapa ne paraît pas encore avoir diminué, quoiqu’il y ait toute apparence que de temps immémorial la plus grande partie de l’or qui circulait dans les provinces orientales de l’Afrique et même en Arabie venait de ce pays de Sofala. Les principales mines sont situées dans les montagnes, à cinquante lieues et plus de distance de la ville de Sofala : les eaux qui découlent de ces montagnes entraînent une infinité de paillettes d’or et de grains assez gros*^. Ce
a. Lettres édifiantes , quatrième Recueil, page 400.
h. Le royaume de Sofala est arrosé principalement par deux grands fleuves, Rio del Espirito- Santo et Cuama. Ces deux fleuves et toutes les rivières qui s’y déchargent sont célèbres par le sable d’or qui roule avec leurs eaux. Au long du fleuve de Cuama, il y a beaucoup d’or dont les mines sont fort abondantes; ces mines portent le nom de Manica, et sont éloignées d'environ cinquante lieues au sud de la ville de Sofala : elles sont environnées par un circuit de trente lieues de montagnes, au-dessus desquelles l’air est toujours serein. Il y a d’autres mines à cent cinquante lieues qui avaient précédemment beaucoup plus de réputation : on trouve dans ce grand pays des édifices d’une structure merveilleuse, avec des inscriptions d’un caractère inconnu. Les habitants ignorent tout à fait leur origme. Histoire générale des Voyages , t. I, pag. 9 et 91.
c. Les plus riches mines d’or du royaume de Mongas, dans le Monomotapa, sont celles de Massapa, qui portent le nom d’Ofnr ; on y a trouvé un lingot d’or de douze mille ducats, et un autre de quarante mille. L’or s’y trouve non-seulement entre les pierres, mais même sous l’écorce de certains arbres jusqu’au sommet, c’est-à-dire jusqu’à l’endroit où le tronc commence à se diviser en branches. Les mines de Mancbika et de Butna sont peu inférieures à celles d’Ofur. Hist. générale des Voyages, t. V, p. 224. — Cet empire est arrosé de plusieurs rivières qui roulent de l’or; telles sont Passami, Luanga, Mangiono et quelques autres. Dans les montagnes qui bordent la rivière de Cuama, on trouve de l’or en plusieurs endroits, soit dans les mines, ou dans les pierres, ou dans les rivières; il y en a aussi beaucoup dans le royaume de Butna. Recueil des Voyages de la Compagnie des Indes, t. III, p. 625. — C’est du Monomotapa et du côté de Sofala et de Mozambique que se tire l’or le plus pur de l’Afrique ; on le tire sans grande peine en fouillant la terre de deux ou trois pieds seulement , et dans ces pays, qui ne sont point habités, parce qu’il n’y a point d’eau, il se trouve sur la surface de la terre de l’or par morceaux de toutes sortes de formes et de poids, et il y en a qui pèsent jusqu’à une ou deux onces. Tavernier, t. IV, pag. 86 et suiv.
d. Il y a des mines d’or qui sont à cent et deux cents lieues de Sofala, et l’on y rencontre, aussi bien que dans les fleuves, l’or en grains, quelques-uns dans les veines des rochers, d’autres qui ont été entraînés l’hiver par les eaux, et les habitants le cherchent l’été quand les eaux sont basses ; ils se plongent dans les tournants et en tirent du limon, qui, étant lavé, il se trouve de gros grains d’or en plus ou moindre quantité. L’Afrique de Marmol, t. III, p. 113. — Entre Mozambiijue et Sofala, on trouve une grande quantité d’or pur et en poudre dans le sable d’une rivière qu’on appelle le Fleuve Noir... Tout cet or de Sofala est en paillettes, en poudre et en petits grains, et fort pur. Voyage de Fr. Pijrard de Laval , t. II , p. 247. — Les Cafres de Sofala font des galeries sous terre pour tâcher de trouver les mines d’or, dont ils recueillent les paillettes et les grains que les torrents et les ruisseaux entraînent avec les sables, et il arrive sou-
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métal est de même très-commun à Mozambique"; enfin l’île de Madagascar participe aussi aux richesses du continent voisin ; seulement il paraît que l’or de cette île est d’assez bas aloi, et qu’il est mêlé de quelques matières qui le rendent blanc, et lui donnent de la mollesse et plus de fusibilité*’.
L’on doit voir assez évidemment par cette énumération de toutes les terres qui ont produit et produisent encore de l’or, tant en Europe qu’en Asie et en Afrique, combien peu nous était nécessaire celui du Nouveau- Monde; il n’a servi qu’à rendre presque nulle la valeur du nôtre; il n’a même augmenté que pendant un temps assez court la richesse de ceux qui le faisaient extraire pour nous l’apporter; ces mines ont englouti les nations américaines et dépeuplé l’Europe : quelle ditférence pour la nature et pour l’humanité, si les myriades de malheureux qui ont péri dans ces fouilles profondes des entrailles de la terre eussent employé leurs bras à la culture de sa surface! Ils auraient changé l’aspect brut et sauvage de leurs terres informes en guérets réguliers, en riantes compagnes aussi fécondes qu’elles étaient stériles et qu’elles le sont encore; mais les conquérants ont-ils jamais entendu la voix de la sagesse, ni même le cri de la pitié? Leurs seules vues sont la déprédation et la destruction; ils se permettent tous les excès du fort contre le faible; la mesure de leur gloire est celle de leurs crimes, et leur triomphe l’opprobre de la vertu. En dépeuplant ce nouveau monde, ils l’ont défiguré et presque anéanti; les victimes sans nombre qu’ils ont immolées à leur cupidité mal entendue auront toujours des voix qui réclameront à jamais contre leur cruauté : tout l’or qu’on a tiré de l’Amérique pèse peut-être moins que le sang humain qu'on y a répandu.
Comme cette terre était de toutes la plus nouvelle, la plus intacte et la plus récemment peuplée, elle brillait encore, il y a trois siècles, de tout l’or et l’argent que la nature y avait versé avec profusion ; les naturels n’en
vent qu’ils trouvent, au moyen de leurs travaux, des mines assez abondantes, mais toujours mêlées de sable et de terre, et quelquefois en ramifications dans les pierres. Hist. de l’Ethiopie, par le P. Joan dos Santos; Paris, 1684, part, ii, pag. 115 et 116.
O. A Mozambique, la poudre d’or est commune et sert même de monnaie; on en apporte aussi du cap des Courants ; elle se trouve au pied des montagnes ou dans les sables amenés par les eaux. Quelquefois ü s’en trouve de gros morceaux très-purs; j’en ai vu un d’une demi-livre pesant, mais cela est fort rare. Voyage de Jean Moquet; Rouen, 1645, liv. iv, p. 260.
b. On voit, par le témoignage de Flacourt, qu’il y avait anciennement beaucoup d’or à Madagascar, et qu’il était tiré du pays même; cet or n’était en aucune façon semblable à celui que nous avons en Europe, étant , dit-il, plus blafard et presque aussi aisé à fondre que du plomb. Leur or a été fouillé dans le pays en diverses provinces, car tous les grands en possèdent et l’estiment beaucoup.. . Les orfèvres du pays ne sauraient employer notre or, disant qu’il est trop dur à fondre. Voyage à Madagascar; Paris, 1661, p. 83. — Il y a tant d’or à Madagascar, qu’il n’est pas possible qu’il y ait été apporté des pays étrangers; il a été tiré dans le f pays même. Il y en a de trois sortes : le premier qu’ils appellent or de Malacasse, qui est blafard, et ne vaut pas plus de dix écus l’once; c’est un or qui se fond presque aussi aisément que le plomb. Il y a de l’or que les Arabes ont apporté, et qui est beau, bien raffiné, et vaut bien l’or de sequin; le troisième est celui que les cbrétiens y ont apporté, et qui est dur à fondre. L’or de Malacasse est celui qui a été fouillé dans le pays. Idem, p. 148.
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avaient ramassé que pour leur commodité, et non par besoin ni par cupidité; ils en avaient fait des instruments, des vases, des ornements, et non pas des monnaies ou des signes de richesse exclusifs®; ils en estimaient la valeur par l’usage, et auraient préféré notre fer s’ils eussent eu l’art de l’employer : quelle dut être leur surprise lorsqu’ils virent des hommes sacrifier la vie de tant d’autres hommes, et quelquefois la leur propre à la recherche de cet or, que souvent ils dédaignaient de mettre en œuvre? Les Péruviens rachetèrent leur roi, que cependant on ne leur rendit pas, pour plusieurs milliers pesant d’or*’: les Mexicains en avaient fait à peu près autant et furent trompés de même; et pour couvrir l’horreur de ces violations, ou plutôt pour étouffer les germes d’une vengeance éternelle, on finit par exterminer presque en entier ces malheureuses nations; car à peine reste-t-il la millième partie des anciens peuples auxquels ces terres appartenaient, et sur lesquelles leurs descendants, en très-petit nombre, languissent dans l’esclavage ou mènent une vie fugitive. Pourquoi donc n’a-t-on pas préféré de partager avec eux ces terres qui faisaient leur domaine? Pourquoi ne leur en céderait-on pas quelque portion aujourd’hui, puisqu’elles sont si vastes et plus d’aux trois quarts incultes, d’autant qu’on n’a plus rien à redouter de leur nombre? Vaines représentations, hélas, en faveur de l’humanité ! Le philosophe pourra les approuver, mais les hommes puissants daigneront-ils les entendre?
Laissons donc celte morale affligeante, à laquelle je n’ai pu m’empêcher de revenir à la vue du triste spectacle que nous présentent les travaux des mines en Amérique: je n’en dois pas moins indiquer ici tes lieux où elles se trouvent, comme je l’ai fait pour les autres parties du monde; et, à commencer par l’île de Saint-Domingue, nous trouverons qu’il y a des mines d’or dans une montagne près de la ville de Sant-Iago-Cavallero, et, que les eaux qui en descendent entraînent et déposent de gros grains d’or ‘ : qu’il y
а. « Scelus fecit qui primus ex auro denariuni signavit. » Pline.
б. L'or était si commun au Pérou, que, le jour de la prise du roi Atabalipa par les Espagnols, ils se firent donner de l’or pour deux millions de pistoles d’Espagne ; on peut dire à peu près la même chose de ce qu’ils tirèrent du ülexique, après la prise du roi Montézuma. Histoire universelle des Voyages, par Montfraisier ; Paris, 1707, p. 318.
c. Histoire des Aventuriers ; Paris, 1680 , t. I , p. 70. — La rivière de Cibao, dans l’île d’Espagne, était la plus célèbre par la grande quantité d’or qu’on trouvait dans les sables. Histoire des Voyages, par Montfraisier, p. 319. — Charlevoix raconte qu’on trouva à Saint-Domingue, sur le bord de la rivière Hayna, un morceau d’or si grand qu’il pesait trois mille six cents écus d’or, et qui était si pur que les orfèvres jugèrent qu’il n’y aurait pas trois cents écus de déchet à la fonte: il y avait dans ce morceau quelques petites veines de pierre, mais ce n’était guère que des taches qui avaient peu de profondeur. Histoire de Saint-Domingue, t. I, p. 206. — Il se faisait, dans les commencements de la découverte de Saint-Domingue, quatre fontes d’or chaque année, deux dans la ville de Buena-Ventura pour les vieilles et les nouvelles mines de Saint-Christophe, et deux à la Conception, qu’on appelait communément la ville de la Vega, pour les mines de Cibao et les autres qui se trouvaient plus à portée de cette place. Chaque fonte fournissait dans la première de ces deux villes cent dix ou cent vingt mille marcs; celle
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en a de même dans l’île de Cuba® et dans celle de Sainte-Marie, dont les mines ont été découvertes au commencement du siècle dernier. Les Espagnols ont autrefois employé un grand nombre d’esclaves au travail de ces mines : outre l’or que l’on tirait du sable, il s’en trouvait souvent d’assez gros morceaux, comme enchâssés naturellement dans les rochers ^ L’île de la Trinité a aussi des mines et des rivières qui fournissent de l’or'.
Dans le continent, à commencer par l’isthme de Panama, les mines d’or se trouvent en grand nombre; celles du Dariensont les plus riches, et fournissent plus que celles de Veraguas et de Panama Indépendamment du produit des mines en montagnes, les rivières de cet isthme donnent aussi beaucoup d’or en grains, en paillettes et en poudre, ordinairement mêlé d’un sable ferrugineux qu’on en sépare avec l’aimant'; mais c’est au Mexique que l’or s’est trouvé répandu avec le plus de profusion; l’une des mines les plus fameuses est celle de Mezquital, dont nous avons déjà parlé : la pierre de cette mine, dit M. Bowles, est un quartz blanc mêlé en moindre quantité, avec un quartz couleur de bois ou de corne, qui fait feu contre l’acier; on y voit quelques petites taches vertes, lesquelles ne sont que des cristaux qui ressemblent aux émeraudes en groupes, et dont l’intérieur contient de petits grains d’orL Presque toutes les autres provinces du Mexique ont aussi des mines d’or ou des mines d’argent ^ plus ou moins mêlé d’or; selon le mêmeM. Bowles, celle de Mezquital, quoique la meilleure, ne donne au quintal que 30 onces d’argent et 22 | grains d’or*; mais il y a apparence qu’il a été mal informé sur la nature et le produit de cette mine; car si elle ne tenait en effet que 22 grains d’or, sur 30 onces d’argent par quintal, ce qui ne ferait pas 6 grains d’or par marc d’argent , on n’en ferait pas le départ à la monnaie de Mexico, puisqu’il est réglé par
de la Vega, cent vingt-cinq ou cent trente, et quelquefois cent quarante mille marcs : de sorte que l’or qui se tirait tous les ans des mines de toute l’ile montait à quatre cent soixante mille marcs. Idem, p. 265 et 266.
a. Voyage de Coréal; Paris, 1722, t. I, p. 8.
h. Histoire générale des Voyages, t. X, p. 353.
c. Idem, t. XIV, p. 336.
d. Idem, t. XIII, p. 277.
e. Voyage de Wafer; suite de ceux de Dampierre , t. IV, p. 170.
f. Histoire naturelle d’Espagne, p. 149.
g. Dans la province qui se nomme proprement Mexique, les cantons de Tuculula et de Tiapa, au sud, ont quantité de veines d’or et d’argent. . . Les mines d’or de la province de Chiapa, qui étaient fort abondantes autrefois, sont aujourd'liui épuisées; cependant il se trouve encore des veines d’or dans ses montagnes, mais elles sont abandonnées... Vers Golfo Dolce, les historiens disent qu’il y a une mine d’or fort abondante... Les montagnes qui séparent les Honduras de la province de Nicaragua ont fourni beaucoup d’or et d’argent aux Espagnols... Ses principales mines sont celles de Valladolid ou Comayagua, celle de Gracias à Dios, et celles des vallées de Xaticalpa et d’Olancho, dont tous les torrents roulent de l’or... Il y avait aussi de l’or dans la province de Costa Ricca, et dans celle de Veraguas. Histoire générale des Voyages, t. XII, page 648.
ft. Histoire naturelle d’Espagne, p. 149.
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les ordonnances qu’on ne séparera que l’argent tenant par marc 27 grains d’or et au-dessus, et qu’autrefois il fallait 30 grains pour qu’on en fît le départ, ce qui est, comme l’on voit, une très-petite quantité d’or en comparaison de celle de l’argent : et cet argent du Mexique, restant toujours mêlé d’un peu d’or, même après les opérations du départ, est plus estimé que celui du Pérou surtout plus que celui des mines de Sainte-Pécaque , que l’on transporte à Compostelle.
Les relateurs s’accordent à dire que la province de Carthagène fournissait autrefois beaucoup d’or; et l’on y voit encore des fouilles et des travaux très-anciens, mais ils sont actuellement abandonnés : c’est au Pérou que le travail de ces mines est aujourd’hui en pleine exploitation'. Frézier remarque seulement que les mines d’or sont assez rares dans la partie méridionale de ce royaume ^ , mais que la province de Popayan en est remplie, et que l’ardeur pour les exploiter semble être toujours la même. M. d’Ulloa dit que chaque jour on y découvre de nouvelles mines qu’on s’empresse de mettre en valeur, et nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ici ce que ce savant naturaliste péruvien a écrit sur les mines de son pays : « Les Partidos ou districts de Celi, de Buga, d’Almaguer et « de Barbocoas sont, dit-il, les plus abondants en métal, avec l’avantage « que l’or y est très-pur, et qu’on n’a pas besoin d'y employer le mercure « pour le séparer des parties étrangères; les mineurs appellent Minas de « Çaxa celles où le minéral est renfermé entre des pierres : celles de a Popayan ne sont pas dans cet ordre; car l’or s’y trouve répandu dans les « terres et les sables... Dans le bailliage de Choco, outre les mines qui se « traitent au lavoir, il s’en trouve quelques-unes où le minerai est enve- M loppé d’autres matières métalliques et de sucs bitumineux, dont on ne « peut le séparer qu’au moyen du mercure. La platine est un autre obstacle « qui oblige quelquefois d’abandonner les mines : on donne ce nom à une « pierre si dure que, ne pouvant la briser sur une enclume d’acier, ni la
а. Histoire générale des Voyages, t. XI, p. 389.
б. Idem, X. XIII, p. 24S.
c. Il y a des mines d’or dans le diocèse de Truxillo, au Pérou, dans le Corrégiment de Patas. Ide.nï, p. 307. — Et au diocèse de Guamangua, dans le Corrégiment de Parinacoclia ; on en trouve au Corrégiment de Cotabamba et de Cbumbi-Vilcas, au diocèse de Cusco; dans celui d’Aymaraes, au même diocèse ; dans celui de Caravaya, dont l’or est à vingt-trois carats ; dans celui de Condefuios d’Arequipa, au diocèse de ce nom; dans celui de Cliicas, au diocèse de la Plata; dans celui de Lipe, dont les mines sont abandonnées aujourd’hui; dans celui d’Amparaes; celui de Choyantas; celui de la Paz, dans le diocèse de ce nom; celui de Laricanas, qui est de l’or à vingt-trois carats et trois grains, dans le même diocèse de la Paz. Idem, pag. 307 jusqu’à 320.
d. Suivant Frézier, les mines d’or sont rares dans la partie méridionale du Pérou, et il ne s’en trouve que dans la province de Guanaco, du côté de Lima; dans celle de Cliicas, où est la ville de Tarja et proche de la Paz; à Chuguiago, où l’on a trouvé des grains d’or vierge d’une prodigieuse grosseur, dont l’un, entre autres, pesait soixante-quatre marcs, et un autre quarante-cinq marcs, de trois alois différents. Idem, t. XIII, p. 389.
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« réduire par calcination , on ne peut tirer le minerai qu’elle renferme « qu’avec un travail et des frais extraordinaires. Entre toutes ces mines, il « y en a plusieurs où l’or est mêlé d’un tombac aussi fin que celui de l’O- « rient, avec la propriété singulière de ne jamais engendrer de vert-de- « gris, et de résister aux acides.
« Dans le bailliage de Zaruma au Pérou, l’or des mines est de si bas rt aloi qu’il n’est quelquefois qu’à 18 et même à 16 carats, mais cette mau- « vaise qualité est réparée par l’abondance... Le gouvernement de Jaën de « Bracamoros a des mines de la même espèce, qui rendaient beaucoup il y « a un siècle “.... Autrefois il y avait quantité de mines d’or ouvertes dans « la province de Quito, et plus encore de mines d’argent... On a recueilli « des grains d’or dans les ruisseaux qui tirent leur source de la montagne « de Pitchincha; mais rien ne marque qu’on y ait ouvert des mines... Le « pays de Pattactanga, dans la juridiction de Riobarnba, est si rempli de « mines, qu’en 1743, un habitant de cette ville avait fait enregistrer pour « son seul compte dix-huit veines d’or et d'argent toutes riches et de bon « aloi ; l’une de ces mines d’argent rendait quatre-vingts marcs par cin- « quante quintaux de minerai, tandis qu’elles passent pour riches quand « elles en donnent huit à dix marcs... Il y a aussi des mines d’or et d’ar- « gent dans les montagnes de la juridiction de Cuença, mais qui rendent « peu. Les gouvernements de Quixos et de Macas sont riches en mines;
« ceux de Marinas et d’Atamès en ont aussi d’une grande valeur Les
« terres arrosées par quelques rivières qui tombent dans le Maragnon , et par K les rivières de Sant-Iago et de Mira, sont remplis de veines d’or »
Les anciens historiens du Nouveau-Monde , et entre autre le P. Acosta , nous ont laissé quelques renseignements sur la manière dont la nature a disposé l’or dans ces riches contrées ; on le trouve sous trois formes différentes : 1° en grains oa pépites, qui sont des morceaux massifs et sans mélange d’autre métal; 2“ en poudre; 3“ dans des pierres : « J’ai vu, dit « cet historien, quelques-unes de ces pépites qui pesaient plusieurs livres
a. La petite proviace de Zaruma, dit M. de la Condamine, était autrefois célèbre par ses mines d’or, qui sont aujourd’liui presque abandonnées; l’or en est de bas aloi, et seulement de quatorze carats ; il est mêlé d’argent et ne laisse pas d’être fort doux sous le marteau. Voyage de M. de la Condamine, p. 21.
b. Histoire générale des Voyages, t. Xlll, pag. 594 et suivantes.
c. Les Espagnols donnent le nom de pépite à un morceau d’or ou d’argent qui n’a pas encore été purifié, et qui sort seulement de la mine. « J’en ai vu une, dit FeuUlée, du poids de trente- « trois livres et quelques onces, qu’un Indien avait trouvée dans une ravine que les eaux « avaient découverte; ce que j’ai admiré dans cette pépite, c’est que sa partie supérieure était « beaucoup plus parfaite que l’inférieure, et que cette perfection diminuait à mesure qu’elle « s’approchait de la partie inférieure, dans une proportion admirable : vers l’extrémité de la « partie supérieure, l’or était de vingt-deux carats deux grains; un peu plus bas de vingt-un « carats un demi-grain; à deux pouces de distance de sa partie supérieure, elle n’était plus que « de vingt et un carats; et vers l’extrémité de sa partie inférieure, la pépite n’était que de dix- « sept carats et demi. » Observations physiques, par le P. Feuillée; Paris, 1722, t. I, p. 468.
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« L’or, dit-il, a par excellence sur les autres métaux de se trouver pur et « sans mélange; cependant, ajoute-t-il , on trouve quelquefois des pépites « d’argent tout à fait pures; mais l’or en pépites est rare en comparaison « de celui qu’on trouve en poudre. L’or en pierre est une veine d’or infd- « trée dans la pierre, comme je l’ai vu à Caruma, dans le gouvernement des « salines... Les anciens ont célébré les fleuves qui roulaient de l’or: savoir, « le Tage en Espagne, le Pactole en Asie et le Gange aux Indes-Orientales. « Il y a de même dans les rivières des îles de Barlovento, de Cuba, Porto- « rico et Saint-Domingue, de l’or mêlé dans leurs sables... Il s’en trouve « aussi dans les torrents au Chili, à Quito et au nouveau royaume de Grèce nade. L’or qui a le plus de réputation est celui de Caranava au Pérou, « et celui de Yaldivia au Chili, parce qu’il est très-pur et de vingt-trois « carats et demi. L’on fait aussi état de l’or de Veragua qui est très-fin; « celui de la Chine et des Philippines qu’on apporte en Amérique n’est pas « à beaucoup près aussi pur ®. »
Le voyageur Wafer raconte qu’on trouve de même une grande quantité d’or dans les sables de la rivière de Coquimbo au Pérou, et que le terrain voisin de la baie où se décharge cette rivière dans la mer est comme poudré de poussière d’or, au point, dit-il, que quand nous y marchions nos habits en étaient couverts, mais cette poudre était si menue, que c’eût été un ouvrage infini de vouloir la ramasser. « La même chose nous arriva , « continue-t-il , dans quelques autres lieux de cette même côte où les « rivières amènent de cette poudre avec le sable; mais l’or se trouve en « paillettes et en grains plus gros à mesure que l’on remonte ces rivières « aurifères vers leurs sources »
Au reste, il paraît que les grains d’or que l’on trouve dans les rivières ou dans les terres adjacentes n’ont pas toujours leur brillant jaune et métallique; ils sont souvent teints d’autres couleurs, brunes, grises, etc, : par exemple, on tire des ruisseaux du pays d’Arécaja de l’or en forme de dragées de plomb, et qui ressemblent à ce métal par leur couleur grise; on trouve aussi de cet or gris dans les torrents de Coroyeo ; celui que les eaux roulent dans le pays d’Arecaja vient probablement des mines de la province de Carabaja qui en est voisine, et c’est l’une des contrées du Pérou qui est la plus abondante en or fin, qu’Alphonse Barba dit être de vingt-trois carats trois grains % ce qui serait à très-peu près aussi pur que notre or le mieux raffiné.
Les terres du Chili sont presque aussi riches en or que celles du Mexique et du Pérou : on a trouvé, à douze lieues vers l’est de la ville de la Conception, des pépites d’or, dont quelques-unes étaient du poids de huit ou dix
a. Histoire naturelle et morale des deux Indes, par Joseph Acosta; Paris, 1600, p. 134.
b. Voyage de Wafer , à la suite de ceux de Dampierre, t. IV, p. 288.
c. Métallurgie d’Alphonse Barba, t. I, p. 97.
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marcs et de très-haut aloi ; on tirait autrefois beaucoup d'or vers Angol, à dix ou douze lieues plus loin, et l’on pourrait en recueillir en mille autres endroits, car tout cet or est dans une terre qu’il suffit de laver Frézier, dont nous tirons cette indication, en a donné plusieurs autres avec un égal discernement sur les mines des diverses provinces du Chili ’’ : on trouve encore de l’or dans les terres qu’arrose leMaragnon, l’Orénoque, etc. il y en a aussi dans quelques endroits de la Guyane Enfin les Portugais ont découvert et fait travailler depuis près d’un siècle les mines du Brésil et du Paraguay, qui se sont trouvées, dit-on, encore plus riches que celles du Mexique et du Pérou. Les mines les plus prochaines de Rio-Janeiro, où l’on apporte ce métal, sont à une assez grande distance de cette ville. M. Cook dit ® qu’on ne sait pas au juste où elles sont situées, et que les étrangers
a. Voyage de Frézier, p. 76,
b. Tit-Til, village du Chili, est situé à mi-côte d’une haute montagne qui est toute pleine de mines d’or qui ne sont pas fort riches, et dont la pierre ou minerai est fort dur. On écrase ce minerai sous un hocard ou sous une meule de pierre dure, et lorsque ce minerai est concassé, on jette du mercure dessus pour en tirer l’or; on ramasse ensuite cet amalgame d’or et de mercure, on le met dans un nouet de toile pour eu exprimer le mercure autant qu’on peut; on le fait ensuite chauffer pour faire évaporer ce qui en reste, et c’est ce qu’on appelle de l’or en pigne; on fait fondre cette pigne pour achever de la dégager du mercure, et alors on connaît le juste prix et le véritable aloi de cet or... L’or de ces mines est à vingt ou vingt et un carats... Suivant la qualité des minières et la richesse des veines, cinquante quintaux de minerai, ou chaque caxon, donne quatre, cinq et six onces d’or; car quand il n’en donne que deux, le mineur ne retire que ses frais, ce qui arrive assez souvent. On peut dire que ces mines d’or sont de toutes les mines métalliques les plus inégales en richesse de métal, et par conséquent en produit. On poursuit une veine qui s’élargit, se rétrécit, semble même se perdre, et cela dans un petit espace de terrain; mais ces veines aboutissent quelquefois à des endroits où l’or parait accumulé en bien plus grande quantité que dans le reste de la veine... A la descente de la montagne de Valparaiso, du côté de l’ouest, il y a une coulée dans laquelle est un riche lavoir d’or; on y trouve souvent des morceaux d’or vierge d’environ une once... 11 s’en trouve quelquefois de plus gros et de deux ou trois marcs... On trouve aussi dans cette même contrée beaucoup d’or dans les terres et les sables, surtout au pied des montagnes et dans leurs angles rentrants, et on lave ces terres et sables dans lesquelles souvent l’or n’est point apparent, ce qui est plus facile à exploiter que de le tirer de la minière en pierre, parce qu’il ne faut ici ni moulin, ni vif-argent, ni ciseaux, ni masse pour rompre les veines du minerai... Ces terres, qui contieunent de l’or, sont ordinairement rougeâtres, et l’on trouve l’or à peu de pieds de profondeur. 11 y a des mines très-riches et des moulins bien établis à Copiago et Lampangui. La montagne où se trouvent ces mines en pierre est auprès des Cordillères; à 31 degrés de latitude sud, à quatre-vingts lieues de Valparaiso, on y a découvert, en 1710, quantité de mines de toutes sortes de métaux, d’or, d’argent, de fer, de plomb, de cuivre et d’étain... L’or de Lampangui est de vingt et un à vingt-deux carats, le minerai y est dur; mais à deux lieues de là, dans la montagne de l’Eavin, il est tendre et presque friable, et l’or y est en poudre si fine qu’on n’y en voit à l’œil aucune marque. Voyage de la Mer du Sud, etc., par Frézier; Paris, 1732, pag. 96 et suivantes.
c. La rivière nommée Tapajocas, dans le gouvernement de Maragnon, roule de l’or dans les sables, depuis une montagne médiocre nommée Yuquaratinci. Cette rivière, qui est dans le pays des Curabatubas, arrose le pied de cette montagne. Histoire générale des Voyages, t. XIV, p. 20. — La rivière de Caroli, qui tombe dans l’Orénoque, roule de l’or dans ses sables, et Ualeigh remarqua des fils d’or dans les pierres. Idem, p. 350.
d. Histoire générale des Voyages, t. XIV, p. 360.
e. Voyage de Cook, t II, p. 256.
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ne peuvent les visiter, parce qn’il y a une garde continuelle sur les chemins qui conduisent à ces mines : on sait seulement qu’on en tire beaucoup d’or, et que les travaux en sont difficiles et périlleux; car on achète annuellement pour le compte du roi quarante mille nègres qui ne sont employés qu’à les exploiter
Selon l’amiral Anson, ce n’est qu’au commencement de ce siècle qu’on a trouvé de l’or au Brésil : on remarqua que les naturels du pays se servaient d’hameçons d’or pour la pêche, et on apprit d’eux qu’ils recueillaient cet or dans les sables et graviers que les pluies et les torrents détachaient des montagnes, k II y a, dit ce voyageur, de l’or disséminé dans les « terres basses, mais qui paie à peine les frais de la recherche, et les mon- « tagnes offrent des veines d’or engagées dans les rochers; mais le moyen « le plus facile de se procurer de l’or, c’est de le prendre dans le limon des « torrents qui en charrient. Les esclaves employés à cet ouvrage doivent « fournir à leurs maîtres un huitième d’once par jour; le surplus est pour « eux, et ce surplus les a souvent mis en état d’acheter leur liberté. Le roi « a droit de quint sur tout l’or que l’on extrait des mines, ce qui va à trois « cent mille livres sterling par an ; et par conséquent la totalité de l’or « extrait des mines chaque année, est d’un million cinq cent mille livres « sterling, sans compter l’or qu’on exporte en contrebande, et qui monte « peut-être au tiers de cette somme ^ »
Nous n’avons aucun autre indice sur ces mines d’or si bien gardées par les ordres du roi de Portugal : quelques voyageurs nous disent seulement qu’au nord du fleuve Jujambi, il y a des montagnes qui s’étendent de trente à quarante lieues de l’est à l’ouest, sur dix à quinze lieues de largeur; qu’elles renferment plusieurs mines d’or; qu’on y trouve aussi ce métal en grains et en poudre, et que son aloi est communément de vingt-deux carats; ils ajoutent qu’on y rencontre quelquefois des grains ou pépites qui pèsent deux ou trois onces ^
Il résulte de ces indications, qu’en Amérique comme en Afrique et partout ailleurs où la terre n’a pas encore été épuisée par les recherches de l’homme, l’or le plus pur se trouve, pour ainsi dire, à la surface du terrain, en poudre, en paillettes ou en grains, et quelquefois en pépites qui
a. Rio-Janeiro est l’entrepôt et le débouché principal des richesses du Brésil. Les mines principales sont les plus voisines de la ville, dont néanmoins elles sont distantes de soixantequinze lieues. Elles rendent au roi tous les ans, pour son droit de quint, au moins cent douze arches d’or; l’année 1762, elles en rapportèrent cent di.x-neuf. Sous la capitainie des mines générales, on comprend celles de Rio-de-Moros, de Sahara et de Sero-Frio. Cette dernière, outre l’or qu’on en retire, produit encore tous les diamants qui proviennent du Brésil; ils se trouvent dans le fond d’une rivière qu’on a soin de détouimer, pom séparer ensuite d’avec les cailloux, qu’elle roiüe dans son lit, les diamants, les topazes, les chrysolithes et autres pierres de qualité inférieure. Voyage autour du monde, par M. de Bougainville, 1. 1, pag. 145 et 146.
1). Voyage autour du monde, par l’amiral Anson. c. Histoire générale des Voyages, t. XIV, p. 225.
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ne sont que des grains plus gros, et souvent aussi purs que des lingots fondus : ces pépites et ces grains, ainsi que les paillettes et les poudres, ne sont que les débris plus ou moins brisés et atténués par le frottement de plus gros morceaux d’or arrachés par les torrents et détachés des veines métalliques de première formation ; ils sont descendus en roulant du haut des montagnes dans les vallées. Le quartz et les autres gangues de l’or, entraînés en même temps par le mouvement des eaux, se sont brisés, et ont, par leur frottement, divisé, comminué ces morceaux de métal, qui dès lors se sont trouvés isolés, et se sont arrondis en grains ou atténués en paillettes par la continuité du frottement dans l’eau ; et enfin ces mêmes paillettes encore plus divisées ont formé les poudres plus ou moins fines de ce métal : on voit aussi des agrégats assez grossiers de parcelles d’or qui paraissent s’être réunies parla stillation et l’intermède de l’eau, et qui sont plus ou moins mélangées de sables ou de matières terreuses rassemblées et déposées dans quelque cavité, où ces parcelles métalliques n’ont que peu d’adhésion avec la terre et le sable dont elles sont mélangées; mais toutes ces petites masses d’or, ainsi que les grains, les paillettes et les poudres de ce métal, tirent également leur origine des mines primordiales, et leur pureté dépend en partie de la grande division que ces grains métalliques ont subie en s’exfoliant et se comminuant par les frottements qu’ils n’ont cessé d’essuyer depuis leur séparation de la mine, jusqu’aux lieux où ils ont été entraînés; car cet or arraché de ses mines, et roulé dans le sable des torrents, a été choqué et divisé par tous les corps durs qui se sont rencontrés sur sa route; et plus ces particules d’or auront été atténuées, plus elles auront acquis de pureté en se séparant de tout alliage par cette division mécanique, qui dans l’or, va, pour ainsi dire, à l’infini : il est d’autant plus pur qu’il est plus divisé, et cette différence se remarque en comparant ce métal en paillettes ou en poudre avec l’or des mines , car il n’est qu’à vingt-deux carats dans les meilleures mines en montagnes, souvent à dixneuf ou vingt, et quelquefois à seize et même à quatorze, tandis que communément l’or en paillettes est à vingt-trois carats, et rarement au-dessous de vingt. Comme ce métal est toujours plus ou moins allié d’argent dans ses mines primordiales, et quelquefois d’argent mêlé d’autres matières métalliques, la très-grande division qu’il éprouve par les frottements, lorsqu’il est détaché de sa mine, le sépare de ces alliages naturels, et le rend d’autant plus pur qu’il est réduit en atomes plus petits; en sorte qu’au lieu du bas aloi que l’or avait dans sa mine, il prend un plus haut titre à mesure qu’il s’en éloigne, et cela par la séparation, et pour ainsi dire, par le départ mécanique de toute matière étrangère.
Il y a donc double avantage à ne recueillir l’or qu’au pied des montagnes et dans les eaux courantes qui en ont entraîné les parties détachées des mines primitives; ces parties détachées peuvent former, par leur accu-
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mulation, des mines secondaires en quelques endroits; l’extraction du métal qui, dans ces sortes de mines, ne sera mêlé que de sable ou de terre, sera bien plus facile que dans les mines primordiales où l’or se trouve toujours engagé dans le quariz et le roc le plus dur : d’autre côté, l’or de ces mines de seconde formation sera toujours plus pur que le premier; et, vu la quantité de ce métal dont nous sommes actuellement surchargés, ou devrait au moins se borner à ne ramasser que cet or déjà purifié par la nature, et réduit en poudre, en paillettes ou en grains, et seulement dans les lieux où le produit de ce travail serait évidemment au-dessus de sa dépense.