‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 19 sur 105 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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DES ROCHES VITREUSES

aux jaspes fins qui sont de seconde formation. Ces nouveaux jaspes ont la cassure plus brillante que celle des anciens, desquels ils tirent leur origine, et ces anciens jaspes ne diffèrent pas par leur cassure de la matière qui fait la pâte des porphyres.

Quoique beaucoup moins commun que les grandes, le porphyre ne laisse pas de se trouver en fortes masses et même par grands blocs en quelques endroits®; il est ordinairement voisin des jaspes, et tous deux portent comme le granité sur des roches quartzeuses; et cette proximité indique entre eux une formation contemporaine. La solidité très-durable de la substance du porphyre atteste de même son affinité avec le jaspe; ils ne se ternissent tous deux que par une très-longue impression des éléments humides, et de toutes les matières du globe que l’on peut employer en grand volume, le quartz, le jaspe et te porphyre sont les plus inaltérables : le temps a effacé et détruit en partie les caractères hiéroglyphques des colonnes et des pyramides du granité égyptien, au lieu que les jaspes et les porphyres, dans les monuments les plus anciens, ne paraissent avoir reçu que de légères atteintes du temps, et il est à croire qu’il en serait de même, des ouvrages faits de quartz, si les anciens l’eussent employé; mais comme il n’a ni couleurs brillantes, ni variétés dans sa substance, et que sa grande dureté le rend très-difficile à travailler et à polir, on l’a toujours rejeté; et, d’autre part, les porphyres et les jaspes ne se trouvant que rarement en grandes masses continues, on a de tout temps préféré les granités à ces premières matières pour les grands monuments.

Le quartz, qui forme la roche intérieure du globe,. est en même temps la base universelle des autres matières vitreuses; il soutient les masses des granités et celles des porphyres et des jaspes, et tous sont plus ou moins contigus à cette roche primitive à laquelle ils tiennent comme à leur matrice ou mère commune, qui semble les avoir nourris des vapeurs qu’elle a laissé transpirer, et qui leur a fait part des trésors de son sein en les teignant des plus riches couleurs.

M. Ferber, ayant curieusement examiné tous les porphyres en Italie, les distingue en cinq sortes, 1“ le porphyre rouge qui est le plus commun , et dont le fond est d’un rouge foncé avec de petites taches blanches et ohlongues, souvent irrégulières ou parallélipipèdes. Le fond de ce porphyre est d’un rouge plus ou moins foncé, et quelquefois si brun qu’il tire sur le noir. « On ne peut nier, dit-il, que la matière de ces taches ne soit du «spath dur, opaque, compacte, blanc de lait, et en même temps de la « nature du schorl , ce que la forme et la simple vue indiquent assez ; il en « est de même des autres sortes de porphyres, et il me paraît que ces taches « sont d’une espèce de pierre qui tient le milieu entre le feldspath et le

a. On en voit à Constantinople de très-hautes colonnes d’une seule pièce , dans l’église de Sainte-Sophie ; on croit que ces colonnes viennent de la Thébaïde.

DES ROCHES VITREUSES

« schorl. En général, continue-t-il, il y a très-peu de difi'érence essentielle « entre le schorl, le spath dur ou feldspath, le quartz, les autres cailloux « et les grenats. »

Je dois observer que tout ce que dit ici M. Ferber, loin de répandre de la lumière sur ce sujet, y porte de la contusion. Le schorl ne doit pas être confondu avec le feldspath*; il n’y a point de pierre dont la substance tienne le milieu entre le feldspath et le schorl. La substance qui, dans les porphyres, se trouve incorporée avec la matière du jaspe, n’est pas uniquement du schorl, mais aussi du feldspath. La différence du schorl au feldspath est bien connue, et certainement le schorl, le spath dur (feldspath), le quartz, les cailloux et les grenats, ont chacun entre eux des différences essentielles que ce minéralogiste n’aurait pas dû perdre de vue.

« 2“ Le porphyre taché de blanc, continue M. Ferber, dont il y a deux « variétés : la première est le porphyre noir, proprement dit, dont le fond « est entièrement noir avec de petites taches oblongues , et qui ne diffère « du porphyre rouge que par cette couleur du fond; la seconde variété est « la serpentine noire antique, dont le fond est noir avec de grandes taches « blanches oblongues ou parallélipipèdes.

« 3° Le porphyre à fond brun avec de grandes tacbes verdâtres oblon- « gués; il s’en trouve aussi dont le fond est d’un brun rougeâtre avec des « taches d’un vert clair, et d’autres dont le fond est d’un brun noirâtre « avec des taches moitié noirâtres et moitié verdâtres.

« 4“ Le porphyre vert dont il y a plusieurs variétés : 1" la serpentine « verte antique, dont le fond est vert, et les taches oblongues et paralléli- « pipèdes sont d’un vert plus ou moins clair, et de la nature du feldspath « ou du schorl. On trouve quelquefois dans ces pierres des bulles telles que « celles qui se forment dans les matières fondues par la sortie de l’air qui y « est renfermé; on y voit aussi assez souvent des taches blanches et transpa- « rentes arrondies irrégulièrement, et qui paraissent être de la nature de « l’agate. 2“ Le porphyre à fond vert taché de blanc. 3" Le porphyre à fond « vert foncé avec des taches noires. 4“ Le porphyre à fond vert clair ou « plutôt jaune verdâtre taché de noir.

« 5“ Le porphyre vert, proprement dit, qui a plusieurs variétés. La pre- « mière à fond vert foncé presque noir, de la nature du jaspe, avec des « taches blanches distinctes, oblongues, en forme de schorl, plus grandes « que les taches du porphyre noir, et plus petites que celles de la serpentine « noire antique. La seconde variété est à fond de la nature du jaspe, d’un « vert foncé avec de petites taches blanches, rondes et longues, et ressemble, « à la couleur près, au porphyre rouge. La troisième à fond vert foncé, qui « est de la nature du trapp ; les taches sont blanches, quartzeuses, irrégu

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