‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 22 sur 105 · Voyez la note 1 de la page · texte numérisé non relu

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DU GRES

de granité, et d’autres matières vitreuses % et rarement au milieu des terres où il y a des marbres, des pierres calcaires ou des craies; cependant le grès, quoique voisin quelquefois du granité par sa situation, en diffère trop par sa composition pour qu’on puisse leur appliquer quelque dénomination commune, et plusieurs observateurs sont tombés dans l’erreur en appelant granité du grès à gros grains : la composition de ces deux matières est différente, en ce que, dans ces grès composés des détriments du granité, jamais les molécules du feldspath n’ont repris une cristallisation distincte, ni celles du quartz un empâtement commun avec elles, non plus qu’avec les particules du mica; ces dernières sont comme semées sur les autres, et toute la couche, par sa disposition comme par sa texture, ne montre qu’un amas de sables grossièrement agglutinés par une voie bien différente de la fusion intime des grandes masses vitreuses; et l’on peut encore remarquer que ces grès composés de plusieurs espèces de sables sont généralement plus grossiers, moins compactes, et d’un grain plus gros que le grès pur, qui toujours est plus solide et plus dur, et dont le grain plus fin porte évidemment tous les caractères d’une poudre de quartz.

Le grès pur est donc le produit immédiat des détriments du quartz; et lorsqu’il se trouve réduit en poudre impalpable, cette poudre quartzeuse est si subtile, qu’elle pénètre les autres matières solides, et même l’on prétend s’être assuré qu’elle passe à travers le verre. MM. Le Blanc et Cdozier ayant placé une bouteille de verre vide et bien bouchée dans une carrière de grès des environs d’Étampes, ils s’aperçurent, au bout de quelques mois, qu’il y avait au dedans de cette bouteille une espèce de poussière, qui était un sable très-fin de la même nature que la poudre de grès *.

Il n’y a peut-être aucune matière vitreuse dont les qualités apparentes varient autant que celles des grès: « On en rencontre de si tendres, dit « M. de Lassone, que leurs grains à peine liés se séparent aisément par la « simple compression et deviennent pulvérulents ; d’autres dont la conc( crétion est plus ferme et qui commencent à résister davantage aux coups « redoublés des instruments de fer; d’autres enfin dont la masse plus dure « et plus lisse est comme sonore, et ne se casse que très-dificilement; et ces « variétés ont plusieurs degrés intermédiaires ^ »

Le grès que les ouvriers appellent grisar est si dur et si difficile à tra-

a. « C’est un fait bien important, à ce que je crois, pour la théorie de la terre, et qui pour- (f tant n’avait point encore été observé, que presque toujours, entre les dernières couches secon- « daires et les premières primitives, on trouve des bancs de grès ou de poudingues : j’ai observé « ce phénomène non-seulement dans un grand nombre de montagnes des Alpes , mais encore « dans les Vosges, dans les montagnes des Cévennes, de la Bourgogne et du Forez. » Saussure, Voyage dans les Alpes, tome Fr, page 528.

b. Histoire de l'Académie de Dijon, tome II, page 29.

c. Mémoire sur le grès, par M. de Lassone, dans ceux de Y Académie des Sciences, année 1774, page 210.

DU GRÈS

vailler, qu’ils le rebutent même pour n’en faire que des pavés, tandis qu’il y a d’autres grès si tendres et si poreux que l’eau crible aisément à travers leurs masses; ce sont ceux dont on se sert pour faire les pierres à filtrer. Il y en a de si grossiers et de si terreux, qu’au lieu de se durcir à l’air, ils s’y décomposent en assez peu de temps : en général, les grès les plus purs et les plus durables sont aussi ceux qui ont le grain le plus fin et le tissu le plus serré.

Les grès qu’emploient les paveurs à Paris sont, après le grès grisar, les plus durs de tous; les grès dont on se sert pour aiguiser ou donner du tranchant au fer et à l’acier sont d’un grain fin, mais moins durs que les' premiers, et néanmoins ils jettent de même des étincelles en faisant tourner à sec ces meules de grès contre le fer et l’acier; le grès de Turquie “, qu’on appelle pierre à rasoir, à laquelle on donne sa qualité en la tenant pendant quelques mois dans l’huile, et qui sert à repasser et à affiler les rasoirs et autres instruments très-tranchants, n’a qu’un certain degré de dureté, quoique le grain en soit très-fin et la substance très-uniforme et sans mélange d’aucune matière étrangère.

Au reste, le grès pur n’étant composé que des détriments du quartz, il en a toutes les propriétés : il est aussi réfractaire au feu ; il résiste de même à 1 action de tous les acides, et quelquefois il acquiert le même degré de durete; enfin le quartz ou le grès, réduits en sable, servent également de base à tous nos verres factices, et entrent en plus ou moins grande quantité dans leur composition.

Les grès sont assez rarement colorés, et ceux qui ont une nuance de jaune, de rouge ou de brun ne doivent cette teinte qu’à l’infiltration de 1 eau chargée des molécules ferrugineuses de la terre végétale qui couvre la superficie du terrain où l’on trouve ces grès colorés; la plupart des jaspes sont au contraire très-colorés, et semblent avoir reçu leurs couleurs par la sublimation des matières métalliques dès le premier temps de leur formation : il se peut aussi que quelques grès des plus anciens doivent leur couleur à ces mêmes émanations métalliques; l’une des causes n’exclut pas 1 autre, et les effets de toutes deux paraissent constatés par l’observation.

« Il n’y a presque point de ces blocs gréseux de Fontainebleau, dit M. de « Lassone, où l’on n’aperçoive quelques marques d’un principe ferrugineux :

« en général, ceux dont les grains sableux sont les moins liés sont aussi « ceux où le principe ferrugineux est le plus apparent; les portions les plus « externes des blocs, celles par conséquent dont la formation ou la con- « densation est moins ancienne, ont souvent une teinte jaunâtre de couleur

a. M. Valmont de Bomare , dans son ouvrage sur la minéralogie , nous assure qu’il a trouvé im quartier de ce grès de Turquie, en France, près de Morlaix, dans la province de Bretagne, et je sms d ailleurs tres-persuadé que cette espèce de grès n’appartient pas exclusivement à la Turquie, comme son nom semble l’indiquer.

DU GRÈS

« d’ocre ou de rouille de fer, tandis que les couches plus intérieures ne « sont nullement colorées. Il semble donc que, dans certains grès, cette teinte « disparaisse à mesure que leur densité ou que la concrétion de leurs grains «augmente; cependant on remarque des blocs très-durs dont la masse « entière est pénétrée uniformément de cette couleur ferrugineuse plus ou « moins intense; il y en a parmi ceux-ci quelques-uns où le principe ferru- « gineux est si apparent qu’ils ont une teinte rougeâtre très-foncée. Le « sable, même pulvérulent, et n’ayant encore éprouvé aucune condensation, « coloré en plusieurs endroits par les mêmes teintes, semble aussi participer « du fer, si l’on en juge simplement par la couleur; mais l’aimant n’en « attire aucune parcelle de métal, non plus que du détritus des grès rou- « geâtres®. »

Cette observation de M. de Lassone me semble prouver assez que les grès sont colorés par le fer, et plus souvent au moyen de l’infiltration des eaux que par la sublimation des vapeurs souterraines : j’ai vu moi-même, dans plusieurs blocs d’un grès très-blanc, de ces petits nœuds ou clous ferrugineux dont j’ai parlé et qui sont d’une si grande dureté qu’ils résistaient à la lime. On doit conclure de ces remarques que l’eau a beaucoup plus que le feu travaillé sur le grès : ce dernier élément n’a fourni que la première matière, c’est-à-dire le quartz, au lieu que l’eau a porté dans la plupart des grès non-seulement des parties ferrugineuses, mais encore une très-grande quantité d’autres matières hétérogènes qui en altèrent la nature ou la forme en leur donnant une figuration qu’ils ne prendraient pas d’euxmêmes, ce qu’on ne doit attribuer qu’aux substances hétérogènes dont ils sont mélangés.

On trouve, dans quelques sables de grès, des morceaux arrondis, isolés et de différentes grosseurs, les uns entièrement solides et massifs, les autres creux en dedans comme des géodes; mais ce ne sont que des concrétions, dessablons agglutinés par le ciment dont nous avons parlé : ces concrétions se forment dans les petites cavités de la grande masse de sable qui environne les autres blocs de grès, et elles sont de la même nature que ces sables

a. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1774.

b. Tome U’’ de cette Histoire naturelle, page 174.

c. Sur la montagne du Camp de César (près de Compïègne), et dans plusieurs autres lieux où le sable abonde, on rencontre aussi certains corps pierreux isolés, de différentes grosseurs, et presque toujours de forme à peu près arrondie: c’est ce que M. de Réaumur appelle marrons de sable (Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1723). On les a regardés comme des rudiments de silex; mais par leur forme, et surtout par l’apparence encore un peu sensible des grains sableux dans leur texture , ils se rapprochent bien plutôt des grès moins purs ; ils fermentent avec l’acide nitreux. De semblables marrons de sable existent aussi dans d’autres terrains où le sable est beaucoup plus pur et moins mélangé, mais ils ont un caractère particulier : ce sont des espèces de géodes sableux ; quand on les casse, on trouve un vide en partie occupé par un amas de cristaux assez purs, adhérents à toute la voûte intérieure, et produits sans doute par le suc lapidifique, plus abondant et dégagé de toute autre matière. J’ai, dans mon cabinet,.

DU GRÈS

Mais les grès disposés par bancs ou par couches sont presque tous plus ou moins mêlés d’autres matières ; il y a des grès mélangés de terre limoneuse, d’autres sont entremêlés d’argile, et plusieurs autres qui ne paraissent pas terreux contiennent une grande quantité de matière calcaire : tous ces grès ont évidemment été formés dans les sables transportés et déposés par les eaux, et c’est par cette raison qu’on les trouve en couches horizontales, au lieu que les grès purs produits par la seule décomposition du quartz se présentent en blocs irréguliers et tels qu’ils se sont formés dans le lieu même sans avoir subi ni transport, ni mélange ; aussi ces grès purs, ne contenant aucune matière calcaire, ne font point effervescence avec les acides, et sont les seuls qu’on doive regarder comme de vrais grès; cette distinction est plus importante qu’elle ne le paraît d’abord, et peut nous conduire à l’explication d’un fait reconnu depuis peu : quelques observateurs ont trouvé plusieurs morceaux degrés à Bourbonne-les-Bains®, à Nemours*, à Fontainebleau et ailleurs, qui affectaient une figure quadrangulaire et qui étaient pour ainsi dire cristallisés en rhombes; or, cette espèce de cristallisation ou de figuration n’est pas une des propriétés du grès pur'"; c’est un effet accidentel qui n’est dû qu’au mélange de la matière calcaire avec celle du grès; car ayant fait dissoudre par un acide ces morceaux figurés en rhombes, il s’est trouvé qu’ils contenaient au moins un tiers de substance calcaire sur deux tiers de vrai grès, et qu’aucun des grès, qui n’étaient que peu ou point mélangé de cette matière calcaire, n’a pris cette figure rhomboïdale.

Après avoir considéré les principales matières solides et dures qui se présentent en grandes masses dans le sein ou à la surface de la terre, et qui, comme nous venons de l’exposer, sont ou des verres primitifs ou des agrégats de leurs parties divisées et réduites en grains, nous devons examiner de même les matières en grandes masses qui en tirent leur origine et

quelques-uns de ces géodes sableux que l’on peut regarder comme une espèce de grès ; l’eauforte n’y fait aucune impression apparente. Mémoire sur le grès, par M. de Lassone, Académie des Sciences, année 1774, pages 221 et 222.

а. Mémoires de Physique, par M. Grignon, in 4®, page 353.

б. M. Bezout, savant géomètre de l’Académie des Sciences, a reconnu le premier ces grès figurés dans les carrières de Nemours.

c. Une autre espèce de grès découvert depuis peu dans la forêt de Fontainebleau, du côté de

la Belle-Croix, est composé d’un amas de vrais cristaux réguliers, de forme rhomboïdale On

trouve ce grès indiqué et décrit pour la première fois dans un catalogue imprimé (chez Claude Hérissant, et composé par M. Romé de Lille ) d’un riche cabinet d’histoire naturelle, exposé en vente à Paris, dans le mois de juillet de cette année 1774 : dans ime note relative à cette indication, on observe que cette espèce de grès n’est pas pure, que l’acide nitreux l’attaque à raison d’une substance calcaire qui entre dans sa mixtion en proportion d’un peu plus d’un tiers sur le total ; et l’on ajoute que peut-être la cristallisation de cette pierre sableuse n’a été déterminée que par le mélange et le concours de la matière qui paraît servir de ciment... Dans ce canton de la Belle-Croix, les blocs y sont moins isolés et paraissent former des chaînes ou des bancs plus réguliers. Mémoire sur le grès, par M. de Lassone, Académie des Sciences, année 1774.

DU GRÈS

qui en sont les détriments ultérieurs, tels que les argiles, les schistes et les ardoises, qui ne diffèrent des sables vitreux que par une plus grande décomposition de leurs parties intégrantes, mais qui, pour le premier fonds de leur substance, sont de même nature.

DES ARGILES ET DES GLAISES

L’argile ', comme nous venons de l’avancer, doit son origine à la décomposition des matières vitreuses^, qui, par l’impression des éléments humides, se sont divisées, atténuées et réduites en terre. Cette vérité est démontrée par les faits : 1® Si l’on examine les cailloux les plus durs et les autres matières vitreuses exposées depuis longtemps à l’air, on verra que leur surface a blanchi, et que dans cette partie extérieure le caillou s’est ramolli et décomposé, tandis que l’intérieur a conservé sa dureté, sa sécheresse et sa couleur; si l’on recueille cette matière blanche en la raclant, et qu’on la détrempe avec de l’eau, l’on verra que c’est une matière qui a déjà pris le caractère d’une terre spongieuse et ductile, et qui approche de la nature de l’argile; 2“ les laves des volcans et tous nos verres factices, de quelque qualité qu’ils soient, se convertissent en terre argileuse®; 3“ nous voyons

a. « Uae partie des laves de la Solfatare (près de Naples) est couvertie en argile; il y a des

« morceaux dont une partie est encore lave et l’autre partie est changée en argile On y voit

« encore des schorls blancs en forme de grenat, dont quelques-uns sont également convertis en

« argile Ce changement des matières vitreuses en argile, par l’intermède de l’acide sulfu-

« reux ( ou vitriolique ) qui les a pénétrées, en quelque façon dissoutes, est sans doute un phé- « nomène remarquable et très-intéressant pour l’histoire naturelle. » Lettres de M- Ferler sur la Minéralogie, page 259.

M. Ferber ajoute qu’une partie de cette argile est molle comme une terre, et que l’autre est dure, pierreuse et assez semblable à une pierre à chaux blanche : c’est vraisemblablement cette fausse apparence qui a fait dire à M. de Fougeroux de Bondaroy {Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1765) que les pierres de la Solfatare étaient calcaires. M. Hamüton a fait la même méprise ; mais il parait certain, dit le savant traducteur des Lettres de Ferler, que le plancher de la Solfatare et les collines qui l’environnent ne sont composés que de produits volcaniques convertis par les vapeurs du soufre en terre argileuse : « Je possède moi-même, ajoute « M. le baron de Dietrich, un de ces morceaux moitié lave et moitié argile; et cette argile, étant

« travaillée, a souffert les mêmes épreuves que l’argUe ordinaire On trouve dans la montagne

« de Poligni, à deux lieues de Rermes en Bretagne, ime terre argileuse blanche ou colorée qui O ne diffère en rien de celle de la Solfatare; on la nomme mal à propos craie dans le pays .... « Aux endroits où les vapeurs sulfureuses sortent encore, cette argile est aussi molle que de la

1. « Les argiles sont des combinaisons de silice, à’ alumine et d’eau, quelquefois pures, O souvent mélangées de matières étrangères, telles que du carbonate de chaux , du carbonate « de magnésie , du silicate de chaux, de l'oxyde de fer, etc. » (Dufrénoy. )

2. L’argile, corps composé, ne peut résulter de la décomposition du quartz, lequel n’est que de la silice pure (voyez les notes des pages 17 et 18). — M. Mitscheriich pense que V argile tire son origine du feldspath, dont la décomposition aurait été déterminée par l’action des pyrites.

DES ARGILES ET DES GLAISES

’ s sables des granités et des grès, les paillettes du mica, et même les jaspes et les cailloux les plus durs se ramollir, blanchir par l’impression de l’air, et prendre à leur surface tous les caractères de cette terre; et l’argile, pénétrée par les pluies, et mêlée avec le limon des rosées et avec les débris des végétaux, devient bientôt une terre féconde.

Tous les micas, toutes les exfoliations du quartz, du jaspe, du feldspath et du schorl, tous les détriments des porphyres, des granités et des grès, perdent peu à peu leur sécheresse et leur dureté; ils s’atténuent et se ramollissent par l’humidité, et leurs molécules deviennent à la fin spongieuses et ductiles par la même impression des éléments humides. Cet effet, qui se passe en petit sous nos yeux, nous représente l’ancienne et grande formation des argiles après la première chute des eaux sur la surface du globe : ce nouvel élément saisit alors toutes les poudres des verres primitifs; et c’est dans ce temps que se fit la combinaison qui produisit l’acide universel* par l’action du feu, dont la terre et l’eau étaient également pénétrées, puisque la terre était encore brûlante et l’eau plus que bouillante.

L’acide^ se trouve en effet dans toutes les argiles, et ce premier produit de la combinaison du feu, de la terre et de l’eau, indique assez clairement le temps de la chute des eaux, et fixe l’époque de leur premier travail ; car aucune des antiques matières vitreuses en grandes masses, telles que les quartz, les jaspes, ni même les granités, ne contiennent l’acide ^ : par conséquent aucune de ces matières, antérieures aux argiles, n’a été touchée ni travaillée par l’eau, dont le seul contact eût produit l’acide par la combinaison nécessaire de cet élément avec le feu qui embrasait encore la terre “

(I farine ; on peut y enfoncer un bâton sans trouver de fond , et à mesure que l’on s’éloigne de « l’endroit des vapeurs, la terre est plus raffermie. » A’ote de M. le baron de Dietrich, page 257 des Lettres de M. Ferber.

a. Cette origine peut seule expliquer la triple affinité de l’acide avec le feu, la terre et l’eau, et sa formation par la combinaison de ces trois éléments, l’eau n’ayant pu s’unir à la terre vitreuse sans se joindre en même temps à la portion de feu dont cette terre était empreinte; j’observerai de plus l’affinité marquée et subsistante entre les matières vitrescibles et l’acide argileux ou vitriolique s, qui, de tous les acides, est le seul qui ait quelque prise sur ces substances : on a tenté leur analyse au moyen de cet acide ; mais cette analyse ne prouvera rien de plus que la grande analogie établie entre le principe acide et la terre vitrescible dès le temps où il fut universellement engendré dans cette terre à la première chute des eaux. Ces grandes vues de l’His-

1. 11 n’y a point d’acide universel. Becher avait longtemps cherché un acide universel-, et Stahl croyait l’avoir trouvé dans Vacide vitriolique (sulfurique.)

2. 11 n’y a dans V argile pure que l’acide silicique : les argiles sont des silicates. (Voyez la note de la page 18.) Mais, au temps de Buffon, on ne connaissait pas l’acide silicique; il entend parler de Vacide vitriolique , qu’il regarde, avec Stahl, comme le principe acide par essence : l’argile contient souvent, en effet, des pyrites qui, chauffées à l’air, donnent de l’àcide sulfureux.

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