‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 31 sur 105 · Voyez les notes 1 et 2 de la page 504 du IX« volume · texte numérisé non relu

Voyez les notes 1 et 2 de la page 504 du IX« volume

DE LA PIERRE CALCAIRE

que fendre une pierre dans le sens de son lit de carrière : en la divisant horizontalement, on verra que les deux surfaces intérieures qu’on vient de séparer sont réciproquement hérissées d’un très-grand nombre de petits mamelons qui se correspondent alternativement, et qui ont été formés par le dépôt des stillations de l’eau ; la pierre délitée dans ce sens présente une cassure spathique qui est partout convexe et concave et comme ondée de petites éminences, au lieu que la cassure dans le sens vertical n’otfre aucun de ces petits mamelons, mais le grain seul de la pierre.

Comme ce travail de l’eau, chargée du suc pétrifiant, a commencé de se faire sur les pierres calcaires dès les premiers temps de leur formation, et qu’il s’est fait sous les eaux par l’infiltration de l’eau de la mer et sur la terre par la stillation des eaux pluviales, on ne doit pas être étonné de la grande quantité de matière spathique qui en est le produit : non-seulement cette matière a formé le ciment de tous les marbres et des autres pierres dures, mais elle a pénétré et pétrifié chaque particule de la craie et des autres détriments immédiats des coquilles pour les convertir en pierre; elle a même formé de nouvelles pierres en grandes masses, telles que les albâtres, comme nous le prouverons dans l’article suivant; souvent cette matière spathique s’est accumulée dans les fentes et les cavités des rochers où elle se présente en petits volumes cristallisés et quelquefois en blocs irréguliers, qui par la finesse de leurs grains et le grand nombre de points brillants qu’ils offrent à la cassure, démontrent leur origine et leur composition toujours plus ou moins pure, à mesure que cette matière spathique y est plus ou moins abondante.

Ce spath, cet extrait le plus pur des substances calcaires, est donc le ciment de toutes les pierres de ce genre, comme le suo cristallin, qui n’est qu’un extrait des matières vitreuses, est aussi le ciment de toutes les pierres vitreuses de seconde et de troisième formation'; mais, indépendamment de ces deux ciments, chacun analogue aux substances qu’ils pénètrent, et dont ils réunissent et consolident les parties intégrantes, il y a une autre sorte de gluten ou ciment commun aux matières calcaires et aux substances formées des débris de matières vitreuses, dont l’effet est encore plus prompt que celui du suc pétrifiant, calcaire ou vitreux. Ce gluten est le bitume^ qui, dès le premier temps de la mort et de la décomposition des êtres organisés, s’est formé dans le sein de la terre, et a imprégné les eaux de la mer, où il se trouve quelquefois en grande quantité. Il y a de certaines plages voisines des côtes de la Sicile, près de Messine, et de celles de Cadix, en Espagne®,

a. Cadix est situé dans une presqu’île, sur des rochers, où vient se briser la mer. Ces rochers .sont un mélange de différentes matières, comme marbre, quartz , spath , cailloux et coquilles réduites en mortier avec le sable et le gluten ou bitume de la mer, lequel est si puissant dans

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