‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 42 sur 105 · Voyez les notes des pages 3 et · texte numérisé non relu

Voyez les notes des pages 3 et

3. La terre végétale se compose de deux parties : une partie minérale et une partie organique. La partie organique provient de la décomposition des substances constitutives des végétaux et àes animaux. La partie minérale proyient , soit du sol (voyez la note 2 de la page précédente), soit du deVr/tws même des végétaux et des animaux, lesquels, par leur entière décomposition, laissent un résidu minéral , semblable aux cendres.

i. La terre,... l’un des quatre éléments. Nous sommes bien loin du temps où l’on considérait la terre comme un élément (voyez la note 2 de la page 1 du IX® volume). La terre, primitive et pure, n’est qu’une terre idéale, selon l’expression même qu’emploiera bientôt Buffon.

DE LA TERRE VÉGÉTALE. 193

degrés d’activité, de résistance et d’affinité de ces mêmes principes élémentaires.

De même, si l’on ne considère la terre en général que par ses caractères les pins aisés à saisir, elle nous paraîtra, comme on la définit en chimie, une matière sèche, opaque, insipide, friable, qui ne s’enflamme point, que l’eau pénètre, étend et rend ductile, qui s’y délaie et ne se dissout pas comme le sel. Mais ces caractères généraux sont, ainsi que toutes les définitions, plus abstraits que réels ; étant trop absolus, ils ne sont ni relatifs, ni par conséquent applicables à la chose réelle : aussi ne peuvent-ils appartenir qu’à une terre qu’on supposerait être parfaitement pure, ou tout au plus mêlée d’une très-petite quantité d’autres substances non comprises dans la définition. Or, cette terre idéale n’existe nulle part et tout ce que nous pouvons faire pour nous rapprocher de la réalité, c’est de distinguer les tferres les moins composées de celles qui sont les plus mélangées. Sous ce point de vue plus vrai, plus clair et plus réel qu’aucun autre, nous regarderons l’argile, la craie et le limon, comme les terres les plus simples de la nature, quoique aucune des trois ne soit parfaitement simple-; et nous comprendrons dans les terres composées, non-seulement celles qui sont mêlées de ces premières matières, mais encore celles qui sont mélangées de substances hétérogènes, telles que les sables, les sels, les bitumes, etc., etc. : toute terre qui ne contient qu’une très-petite quantité de ces substances étrangères conserve à peu près toutes ses qualités spécifiques et ses propriétés naturelles; mais, si le mélange hétérogène domine, elle perd ces mêmes propriétés; elle en acquiert de nouvelles toujours analogues à la nature du mélange, et devient alors terre combustible ou réfractaire, terre minérale ou métallique, etc., suivant les différentes combinaisons des substances qui sont entrées dans sa composition.

Ce sont en effet ces différents mélanges qui rendent les terres pesantes ou légères, poreuses ou compactes, mollès ou dures, rudes ou douces au toucher : leurs couleurs viennent aussi des parties minérales ou métalliques qu’elles renferment; leur saveur douce, âcre ou astringente, provient des sels; et leur odeur, agréable ou fétide, est due aux particules aromatiques, huileuses et salines dont elles sont pénétrées.

De plus, il y a beaucoup de terres qui s’imbibent d’eau facilement; il y en a d’autres sur lesquelles l’eau ne fait que glisser; il y en a de grasses, de tenaces, de très-ductiles, et d’autres dont les parties n’ont point d’adhésion, et semblent approcher de la nature du sable ou de la cendre; elles ont chacune différentes propriétés et servent à différents usages : les terres argileuses les plus ductiles, lorsqu’elles sont fort chargées d’acide, servent au dégraissage des laines; les terres bitumineuses et végétales, telles que les

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