Le foie de soufre n’a aucune action sur le charbon
DU SOUFRE
recours d’une chaleur assez forte pour le fondre; et, malgré cette affinité très-apparente du soufre avec les huiles, l’analyse chimique a démontré qu’il n’y a point d’huile dans la substance du soufre, et que dans aucune huile végétale ou animale il n’y a d’acide vilriolique ; mais lorsque cet acide se mêle avec les huiles il forme les bitumes, et comme les charbons de terre et les bitumes en général sont les principaux aliments des feux souterrains, il est évident qu’étant décomposés par l’embrasement produit par les pyrites, l’acide vitriolique des pyrites et des bitumes s’unit à la substance du feu, et produit le soufre qui se sublime, se condense et s’attache au haut de ces fournaises souterraines.
Nous donnerons ici une courte indication des différents lieux de la terre où l’on trouve du soufre en plus grande quantité et de plus belle qualité ®.
L’Islande est peut-être la contrée de l’univers où il y en a le plus \ parce que cette île n’est pour ainsi dire qu’un faisceau de volcans. Le soufre des
a. Le passage suivant de Pline indique quelques-uns des lieux d’où les anciens tiraient le soufre, et prouve que dès lors le territoire de Naples était tout volcanique. « Mira, dit-il , sul- « phuris natura quo plurima domantur; nascitur ininsulis Æoliis inter Siciliam et Italiatn, « quas ardere diximus; sed nobilissimum in Melo insulà. In Italià quoque invenitur, in Nea- « politano, Campanoque agro collibus qui vocantur Lmcogæi. Ibi e cuniculis effossum perlîci- « tur igni. Généra quatuor; vivum quod Græci apyron vocant, nascitur solidum, hoc est « gleba... vivum effoditur, transi ucetque, et viret. Alterum genus appellantg'iebaw, fullonum « tantum officinis familiare... egulœ vocatur hoc genus. Quarto autem ad ellychnia maximè « conflciencla. » Pline, lib. xxxv, cap. l.
b. Anderson assure que le terrain de l’Islande est de soufre jusqu’à six pouces de profondeur; cela ne peut être vrai que de quelques endroits; mais il est certain que le soufre y est généralement fort abondant, car les districts de Huscoin et de Kriscvig en fournissent considérablement, soit sur la pente des montagnes, soit en différents endroits de la plaine. On peut chargei dans une heure de temps quatre-vingts chevaux d’un soufre naturel, en supposant chaque charge de cent quatre-vingt-douse livres, ce qui fait quinze mille trois cent soixante livres. La terre qui couvre ce soufre est stérile, sèche et chaude ; elle est composée de sable, de limon et de gravier de différentes couleurs, blanc, jaune, rouge et bleu. On connaît les endroits où il y a du soufre par une élévation en dos d’àne, qui parait sur la terre, et qui a des crevasses dans le milieu , d’où il sort une chaleur beaucoup plus forte que des autres endroits ; on ne fait qu’ôter la superficie de la terre, et on trouve dans le milieu le soufre en morceaux , pur, beau et assez ressemblant au sucre candi ; il faut le casser pour le détacher du fond. On peut fouiller jusqu’à la profondeur de deux ou trois pieds ; mais la chaleur devient alors trop forte et le travail trop pénible ; plus on s’écarte du milieu de cette veine, plus les morceaux de soufre deviennent rares et petits, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que comme du gravier. On ramasse ce soufre avec des pelles, et il est d’une qualité un peu inférieure à l’autre : ce n’est que dans les nuits claires de l’été que l’on y travaille, la chaleur du soleil incommoderait trop les ouvriers ; ils sont même obligés d’envelopper leurs souliers de quelques gros morceaux de vieux drap pour en garantir les semelles, qui, sans cette précaution, seraient bientôt brûlées.
Depuis 1722 jusqu’en 1728, on a tiré une grande quantité de soufre de ces deux endroits; mais celui qui avait obtenu le privilège pour ce commerce étant mort, personne ne l’a continué : d’ailleurs les Islandais ne se livrent pas volontiers à ces travaux, qui leur ôtent le temps dont ils n’ont pas trop pour leurs pèches. Extrait des Mémoires de Horrebows sur l'Islande, dans le Journal étranger, mois d’avril 1758, et de ceux d’ Anderson , dans la Bibliothèque raisonnée, mois de mars 1747.
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volcans de Kamtschatka celui du Japon ^ de Ceylan % de Mindanao de l’île Jerun, à l’entrée du golfe Persique et dans les mers occidentales; celui du Pic de Ténériffe de Saint-Domingue etc., sont également connus des voyageurs. Il se trouve aussi beaucoup de soufre au Chili et encore plus dans les montagnes du Pérou , comme dans presque toutes les montagnes à volcans. Le soufre de Quito et celui de la Guadeloupe passent pour être les plus purs, et l’on en voit des morceaux si beaux et si transparents qu’on les prendrait au premier coup d’œil pour de bel ambre jaune * .
a. Les montagnes entre lesquelles coule la rivière d’Osernajo, qui sort du lac de Kurilly, renfermeut des marcassites cuivreuses, du soufre vierge transparent, de la mine de soufre dans une terre crayeuse... Vers le milieu du cours de cette rivière, sont deu.x volcans qui étaient encore enflammés en 1743, et vers sa source, est une montagne blanchâtre, coupée à pic et formée de pierres blanches, semblables à des canots dressés perpendiculairement à côté les uns des autres...
Le soufre vierge se trouve autour de Cambalinos, à Lopatka et à la montagne de Kronotzkoi, mais en plus grande quantité, et la plupart à la baie d'Olutor, où il suinte tout transparent comme celui de Casan, hors d’un rocher; les morceaux n’ont pas au-dessus delà grosseur d’un pouce : on en trouve partout dans les cailloux près de la mer ; en général , il y en a dans tous les endroits où il y avait autrefois des sources chaudes. Journal de Physique, mois do juillet 1781, pag. 40 et 41.
b. Le soufre vient principalement de la province de Satzuma, où on le tire d’une petite ile voisine, qui en produit une si grande quantité, qu’on l’appelle Vile du soufre : il n’y a pas plus de cent ans qu’on s’est hasardé d’y aller... On n’y trouva ni enfer ni diables ( comme le peuple le croyait), mais un grand terrain plat qui était tellement couvert de soufre, que, de quelque côté qu’on marchât, une épaisse fumée sortait de dessous les pieds : depuis ce temps-là, cette ile rapporte au prince de Satzuma environ vingt caisses d’argent par an, du soufre qu’on y tire de la terre... Le pays de Sinabarra, particulièrement aux environs des bains chauds, produit aussi d’excellent soufre; mais les habitants n’osent pas le tirer de la terre, de peur d’offenser le génie tutélaire du lieu. Histoire naturelle et civile du Japon, par Kæmpfer; La Haye, 1729, tome I, page 92.
c. Dans l’île de Ceylan, il y a du soufre, mais le roi défend qu’on le tire des mines. Histoire générale des Voyages, t. VIII , p. 549.
d. Les volcans de File de Mindanao, l’une des Philippines, donnent beaucoup de soufre, surtout celui de Sauxil. Idem , t. X , p. 399.
e. Le terrain de l’ile nommée Jerun, à l’entrée du golfe Persique, est si stérile qu’il ne produit presque que du sel et du soufre. Idem , 1. 1, p. 98.
f. Il sort au sud du Pic de Ténérilfe plusieurs ruisseaux de soufre qui descendent dans la région de la neige ; aussi parait-elle entremêlée dans plusieurs endroits de veines de soufre. Idem, t. II, p. 250.
g. Dans l’ile de Saint-Domingue, on trouve des minières de soufre et de pierres ponces. Idem, t. XII , p. 218.
h. Dans le Corrégiment de Copiago , dans les Cordillères du Chili, à quarante lieues du port, vers l’est-sud-est, on trouve des mines du plus beau soufre du monde, qui se tire pur d’une veine d’environ deux pieds de large. Hist. générale des Voyages, t. XIII, p. 414. — Dans les hautes montagnes de la Cordillère, à quarante lieues vers l’est, sont des mines du plus beau soufre qu’on puisse voir : on le tire tout pur d’une veine d’environ deux pieds de large, sans qu’il ait besoin d’ètre purifié. Frezier, Voyage à la mer du Sud; Paris, 1732 , p 128.
i. La soufrière de la Guadeloupe est la montagne la plus élevée de cette île; elle a été autrefois volcan... Elle est encore embrasée dans son intérieur; on y trouve une si grande quantité de soufre , qui se sublime par la chaleur souterraine en grande abondance , que cet endroit parait inépuisable... Le cratère a environ vingt-cinq toises de diamètre, et il sort de la fumée par les fentes qui sont au-dessous; dans toute cette étendue, il y a beaucoup de soufre dont
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Celui qui se recueille sur le Vésuve et sur l’Etna est rarement pur; et il en est de même du soufre que certaines eaux thermales, comme celles d’Aixla-Chapelle et de plusieurs sources en Pologne déposent en assez grande quantité: il faut purifier tous ces soufres qui sont mélangés de parties hétérogènes, en les faisant fondre et sublimer pour les séparer de tout ce qu’ils ont d’impur.
Presque tout le soufre qui est dans le commerce vient des volcans, des solfatares, et autres cavernes et grottes qui se trouvent ou se sont trouvées au-dessus des feux souterrains, et ce n’est guère que dans ces lieux que le soufre se présente en abondance et tout formé; mais ses principes existent en bien d’autres endroits, et l’on peut même dire qu’ils sont universellement répandus dans la nature, et produits partout où l’acide vitriolique, rencontrant les débris des substances organisées, s’est saisi et surchargé de leur feu fixe, et n’attend qu’une dernière action de cet élément pour se dégager des masses terreuses ou métalliques dans lesquelles il se trouve comme enseveli et emprisonné : c’est ainsi que les principes du soufre existent dans les pyrites, et que le soufre se forme par leur combustion ; et partout où il y a des pyrites, on peut former du soufre ; mais ce n’est que dans les contrées où les matières combustibles, bois ou charbons de terre, sont abondantes , qu’on trouve quelque bénéfice à tirer le soufre des pyrites *. On ne fait ce travail en grand que dans quelques endroits de l’Allemagne et
l’odeur est suffocante... Il y a dans cette soufrière différentes sortes de soufres; il y en a nui ressemble parfaitement à des fleurs de soufre; d’autre se trouve en masses compactes, et est d’un beau jaune d’or; enfin l’on en rencontre des morceaux qui sont d’un jaune transparent comme du succin. Encyclopédie, article Soufre.
а. Une fontaine sulfureuse qui est auprès de Sklo ou de Jaworow, sur la droite du chemin en venant de Léopold, a ses environs d’un tuf sableux, jaunâtre, semblable à celui des montagnes que l’on passe en venant de Varsovie à Léopold; le vrai bassin de la fontaine, dit M. Guettard, et qu’elle s’est formé elle-même, peut avoir quatre à cinq pieds de largeur; l’eau sort du milieu... Les plantes, les feuilles, les petits morceaux de bois qui peuvent se trouver dans le bassin ou sur ses bords sont chargés d’une matière blanche et sulfureuse, dont on voit aussi beaucoup de flocons qui nagent dans l’eau , et qui vont se déposer sur les bords du petit
ruisseau qui sort du bassin M. Guettard s’est assuré, par l’expérience, que cette source est
sulfureuse. Mém. de V Académie des Sciences, année 1762, page 312. — C’est particulièrement dans l’étendue de la Pologne, qui renferme les fontaines salées et les mines de sel gemme, que se trouvent encore les mines de soufre et les fontaines sulfureuses. Rzaczynski dit du moins qu’il y a des fontaines sulfureuses près des salines de Bochniaet de Wielizka. M. Schober parle d’une fontaine d’une odeur si disgracieuse, qu’il ne put se déterminer à en goûter; l’eau de cette fontaine sort d’ime montagne appelée Zarky, ou montagne de soufre Son odeur dis-
gracieuse lui vient probablement des parties sulfureuses qu’elle tire de la montagne Zarky, qui en est remplie : ce soufre est d’un beau jaune et renfermé dans une pierre bleuâtre calcaire. On a autrefois exploité cette mine ; elle est négligée maintenant.
On tire du soufre, suivant Rzaczynski, des écumes que la rivière appelée Ropa forme sur ses bords; cette rivière traverse Bieez, ville du palatinat de Cracovie. Humenne, ville qui appartient à la Hongrie, mais dont un faubourg dépend de la Pologne, a un petit ruisseau qui donne un soufre noir que l’on rend blanchâtre au feu. Idem, ibidem, p. 311.
б. Pour connaître si les pyrites dont on veut tirer le soufre en contiennent assez pour payer les frais, il faut en mettre deux quintaux dans un scorificatoire pour les griller; après quoi on
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(le la Suède, où les mines de cuivre se présentent sous la forme de pyrites; on est forcé de les griller plusieurs fois pour en faire exhaler le soufre que l’on recueille comme le premier produit de ces mines. Le point essentiel de cette partie de l’exploitation des mines de cuivre, dont on peut voir ci-dessous les procédés en détail “, est d’empêcher l’inflammation du soufre en même temps qu’on détermine son écoulement dans des bassins pour l’y
pèsera ces deux quintaux, et on verra combien il y aura eu de déchet, et cette perte est comptée pour la quantité de soufre qu’elle contenait.
On connaîtra cette quantité plus précisément en distillant les pyrites dans une cornue : il faut alors les briser en petits morceaux; on ramasse tout le soutre qui passe à la distillation dans l’eau qu’on tient dans le récipient; on le fait sécher ensuite, et on le joint à celui qui demeure attaché au col de la cornue pour coimaitre le poids du total. Traité de la fonte des mines de Schlutter, 1. 1, p. 255.
a. Il y a des ateliers construits exprès à Schwartzemherg en Saxe, et en Bohème dans un endroit nommé Alten-Sattel : on y retire le soufre des pyrites sulfureuses; les fourneaux construits pour cela reçoivent des tuyaux de terre dans lesquels on met ces pyrites; et, après cpie ces tuyaux ont été bien lutés pour que le soufre ne puisse en sortir, on adapte les récipients de fer, dans lesquels on a mis un peu d’eau au bec de ces tuyaux qui sortent des fourneaux, et on leslute ensemble; ensuite on échauffe les fourneaux avec du bois, pour faire distiller le soufre des pyrites dans l’eau des récipients... On casse les pyrites de la grosseur d’une petite noix; on en fait entrer trois quintaux dans onze tuyaux, de manière qu’il n’y en ait pas plus dans l’un que dans l’autre ; on bouche ensuite le tuyau du côté le plus ouvert avec des couvercles de terre.... Après avoir bien luté, de l’autre côté du fourneau, ces mêmes tuyaux avec les récipients... on fait du feu dans le fourneau, mais peu à peu, afin que les tuyaux ne prennent de chaleur que ce qu’il en faut pour faire distiller le soufre... Et au bout d’environ huit heures de feu, on trouve que le soufre a passé dans les récipients .. L’on fait alors sortir les pyrites usées pour en remettre de nouvelles à la même quantité de trois quintaux ; l’on répète les mêmes manœuvres que dans la première distillation, et on recommence une troisième opération.
On retire ensuite du vitriol des pyrites usées ou brûlées. Ces onze tuyaux dans lesquels on a mis, entrois fois, neuf quintaux de pyrites, rendent, en douze heures, depuis cent jusqu’à cent cinquante livres de soufre cru; et comme on passe chaque semaine environ cent vingt-six quintaux de pyrites par le fourneau, on en retire depuis quatorze jusqu’à dix-sept quintaux de soufre cru. Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome II, pag. 235 et suiv. — M. Jars, dans ses Voyages métallurgiques, tome III, page 308, ajoute ce qui suit au procédé décrit par Schlutter.
On met dans ce fourneau onze tuyaux de terre que l’on a auparavant enduits avec de l’argile, et on y introduit, par leur plus grande ouverture, trente à trente-cinq livres de pyrite réduite on petits morceaux; on les bouche ensuite très-exactement, de même que les récipients de forme carrée, qu’on remplit d’eau et qu’on recouvre avec leur couvercle de plomb bien luté : après quatre heures de feu, on ôte les pyrites et on les jette dans l’eau pour en faire une lessive que l’on fait évaporer pour en obtenir le vitriol ; on met de nouvelles pyrites concassées dans les tuyaux, et l’on répète la même opération toutes les quatre heures, et toutes les douze heures, on ouvre les récipients pour en retirer le soufre; de sorte que le travail d’une semaine est d’environ eent quarante quintaux de pyrites, pour lesquels on consomme quatre cordes et demie de bois, ou quinze cent cinquante-trois pieds cubes, y compris celui que l’on brûle pour la purification du soufre, comme le dit Schlutter. Cette opération se fait dans un fourneau plus petit que celui que décrit cet auteur, car il ne peut y entrer que trois cucurbites de chaque côté : elles sont de fer, ayant deux pieds et demi de hauteur, dix-huit pouces dans leur plus grand di< mètre, et une ouverture de sept pouces, à laquelle il y a un chapiteau de terre, dont le bec entre dans un récipient de fer, que Schlutter nomme avant-coulant.
Ces cucurbites se remplissent avec du soufre cru que l’on a retiré des pyrites, et en contiennent ensemble sept quintaux : pour la conduite de l’opération et la manière d’en obtenir le soufre et de le mouler, on suit le même procédé que Schlutter a décrit. — Dans le haut Hartz,
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recueillir; cependant il est encore alors impur et mélangé, et ce n’est que du soufre brut qu’il faut purifier en le séparant des parties terreuses ou métalliques qui lui restent unies : on procède à cette purification en faisant fondre ce soufre brut dans de grands vases à un feu modéré; les parties terreuses se précipitent et le soufre pur surnage “; alors on le verse dans des
quand le grillage de la mine de plomb tenant argent de Ramelsberg a resté au feu pendant quinze jours ou enTiron, le minerai et le noyau de vitriol qui est par-dessus deviennent trèsgras, c’est-à-dire qu’üs paraissent comme enduits d’une espèce de vernis; alors il faut Mre dans le dessus du grillage vingt ou vingt-cinq trous avec une barre de fer, au bout de laquelle il y a un globe de plomb : on unit ces trous avec du menu vitriol, et c’est là où le soufre se rassemble ; on l’y puise trois fois par jour, le matin, à midi et le soir, pour le jeter dans un seau où l’on a mis un peu d’eau. Ce soufre, tel qu’U vient des grülages, se nomme soufre cru; on l’envoie aux fabriques d: soufre pour le purifier : lorsque les trous dont on vient de parler sont ajustés, on ramasse tout autour la matière du grillage, c’est-à-dire qu’on ôte le minéral du bas du grillage, d’im pied ou environ, afin que l’air puisse pénétrer dans ce grillage, et par la chaleur du feu qui l’anime y séparer le soufre; s’il arrive que ce soufre reste un peu en arrière, on ramasse une seconde fois le grillage pour introduire plus d’air, ce qui se fait jusqu’à trois fois. Pendant toute cette manœuvre, U faut bien prendre garde que le grillage ne se refende, soit par dessus, soit par les côtés; si cela arrivait, il faudrait boucher les fentes sur-le-champ, car, faute de cette précaution, il arrive souvent que le grillage se met en feu, que tout le soufre se brûle et se consume, aussi bien que la partie supérieure du noyau de vitriol. Traité de la fonte des mines de Schlutter, t. Il , pag. 167 et 168.
Le printemps et l’automne sont les saisons les plus convenables pour rassembler le soufre dans les trous dont on a parlé, surtout quand l’air est sec : c’est donc selon que l’air est sec ou humide qu’on peut puiser peu à peu, depuis dix jusqu’à vingt quintaux de soufre cru. Idem, ibidem , p. 169.
S’il arrive que pendant un beau temps le grillage devienne extrêmement gras d’un côté ou de l’autre, que le soufre perce et traverse le menu vitriol qui en fait la couverture, on y fait une autre couverture avec du même métal, qu’on humecte auparavant d’un peu d’eau, et l’on choisit pour cela les côtés du grillage qui ne sont pas exposés au vent d’est, parce qu’il les sèche trop : lorsque cette ouverture est fermée, on ouvre et l’on creuse un peu le grillage, d’abord seulement d’un pied, et l’on met des planches devant pour en entretenir la chaleur, en empêchant le vent d’y entrer ; -alors le soufre y dégoutte, et forme différentes figures que l’on ôte le matin et le soir... Mais il n’y a point de soufre à espérer pendant l’hiver, dans les fortes pluies, quand l’air est trop chaud, et quand le vent d’est souffie un peu fort. Idem, ibidem , p. 170.
a. Dans les travaux duhas Hartz, le soufre cru, tel qu’il a d’abord été tiré des pyrites, se porte dans des fabriques où il est purifié... On en met d’abord deux quintaux et demi , tel qu’il vient des grillages, dans un chaudron de fer encastré dans un fourneau ; on le casse en morceaux, que l’on met l’un, après l’autre dans le chaudron , où on le fond avec un feu doux de bois de sapin ; il faut cinq heures pour cette première opération , mais la seconde n’en exige que trois ou environ. Le vitriol et la mine qui se trouvent encore dans le soufre se précipitent par leur poids au fond du chaudron d’où on les retire, après quoi on verse le soufre liquide dans un vase pour le faire refroidir; s’il contient encore quelque impureté, elle se dépose pendant le refroidissement du soufre, tant au fond que sur les parois du vase; si , après cette dépuration , le soufre parait clair et jaune, on le coule dans des moules de bois, qu’on a trempés dans l’eau auparavant , afin que le soufre puisse s’en détacher aisément et se retirer des moules, qui sont en forme de cylindre creux. C’est ce qu’on nomme soufre jaune : on peut le vendre tel qu’il est
Ce qui se précipite dans le commencement de la fonte du soufre brut ne sert plus de rien; mais ce qui se dépose et s’attache dans le fond et contre les parois du vase est du soufre gris. Lorsqu’on en a une quantité suffisante, on le remet dans un chaudron pour le refondre ; de là on le verse dans un vase ou chaudron de cuivre, où le tout se refroidit peudant que les impuretés se déposent, ce qui forme des pains de soufre de près de deux cents livres ; le dessous en
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moules ou lingotières dans lesquelles il prend la forme de canons ou de pains, sous laquelle on le connaît dans le commerce; mais ce soufre, quoique déjà séparé de la plus grande partie de ses impuretés, n’est ni transparent ni aussi pur que celui qui se trouve formé en cristau.v sur la plupart des volcans; ce soufre cristallisé doit sa transparence et sa grande pureté à la sublimation qui s’en est faite dans ces volcans, et par la même raison le soufre artificiel le plus pur, ou ce que l’on appelle fleur de soufre, n’est autre chose que du soufre sublimé en vaisseaux clos, et qui se présente en poudre ou fleur très-pure, qui est un amas de petits cristaux aiguillés et très-fins, que l’œil , aidé de la loupe, y distingue.
DES SELS
Les matières salines * sont celles qui ont de la saveur; mais d’où leur vient cette propriété qui nous est si sensible, et qui affecte les sens du goût, de l’odorat et même celui du toucher? Quel est ce principe salin? Comment et quand a-t-il été formé? 11 était certainement contenu et relégué dans l’atmosphère, avec toutes les autres matières volatiles, dans le temps de l’incandescence du globe; mais, après la chute des eaux et la dépuration de l’atmosphère, la première combinaison qui s’est faite dans cette sphère encore ardente a été celle de l’union de l’air et du feu ; cette union a produit l’acide primitif : toutes les matières aqueuses, terreuses ou métalliques avec lesquelles cet acide primitif a pu se combiner, sont devenues des substances salines; et comme cet acide s’est formé par la seule union de l’air avec le feu, il me paraît que ce premier acide le plus simple et le plus pur
est encore gris, mais le soufre jaunâtre qui est par-dessus se perfectionne par la distillation, et se convertit en soufre jaune.
Il ne faut pas que le feu soit trop violent pendant la purification du soufre, parce qu’il perdrait sa belle couleur jaune et deviendrait gris.
On purifie aussi par la distillation le soufre qui n’est que jaunâtre, pour lui donner une plus belle couleur.
Cette distillation se fait dans un fourneau où il y a huit cucurbites de fer fondu, dans lesquelles on met huit quintaux de soufre jaunâtre; on adapte au-devant de ces cucurbites des tuyaux qui aboutissent à des pots de terre ; ces pots sont percés au fond et par devant, afin de laisser un passage au soufre qui doit y tomber pour se rendre ensuite dans un bassin; à mesure que les bassins se remplissent , on en retire le soufre, que l’on met dans un vase ou chaudron de cuivre, où il se refroidit, comme dans la précédente purification; ensuite on le coule dans les moules ; lorsque ce vase ou chaudron est plein, les cucurbites ne sont plus qu’à moitié pleines; on cesse le feu pendant environ une demi-heure, pendant que l’on coule en moule le soufre déjà purifié; ensuite on recommence le feu pour achever la distillation, et répéter ensuite la même manœuvre que dans la première distillation. 11 ne faut pas faire un trop grand feu, car on risquerait de faire embraser le soufre : cette distillation dure huit heures. Traité de la fonte des mines de Schlutter, t. II , pag. 222 et suiv.
1. Voyez, sur les sets, la note 2 de la page 62 du IX® volume
DES SELS
(le tous, est l’acide aérien, auquel les chimistes récents ont donné le nom à' acide méphitique, qui n’est que de l’air fixe c’est-à-dire de l’air fixé par le feu
Cet acide primitif est le premier principe salin ; il a produit tous les autres acides et alcalis; il n’a pu se combiner d’abord qu’avec les verres primitifs, puisque les autres matières n’existaient pas encore: par son union avec cette terre vitrifiée, il a pris plus de masse et acquis plus de puissance, et il est devenu acide vitriolique, qui, étant plus fixe et plus fort, s’est incorporé avec toutes les substances qu’il a pu pénétrer; l’acide aérien, plus volatil, se trouve universellement répandu, et l’acide vitriolique réside principalement dans les argiles et autres détriments des verres primitifs ; il s’y manifeste sous la forme d’alun : ce second acide a aussi saisi dans quelques lieux les substances calcaires et a formé les gypses; il a saisi la plupart des minéraux métalliques, et leur a causé de grandes altérations ; il en a pour ainsi dire converti quelques-uns dans sa propre substance, en leur donnant la forme du vitriol.
En second lieu, l’acide primitif, que je désignerai dorénavant par le nom à’ acide aérien, s’est uni avec les matières métalliques qui, comme les plus pesantes, sont tombées les premières sur le globe vitrifié; et en agissant sur ces minerais métalliques, il a formé l’acide arsenical ou l’arsenic, qui, ayant encore plus de masse que le vitriolique, a aussi plus de force, et de tous est le plus corrosif; il se présente dans la plupart des mines dont il a minéralisé et corrompu les substances.
Ensuite, mais plusieurs siècles après, cet acide primitif, en s’unissant à la matière calcaire, a formé ï acide marin qui est moins fixe et plus léger que l’acidevitriolique,et,qui par cette raison, s’est plus universellement répandu, et se présente sous la forme de sel gemme dans le sein de la terre, et sous celle de sel marin dans l’eau de toutes les mers; cet acide marin n’a pu se former qu’après la naissance des coquillages, puisque la matière calcaire n’existait pas auparavant^
Peu de temps après, ce même acide aérien et primitif est entré dans la composition de tous les corps organisés; et, se combinant avec leurs principes, il a formé par la fermentation les acides animaux et végétaux, et Yacide nitreux par la putréfaction de leurs détriments ; car il est certain que
1. Vacide méphitique ou air fixe est, coname il a déjà été dit, Vacide carbonique.
2. VûUà, de nouveau, l’imagiaation de Buffou, qui se donne carrière : un acide primitif, ce premier acide produit par l’union de l’air et du feu , et de cet acide aérien tous les autres acides; d’abord le vitriolique, puis l'arsenical, puis l’acide marin, etc. Et pourtant cette généalogie, tout idéale, semble comme une première aperception de la belle théorie de Lavoisier ; l’oxygène, élément actif de l’air, principe unique et commun de tous les acides. Il est vrai que cette théorie même de Lavoisier n’est plus aujourd’hui qu’un cas particulier de la théorie générale de Y acidification : l’oxygène n’est pas le seul principe acidifiant. (Voyez la note 2 de la page 6i du IX« volume. )