Voyez la note de la page 33 du IX® volume
2. Rapprocliement très-juste. ( Voyez la note 2 de la page 40 du IX« volume. )
3. Le soM/re ne contient point d’eatt , et Vacide sulfurique, ou vitriolique , n’en contient pas nécessairement : il y a Vacide sulfurique anhydre.
4. La théorie devait nécessairement en venir là. Pourquoi pas une eau fixe , puisqu’il y avait un feu fixe et un air fixe ?
DU SOUFRE
résidu après sa combustion : cela prouve seulement* que la terre du soufre est volatile, comme celle du mercure, de l’arsenic et de plusieurs autres substances.
Rien ne détourne plus de la route qu’on doit suivre dans la recherche de la vérité, que ces principes secondaires dont on fait de petits axiomes absolus, par lesquels on donne l’exclusion à tout ce qui n’y est pas compris: assurer que le soufre ne contient que le feu fixe et l’acide vitriolique, ce n’est pas en exclure l’eau, l’air et la terre, puisque dans la réalité ces trois éléments s’j trouvent comme celui du feu.
Après ces réflexions, qui serviront de préservatif contre l’extension qu’on pourrait donner à ce que nous avons dit, et à ce que nous dirons encore sur la nature du soufre, nous pourrons suivre les travaux de nos savants chimistes, et présenter les découvertes qu’ils ont faites sur ses autres propriétés. Ils ont trouvé moyen de faire du soufre artificiel , semblable au soufre naturel, en combinant l’acide vitriolique avec le phlogislique ou feu fixe animé par l’air ils ont observé que le soufre qui dissout toutes les matières métalliques, à l’exception de l’or et du zinc n’attaque point les pierres ni les autres matières terreuses, mais qu’étant uni à l’alcali, il devient, pour ainsi dire, le dissolvant général de toutes matières: l’or même ne lui résiste pas % le zinc seul se refuse à toute combinaison avec le foie de soufre.
a. Pour prouver que c’est l’acide vitriolique qui forme le soufre avec le pWogistique ou feu fixe, il suffît de mettre cet acide dans une cornue, de lui présenter des charhons noirs, de l’huile ou autre matière que nous savons contenir du phlogistique, ou même de se servir d’une cornue fêlée, par où il puisse s’introduire quelque portion de la matière de la flamme , car tous ces moyens sont également bons : la liqueur qui passera dans le récipient ne sera plus simplement de l’acide, ce sera de l’acide et du feu fixe combinés, un véritable soufre, qui ne différera absolument du soufre solide que parce qu’il sera rendu miscible à l’eau par l’intermède de l’air uni à l’acide.
On produit sur-le-champ le même soufre volatil en portant un charbon allumé à la surface de l’acide... Ceci n’est encore qU’un soufre liquide... Mais on fait du soufre solide avec les mêmes éléments, en prenant du tartre vitriolé qui soit d’acide vitriolique bien pur et d’alcali fixe ; on prend deux parties d’alcali fixe et une partie de poussière de charbon : ce mélange donnera en peu de temps, dans im creuset couvert et exposé au feu , une masse fondue que l’on pourra couler sur une pierre graissée, et cette masse sera rouge, cassante, exhalera une forte odeur désagréable, et c’est ce que l’on nomme foie de soufre.
Le foie de soufre étant dissoluble dans l’eau de quelque manière qu’on le fasse, si on dissout celui dont nous venons de donner la préparation, et qu’on verse dans la dissolution un acide quelconque, il s’empare de l’alcali , qui était partie constituante du foie de soufre, et il se précipite à l’instant une poudre jaune, qui est un vrai soufre produit par l’art, que l’on peut réduire en masse, cristalliser ou sublimer en fleurs, tout de même que le soufre naturel. Eléments de Chimie, par M. de Morveau, t. II, pag. 24 et suiv.
b. Les affinités du soufre sont dans l’ordre suivant : les alcalis , le fer, le cuivre, l'étain , le plomb, l’argent, le bismuth, le régule d’antimoine , le mercure, l’arsenic et le cobalt. Diction-' noire de Chimie, article Soufre.
c. Le foie de soufre divise l’or au moyeu du sel de tartre, mais il ne l’altère pomt. Eléments
1. Non : cela prouve seulement que la prétendue terre pure , fixe ou élémentaire , n’est qu’une terre idéale. (Voyez la note 4 de la page 192. )
DU SOUFRE
Les acides* n’ont sur le soufre guère plus d’action que l’eau, mais tous les alcalis fixes ou volatils et les matières calcaires l’attaquent, le dissolvent et le rendent dissoluble dans l’eau : on a donné le nom de foie de soufre au composé artificiel du soufre et de l’alcali®; mais ici, comme en tou le reste, notre art se trouve non-seulement devancé, mais surpassé par la nature. Le foie de soufre ^ est en effet l’une de ces combinaisons générales qu’elle a produites et produit même le plus continuellement et le plus universellement; car dans tous les lieux où l’acide vitriolique se rencontre avec les détriments des substances organisées , dont la putréfaction développe et fournit à la fois l’alcali et le plilogistique, il se forme du foie de soufre : on en trouve dans tous les cloaques, dans les terres des cimetières et des voiries, au fond des eaux croupies, dans les terres et pierres plâtreuses etc., et la formation de ce composé des principes du soufre unis à l’alcali nous offre la production du soufre môme sous un nouveau point de vue.
En effet, la nature le produit non-seulement par le moyen du feu, au sommet des volcans et des autres fournaises souterraines , mais elle en forme incessamment par les effervescences particulières de toutes les matières qui en contiennent les principes : l'humidité est la première cause de cette effervescence ; ainsi l’eau contribue, quoique d’une manière moins apparente et plus sourde, plus que le feu peut-être à la production et au développement des principes du soufre; et ce soufre, produit par la voie humide, est de la même essence que le soufre produit par le feu des volcans , parce que la cause de leur production, quoique si différente en apparence, ne laisse pas d’être au fond la même : c’est toujours le feu qui s’unit à l’acide vitriolique, soit par l’inflammation des matières pyriteuses, soit par leur effervescence occasionnée par l’humidité; car cette effervescence n’a pour cause que le feu renfermé dans l’acide, dont l’action lente et continue équivaut ici à l’action vive et brusque de la combustion et de l’inflammation.
de Chimie, par M. de Morveau, t. II , p. 39. — Suivant Stalü, ce fut au moyen du foie de soufre que Moïse réduisit en poudre le Veau d’or, suivant les paroles de l’Exode, chap. xxxiii, v. 20 : « Tulit vitulum quem fecerant, et combussit igné, contrivitque donec in pulverem redegit, « postea sparsit in supcrflciem aquarum, et potavit fllios Israël. » Voyez son Traité intitulé : Vitulus aureus igné combustus.
a. Le foie de soufre se prépare ordinairement avec Talcali fixe végétal, mais il se fait aussi avec les autres alcalis. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, t. II, p. 37.
1. V acide azotique oxyde le soufre et forme de V acide sulfurique (voyez la note de la page 336 ) ; Vacide chlorique et tous les autres acides énergiques en font autant.
2. Il y a deux foies de soufre : le premier, formé par la voie humide, est un mélange i’hygosulfUe de potasse et de penta-sulfure de potassium; le second, obtenu par la voie sèche , contient aussi un sulfure de potassium, mais moins sulfuré.
3. Lorsque le p'dtre se trouve en contact avec des matières organiques, il se forme, par suite de la décomposition de ces matières, du sulfure de calcium, et non pas du ''oie de soufre.
DU SOUFRE
Ainsi le soufre se produit sous nos yeux en une infinité d’endroits, où jamais les feux souterrains n’ont agi et non-seulement nous trouvons ce soufre tout formé partout où se sont décomposés les débris des substances du règne animal et végétal; mais nous sommes forcés d’en reconnaître la présence dans tous les lieux où se manifeste celle du foie de soufre, c’est-àdire dans une infinité de substances minérales qui ne portent aucune empreinte de l’action des feux souterrains.
Le foie de soufre répand une odeur très-fétide, et par laquelle on ne peut manquer de le reconnaître ; son action n’est pas moins sensible sur une infinité de substances, et seul il fait autant et peut-être plus de dissolutions, de changements et d’altérations dans le règne minéral que tous les acides ensemble : c’est par ce foie de soufre naturel , c’est-à-dire par le mélange de la décomposition des pyrites et des matières alcalines, que s’opère souvent la minéralisation des métaux; il se mêle aussi aux substances terreuses et aux pierres calcaires; plusieurs de ces substances annoncent, par leur odeur fétide, la présence du foie de soufre; cependant les chimistes ignorent encore comment il agit sur elles.
Le foie de soufre ou sa seule vapeur, noircit et altère l’argent: il précipite en noir tous les métaux blancs; il agit sur toutes les substances métalliques par la voie humide comme par la voie sèche; lorsqu’il est en liqueur et qu’on y plonge des lames d’argent, il les noircit d’abord et les rend bientôt aigres et cassantes; il convertit en un instant le mercure en éthiops*, et la chaux de plomb en galène il ternit sensiblement l’étain, il rouille le fer; mais on n’a pas assez suivi l’ordre de ses combinaisons, soit avec les métaux, soit avec les terres; on sait seulement qu’il attaque le cuivre, et l’on n’a point examiné la composition qui résulte de leur union ; on ne connaît pas mieux l’état dans lequel il réduit le fer par la voie sèche; on ignore quelle est son action sur les demi-métaux et quels peuvent être les résultats de son mélange avec les matières calcaires par la voie humide, comme par la voie sèche; néanmoins ces connaissances, que la chimie aurait dù
а. On trouve, en Franche-Comté, des géodes sulfureuses qui contiennent un soufre tout formé, et produit, suivant toute apparence, par l’efflorescence des pyrites dans des lieux où elles auront en même temps éprouvé la chaleur de la putréfaction et de la fermentation.
б. On a observé que cet éthiops, fait par le foie de soufre en liqueur, devient d’un assez beau rouge au bout de quelques années, et que le foie de soufre volatil agit encore plus promptement sur le mercure, car le précipité passe au rouge en trois ou quatre jours, et se cristallise en aiguilles compne le cinabre. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome II, pages 40 et 41.
c. Le foie de soufre s’unit au plomb par la voie sèche... Si l’on fait chauffer du foie de soufre en liqueur, dans lequel on ait mis une chaux de plomb , elle se trouve convertie au bout de quelques instants en une sorte de galène artiücielle. Idem, ibidem, p. 41.
d. Le nickel fondu avec le foie de soufre forme une masse métallique d’un jaune verdâtre qui attire l’humidité de l’air; sa dissolution filtrée laisse précipiter des écailles métalliques que l’on peut refondre ; c’est un mélange de soufre et de nickel; il ne détonne pas avec le nitre. Élé^ ments de Chimie, par M. de Morveau, t. II , p. 45.
DU SOUFRE
nous donner, seraient nécessaires pour reconnaître clairement l’action du foie de soufre dans le sein de la terre, et ses différentes influences sur les substances, tant métalliques que terreuses ‘ : on connaît mieux son action sur les substances animales et végétales; il dissout le charbon - même par la voie humide, et cette dissolution est de couleur verte.
La nature a de tout temps produit, et produit encore tous les jours du foie de soufre par la voie humide ; la seule chaleur de la température de l’air ou de l’intérieur de la terre suffit pour que l’eau se corrompe, surtout l’eau qui se trouve chargée d’acide vitriolique, et cette eau putréfiée produit du vrai foie de soufre; toute autre putréfaction, soit des animaux ou des végétaux, donnera de même du foie de soufre dès qu’elle se trouvera combinée avec les sels vitrioliques : ainsi le foie de soufre est une matière presque aussi commune que le soufre même; ses effets sont aussi plus fréquents , plus nombreux que ceux du soufre qui ne peut se mêler avec l’eau qu’au moyen de l’alcali, c’est-à-dire en devenant foie de soufre.
Au reste, cette matière se décompose aussi facilement qu’elle se compose, et tout foie de soufre fournira du soufre en le mêlant avec un acide qui, s’emparant des matières alcalines en séparera le soufre et le laissera précipiter: on a seulement observé que ce soufre précipité par les acides minéraux est blanc , et que celui qui est précipité par les acides végétaux, et particulièrement par l’acide du vinaigre, est d’un jaune presque orangé.
On sépare le soufre de toutes les substances métalliques et de toules les matières pyriteuses par la simple torréfaction : l’arsenic et le mercure sont les seuls qui étant plus volatils que le soufre, se subliment avec lui, et ne peuvent en être séparés par cette opération qu’il faut modifier, et faire alors en vaisseaux clos avec des précautions particulières.
L’huile paraît dissoudre le soufre comme l’eau dissout les sels®: les huiles grasses et par expression agissent plus promptement et plus puissamment que les huiles essentielles qui ne peuvent le dissoudre qu’avec le
a. 11 en est à peu près de cette dissolution du soufre par les huiles comme de celle de la plupart des sels dans l’eau : les huiles peuvent tenir en dissolution une plus grande quantité de soufre à chaud qu’à froid; il arrive de là qu’ après que l’huile a été saturée de soufre à chaud, il y a une partie de ce soufre qui se sépare de l’huile par le seul refroidissement , comme cela arrive à la plupart des sels ; et l’analogie est si marquée entre ces deux effets, que, lorsque le refroidissement des dissolutions de soufre est lent, cet excès de soufre se dissout à l'aide de la chaleur, se cristallise dans l’huile, de même que les sels se cristallisent dans Teau en pareille circonstance. Le soufre n’est point décomposé par l’union qu’il contracte avec les huiles, tant qu’on ne lui fait supporter que le degré de chaleur nécessaire à sa dissolution, car on peut le séparer de l’huile, et on le retrouve pourvu de toutes ses propriétés. Dictionnaire de Chimie, par M. Macquer, article Soufre.
1. Cela ne serait plus vrai aujourd’hui. On connaît très-hien aujourd’hui l’action du foie de soufre sur les substances métalliques et terreuses , etc.