‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 77 sur 105 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

Voyez la note 2 de la page

ACIDE VITRIOLIQUE ET VITRIOLS

gent, de plomb, d’étain, ni d’antimoine, de bismuth, de cobalt, etc., dans aucun lieu, soit à la surface, soit à l’intérieur de la terre.

Le vitriol vert ou le vitriol ferrugineux', appelé vulgairement couperose, se présente dans toutes les mines de fer, où l’eau chargée d’acide vitriolique a pu pénétrer: c’est sous les glaises ou les plâtres que gisent ordinairement ces mines de vitriol, parce que les terres argileuses et plâtreuses sont imprégnées de cet acide qui, se mêlant avec l’eau des sources souterraines , ou même avec l’eau des pluies, descend par stillation sur la matière ferrugineuse, et se combinant avec elle forme ce vitriol vert qui se trouve, tantôt en masses assez informes, auxquelles on donne le nom de pierres atramentaires et tantôt en stalactites plus ou moins opaques, et quelquefois cristallisées : la forme de ces cristaux vitrioliques est rhomboïdale, et assez semblable à celle des cristaux du spath calcaire-. C’est donc dans les mines de fer, de seconde et de troisième formation, abreuvées par les eaux qui découlent des matières argileuses et plâtreuses, qu’on rencontre ce vitriol natif, dont la formation suppose non-seulement la décomposition de la matière ferrugineuse, mais encore le mélange de l’acide en assez grande quantité; toute matière ferrugineuse imprégnée de cet acide donnera du vitriol ; aussi le tire-t-on des pyrites martiales, en les décomposant par la calcination ou par l’humidité.

Cette pyrite, qui n’a aucune saveur dans son état naturel, se décompose, lorsqu’elle est exposée longtemps à l’humidité de l’air, en une poudre saline, acerbe et styptique; en lessivant celte poudre pyriteuse, on en retire du vitriol par l’évaporation et le refroidissement : lorsqu’on veut en obtenir en grande quantité, on entasse ces pyrites les unes sur les autres, à deux ou trois pieds d’épaisseur; on les laisse exposées aux impressions de l’air pendant trois ou quatre ans, et jusqu’à ce qu’elles se soient réduites en poudre, on les remue deux fois par an pour accélérer cette décomposition ; on recueille l’eau de la pluie qui les lessive pendant ce temps, et on la conduit dans des chaudières où l’on place des ferrailles qui s’y dissolvent en partie par l’excès de l’acide, ensuite on fait évaporer cette eau, et le vitriol se présente en cristaux ^

a. Parce qu’elles servent, comme le vitriol lui-même, à composer les diverses sortes de teintures noires ou d’encre, atramentum ; c’est l’étymologie que Pline nous en donne lui-même : « Diluendo ( dit-il en parlant du vitriol ), fit atramentum tingendis coriis, unde atramenti sutorii « nomen. » Liv. xxxiv, chap. xii.

b. Dans le grand nombre de fabriques de vitriol de fer, celle de Newcastle, en Angleterre, est remarquable par la grande pureté du vitriol qui s’y produit : nous empruntons de M. Jars la description de cette fabrique de Newcastle. « Les pyrites martiales, dit-il, que l’on trouve

Page 1