Voyez la note 1 de la page
2. « Ce nom d’origine arabe , qui remonte jusqu’à Matthiole , a été employé par tous les « anciens pour désigner diverses plantes qui croissent sur le bord de la mer, et que l’on brûle « pour tirer la soude de leurs cendres. Tqurnefort et Adanson avaient adopté ce nom pour le « genre principal dont toutes les espèces offrent ce produit. Linnæus y a substitué celui de
« salsola, maintenant préféré D’autres plantes qui fournissent de la soude plus ou moins
« estimée, et auxquelles on donne le nom de kali , sont réparties dans les genres salicornia^ « plantago, chenopodium , ambasis, galenia, mesembryanthemurn, aizoon, reaumuria^ <i bâtis, » (Laurent de Jussieu.)
ALCALIS ET LEURS COMBINAISONS
Ce sel végétal, lorsqu’il est pur, se présente sous la forme d’une poudre blanche, mais non cristallisée; sa saveur est si violente et si caustique, qu’il brûlerait et cautériserait la langue si on le goûtait sans le délayer auparavant dans une grande quantité d’eau ; il attire l’humidité de l’air en si grande abondance qu’il se résout en eau : cet alcali qu’on appelle fixe, ne l’est néanmoins qu’à un feu très-modéré, car il se volatilise à un feu violent, et cela prouve assez que la chaleur peut le convertir en alcali volatil , et que tous deux sont au fond de la même essence : l’alcali fixe a plus de puissance que les autres sels pour vitrifier les substances terreuses ou métalliques : il les fait fondre et les convertit presque toutes en verre solide et transparent.
Les cendres de nos foyers contiennent de l’alcali fixe végétal, et c’est par ce sel qu’elles nettoient et détergent le linge par la lessive : cet alcali que fournissent les cendres des végétaux est fort impur, cependant on en fait beaucoup dans les pays où le bois est abondant; on le connaît dans les arts, sous le nom de potasse^, et quoique impur il est d’un grand usage dans les verreries, dans la teinture et dans la fabrication du salpêtre.
C’est sans fondement qu’un de nos chimistes a prétendu que le tartre ne contient point d’alcali “ ; cette opinion a été bien réfutée par M. Bernard : l’alcali fixe se trouve tout formé dans les végétaux, et le tartre, qui n’est qu’un de leurs résidus, ne peut manquer d’en contenir; et d’ailleurs la lie de vin, brûlée et réduite en cendres, fournit une grande quantité d’alcali aussi bon , et même plus pur que celui de la soude.
C’est par la combinaison de l’acide marin avec l’alcali minéral que s’est formé le sel marin ou sel commun ^ dont nous faisons un si grand usage; il se trouve non-seulement dissous dans l’eau de toutes les mers et de plusieurs fontaines, mais il se présente encore en masses solides et en trèsgrands amas dans le sein de la terre; et quoique l’acide de ce sel, c’est-àdire l’acide mariné provienne originairement de l’acide aérien, comme tous les autres acides, il a des propriétés particulières qui l’en distinguent; il est plus faible que les acides vitrioliques et nitreux, et on l’a regardé comme le troisième dans l’ordre des acides minéraux; cette distinction est fondée sur la différence de leurs effets; l’acide marin est moins puissant, moins actif que les deux premiers, parce qu’il contient moins d’air et de feu , et d’ailleurs, il acquiert des propriétés particulières par son union avec l’alcali ; et s’il était possible de le dépouiller et de le séparer en entier de cette base alcaline, peut-être reprendrait-il les qualités de l’acide vitriolique ou de l’acide aérien, qui, comme nous l’avons dit, est l’acide primitif dont la
a. Voyez le Journal de Physique, mars 1781, Mémoire sur l’alcali fixe,