‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 92 sur 105 · Veau-forte est l’acide nitrique · texte numérisé non relu

Veau-forte est l’acide nitrique

2. 11 n’en provient pas plus que les autres. (Voyez les notes précédentes sur l'acide aérten. )

3. C’est qii’uu de ses éléments constitutifs est l'azote, principe essentiel de tous les animaux et de plusieurs végétaux.

NITRE

soufre qui brûle. De plus, l’acide nitreux et l’acide sulfureux se ressemblent encore, et diffèrent de l’acide vitriolique en ce qu’ils altèrent beaucoup plus les couleurs des végétaux que l’acide vitriolique, et que les cristallisations des sels qu’ils forment avec l’alcali se ressemblent entre elles autant qu’elles diffèrent de celle du tartre vitriolé

Tout nous porte donc à croire que l’acide nitreux est moins simple et plus surchargé d’air et de feu que tous les autres acides; que même, comme nous l’avons dit , ce sel est un surcomposé de feu et d’air accumulés et concentrés avec une petite portion d’eau et de terre, par le travail profond et la chaleur intime de l’organisation animale et végétale ; qu’enfin ces mêmes éléments y sont exaltés et développés par la fermentation putride.

De tous les sels le nitre est celui qui se dissout, se détruit et s’évanouit le plus complètement et le plus rapidement, et toujours avec une explosion qui démontre le combat intestin et la puissante expansion des fluides élémentaires, qui s’écartent et se fuient à l’instant que leurs liens sont rompus.

En présentant le plilogistique, c’est-à-dire le feu animé par l’air, à l’acide vitriolique, le feu, comme nous l’avons dit, se fixe par cet acide, et il en résulte une nouvelle substance qui est le soufre'. En présentant de même le plilogistique à l’acide du nitre, il devrait, suivant l’ingénieuse idée de Stahl , se former un soufre nitreux ; mais tel est l’excès du feu renfermé dans cet acide, que le soufre s’y détruit à l’instant même qu’il se forme, la moindre accession d’un nouveau feu suffisant pour le dégager de ses liens et le mettre en explosion.

Celte détonation du nitre est le plus terrible phénomène que la nature, sollicitée par notre art, ait jusqu’ici manifesté. Si le feu de Prométhée fut dérobé aux deux, celui-ci semble pris au Tartare, portant partout la ruine et la mort : combiné par un génie funeste, ou plutôt soufflé par le démon de la guerre, il est devenu le grand instrument de la destruction des hommes et de la dévastation de la terre.

Ce redoulable effet du nitre enflammé est causé par la propriété qu’il a de s’allumer en un instant dans toutes les parties de sa masse, dès qu’elles peuvent être atteintes par la flamme. La surabondance de son propre feu n’attend que le plus léger contact de cet élément pour s’y réunir en rompant ses liens avec une force et une violence à laquelle rien ne peut résister. L'inflammation de la première particule communiquant son feu à celles qui l’avoisinent, et ainsi de proche en proche dans toute la masse, avec utie inconcevable rapidité, et dans un instant pour ainsi dire indivisible, la somme de toutes ces explosions simultanées forme la détonation totale ,

c. Dictionnaire de Chimie, par M. Macquer, t. I, article Acide nitreux.

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