‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 91 sur 105 · Voyez, ci-dessus, la note · texte numérisé non relu

Voyez, ci-dessus, la note

3. Il n’est surcomposé ni d’acide aérien, ni de feu fixe, etc. Toute cette surcomposition n’est que de la chimie de BufTon.

NITRE

le feu fixe des substances animales et végétales exaltées parla fermentation putride ; il réunit les propriétés des acides minéraux, végétaux et animaux : quoique moins fort que l’acide vitriolique par sa qualité dissolvante il produit d’autres plus grands effets; il semble même augmenter la force du plus puissant des éléments, en donnant au feu plus de violence et plus d’activité.

L’acide nitreux attaque presque toutes les matières métalliques; il dissout avec autant de promptitude que d’énergie toutes les substances calcaires et toutes les terres mêlées des détriments des végétaux et des animaux; il forme avec presque toutes des sels déliquescents. Il agit aussi très-fortement sur les huiles, et même il les enflamme lorsqu’il est bien concentré; mais en l’affaiblissant avec de l’eau et l’unissant à l’huile il forme des sels savonneux; et en le mêlant dans cet état aqueux avec l’esprit-de-vin , il s'adoucit au point de perdre presque toute son acidité , et l’on en peut faire une liqueur éthérée, semblable à l’éther qui se fait avec l’esprit-de-vin et l’acide vitriolique. Ce dernier acide peut prendre une forme concrète à force de concentration; l’acide nitreux plus volatil reste toujours liquide et s’exhale continuellement en vapeurs; il attire l’humidité de l’air, mais moins fortement que l’acide vitriolique : il en est de même de l’effet que ces deux acides produisent en les mêlant avec l’eau; la chaleur est plus forte et le bouillonnement plus grand par le vitriolique que par le nitreux; celui-ci est néanmoins très-corrosif, et ce qu’on appelle eau-forte'^ n’est que ce même acide nitreux , affaibli par une certaine quantité d’eau.

Cet acide, ainsi que tous les autres, provient originairement de l’acide aérien^, et il semble en être plus voisin que les deux autres acides minéraux; car il est évidemment uni à une grande quantité d’air et de feu : la preuve en est que l’acide nitreux ne se trouve que dans les matières imprégnées des déjections ou des débris putréfiés des végétaux et des animaux, qui contiennentcertainement plus d’air et de feu qu’aucun des minéraux ce n’est qu’en unissant ces acides minéraux avec l’acide aérien on avec les substances qui en contiennent, qu’on peut les amener à la forme d’acide nitreux; par exemple, on peut faire du nitre avec de l’acide vitriolique et de l’urine ; et de même l’acide sulfureux volatil, qui n’est que l’acide vitriolique uni avec l’air et le feu, approche autant de la nature de l’acide nitreux qu’il s’éloigne de celle de l’acide vitriolique, duquel néanmoins il ne diffère que par ce mélange qui le rend volatil, et lui donne l’odeur du

a. M. Pietcli, dans une dissertation couronnée par l’Académie de Berlin en 1749, assure qu’ayant imbibé d’urine et d’acide vitriolique une pierre calcaire, et l’ayant laissée exposés quelque temps à l’air, il l’a trouvée après cela toute remplie de nitre. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, t. II , p. 126.

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