‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 95 sur 105 · C’est-à-dire de la soude. Voyez la note 1 de la page · texte numérisé non relu

C’est-à-dire de la soude. Voyez la note 1 de la page

2. Le sel sédatif est Vacide borique. — « L’acide borique existe dans la nature, tantôt comLiné « à la soude (borax), tantôt à la magnésie (boracite). — L’acide borique existe en Toscane « dans de petits lacs qui portent le nom de lagoni... On évapore ces eaux;... lorsque les liqueurs « sont arrivées aune concentration convenatlc, il suffît de les laisser refroidir pour obtenir de « l’acide boricjue cristallisé. » (Pelouze et Frémy.)

BORAX

les acides, les alcalis et les arsenicaux, il me semble qu’on peut soupçonner avec fondement que le sel sédatif a l’arsenic pour principe salin.

D’abord, il paraît certain que ce sel existe tout formé dans le borax et qu’il y est uni avec l’alcali, dont les acides ne font que le dégager, puisqu’en le combinant de nouveau avec l’alcali on en refait du borax. 2° Le sel sédatif n’est point un acide, et cependant il semble suppléer l’acide dans le borax, puisqu’il y est uni avec l’alcali; or, il n’y a dans la nature que l’arsenic qui puisse faire fonction d’acide avec les substances alcalines. 3“ On obtient le sel sédatif du borax par sublimation, il s’élève et s’attache au haut des vaisseaux clos en filets déliés ou en lames minces, légères et brillantes, et c’est sous cette forme qu’on conserve ce sel. On peut aussi le retirer du borax par la simple cristallisation; il paraît être aussi pur que celui qu’on obtient par la sublimation, car il est également brillant et aussi beau, il est seulement plus pesant, quoique toujours très-léger; et l’on ne peut s’empêcher d’admirer la légèreté de ce sel obtenu par sublimation : un gros, dit M. Manquer, suffit pour emplir un assez grand bocal. 4° C’est toujours par le moyen des acides qu’on retire le sel sédatif du borax, soit par sublimation ou par cristallisation; et M. Baron, habile chimiste, de l’Académie des Sciences, a bien prouvé qu’il ne se forme pas, comme on pourrait l’imaginer, par la combinaison actuelle de l’alcali avec les acides dont on se sert pour le retirer du borax: ainsi ce sel n’est certainement point un acide connu. 5“ Les chimistes ont regardé ce sel comme simple, parce qu’il ne leur a pas été possible de le décomposer : il a résisté à toutes les épreuves qu’ils ont pu tenter, et il a conservé son essence sans altération. 6“ Ce sel est non-seulement le plus puissant fondant des substances terreuses, mais il produit le même effet sur les matières métalliques.

Ainsi, quoique le sel sédatif paraisse simple et qu’il le soit en effet plus que le borax, il est néanmoins composé de quelques substances salines et métalliques, si intimement unies que notre art ne peut les séparer , et je présume que ces substances peuvent être de l’arsenic et du cuivre, auquel on sait que l’arsenic adhère si fortement qu’on a grande peine à l’en séparer : ceci n’est qu’une conjecture, un soupçon; mais comme d’une part le borax ne se trouve que dans des terres ou des eaux chargées de parties métalliques, et particulièrement dans le voisinage des mines de cuivre en Perse; et que d’autre part le sel sédatif n’cst ni acide ni alcali, et qu’il a plusieurs propriétés semblables à celles de l’arsenic , et qu’enfin il n’y a de sels simples dans la nature que l’acide, l’alcali et l’arsenic , j’ai cru que ma conjecture était assez fondée pour la laisser paraître, en la soumettant néanmoins à toute critique, et particulièrement à l’arrêt irrévocable de l’expérience, qui la détruira ou la confirmera : je puis, en attendant, citer un fait qui paraît bien constaté; M. Cadet, l’un de nos savants chimistes, de l’Académie des Sciences, a tiré du borax un culot de cuivre par des dissolutions et des fil-

BORAX

Iraliüns réitérées, et ce seul fait suffit pour démontrer que le cuivre est une des substances dont le borax est composé; mais il sera peut-être plus difficile d’y reconnaître l’arsenic

Le sel sédatif est encore plus fusible, plus vitrifiable et plus vitrifiant que le borax, et cependant il est privé de son alcali, qui, comme l’on sait, est le sel le plus fondant et le plus nécessaire à la vitrification ; dès lors, ce sel sédatif contient donc une matière qui, sans être alcaline, a néanmoins la même propriété vitrifiante : or, je demande quelle peut être cette matière, si ce n’est de l’arsenic, qui seul a ces propriétés, et qui même peut fondre et vitrifier plusieurs substances que les alcalis ne peuvent vitrifier?

Ce sel se dissout dans l’esprit-de-vin; il donne à sa flamme une belle couleur verte, ce qui semble prouver encore qu’il est imprégné de quelques éléments métalliques, et particulièrement de ceux du cuivre; il est vrai qu’en supposant ce sel composé d’arsenic et de cuivre, il faut encore admettre dans sa composition une terre vitrescible capable de saturer l’arsenic et d’envelopper le cuivre, car ce sel sédatif a très-peu de saveur, et ses effets, au lieu d’être funestes comme ceux de l’arsenic et du cuivre, ne sont que doux et même salutaires; mais ne trouve-t-on pas la même différence d’elïèts entre le sublimé corrosif et le mercure doux? Un autre fait qui va encore à l’appui de ma conjecture, c’est que le borax fait pâlir la couleur de l’or, et l’on sait que l’arsenic le pâlit ou blanchit de même, mais on ne sait pas, et il faudrait l’essayer, sien jetant à plusieurs reprises une grande quantité de borax sur l’or en fusion il ne le rendrait pas cassant comme fait l’arsenic; s’il produisait cet effet, on ne pourrait guère douter que le borax et le sel sédatif ne continssent de l’arsenic. Au reste, il faudrait faire de préférence cet essai sur le sel sédatif qui est débarrassé d’alcali, et qui a, comme le borax, la propriété de blanchir l’or. Enfin on peut comparer au borax le nitre fixé par l’arsenic, qui devient parce mélange un très-puissant fondant, et qu’on peut employer au lieu de borax pour opérer la vitrification; tous ces rapports me semblent indiquer que l’arsenic fait partie du borax, mais qu’il adhère si fortement à la base métallique de ce sel qu’on ne peut l’en séparer.

Au reste, il n’est pas certain qu’on ne puisse tirer le sel sédatif que du seul borax, puisque M. Iloëffer assure que les eaux du lacCherchiago, dans le territoire de Sienne, en Italie, en fournissent une quantité assez considérable, et cependant il ne dit pas que ces mêmes eaux fournissent du borax

On apporte de Turquie, de Perse, du continent des Indes et même de Tîle de Ceylan, du tinkal ou borax brut de deux sortes: Tun est mou et

a. Voyez le Mémoire de M. Iloëffer, directeur de pharmacie du grand-duc de Toscane, imprimé à Florence en 1778.

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