‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 127 sur 240 · I. LA GELINOTTE DU CANADA · texte numérisé non relu

I. LA GELINOTTE DU CANADA

Il me paraît que M. Brisson a fait un double emploi en donnant la gelinotte de Canada qu’il a vue, pour une espèce ditférente de la gelinotte de la baie d’Hudson, qu’à la vérité il n’avait pas vue; mais il suffisait de comparer la gelinotte de Canada en nature avec les planches enluminées d’Edwards de la gelinotte de la baie d’Hudson , pour reconnaître que c’était le même oiseau. Yoilà donc une espèce nominale de moins, et l’on doit attribuer à la gelinotte de Canada tout ce que MM. Ellis et Edwards disent de la gelinotte de la baie d’Hudson.

Elle abonde toute l’année dans les terres voisines de la baie d’Hudson; elle y habite par préférence les plaines et les lieux bas, au lieu que, sous un autre ciel , la même espèce, dit M. Ellis, ne se trouve que dans des

a. Nous avons vu deux, oiseaux envoyés de Sibérie , sous le nom de lagopèdes, qui sont vraisemblablement de la même espèce que le lagopède de la baie d’Hudson, et qui ont en effet les ongles si plats , qu’ils ressemblaient plutôt à des ongles de singe qu’à des griffes d’oiseaux.

* Tetrao canadensis et canace CLinn. ). — La gelinotte noire d’Amérique (Cuv.).

386 OISEAUX ETRANGERS

terres fort élevées, et même au sommet des montagnes : en Canada elle porte le nom de perdrix.

Le mâle est plus petit que la gelinotte ordinaire; il a les sourcils rouges, les narines couvertes de petites plumes noires, les ailes courtes, les pieds velus jusqu’au bas du tarse, les doigts et les ongles gris, le bec noir; en général il est d’une couleur fort rembrunie, et qui n’est égayée que par quelques taches blanches autour des yeux , sur les flancs et en quelques autres endroits.

La femelle est plus petite que le mâle, et elle a les couleurs de son plumage moins sombres et plus variées ; elle lui ressemble dans tout le reste.

L’un et l’autre mangent des pignons de pin, des baies de genévrier, etc. On les trouve dans le nord de l’Amérique en très-grande quantité, et on en fait des provisions aux approches de l’hiver; la gelée les saisit et les conserve, et, à mesure qu’on en veut manger, on les fait dégeler dans l’eau froide.

Page 1