‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 131 sur 240 · LE PAON BLANC · texte numérisé non relu

LE PAON BLANC

Le climat n’influe pas moins sur le plumage des oiseaux que sur le pelage des quadrupèdes : nous avons vu, dans les volumes précédents, que le lièvre,

a. J. Bruyer, deRe Cibariâ, lib. xv, cap. xxviii.

b. Voyez S. August., de Civitate Dei, lib. xxi, cap. iv. — Aldrov. Avi., t. II, p. 27

c. Voyez Mém. de VAcad. des Inscriptions , t. XX, p. 636.

d. Frisch , planche cxviii.

e. Traité des tournois, par le P. Ménestrier, p. 40.

f. Gessner, de Avibus.

g. Généalogie de Montmorency, p. 29.

h. Athénée, Deipnosoph., lib. u, cap. xvii.

i. Aldrovande, Avi., t. II, p. 29.

1. Vtnsioire du paon passe pour être le chef-d’œuvre de la plume de Gueneau de Montbeillard ; et , en effet, il y a de l’éclat ; mais , sous cet éclat , ne se trouvent plus la grande pensée , le sens profond , l’art consommé de Buffon. On reconnaît un heureux imitateur; on ne sent plus le maître.

* Simple variété du paon domestique.

le paon blanc.

l’hermine et la plupart des autres animaux, étaient sujets à devenir blancs dans les pays froids, surtout pendant l’hiver ; et voici une espèce de paons, ou, si l’on veut, une variété qui paraît avoir éprouvé les mêmes effets par la même cause, et plus grands encore, puisqu’elle a produit une race constante dans cette espèce, et qu’elle semble avoir agi plus fortement sur les plumes de cet oiseau ; car la blancheur des lièvres et des hermines n’est que passagère et n’a lieu que pendant l’hiver, ainsi que celle de la gelinotte blanche ou du lagopède, au lieu que le paon blanc est toujours blanc, et dans tous les pays, l’été comme l’hiver, à Rome comme à Torneo ; et cette couleur nouvelle est même si fixe que des œufs de cet oiseau pondus et éclos en Italie donnent encore des paons blancs. Celui qu’Aldrovande a fait dessiner était né à Bologne, d’où il avait pris occasion de douter que cette variété fût propre aux pays froids “ : cependant la plupart des naturalistes s’accordent à regarder la Norwége et les autres contrées du nord comme son pays natal *’• et il paraît qu’il y vit dans l’état de sauvage, car il se répand pendant l’hiver dans l’Allemagne, où on en prend assez communément dans cette saison 'j on en trouve même dans des contrées beaucoup plus méridionales, telles que la France et l’Italie mais dans l’état de domesticité seulement.

M. Linnæus assure en général, comme je l’ai dit plus haut, que les paons ne restent pas même en Suède de leur plein gré, et il n’en excepte point les paons blancs®.

Ce n’est pas sans un laps de temps considérable, et sans des circonstances singulières qu’un oiseau, né dans les climats si doux de l’Inde et de l’Asie, a pu s’accoutumer à l’âpreté des pays septentrionaux : s’il n’y a pas été transporté par les hommes il a pu y passer soit par le nord de l’xisie, soit par le nord de l’Europe. Quoiqu’on ne sache pas précisément l’époque de cette migration, je soupçonne qu’elle n’est pas fort ancienne; car je vois d’un côté dans Aldrovande f, Longolius, Scaliger ? et Schwenckfeld que les paons blancs n’ont cessé d’être rares que depuis fort peu de temps; et, d’un autre côté, je suis fondé à croire que les Grecs ne les ont point connus, puisque Aristote ayant parlé, dans son Traité de la génération des animaux \

a. Aldrovande, Ornithologia , t. II, p. 31.

b. Frisch, planche cxx. — Williigliby, Ornithologia, p. 113.

c. Frisch, planche cxx.

d. Aldrovande, Ornithologia , t. II, p. 31. Il ajoute aussi les îles Madères, en citant Cadamosto , de Navigatione. Je n’ai point la relation de ce voyageur pour vérifier la citation ; mais je vois dans l’Histoire générale des voyages , t. II, p. 270, qu’on trouve des paons blancs à l’ile de Madère, et cela est dit d’après Niçois et Cadamosto.

e. « Habitat apud nostrates rarius præsertim in aviariis magnatum, non verô sponte. » Linnæus , Fauna Suecica, p. 60 et 120.

f. Aldrovande, Ornithologia , t. 11, p. 31.

g. Exercitatio lix, et ccxxxviii.

h. Schwenckfeld, Aviarium Silesiæ,T^. 327.

i. Aristote, lib. v, cap. vi.

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