‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 140 sur 240 · III. — l’augus ou le luen · texte numérisé non relu

III. — l’augus ou le luen

On trouve au nord de la Chine une espèce de faisan dont les ailes et la queue sont semées d’un très-grand nombre de taches rondes semblables à des yeux, d’où on lui a donné le nom d’argus; les deux plumes du milieu de la queue sont très-longues et excèdent de beaucoup toutes les autres : cet oiseau est de la grosseur du dindon ; il a sur la tête une double huppe qui se couche en arrière

lY. — LE NAPAUL OU FAISAN CORNU.

M. Edwards, à qui nous devons la connaissance de cet oiseau rare, le range parmi les dindons, comme ayant autour de la tête des excroissances charnues % et cependant il lui donne le nom de faisan cornu. Je crois en effet qu’il approche plus du faisan que du dindon; car les excroissances charnues ne sont rien moins que propres à ce dernier : le coq, la peintade, l’oiseau royal, le casoar et bien d’autres oiseaux des deux continents en ont aussi; elles ne sont pas même étrangères au faisan, puisqu’on peut regarder ce large cercle de peau rouge dont ses yeux sont entourés comme étant à peu près de même nature, et que dans le faisan noir et blanc de la Chine cette peau forme réellement une double crête sur le bec, et des barbillons au-dessous. Ajoutez à cela que le napaul est du climat des faisans, puisqu’il a été envoyé de Bengale à M. Mead, qu’il a le bec, les pieds, les éperons, les ailes, et la forme totale du faisan ; et l’on conviendra qu’il est plus naturel de le rapporter au faisan qu’à un oiseau d’Amérique, tel que le dindon.

Le napaul ou faisan cornu est ainsi appelé, parce qu’il a en effet deux cornes sur la tête; ces cornes sont de couleur bleue, de forme cylindrique, obtuses à leur extrémité, couchées en arrière, et d’une substance analogue à de la chair calleuse : il n’a point autour des yeux ce cercle de peau rouge, quelquefois pointillée de noir, qu’ont les faisans ; mais il a tout cet espace

a. Voyez les Transactions philosophiques , t. LV, p. 88, planche iii.

b. Voyez Edwards, Hist. nat. des oiseaux , planche cxvi.

c. Voyez Gleanings, etc., t. III, p. 331.

* Phasianus argus (Linn. ). — L’argus on luen (Ciiv.).

** Penelope salyra (Gmel.). — Meleagris satyra (Lath. ). — Le napaul ou faisan cornu

Guy. ). — Ordre id. , genre id. , sous-genre Tragopans (Cuv. ).

OISEAUX ETRANGERS

garni de poils noirs en guise de plumes; au-dessous de cet espace et de la base du bec inférieur prend naissance une sorte de gorgerette formée d’une peau lâche, laquelle tombe et flotte librement sur la gorge et la partie supérieure du cou ; cette gorgerette est noire dans son milieu, semée de quelques poils de même couleur, et sillonnée par des rides plus ou moins profondes , en sorte qu’elle paraît capable d’extension dans l’oiseau vivant, et l’on peut croire qu’il sait la gonfler ou la resserrer à sa volonté; les parties latérales en sont bleues avec quelques taches orangées, et sans aucun poil en dehors; mais la face intérieure qui s’applique sur le cou est garnie de petites plumes noires, ainsi que la partie du cou qu’elle recouvre; le sommet de la tête est rouge, la partie antérieure du corps rougeâtre, la partie postérieure plus rembrunie : sur le tout, y compris la queue et les ailes, on voit des taches blanches entourées de noir, semées près à près assez régulièrement; ces taches sont rondes sur l’avant, oblongues ou en forme de larmes sur l’arrière, et celles-ci tournées de manière que la pointe regarde la tête; les ailes ne passent guère l’origine de la queue, d’où l’on peut conclure que c’est un oiseau pesant ; la longueur de la queue n’a pu être déterminée par M. Edwards, vu qu’elle est représentée dans îe dessin original comme ayant été usée par quelque frottement.

Y. LE KATRACA. *

Quoiqu’à vrai dire il Tie se soit point trouvé de véritables faisans dans l’Amérique, comme nous l’avons établi ci-dessus, néanmoins, parmi la multitude d’oiseaux différents qui peuplent ces vastes contrées, on en voit qui ont plus ou moins de rapports avec le faisan; et celui dont il s’agit dans cet article en approche plus qu’aucun autre, et doit être regardé comme son représentant dans le Nouveau-Monde. Il le représente en effet par sa forme totale, par son bec un peu crochu, par ses yeux bordés de rouge et par sa longue queue ; néanmoins, comme il appartient à un climat et même à un monde différent, et qu’il est incertain s’il se mêle avec nos faisans d’Europe, je le place ici après ceux de la Chine, qui s’accouplent certainement, et produisent avec les nôtres.

L’histoire du katraca nous est totalement inconnue : tout ce que je puis dire d’après l’inspection de sa forme extérieure, c’est que le sujet représenté ‘ nous paraît être le mâle, à cause de sa longue queue et de la forme de son corps, moins arrondie qu’allongée.

Nous lui conserverons le nom de katraca, qu’il porte au Mexique, suivant le P. Feuillée.

* Phasiamis motniot (Gmel. ). — Phasianiis parraqua (Latli. ). — Le katraca (Cuv. ). — Ordre id., genre Guans , Yacoiis ou Pénëlopes, sous-geiire Parraquas (Cuv.). a. N“ 14G ûis planches enluminées de Buübn.

QUI PARAISSENT AVOIR RAPPORT AU PAON, ETC

OISEAUX ÉTRANGERS

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