‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 165 sur 240 · Voyez Kolbe, t. I, page · texte numérisé non relu

Voyez Kolbe, t. I, page

LA CAILLE

toute l’Afrique habitable en Espagne, en Italie ^ en France, en Suisse % dans les Pays-Bas** et en Allemagne®, en Angleterre en Écosse », en Suède et jusqu’en Islande* et du côté de l’Est, en Pologne-? , en Russie*', en Tartarie * , et jusqu’à la Chine™; il est même très-probable qu’elle a pu passer en Amérique, puisqu’elle se répand chaque année assez près des cercles polaires, qui sont les points où les deux continents se rapprochent le plus ; et, en elFet, on en trouve dans les îles Malouines, comme nous le dirons plus bas; en général, on en voit toujours plus sur les côtes de la mer et aux environs, que dans l’intérieur des terres.

La caille se trouve donc partout, et partout on la regarde comme un fort bon gibier dont la chair est de bon goût, et aussi saine que peut l’être une chair aussi grasse. Aldrovande nous apprend même qu’on en fait fondre la graisse à part et qu’on la garde pour servir d’assaisonnement"; et nous avons vu plus haut que les Chinois se servaient de l’oiseau vivant pour s’échauffer les mains.

On se sert aussi de la femelle, ou d’un appeau qui imite son cri, pour attirer les mâles dans le piège : on dit même qu’il ne faut que leur présenter un miroir avec un filet au-devant, où ils se prennent, en accourant à leur image, qu’ils prennent pour un autre oiseau de leur espèce; à la Chine on les prend au vol avec des troubles légères que les Chinois manient fort adroitement®; en général, tous les pièges qui réussissent pour les autres oiseaux sont bons pour les cailles, surtout pour les mâles, qui sont moins défiants et plus ardents que leurs femelles, et que l’on mène partout où l’on veut en imitant la voix de celles-ci.

Cette ardeur des cailles a donné lieu d’attribuer à leurs œufs? , à leur graisse, etc., la propriété de relever les forces abattues et d’exciter les teni-

a. Voyez Fl. Joseph, lib. iii, cap. i ; Comestor, etc.

l. Voyez Aldrovande.

c. Stumpfius, Aldrovandi Ornithologia , t. II, pag. 137.

d. Aldrovande, ibidem.

e. Frisch, planche cxvii.

f. Britisch Zoology, page 87.

g. Sibbaldus, Historiæ animalium in Scotiâ, pag. IG.

h. Fauna Suecica, pag. 64.

i. Horrebovr, Nouvelle description d'Islande.

j. Rzaczynski, Auctiiarium Poloniæ , pag. 376.

le. « In campis russicis etpodolicis reperiuntur coturnices... » Martin Cramer, de Püonia; et Rzaczynski, loco citato.

l. Gerbillon, Voyages faits en Tartarie à la suite ou par ordre de l’empereur de la Chine. Voyez l’//is/OM'e générale des voyages, t. VII, p. 463 et 305.

tn. Voyez Glanures d' Edwards, 1. 1, p. 78. Les Chinois, dit-il, ont aussi notre caille commune dans leur pays, comme il parait visiblement par leurs tableaux, où l’on retrouve son portrait d’après nature.

n. Voyez Aldrovande, Ornithologia, t. II, pag. 172.

O. Gemelli Careri.

p. « Ova coturnicis inuncta testibus voluptatem inducunt, et pota libidinem augent, » hiranides.

LA CAILLE

péraments fatigués; on a même été jusqu’à dire que la seule présence d’un de ces oiseaux dans une chambre procurait aux personnes qui y couchaient des songes vénériens® : il faut citer les erreurs afin qu’elles se détruisent elles-mêmes.

LE CHROKIEL

ou GRANDE CAILLE DE POLOGNE. *

Nous ne connaissons cette caille que par le jésuite Rzaczynski, auteur polonais, et qui mérite d’autant plus de confiance sur cet article, qu’il parle d’un oiseau de son pays : elle paraît avoir la même forme, le même instinct que la caille ordinaire, dont elle ne diffère que par sa grandeur ’’ ; c’est pourquoi je la considère simplement comme une variété de cette espèce.

Jobson dit que les cailles de la Gambra sont aussi grosses que nos bécasses ® : si le climat n’était pas aussi différent , je croirais que ce serait le même oiseau que celui de cet article.

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