QUI PARAISSENT AVOIR DU RAPPORT AVEC LES PERDRIX
pieds, et par sa forme totale, quoique cependant elle n’ait ni les pieds garnis de plumes, ni les doigts bordés de dentelures, ni les yeux ornés de sourcils rouges, ainsi qu’il paraît par sa figure. M. Brisson, qui regarde cet oiseau comme le même que le colenicuiltic de Fernandez®, l’a rangé parmi les cailles sous le nom de caille de la Louisiane, et en a donné la figure*’; mais en comparant les figures ou les descriptions de M. Brisson, de Friscli et de Fernandez, j’y trouve de trop grandes différences pour convenir qu’elles puissent se rapporter toutes au même oiseau ; car sans m’arrêter aux couleurs du plumage, si difficiles à bien peindre dans une description, et encore moins à l’attitude, qui n’est que trop arbitraire, Je remarque que le bec et les pieds sont gros et jaunâtres, selon M. Frisch, rouges et de médiocre grosseur, selon M. Brisson, et que les pieds sont bleus, selon Fernandez ®.
Que si je m’arrête à l’idée que l’aspect de cet oiseau a fait naître chez ces trois naturalistes, l’embarras ne fait qu’augmenter, car M. Frisch n’y a vu qu’une poule de bois, M. Brisson qu’une caille, et Fernandez qu’une perdrix; car, quoique celui-ci dise au commencement du chapitre xxv que c’est une espèce de caille, il est visible qu’il se conforme en cet endroit au langage vulgaire ; car il finit ce même chapitre en assurant que le colenicuiltic ressemble par sa grosseur, son chant, ses mœurs et par tout le reste [ceteris cunctis) à l’oiseau du chapitre xxiv : or, cet oiseau du chapitre xxiv est le coyolcozque, espèce de colin; et Fernandez, comme nous l’avons vu, met les colins au nombre des perdrix
Je n’insiste sur tout ceci que pour faire sentir et éviter, s’il est possible, un grand inconvénient de nomenclature. Un méthodiste ne veut pas qu’une seule espèce, quelque anomale qu’elle soit, échappe à sa méthode : il lui assigne donc parmi ses classes et ses genres la place qu’il croit lui convenir le mieux; un autre, qui a imaginé un autre système, en fait autant avec le même droit ; et pour peu que l’on connaisse le procédé des méthodes et la marche de la nature, on comprendra facilement qu’un même oiseau pourra très-bien être placé par trois méthodistes dans trois classes différentes, et n’être nulle part à sa place.
Lorsque nous aurons vu l’oiseau ou les oiseaux dont il s’agit ici, et surtout lorsque nous aurons l’occasion de les voir vivants, nous les rapprocherons des espèces avec lesquelles ils nous paraîtront avoir le plus de rapport soit par la forme extérieure, soit par les mœurs et les habitudes naturelles.
Au reste, le colenicui est de la grosseur de notre caille, selon M. Brisson;
a. Fernandez, Hist. Avium novœ Hispaniæ, cap. xxv, pag. 19.
b. Brisson , Ornithologie , 1. 1 , p. 238 ; et planche xxii.
c. Fernandez, à l’endroit cité, page 20.
d. «Colin généra (quas coturnices vocant Hispani, quoniam nostratitus sunt similes , etsi « ad perdicum species sint citra dubium referendæ). » Cap. xxxix.
m OISEAUX ÉTRANGERS, ETC.
mais il paraît avoir les ailes un peu plus longues : il est brun sur le corps, gris sale et noir par-dessous; il a la gorge blanche et des espèces de sourcils blancs.