‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 182 sur 240 · Columba leucocephala (Linn · texte numérisé non relu

Columba leucocephala (Linn

LE RAMIER

LE RAMIER

Comme cet oiseau est beaucoup plus gros que le biset, et que tous deux tiennent de très-près au pigeon domestique, on pourrait croire que les petites races de nos pigeons de volière sont issues des bisets et que les plus grandes viennent des ramiers, d’autant plus que les anciens étaient dans l’usage d’élever des ramiers®, de les engraisser et de les faire multiplier : il se peut donc que nos grands pigeons de volière, et particulièrement les gros paltus, viennent originairement des ramiers; la seule chose qui paraîtrait s’opposer à cette idée, c’est que nos petits pigeons domestiques produisent avec les grands, au lieu qu’il ne paraît pas que le ramier produise avec le biset, puisque tous deux fréquentent les mêmes lieux sans se mêler ensemble. La tourterelle, qui s’apprivoise encore plus aisément que le ramier, et que l’on peut facilement élever et nourrir dans les maisons, pourrait, à égal titre, être regardée comme la tige de quelques-unes de nos races de pigeons domestiques, si elle n’était pas, ainsi que le ramier, d’une espèce particulière et qui ne se mêle pas avec les pigeons sauvages; mais on peut concevoir que des animaux qui ne se mêlent pas dans l’état de nature, parce que chaque mâle trouve une femelle de son espèce, doivent se mêler dans l’état de captivité, s’ils sont privés de leur femelle propre et quand on ne leur offre qu’une femelle étrangère. Le biset, le ramier et la tourterelle ne se mêlent pas dans les bois, parce que chacun y trouve la femelle qui lui convient le mieux, c’est-à-dire celle de son espèce propre; mais il est possible qu’étant privés de leur liberté et de leur femelle ils s’unissent avec celles qu’on leur présente; et comme ces trois espèces sont fort voisines, les individus qui résultent de leur mélange doivent se trouver féconds et produire par conséquent des races ou variétés constantes : ce ne seront pas des mulets stériles, comme ceux qui proviennent de l’ânesse et du cheval, mais des métis féconds, comme ceux que produit le houe avec la brebis^ A juger du genre columbacé par toutes les analogies, il paraît que dans l’état de nature il y a, comme nous l’avons dit, trois espèces principales et deux autres qu’on peut regarder comme intermédiaires. Les Grecs avaient donné à chacune de ces cinq espèces des noms différents, ce qu’ils ne faisaient jamais que dans l’idée qu’il y avait, en effet, diversité d’espèce : la première et la plus grande est \e phassa ou phatta, qui est notre ramier; la seconde est \epéléias, qui est notre biset; la troisième, le triigon ou la

a. « PalumLes antiqui cellares habebant quas pascendo sagiaabaut. » Perrottus apud Gessue l'Uin, de Avibus , pag. 310.

* Columba palumbui, ( Linn. ). — Le ramier (Guv. ).

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