II. — LA PIE DE LA JAMAÏQUE
Cet oiseau ne pèse que six onces, et il est d’environ un tiers plus petit que la pie commune, dont il a le bec, les pieds et la queue.
Le plumage du mâle est noir, avec des reflets pourpres; celui de la femelle est brun, plus foncé sur le dos et sur toute la partie supérieure du corps, moins foncé sous le ventre.
Ils font leur nid sur les branches des arbres : on en trouve dans tous les districts de l’île, mais plus abondamment dans les lieux les plus éloignés du bruit ; c’est de là qu’après avoir fait leur ponte et donné naissance à une génération nouvelle pendant l’été, ils se répandent l’automne dans les habitations et arrivent en si grand nombre que l’air en est quelquefois obscurci. Ils volent ainsi en troupes l’espace de plusieurs milles, et partout où ils se posent ils font un dommage considérable aux cultivateurs. Leur ressource pendant l’hiver est de venir en foule aux portes des granges. Tout cela donne lieu de croire qu’ils sont frugivores ; cependant on remarque qu’ils ont l’odeur forte, que leur chair est noire et grossière, et qu’on en mange fort rarement.
Il suit de ce que je viens de dire que cet oiseau diffère de notre pie, non-
a. Voyez V Ornithologie de M. Brisson, t. II, p. 40.
h. On lui a donné le nom de fie , de choucas , de merops et de merle des Barbades. Voyez Brown, Natural Uistory of Jamaïc. — Catesby, Histoire naturelle de la Caroline, t. Br, p. 12. — M. Klein a copié la traduction française avec des fautes, p. 60 de l’Ordo avium. Voyez aussi M. Brisson , t. II, p. 41.
* Corvus senegalensis (Linn. ).
'** « C’est, à la fois, le gracula quiscala (Linn.), le gracula barita (Lath.) , ou la pie de la « Jamaïque. » (Cuvier.) — Ordre et famille id., genre Cassiques, sous-genre Troupiales (Cuvier.)