Voyez la note de la page
* Vullur gryphus ( Linn.). — Le condor ou grand vautour des Ândes (Cuv.). — « Noirâtre, « une grande partie de l’aile cendrée, le collier soyeux et blanc; le mâle, outre sa caroncule « supérieure, qui est grande et sans dentelures, en a une sous le bec comme un coq. Dans le « premier âge, cet oiseau est d’un brun cendré et sans collier. La femelle manque de caroncules, « et est tout entière d’un gris brnn. C’est l’espèce si fameuse par l’exagération avec laquelle on « parlait de sa taille ; mais elle est seulement un peu supérieure à celle de notre lœmmer-geyer, « dont le condor a aussi les mœurs. Il habite les plus hautes montagnes de la Cordillère des
.\ndes, et c’est l’oiseau qui s’élève le plus haut. » (Cuvier.)
LE CONDOR
quadrupèdes dans un sens, tandis que les roussettes, les rougettes et les chauves-souris font une semblable nuance, mais en sens contraire, entre les quadrupèdes et les oiseaux. Le condor possède même à un plus haut degré que l’aigle toutes les qualités, toutes les puissances que la nature a départies aux espèces les plus parfaites de cette classe d’êtres; il a jusqu’à dix-huit pieds de vol ou d’envergure, le corps, le bec et les serres à proportion aussi grandes et aussi fortes, le courage égal à la force, etc. Nous ne pouvons mieux faire, pour donner une idée juste de la forme et des proportions de son corps, que de rapporter ce qu’en dit le P. Feuillée, le seul de tous les naturalistes et voyageurs qui en ait donné une description détaillée*. « Le condor est un oiseau de proie de la vallée d’Ylo au Pérou
« J’en découvris un qui était perché sur un grand rocher; je l’approchai à « portée de fusil et le tirai; mais comme mon fusil n’était chargé que de « gros plomb, le coup ne put entièrement percer la plume de son pare- « ment; je m’aperçus cependant à son vol qu’il était blessé, car s’étant « levé fort lourdement, il eut assez de peine à arriver sur un autre grand « rocher à cinq cents pas de là, sur le bord de la mer; c’est pourquoi je « chargeai de nouveau mon fusil d’une balle et perçai l’oiseau au-dessous « de la gorge; je m’en vis pour lors le maître et courus pour l’enlever : « cependant il disputait encore avec la mort, et, s’étant mis sur son dos, « il se défendait contre moi avec ses serres toutes ouvertes, en sorte que « je ne savais de quel côté le saisir; je crois même que s’il n’eût pas été « blessé à mort, j’aurais eu beaucoup de peine à en venir à bout ; enfin «je le traînai du haut du rocher en bas, et avec le secours d’un ma- « telot je le portai dans ma tente pour le dessiner et mettre le dessin en « couleur.
1. Dans ces derniers temps, M. de Humboldt nous a mieux fait connaître le condor. — « La « région que l’on peut considérer comme le séjour habituel du condor commence à la hauteur « de l’Etna. Elle comprend des couches d’air élevées de dix à dix-huit mille pieds au-dessus du
« niveau de la mer Les plus grands condors que l’on trouve dans la chaîne des Andes, près
« de Quito, ont 14 pieds d’envergure, les plus petits 8 pieds. D’après les dimensions de leurs « ailes et l’angle sous lequel nous vîmes souvent ces oiseaux planer verticalement au-dessus de « nous, ou peut juger de l’immense hauteur à laquelle on les voit s’élever par un ciel serein. « Un angle optique de 4 minutes, par exemple, donne une distance verticale de 6,876 pieds. « Or, la grotte d’Antisana , située vis-à-vis du mont Chussulongo , et près de laquelle nous « mesurâmes le vol du condor, dans les Andes de Quito, est à 14,958 pieds au-dessus de la « sm’face de l’océan Pacifique. La hauteur absolue à laquelle s’était élevé le condor était donc « de 21,834 pieds, point où le baromètre se soutient à peine à 12 pouces, mais qui n’est pas « cependant supérieure aux sommets culminants de rHimalaya. C’est un phénomène physiolo- « logique très-saisissant de voir le même oiseau, après qu’il a tournoyé des heures entières dans « des régions où l’air est aussi raréfié , s’abattre tout d’un coup sur le rivage de la mer, en « rasant, par exemple, la pente occidentale du volcan de Pichincha, et dans l’espace de quel- « ques heures traverser tous les climats. Ce passage rapide des couches supérieures aux couches « inférieures de l’air est une preuve de plus de la facilité avec laquelle se vident et se gonflent « les cellules aériennes des oiseaux. » {Tah. de la nat. , t. II, p. 46 et suiv. ) — Voyez la note 2 de la page 373 du volume.
LE CONDOR
«Les ailes du condor, que je mesurai fort exactement, avaient, d’une « extrémité à l’autre, onze pieds quatre pouces, et les grandes plumes , qui « étaient d’un beau noir luisant, avaient deux pieds deux pouces de lon- « gueur ; la grosseur de son bec était proportionnée à celle de son corps , « la longueur du bec était de trois pouces et sept lignes, sa partie supé- « rieure était pointue, crochue et blanche à son extrémité, et tout le reste « était noir; un petit duvet court, de couleur minime, couvrait toute la « tête de cet oiseau; ses yeux étaient noirs et entourés d’un cercle brun- « rouge; tout son parement et le dessous du ventre , jusqu’à l’extrémité de « la queue, était d’un brun clair; son manteau, de la même couleur, était « un peu plus obscur ; les cuisses étaient couvertes jusqu’au genou de « plumes brunes, ainsi que celles du parement; le fémur avait dix pouces « et une ligne de longueur, et le tibia cinq pouces et deux lignes; le pied « était composé de trois serres antérieures et d’une postérieure; celle-ci « avait un pouce et demi de longueur et une seule articulation, cette serre « était terminée par un ongle noir et long de neuf lignes; la serre anté- « rieure du milieu du pied, ou la grande serre, avait cinq pouces huit « lignes et trois articulations, et l’ongle qui la terminait avait un pouce « neuf lignes et était noir comme sont les autres; la serre intérieure avait « trois pouces deux lignes et deux articulations, et était terminée par un « ongle de la même grandeur que celui de la grande serre; la serre exté- « rieure avait trois pouces et quatre articulations , et l’ongle était d’un « pouce; le tibia était couvert de petites écailles noires, les serres étaient « de même, mais les écailles en étaient plus grandes.
« Ces animaux gîtent ordinairement sur les montagnes où ils trouvent « de quoi se nourrir ; ils ne descendent sur le rivage que dans la saison « des pluies; sensibles au froid, ils y viennent chercher la chaleur. Au « reste, quoique ces montagnes soient situées sous la zone torride, le froid « ne laisse pas de s’y faire sentir ; elles sont presque toute l’année couvertes « de neiges , mais beaucoup plus en hiver, où nous étions entrés depuis le « 21 de ce mois.
« Le peu de nourriture que ces animaux trouvent sur le bord de la mer, « excepté lorsque quelques tempêtes y jettent quelques gros poissons, les « oblige à n’y pas faire de longs séjours; ils y viennent ordinairement le « soir, y passent toute la nuit et s’en retournent le matin. »
Frézier, dans son voyage de la mer du Sud, parle de cet oiseau dans les termes suivants : « Nous tuâmes un jour un oiseau de proie appelé condor , « qui avait neuf pieds de vol et une crête brune qui n’est point déchiquetée « comme celle du coq; il a le devant du gosier rouge, sans plumes, comme « le coq-d’lnde; il est ordinairement gros et fort à pouvoir emporter un « agneau. Garcilasso dit qu’il s’en est trouvé au Pérou qui avaient seize « pieds d’envergure. »
LE CONDOR
En effet, il paraît que ces deux condors, indiqués par Fouillée et par Frézier, étaient des plus petits et des jeunes de l’espèce; car tous les autres voyageurs leur donnent plus de grandeur Le P. d’Abbeville et de Laët assurent que le condor est deux fois plus grand que l’aigle, et qu’il est d’une telle force qu’il ravit et dévore une brebis entière, qu’il n’épargne pas même les cerfs et qu’il renverse aisément un homme ^ Il s’en est vu, disent Acosta® et Garcilasso qui, ayant les ailes étendues, avaient quinze et même seize pieds d’un bout de l’aile à l’autre; ils ont le bec si fort qu’ils percent la peau d’une vache, et deux de ces oiseaux en peuvent tuer et manger une, et même ils ne s’abstiennent pas des hommes; heureusement il y en a peu, car, s’ils étaient en grande quantité, ils détruiraient tout le bétail®. Desmarchais dit que ces oiseaux ont plus de dix-huit pieds de vol ou d’envergure, qu’ils ont les serres grosses, fortes et crochues, et que les Indiens de l’Amérique assurent qu’ils empoignent et emportent une biche ou une jeune vache comme ils feraient un lapin; qu’ils sont de la grosseur d’un mouton; que leur chair est coriace et sent la charogne; qu’ils ont la vue perçante, le regard assuré et même cruel; qu’ils ne fréquentent guère les forêts, qu’il leur faut trop d’espace pour remuer leurs grandes ailes; mais qu’on les trouve sur les bords de la mer et des rivières, dans les savanes ou prairies naturelles f.
a. «Ad oram (inquit D. Strong) maritimam chilensem noa procul a Mochâ insulà alitem « hanc (cuntur) offendimus , clivo maritimo excelso prope littus insidentem. Glande plumbea « trajectæ et occisæ spatium et magnitudinem socii navales attoniti , mirabantur : quippe ab « extremo ad extremum alarum extensarum commensurata tredecim pedes latitudine æquabat. « Hispani regionis istius incolæ interrogati affîrmabant se ab ülis valde timere ne libérés sues « raperent et dilaniarent. » Ray, Synops. Avi., p. 11.
b. Histoire du Nouveau-Monde , par de Laët, p. 553.
c. Les oiseaux que les habitants du Pérou appellent condores , sont d’une grandeur extrême et d’une telle force , que non-seulement ils ouvrent et dépècent un mouton , mais aussi un veau tout entier. Hist. des Indes, par Jos. Acosta , p. 197.
d. Ceux qui ont mesuré la grandeur des conturs, que les Espagnols appellent condors , ont
trouvé seize pieds de la pointe d’une aile à l’autre ils ont le bec si fort et si dur qu’ils
percent aisément le cuir des bœufs. Deux de ces oiseaux attaquent une vache ou un taureau, et en viennent à bout : ils ont même attaqué de jeunes garçons de dix ou douze ans, dont ils ont fait leur proie. Leur plumage est semblable à celui des pies ; ils ont une crête sur le front, différente de celle des coqs, en ce qu’elle n’est point dentelée ; leur vol, au reste, est effroyable, et quand ils fondent à terre ils étourdissent par leur grand bruit. Histoire des Incas, t. II, page 201.
e. Histoire du Nouveau-Monde , par de Laët, p. 330.
f. Voyage de Desmarchais, t. III, p. 321 et 322. — C’est aussi au condor qu’il faut rapporter les passages suivants. Nos matelots, dit G. Spilberg, prirent dans l’île de Loubet, aux côtes du Pérou, deux oiseaux d’une grandeur extraordinaire qui avaient un bec, des ailes et des griffes comme en ont les aigles , un cou comme celui d’une brebis et une tête comme celle d’un coq, si bien que leur figure était aussi extraordinaire que leur grandeur. Recueil des voyages de la Compagnie des Indes de Hollande , t. IV, p. 528. — Il y avait, dit Ant. de Solis, dans la ménagerie de l’emperem- du Mexique , des oiseaux d’une grandeur et d’une fierté si extraordmaire, qu’ils paraissaient des monstres... d’une taille surprenante et d’ime prodigieuse vora-
LE CONDOE.
M. Ray“, et presque tous les naturalistes après Iui^ ont pensé que le condor était du genre des vautours, à cause de sa tête et de son cou dénués de plumes; cependant on pourrait en douter encore, parce qu’il paraît que son naturel tient plus de celui des aigles; il est, disent les voyageurs, courageux et très-fier; il attaque seul un homme et tue aisément un enfant de dix ou douze ans“^; il arrête un troupeau de moutons et choisit à son aise celui qu’il veut enlever; il emporte les chevreuils, tue les hiches et les vaches, et prend aussi de gros poissons. Il vit donc, comme les aigles, du produit de sa chasse , il se nourrit de proies vivantes et non pas de cadavres; toutes ces habitudes sont plus de l’aigle que du vautour ‘. Quoi qu’il en soit, il me paraît que cet oiseau, qui est encore peu connu, parce qu’il est rare partout , n’est cependant pas confiné aux seules terres méridionales de l’Amérique; je suis persuadé qu’il se trouve également en Afrique, en Asie et peut-être même en Europe Garcilasso a eu raison de dire que le
cité , jusque-là, qu’on trouve un auteur qui avance qu’un de ces oiseaux mangeait un mouton à chaque repas. Hist. de la conquête du Mexique, t. I, p. 5.
a. « Hujus generis {vulturini) esse videtur avis ilia ingens chilensis contur dicta; avis ista « ex descriptione rudi qualem extorquera potui , quin vultur fuerit ex aurarum dictarum « genere minime duhito ; a nantis ob caput calvum seu implume pro gallopavone per errorem « initio habita est, ut et aura a primis nostræ gentis ( Anglicœ ) Americæ colonis. » Ray, Synops. Avi., p. 11 et 12.
b. Vultur Gryps, Gryphus, Greif-Geier. Klein, Ord. Avi., p. 45. — Le condor. Brisson, OrnithoL, t. I , p. 473.
c. Il est souvent arrivé qu’un seul de ces oiseaux a tué et mangé des enfants de dix ou douze ans. Trans. philos., n» 208. Sloane. — Le fameux oiseau, appelé au Pérou cuntur, et par corruption condor, que j’ai vu en plusieurs endroits des montagnes de la province de Quito , se trouve aussi, si ce qu’on m’a assuré est vrai, dans les pays bas des bords du Maragnon : j’en ai vu planer au-dessus d’un troupeau de moutons; il y a apparence que la vue du berger les empêchait de rien entreprendre ; c’est une opinion universellement répandue, que cet oiseau enlève un chevreuil , et qu’il a quelquefois fait sa proie d’un enfant : on prétend que les Indiens lui présentent pour appât une figure d’enfant d’une argile très-visqueuse, sur laquelle il fond d’un vol rapide, et qu’il y engage ses serres, de manière qu’il ne lui est plus possible de s’en dépêtrer. Voyage de la rivière des Amazones, par M. de la Condamine , p. 172.
1 . « Les condors vivent généralement par couples ou tout à fait solitaires ; cependant ils se « réunissent en troupes dans le Chili et dans les hautes plaines de Quito , pour attaquer les « moutons et les veaux ou enlever de jeunes guanacos. Les ravages qu’ils font chaque année « dans les troupeaux de brebis, de chèvres et de bœufs, parmi les vigognes, les alpacas, et les « guanacos sauvages de la chaîne des Andes, sont très-considérables. Les habitants du Chili « prétendent que ce vautour peut, en état de captivité, endurer un jeûne de quarante jours. « Mais quand il est libre, sa voracité est prodigieuse, et il l’assouvit de préférence sur la chair « morte, selon l’usage de tous les vautours. » [Tab. de la nat., t. II, p. 49.) — « La chasse au « condor, par le moyen des palissades, est employée avec succès au Chili comme au Pérou. « Avant de prendre son vol, le condor, alourdi par la chair dont il s’est repu, est obligé de « parcourir une certaine distance, les ailes à moitié déployées. On entoure de pieux solides un « quartier de bœuf déjà en voie de putréfaction; les condors se pressent en foule dans cette « étroite enceinte, et comme l’excès de la nourriture et l’obstacle opposé par les palissades rend « leur essor très-difficile, les paysans les tuent à coups de bâtons ou s’en emparent en leur jetant O des nœuds coulants. » ( Ibid., p. 50.)
2. Il ne se trouve que dans le Nouveau-Monde. (Voyez la note de la page 106.)
LE CONDOR
condor du Pérou et du Chili ® est le môme oiseau que le ruch ou roc des Orientaux, si fameux dans les contes arabes, et dont Marc Paul a parlé; et il a eu encore raison de citer Marc Paul avec les contes arabes , parce qu’il y a dans sa relation presque autant d’exagération. « Il se trouve, dit-il, « dans nie de Madagascar, une merveilleuse espèce d’oiseau qu’ils appellent « roc , qui a la ressemblance de l’aigle, mais qui est, sans comparaison, « beaucoup plus grand... les plumes des ailes étant de six toises de lon- « gueiir et le corps grand à proportion; il est de telle force et puissance c( que, seul et sans aucune aide , il prend et arrête un éléphant ‘ qu’il « enlève en l’air et laisse tomber à terre pour le tuer, et se repaître ensuite « de sa chair y> 11 n’est pas nécessaire de faire sur cela des réflexions critiques, il suffit d’y opposer des faits plus vrais, tels que ceux qui viennent de précéder et ceux qui vont suivre. Il me paraît que l’oiseau , presque grand comme une autruche, dont il est parlé dans Y Histoire des navigations aux terres australes'^, ouvrage que M. le président de Brosses a rédigé avec autant de discernement que de soin , doit être le même que le condor des Américains et le roc des Orientaux; de même, il me paraît que l’oiseau de proie des environs de Tarnasar ville des Indes orientales, qui est bien plus grand que l’aigle, et dont le bec sert à faire une poignée d’épée, est encore le condor, ainsi que le vautour du Sénégal®, qui ravit et enlève des enfants; que l’oiseau sauvage de Laponie f, gros et grand comme un mouton, dont parlent Regnard et la Martinière, et dont Olaüs Magnus a fait
а. Hist. des Incas, t. I, p. 27.
б. Description géographique , etc., par Marc Paul, liv. in, chap. sl.
c. Aux branches de l’arbre qui produit les fruits appelés pains de singe étaient suspendus des nids qui ressemblaient à de grands paniers ovales , ouverts par en bas et tissus confusément de branches d’arbres assez grosses; je n’eus pas la satisfaction de voir les oiseaux qui les avaient construits ; mais les habitants du voisinage m’assurèrent qu’ils avaient assez la figure de cette espèce d’aigle qu’ils appellent ntann. A juger de la grandeur de ces oiseaux par celle de leurs nids, eUe ne devait pas être beaucoup inférieure à celle de l’autruche. Hist. des navigations aux terres Australes, t. II, p. 104.
d. « In regione circa Tarnasar urbem Indiæ complura avium généra sunt, raptu præsertim « viventia, longe aquilis proceriora; nam ex superiore rostri parte ensium capuli fabricantur. « Id rostri fulvum cæruleo colore distinctum... Aliti vero color est niger et item purpureus inter- « cursantibus pennis nonnullis. » Lud. Patritius apud Gesnerum, Avi., p. 206.
a. Il y a au Sénégal des vautours aussi gros que des aigles, qui dévorent les petits enfants quand ils en peuvent attraper à l’écart. Voyage de Le Maire, p. 106.
f. 11 se trouve aussi dans la Laponie Moscovite un oiseau sauvage de couleur d’un gris de perle, gros et grand comme un mouton, ayant la tète faite comme un chat, les yeux fort étincelants et rouges; le bec comme un aigle, les pieds et les griffes de même. Voyage des pays septentrionaux, par la Martinière, p. 76, avec une figure. — Il n’y a guère moins d’oiseaux que de bêtes à quatre pieds en Laponie ; les aigles s’y rencontrent en abondance ; il s’en trouve d’une grosseur si prodigieuse qu’elles peuvent, comme je l’ai déjà dit ailleurs , emporter des faons de rennes lorsqu’ils sont jeunes, dans leurs nids qu’ils font au sommet des plus hauts arbres; ce qui fait qu’il y a toujours quelqu’un pour les garder. Regnard, Voyage de Laponie, p. 181.