‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 4 sur 240 · Voyez la note 3 de la page 7 du III« volume · texte numérisé non relu

Voyez la note 3 de la page 7 du III« volume

2. Chaque eontinent a ses oiseaux naturels et propres; eliaque climat déterminé a les siens. Les mir/r al ions ne sont qu’un fait secondaire, et d’ailleurs réglé pour chaque espèce. Les belles lois de zooloQie géographique, posées par Uuffon , se sont trouvées beaucoup plus générales que lui-meme ne l’avait prévu : clics embrassent le règne animal utier.

PLAN DE L’OUVRAGE

paraît au printemps, disparaît en automne, et fait son nid, avec de la terre, contre les fenêtres ou dans les cheminées; nous pourrons, en les observant, rendre un compte fidèle et assez exact de leurs mœurs, de leurs habitudes naturelles et de tout ce qu’elles font pendant les cinq ou six mois de leur séjour dans notre pays; mais on ignore tout ce qui leur arrive pendant leur absence, on ne sait ni où elles vont ni d’où elles viennent; il y a des témoignages pour et contre au sujet de leurs migrations; les uns assurent qu’elles voyagent et se transportent dans les pays chauds pour y passer le temps de notre hiver; les autres prétendent qu’elles se jettent dans les marais’, et qu’elles y demeurent engourdies jusqu’au retour du printemps; et ces faits, quoique directement opposés, paraissent néanmoins également appuyés par des observations réitérées : comment tirer la vérité du sein de ces contradictions? comment la trouver au milieu de ces incertitudes? J’ai fait ce que j’ai pu pour la démêler; et l’on jugera, par les soins qu’il faudrait se donner et les recherches qu’il faudrait faire pour éclaircir ce seul fait, combien il serait difficile d’acquérir tous ceux dont on aurait besoin pour faire l’histoire complète d’un seul oiseau de passage, et à plus forte raison l’histoire générale des voyages de tous.

Comme j’ai trouvé que dans les quadrupèdes il y a des espèces dont le sang se refroidit et prend à peu près le degré de la température de l’air, et que c’est ce refroidissement^ de leur sang qui cause l’état de torpeur et d’engourdissement où ils tombent et demeurent pendant l’hiver, je n’ai pas eu de peine à me persuader qu’il devait aussi se trouver parmi les oiseaux quelques espèces sujettes à ce même état d’engourdissement causé par le froid; il me paraissait seulement que cela devait être plus rare parmi les oiseaux, parce qu’en général le degré de la chaleur de leur corps est un peu plus grand ^ que celui du corps de l’homme et des animaux quadrupèdes ; j’ai donc fait des recherches pour connaître quelles peuvent être ces espèces sujettes à l’engourdissement; et pour savoir si l’hirondelle était du nombre, j’en ai fait enfermer quelques-unes dans une glacière où je les ai tenues plus ou moins de temps; elles ne s’y sont point engourdies, la plupart y sont mortes, et aucune n’a repris de mouvement aux rayons du soleil ; les autres, qui n’avaient soulfert le froid de la glacière que pendant peu de temps, ont conservé leur mouvement et en sont sorties bien vivantes.

1. Il y a, dans nos climats, trois espèces à’hirûndelles : l'hirondelle de fenêtre {hirundo urhica) , l'hirondelle de cheminée {hirundo rustica) , et l’hirondelle de rivage [hirundo riparia ). Les deux premières émigrent. Ce n’est que de la dernière que l'on a dit , et peut-être sans trop de preuves , qu’elle passait l’hiver dans nn état de torpeur. « Il paraît constant qu’elle « s’engourdit pendant l’hiver, et même qu’elle passe cette saison au fond de l’eau des marais. » ( Cuvier. )

Page 1