‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 45 sur 240 · Faucon à bec jaune : variété du faucon commun · texte numérisé non relu

Faucon à bec jaune : variété du faucon commun

2. Falco lagopus (Gmel.). — La buse pattae{Gnv. ). — « La buse patlue est un des oiseaux « les plus répandus ; on l’a trouvée presque partout, et on l’a presque toujours regardée. comme « variété de quelque autre oiseau. » ( Cuvier. ) — C’est le faucon à tête blanche de Brisson, le falco lagopus deGmelin, le falco leucocephalus de Frisch, le falco Sancli-Johannis de Latham, etc.

LE FAUCON

M. Frisch appelle mal à propos vautour. « Ce vautour à pieds velus ou à « culotte de plume est, dit-il, de tous les oiseaux de proie diurnes à bec « crochu le seul qui ait des plumes jusqu’à la partie inférieure des pieds, «auxquels elles s’appliquent exactement; l’aigle des rochers a aussi des « plumes semblables, mais qui ne vont que jusqu’à la moitié des pieds; les « oiseaux de proie nocturnes, comme les chouettes, en ont jusqu’aux « ongles, mais ces plumes sont une espèce de duvet; ce vautour poursuit « toute sorte de proie, et on ne le trouve jamais auprès des cadavres » C’est parce que ce n’est pas un vautour, mais un faucon, qu’il ne se nourrit pas de cadavres, et ce faucon a paru à quelques-uns de nos naturalistes assez semblable à notre faucon de France'* pour n’en faire qu’une variété; s’il ne différait, en effet, de notre faucon que par la blancheur de la tête, tout le reste est assez semblable pour qu’on ne dût le considérer que comme variété; mais le caractère des pieds couverts de plumes jusqu’aux ongles me paraît être spécifique, ou tout au moins l’indice d’une variété constante, et qui fait race à part dans l’espèce du faucon.

Une seconde variété est le faucon blanc *, qui se trouve en Russie et peutêtre dans les autres pays du Nord; il y en a de tout à fait blancs et sans taches, à l’exception de l’extrémité des grandes plumes des ailes, qui sont noirâtres; il y en a d’autres de cette espèce, qui sont aussi tout blancs, à l’exception de quelques taches brunes sur le dos et sur les ailes et de quelques raies brunes sur la queue"; comme ce faucon blanc est de la même grandeur que notre faucon et qu’il n’en diffère que par la blancheur, qui est la couleur que les oiseaux, comme les autres animaux, prennent assez généralement dans les pays du Nord, on peut présumer avec fondement que ce n’est qu’une variété de l’espèce commune, produite par l’influence du climat; cependant il paraît qu’en Islande^ il y a aussi des faucons de la même couleur que les nôtres, mais qui sont un peu plus gros et qui ont les ailes et la queue plus longues; comme ils ressemblent presque en tout à notre faucon et qu’ils n’en diffèrent que par ces légers caractères, on ne doit pas les séparer de l’espèce commune. Il en est de même de celui qu’on appelle

a. Frisch, pl. lxxv, avec une figure coloriée. — Le faucou à tête blanche. Brisson, t. I, p. 325, et t. VI, Supplément, p. 22, pl. i.

b. Voyez l’Ornithologie de M. Brisson, p. 325.

c. Brisson, 1. 1, p. 326.

1. Le faucon blanc proprement dit est l’oiseau Saint-Martin (voyez la nomenclature de la p. 114); mais il peut se trouver des faucons tout blancs, comme ü se trouve aussi des gerfaults tout blancs (voyez la note de la p. 127 ). C’est, au reste, un point encore assez mal éclairci que ce qui concerne les variétés du faucon. Gmelin compte parmi ces variétés les falco communis fuscus, leucocephalus et albus : le premier est la buse ordinaire, le second la buse paltue , le Xxolsôcmc l’oiseau Saint-Martin ou la sou&Mse mâle. (Voyez la note 2 delà page précédente et la nomenclature de la page 114. )

2. Faucon d’Islande ; le faucon commun dans un certain état de mue (voyez la nomenclature de la page 131).

LE FAUCON

faucon-gentil^ , que presque tous les naturalistes ont donné comme différent du faucon commun, tandis que c’est le même et que le nom de gentil ne leur est appliqué que lorsqu’ils sont bien élevés, bien faits et d’une jolie figure; aussi nos anciens auteurs de fauconnerie ne comptaient que deux espèces principales de faucons, le faucon-gentil, ou faucon de notre pays, et le faucon-pèlerin^, ou étranger, et regardaient tous les autres comme de simples variétés de l’une ou de l’autre de ces deux espèces. Il arrive, en effet, quelques faucons des pays étrangers qui ne font que se montrer sans s’arrêter et qu’on prend au passage; il en vient surtout du côté du Midi, que l’on prend à Malte, et qui sont beaucoup plus noirs que nos faucons d’Europe; on en a pris même quelquefois de cette espèce en France; c’est par cette raison que nous avons cru pouvoir l’appeler faucon passager; il paraît que ce faucon noir passe en Allemagne comme en France, car c’est le même que M. Friscli a donné sous le nom de falco fuscus , faucon brun et qu’il voyage beaucoup plus loin; car c’est encore le même faucon que M. Edwards a décrit et représenté tome I, page 4, sous le nom de faucon noir (le la baie d’ Hudson, et qui, en effet, lui avait été envoyé de ce climat. J’observerai à ce sujet que le faucon passager ou pèlerin, décrit par M. Frisson, page 341, n’est point du tout un faucon étranger ni passager, et que c’est absolument le même que notre faucon-hagard ; en sorte que l’espèce du faucon commun ou passager ne nous est connue jusqu’à présent que par le faucon d’Islande, qui n’est qu’une variété de l’espèce commune, et par le faucon noir d’Afrique^, qui en diffère assez, surtout par la couleur, pour pouvoir être regardé comme formant une espèce différente.

On pourrait peut-être rapporter à cette espèce le faucon tunisien ou punicien'^ dont parle Belon ®, « et qu’il dit être un peu plus petit que le « faucon-pèlerin, qui a la tête plus grosse et ronde, et qui ressemble par « la grandeur et le plumage au lanier; » peut-être aussi le faucon de Tartarie**, qui, au contraire, est un peu plus grand que le faucon-pèlerin, et que Belon dit en différer encore en ce que le dessus de ses ailes est roux et que ses doigts sont plus allongés.

En rassemblant et resserrant les différents objets que nous venons de présenter en détail, il paraît 1" qu’il n’y a en France qu’une seule espèce de faucon bien connue pour y faire son aire dans nos provinces montagneuses; que cette même espèce se trouve en Suisse, en Allemagne, en

a. Belon, Uist. nat. des Oiseaux, p. 117.

b. Ibidem, p. 116.

1. Le faucon niais est celui qui vient d'être pris dans le nid; le faucon sors , celui qui est moins jeune, et le faucon-gentil, celui qui est dresse.

2. Faucon pèlerin : le faucon commun jeune (voyez la nomenclature de la page 131).

3. Falco ater (Lath.) : le faucon commun, jeune. — Le /’awco)? jeune est plus noir que l’adulte.

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