Voyez la note 3 de la page
142 OISEAUX ETRANGERS
a assuré que la plupart de ces faucons noirs arrivent du coté du midi; cependant nous en avons vu un qui avait été pris sur les côtes de l’Amérique septentrionale, près du banc de Terre-Neuve; et comme M. Edwards dit qu’il se trouve aussi dans les terres voisines de la baie d’Hudson, on peut croire que l’espèce est fort répandue, et qu’elle fréquente également les climats chauds, tempérés ou froids.
Nous observerons que cet oiseau que nous avons eu en nature avait les pieds d’un bleu bien décidé, et que ceux que Ton trouve représentés dans les planches enluminées de MM. Edwards et Frisch avaient les pieds jaunes; cependant il n’est pas douteux que ce ne soient les mêmes oiseaux ; nous avons déjà reconnu, en examinant les balbuzards, qu’il y en avait à pieds bleus et d’autres à pieds jaunes ; ce caractère est donc beaucoup moins fixe qu’on ne l’imaginait; il en est de la couleur des pieds à peu près comme de celle du plumage, elle varie souvent avec Tâge ou par d’autres circonstances.
III. — L’oiseau qu’on peut appeler le faucon rouge des Indes orientales^ très-bien décrit par Aldrovande et à peu près dans les termes suivants : La femelle, qui est d’un tiers plus grosse que le mâle, a le dessus de la tête large et presque plat : la couleur de la tête, du cou, de tout le dos et du dessus des ailes est d’un cendré tirant sur le brun; le bec est très-gros, quoique le crochet en soit assez petit; la base du bec est jaune, et le reste jusqu’au crochet est de couleur cendrée; la pupille des yeux est très-noire, Tiris brune, la poitrine entière, la partie supérieure du dessous des ailes, le ventre, le croupion et les cuisses sont d’un orangé presque rouge : il y a cependant au-dessus de la poitrine, sous le menton, une tache longue de couleur cendrée, et quelques petites taches de cette même couleur sur la poitrine : la queue est rayée de bandes en demi-cercle, alternativement brunes et cendrées ; les jambes et les pieds sont jaunes, et les ongles noirs. Dans le mâle toutes les parties rouges sont plus rouges, et toutes les parties cendrées sont plus brunes; le bec est plus bleu et les pieds sont plus jaunes. Ces faucons, ajoute Aldrovande, avaient été envoyés des Indes orientales au grand-duc Ferdinand, qui les fit dessiner vivants. Nous devons observer ici que Tardif** , Albert' et Crescent*^ ont parlé du faucon rouge comme d’une espèce ou d’une variété qu’on connaissait en Europe, et qui se trouve dans les pays de plaines et de marécages; mais ce faucon rouge n’est pas assez bien décrit pour qu’on puisse dire si c’est le môme
a. « Falco nibeus indicus. » Aldrov., Avi., p. 494, fig. p. 495 et 496.
b. Rouge faucon est souvent trouvé ès-lieux pleins et en marais ; il est hardi, mais difficile à gouverner. Fauconnerie de Tardif, première partie, chap. iii.
c. Albert, verso 23, cap. xii.
d. Petr. Crescentius, lib. x, cap. iv.