‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 52 sur 240 · QUI ONT RAPPORT AU GERFAUT ET AUX FAUCONS. U · texte numérisé non relu

QUI ONT RAPPORT AU GERFAUT ET AUX FAUCONS. U

que le faucon rouge des Indes, qui pourrait bien voyager et venir en Europe comme le faucon passager.

lY. — L’oiseau indiqué par Willughby sous la dénomination de falco indiens cirrhaliis^, qui est plus gros que le faucon, et presque égal à l’autour; qui a sur la tête une huppe dont l’extrémité se divise en deux parties qui pendent sur le cou. Cet oiseau est noir sur toutes les parties supérieures de la tête et du corps; mais sur la poitrine et le ventre son plumage est traversé de lignes noires et blanches alternativement : les plumes de la queue sont aussi rayées de lignes alternativement noires et cendrées; les pieds sont couverts de plumes jusqu’à l’origine des doigts; l’iris des yeux, la peau qui couvre la base du bec, et les pieds, sont jaunes; le bec est d’un bleu noirâtre, et les ongles sont d’un beau noir.

Au reste, il paraît, par le témoignage des voyageurs, que le genre des faucons est l’un des plus universellement répandus; nous avons dit qu’on en trouve partout en Europe, du nord au midi, qu’on en prend en quantité dans les îles de la Méditerranée , qu’ils sont communs sur la côte de Barbarie. M. Shaw \ dont j’ai trouvé les relations presque toujours fidèles, dit qu’au royaume de Tunis il y a des faucons et des éperviers en assez grande abondance, et que la chasse à l’oiseau est un des plus grands plaisirs des Arabes et des gens un peu au-dessus du commun : on les trouve encore plus fréquemment au Mogol et en Perse où l’on prétend que l’art de la

а. Willugliby, Ornithol., p. 48.

б. Voyage de M. Shaw, t. I, p. 389.

c. Oii se sert du faucon, au Mogol, pour la chasse du daim et des gazelles. Voyage de Jean Ovington,X. I, p. 279.

d. Les Persans entendent tout à fait bien à enseigner les oiseaux de cirasse, et ordinairement ils dressent les faucons à voler sur toutes sortes d’oiseaux, et pour cela ils prennent des grues et d’autres oiseaux "qu’ils laissent aller, après leur avoir bouebé les yeux; aussitôt ils font

voler le faucon, qui les prend fort aisément 11 y a des faucons pour la cbasse de la gazelle,

qu’ils instruisent de la manière qui suit : ils ont des gazelles contrefaites (empaillées), sur le nez desquelles ils donnent toujours à manger à ces faucons, et jamais ailleurs : après qu’ils les ont ainsi élevés ils les mènent à la campagne; et lorsqu’ils ont découvert une gazelle ils lâchent deux de ces oiseaux, dont l’un va fondre sur le nez de la gazelle, et lui donne en arrière des coups de pieds : la gazelle s’arrête et se seeoue pour s’en délivrer; l’oiseau bat des ailes pour se retenir, ce qui empêche encore la gazelle de bien courir, et même de voir devant elle; enfin, lorsqu’avec bien de la peine elle s’en est défaite, l’autre faucon qui est en Tair prend la place de celui qui est à bas, lequel se relève pour succéder à son eompagnon quand il sera tombé ; et de cette sorte ils retardent tellement la course de la gazelle que les chiens ont le temps de l’attraper. 11 y a d’autant plus de plaisir à ces chasses que le pays est plat et découvert, y ayant

fort peu de bois. Relation de Thévenot, t. II, p. 200 Voyage de Jean Ovington, t. I, p. 279.

— La manière dont les Persans dressent les faucons à la chasse des bêtes fauves est d’en écorcher une et d’en remplir la peau de paille, et d’attacher toujours la viande dont on repaît les faucons sur la tète de cette peau bourrée, que l’on fait mouvoir sur quatre roues par une machine,

tant que l’oiseau mange, afin de Ty accoutumer Si la bête est grande, on lâche plusieuis

oiseaux après elle qui la tourmentent Tun après l’autre Ils se servent aussi de ces oiseaux

pour les rivières et les marais, dans lesquels ils vont, comme les chiens, chercher le gibier

1. Falco cirrhatus ( Lath. ). — Le faucon huppé des Indes (Briss. ).

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fauconnerie est plus cultivé que partout ailleurs"; on en trouve jusqu’au Japon, où Rœniprer** dit qu’on les tient plutôt par faste que pour Tutilité de la chasse , et ces façons du Japon viennent des parties septentrionales de celte île. Kolbe fait aussi mention des faucons du cap de Bonne-Espérance, et Bosman de ceux de Guinée**; en sorte qu’il n’y a, pour ainsi dire, aucune terre, aucun climat dans l’ancien continent où l’on ne trouve l’espèce du faucon; et comme ces oiseaux supportent très-bien le froid, et qu’ils volent facilement et très-rapidement, on ne doit pas être surpris de les retrouver dans le nouveau continent; il y en a dans le Groenland ^ dans les parties montagneuses de l’Amérique septentrionale et méridionale f, et jusque dans les îles de la mer du Sud V. — L’oiseau appelé tams'- par les nègres du Sénégal, et qui nous a été donné par M. Adanson sous le nom de faucon-pêcheur, ressemble presque en tout à notre faucon par les couleurs du plumage; il est néanmoins un peu plus petit, et il a sur la tête de longues plumes éminentes qui se rabattent en arrière et qui forment une espèce de huppe par laquelle on pourra toujours distinguer cet oiseau des autres du même genre; il a aussi le bec jaune, moins courbé et plus gros que le faucon; il en diffère encore en ce

Comme tous les gens d’épée sont chasseurs, ils portent d’ordinaire à l’arçon de la selle une petite timbale de huit à neuf pouces de diamètre, qui leur sert à rappeler l’oiseau en frappant dessus. Voyage de Chardin, t. II, p. 32 et 33. — La Perse ne manque pas d’oiseaux de proie; il s’y trouve quantité de faucons, d’éperviers et de lannerets, et autres semblables oiseaux de chasse, dont la vénerie du roi est très- bien pourvue, et on y en compte plus de huit cents : les uns sont pour le sanglier, l’âne sauvage et la gazelle; les autres pour voler les grues, les hérons, les oies et les perdrix. Une grande partie de ces oiseaux de chasse s’apporte de Russie; mais les plus grands et les plus beaux viennent des montagnes qui s’étendent vers le midi depuis Schyras jusqu’au golfe Persique. Voyage de Dampien'e, t. II, p. 23 et suiv,

a. Les Persans, qui sont fort patients, prennent aussi plaisir à dresser up corbeau de la même manière qu’ils dressent un épervier. Voyage de Dampierre, t. II, p. 25.

b. Kæmpfer, Hist. du Japon, t. I, p. 115.

c. Kolbe, Description du cap de Donne-Espérance, t. III, p. 146.

d. Sur cette côte de Guinée, on voit encore un autre oiseau de proie qui ressemble fort à un faucon, et qui, quoiqu’un peu plus gros qu’un pigeon, est si hardi et si fort qu’il se jette sur les plus grosses poules et les emporte. Voyage de Guillaume Bosman, lettre 15®, p. 268.

e. On trouve dans le Groenland des faucons blancs et gris en très-grand nombre , et plus qu’en autre lieu du monde. On portait anciennement de ces oiseaux pour grande rareté aux rois de Danemark à cause de leur bonté merveilleuse, et les rois de Danemark en faisaient des présents aux rois et princes leurs voisins ou amis, parce que la chasse de l’oiseau n’est du tout point en usage dans le Danemark, non plus qu’aux autres endroits du Septentrion. Recueil des voyages du Nord, t. I, p. 99.

f. On a envoyé plusieurs et diverses sortes de faucons de la Neuve -Espagne et du Pérou aux seigneurs d’Espagne, d’autant qu’on en fait grande estime. Il y a même des hérons et des aigles de diverses sortes, et il n’y a point de doute que ces espèces d’oiseaux, et autres semblables, n’y aient passé bien plus tôt que les lions et les tigres. Hist. naturelle des Indes occidentales, par Acosta, p. 193. — Nota. L’oiseau que les Mexicains appelaient hotli, indiqué par Fernandès, parait être le même que le faucon noir dont nous avons parlé.

g. Hist. des navigations aux terres Australes, t. III, p. 197.

1 Falco piscator (Gmel. ). — Le faucon tanas. — Le faucon huppé (Levaill.).

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