LE HOBEREAU
Le hobereau*’ est bien plus petit que le faucon, et en diffère aussi par les habitudes naturelles : le faucon est plus fier, plus vif et plus courageux; il attaque des oiseaux beaucoup plus gros que lui. Le hobereau est plus lâche de son naturel, car, à moins qu’il ne soit dressé, il ne prend que les alouettes et les cailles; mais il sait compenser ce défaut de courage et d’ardeur par son industrie : dès qu’il aperçoit un chasseur et son chien, il les suit d’assez près ou plane au-dessus de leur tête, et lâche de saisir les petits oiseaux qui s’élèvent devant eux; si le chien fait lever une alouette , une caille, et que le chasseur la manque, il ne la manque pas : il a l’air de ne pas craindre le bruit et de ne pas connaître l’effet des armes à feu, car il s’approche de très-près du chasseur, qui le tue souvent lorsqu’il ravit sa proie; il fréquente les plaines voisines des bois, et surtout celles où les alouettes abondent; il en détruit un très-grand nombre, et elles connaissent si bien ce mortel ennemi, qu’elles ne l'aperçoivent jamais sans le plus grand effroi, et qu’elles se précipitent du haut des airs pour se cacher sous l’herbe ou dans des buissons : c’est la seule manière dont elles puissent échapper; car quoique l’alouette s’élève beaucoup, le hobereau vole encore plus haut qu’elle, et on peut le dresser au leurre comme le faucon
a. Nouveau Voyage autour du monde, par Guillaume Dampierre, t. III, p. 318.
h. Ce nom de hobereau, appliqué aux gentilshommes de campagne, peut venir aussi de ce lu’autrefois tous ceux qui n’étaient point assez riches pour entretenir une fauconnerie se coutculaient d’élever des hobereaux pour la chasse.
” Falco sulbuleo (Linn. ). — Le hobereau (Guv.). — Ordre et famille id., g nie Faucons (Cuv. ).