‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 71 sur 240 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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LE HIBOU OU MOYEN DUC

même que le hibou de la Caroline, décrit par Catesby et celui de l’Amé rique méridionale, indiqué par le P. Feuillée ne fussent que des variétés de notre hibou, produites par la différence des climats, d’autant qu’ils son à ti'ès-peu près de la même grandeur, et qu’ils ne diffèrent que par le nuances et la distribution des couleurs.

On sesert du hibou et du chat-huant'’ pour attirer les oiseaux à la pipée et l’on a remarqué que les gros oiseaux viennent plus volontiers à la voi: du hibou, qui est une espèce de cri plaintif ou de gémissement grave e allongé, clow, cl ou cl , qu’il ne cesse de répéter pendant la nuit, et que le petits oiseaux viennent en plus grand nombre à celle du chat-huant, qu est une voix haute, une espèce d’appel, hoho, hoho : tous deux fontpendari le jour des gestes ridicules et bouffons en présence des hommes et des autre oiseaux. Aristote n’attribue cette espèce de talent ou de propriété qu’ai hibou ou moyen duc, olus ; Pline la donne au scops, et appelle ces geste bizarres motus satyricos; mais ce scops de Pline est le môme oiseau qui Votos d’Aristote, car les Latins confondaient sous le même nom, scops Votos et le scops des Grecs, le moyen duc et le petit duc, qu’ils réunissaien sous une seule espèce et sous le même nom, en se contentant d’averti qu’il existait néanmoins de grands scops et de petits C’est en effet au hibou, otus^ ou moyen duc, qu’il faut principalemen

« canot, qui jette un cri lugubre, comme qui crierait au canot, ce qui lui a fait porter ce nom « ces oiseaux ne sont pas plus gros que des tourterelles, mais ils sont tout semblables en leu « plumage aux hiboux que nous voyons communément en France ; ils ont deux ou trois petite « plumes aux deux côtés de la tète , qui semblent être des oreilles : il se rassemble quelque « fois sept ou huit de ces oiseaux au-dessus des toits , où ils ne cessent de crier pendant tout « la nuit. » — Par la comparaison de la grandeur de ce hibou avec une tourterelle, il sem Lierait que c’est le scops ou petit duc; mais s’il a, comme le dit l’auteur, plusieurs plume éminentes aux côtés de la tète, ce ne peut être qu’une variété de l’espèce du moyen duc. Ce mém auteur ajoute que le chat-huant canadien n’a de différence du français, qu’une petite frais blanche autour du cou et un cri -particulier. Histoire de la Nouvelle-France Charlevoix t. III, p. 5G.

a. Voyez la description et la ligure coloriée de cet oiseau dans l’Histoire naturelle de la Caro line, par Catesby, p. 7, pl. vu.

b. « Bubo ocro-cinereus pectore maculoso. » Feuillée, Obser. physiq., page S9, avec un ligure. — Il parait qu’on peut rapporter à ce hibou de l’Amérique méridionale, indiqué par 1 P. Feuillée , celui dont Fernandès fait mention sous le nom de tecololt, qui se trouve au Mexiqu et à la Nouvelle-Espagne; mais ceci n’est qu’une vraisemblance fondée sur les rapports de gr.-in deur et de climat , car Fernandès u’a donné non-seulement aucune figure des oiseaux dont i parle, mais même aucune description assez détaillée pour qu’on puisse les reconnaître.

c. « Il gutb altramente barbagianni uccellaccio notturno in forma di civetta (chat-huant) « grosso quauto una gallina, con 1e penne dal lato del capo che paion due cornicine, di colo: « giallo, mesticato con profilatura di nero. Con questo succella a animali grossi corne cntte cor M nachie et uibbii con la civetta a uccelletti d’ogni sorte. » Olina, Ucceller., fog. 56.

1. «Le hibou d'Amérique proprement dit [s Irix mexicana Gmel.) ne diffère presque di « notre hibou commun que par des taches plus noires, moins lavées. » (Cuvier.) — » L( « hibou tacheté d'Amérique , on. delà. Caroline (strix nœvia Lath.) et le strix asio ne fon “ probablement qu’une espèce, où le st)ix asio est la femelle ou le jeune. » (Cuvier.)

‘i. Voyez la note de la page 169.

LE HIBOU OU MOYEN DUC

appliquer ce que disent les anciens de ces gestes bouffons et mouvements satyriques; et comme de très-habiles physiciens et naturalistes ont prétendu que ce n’était point au hibou, mais à un autre oiseau d’un genre tout diflérent, qu’on appelle la demoiselle de Numidie\ qu’il faut rapporter ces passages des anciens, nous ne pouvons nous dispenser de discuter ici cette question, et de relever cette erreur

Ce sont MM. les anatomistes de l’Académie des Sciences, qui, dans la description qu’ils nous ont donnée de la demoiselle de Numidie, ont voulu établir cette opinion, et s’expriment dans les termes suivants : « L’oiseau (disent-ils) que nous décrivons est appelé demoiselle de Nimidie <( parce qu’il vient de cette province d’Afrique, et qu’il a certaines façons « par lesquelles on a trouvé qu’il semblait imiter les gestes d’une femme X qui affecte de la grâce dans son port et dans son marcher, qui semble « tenir souvent quelque chose de la danse : il y a plus de deux mille ans « que les naturalistes qui ont parlé de cet oiseau l’ont désigné par cette « particularité de l’imitation des gestes et des contenances de la femme. « Aristote lui a donné le nom de bateleur, de danseur et de bouffon, contre-

« faisant ce qu’il voit faire Il y a apparence que cet oiseau danseur et

« boutfon était rare parmi les anciens, parce que Pline croit qu’il est fabu- « leux, en mettant cet animal, qu’il appelle satyrique, au rang des pégases, « des griffons et des syrènes; il est encore croyable qu’il a été jusqu’à pré- « sent inconnu aux modernes , puisqu’ils n’en ont point parlé comme « l’ayant vu, mais seulement comme ayant lu dans les écrits des anciens « la description d’un oiseau appelé scops et otus par les Grecs, et asio par « les Latins, à qui ils avaient donné le nom de danseur, de bateleur et de « comédien, de sorte qu’il s’agit de voir si notre demoiselle de Numidie « peut passer pour le scops et pour Votus des anciens; la description qu’ils « nous ont laissée de Votus ou scops consiste en trois particularités remarie quables la première est d’imiter les gestes, la seconde est d’avoir

« deséminences de plumes aux deux côtés delà tête en forme d’oreilles,

« et la troisième est la couleur du plumage, qu’ Alexandre Myndien, dans « Athénée, dit être de couleur de plomb : or la demoiselle de Numidie a « ces trois attributs, et Aristote semble avoir voulu exprimer leur manière « de danser, qui est de sauter l’une devant l’autre, lorsqu’il dit qu’on les X prend quand elles dansent l’une contre l’autre. Belon croit néanmoins X que Votus d’Aristote est le hibou, par la seule raison que cet oiseau, à ce « qu’il dit, fait beaucoup de mines avec la tête; la plupart des interprètes « d’Aristote, qui sont aussi de notre opinion, se fondent sur le nom d’otus , « qui signifie ayant des oreilles; mais ces espèces d’oreilles dans ces oiseaux « ne sont pas tout à fait particulières au hibou , et Aristote fait assez voir

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